PAR
le D' CHARLES SCHAEFER
Dentiste des hôpitaux de Paris.
La valeur des incrustalions pour la restauration des dents a été démontrée dans le chapitre des Incrustations par les blocs dor. Le plus grand reproche que Ton peut faire à cette substance, aussi bien qu'à toute autre obturation métallique, est sa visibilité, et il est certain que cet inconvénient devient un désastre dans l'obturation de certaines cavités, en particulier des dents antérieures.
L'emploi des ciments à Toxyphosphate de zinc n'avait pas résolu la question, parce que ces derniers ne présentent (ju'une durée très limitée et aussi que leur couleur et leur manque de transparence ne les cachaient pas à la vue d'un observateur même non prévenu.
C'est, d'une part, l'abus de l'or dans les dents antérieures, à la manière américaine, et d'autre part l'imperfection des ciments, non transparents et résistant mal aux liquides buccaux, qui ont fait rechercher une substance obturatrice invisible, étanche, inaltérable quant à sa couleur et offrant suffisamment de résistance aux efforts mécaniques.
Les premières incrustations furent faites avec des morceaux de dents naturelles et des morceaux d'ivoire d'hippopotame meules et façonnés pour être adaptés dans une cavité préformée.
Dès le début de l'emploi de la porcelaine en prothèse dentaire, c'est-à-dire au milieu du siècle dernier, on a utilisé cette substance pour l'obturation des dents sous forme d'incrustation. Des morceaux de porcelaine étaient façonnés suivant les cavités à obturer. Cette méthode est encore employée par quelques-uns aujourd'hui, et nous décrirons plus loin la méthode dite de Dali. Mais la substance employée alors manquait de résistance, de couleur et de transparence.
Le verre fut employé comme matière d'incrustation (^188'2). On le choisit à cause de sa fusibilité à température relativement basse et à cause de sa transparence, mais lés résultats obtenus laissaieiil beau^ coup à désirer.
INDICATIONS 1:T CON IKll-INDICA I IU.NS. 241
Le verre se rélracLc trop à la cuisson ; il ('•tait iiiiiiossibic il'oltleiiir une bonne adaptation des bords. L'opération se faisait en |)hisieurs temps, et on coulait la substance liquide dans des moules faits en plAtre d'après une empreinte en cire do la ca\il(''. Le bloc obturateur manquait de résistance à la mastication, n'était pas imperméable et devenait rapidement terne et se colorait dans le milieu l>uccal.
L'emploi des matrices en or puis en platine permit d'utiliser des corps minéraux fondant à plus haute température, par conséquent plus résistants, tout en augmentant leur adaptabilité aux parois et aux bords. Ces corps minéraux ne sont autres (|ue les porcelaines. C'est à Land que revient l'iionneur d'avoir le premier employé les matrices métalliques (1887).
Depuis cette épo<pie, de nombreux travaux ont été poursuivis et des perfectionnements apportés dans la confection et l'emploi des incrustations de porcelaine. Malgré tout, de grosses difficultés existent encore.
Pendant ce temps, des recherches d'un autre ordre ont abouti à l'obtention d'une substance obturatrice qui possède beaucoup des (jualités de la porcelaine et dont les défauts propres sont considérablement atténués par le fait de la facilité de sa manipulation et la perfection des résultats esthétiques obtenus : nous voulons parler des ciments aux silicates dits* ciments transparents, dont l'emploi paraît appelé à détrôner l'usage des incrustations de porcelaine.
liKlioations et eoiitrc-iinlicatioiis. — Nous ne reviendrons pas sur les avantages des incrustations en général (diminution de •fatigue pour le patient dans le cas de grandes restaurations d'une dent et possibilité d'éviter la pose d'une dent à pi\ot en économisant la dentine saine;.
Les incrustations de porcelaine sont surtout indiquées dans les cavités exposées à la vue quand les arcades dentaires sont découvertes, à cause de la diversité des nuances qu'il est possible d'obtenir. Elles sont au contraire contre-indiquées quand l'etlort de la mastication nécessite une grande résistance : la porcelaine, fragile, se briserait facilement. Cependant, s'il est possible, pour l'articulé, d'augmenter l'épaisseur de la dent obturée, la résistance du bloc obturateur sera d'autant plus grande.
C'est dans les dents antérieures que la porcelaine est préférable à toute autre obturation ; ce n'est que pour la restauration des angles qu'on peut la discuter, mais son effet esthétique vraiment supérieur déterminera souvent l'opérateur à courir le ristjue dune fracture possible dans les cas douteux : il faut néanmoins toujours prévenir le patient de ce risque.
Plus ici encore qu'avec lor, la nécessité d'employer le ciment pour tixer les blocs obturateurs est une objection. Si l'adaptation
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2'i2 CHAULES SCHAEFEK. — liXCRUSTATIONS DE PORCELAINE.
n'est pas parfaite, il apparaîtra une ligne marginale colorée, contrairement à ce qui se passe avec les inlays d'or dont les bords peuvent être brunis sur les bords de la dent qui limitent la cavité. Actuellement cet inconvénient est diminué par l'emploi de ciments translucides adhérents.
Eu résumé, du point de vue esthétique, les porcelaines sont supérieures ; elles sont inférieures quant à la résistance mécanique. Aussi croyons-nous qu'il faut les réserver aux dents antérieures, et c'est pour cela que nous ne décrivons dans cet article que les cavités à faire dans ces dernières. Pour les prémolaires, il est préférable d'employer les incrustations d'or.
Obturation par les blocs de porcelaine de Dali. — Avant de décrire la préparation des incrustations destinées à obturer une cavité quelconque faite dans une dent, voici l'exposé des méthodes qui emploient des blocs de porcelaine préformés, qu'on trouve dans le commerce et qui rendent service dans quelques cas spéciaux. Leur avantage réside dans leur grande facilité d'exécution et la rapidité de leur mise en place.
Certains procédés d'obturation consistent à se servir de blocs de porcelaine tout prêts. Ils sont comparables à ce qui a été signalé pour les incrustations de blocs d'or par les fds (Voy. p. 213 el suiv.).
Suivant les méthodes, ou bien on ajuste le bloc pour une cavité déterminée, ou bien au contraire on préparela cavité suivant la forme du bloc que l'on veut employer ; d'autres fois encore, bloc et cavité sont préparés ensemble.
Ces procédés sont assez nombreux. Les techniques et instrumentations, bien que guidées par une même idée, diffèrent quelque peu pour chaque auteur.
L'outillage du système de Dali se compose d'une série de blocs de porcelaine cylindriques, de teintes et de diamètres différents, à laquelle correspond une série de fraises également calibrées.
F^our faire une obturation sur une face vestibulaire d'incisive ou ^ ^ même de molaire, on commence par nettoyer
"ïf 1 em em ^^ cavité de carie ; quand celle-ci est en état 9^ d'être obturée, on prend une des fraises coniques spéciales (fig. 172, A), et elle seule doit donner la forme exacte de la cavité. W On termine en faisant à la partie pro-
^ ^ fonde de la cavité une légère encoche Fig. 172. -Fraises de Dali (A) circulaire à l'aide d'une fraise en forme
et blocs d'obiuraliun (B). de roue pour donner plus de prise au
ciment. On recherche alors le bloc correspondant à la fraise à l'aide d'une jauge spéciale : il est certain que l'adaptation doit être parfaite. On fixe le bloc au ciment très clair, et on le maintient en place pendant la prise du ciment.
l'IUM'ARATION Di:S CAVlTl'lS.