Restauration du bord iiiusé
Ces hloi.'s sont surmonU's d'im pelil boulon (jui pernicl du les manier plus facilement (fii<. 172, B). Ce bouton esl meule avec une poinle (le carborindou (juaiid il esl Hx»' au ciinenl : le polissage esl ensuite terminé.
Pour la reslainalion (lu bord tranchant des canines et des incisives abrasées ou fracturées, il existe également toute inu; série de blocs préparés et munis de crampons en platine pour permettre leur rétention sur la dent. La dent ù restaurer est usée et régularisée à la meule suivant un plan horizontal; puis à l'aide d'un foret on perce deux trous distal et mésial en dehors de la chambre pulpaire, destinés à recevoir les crampons de platine du bloc (fig. 173).
Dali a imaginé une série d'instruments en cuivre tpie l'on peut appliquer après les avoir chauftes sur l'incrustation cimentée pour hAter la prise du ciment.
Pour compléter la série d'obturation de Dali, P. Robin a présenté un jeu d'instruments consistant en fraises et blocs de porcelaine coniques et calibrés (jui permettent d'obturer presque toutes les cavités interstitielles.
Le procédé de Weagant est un peu différent. Cet auteur fait dans la dent à obturer une cavité à l'aide de la fraise de How. Puis, dans une dent artificielle ayant la môme couleur que la dent à obturer, il découpe une pièce de porcelaine du calibre de la fraise qui a été employée. Dans de but, il a fait consi ruire une série de cincj trépans en cuivre diamanté. Chaque trépan de Weagant correspond comme calibre à une fraise de How.
Enfin il existe dans le commerce toute une série de cônes et de boutons de porcelaine de teintes diiïérentes que l'on peut couper et ajuster.
La méthode de Dali et ses dérivés présente des inconvénients assez sérieux, le principal étant qu'il est toujours nécessaire de donner à la cavité une forme circulaire, ce qui entraîne à sacrifier une grande portion de la dent : ce fait seul interdit son
1 • j I I -.j- 1- r Fig. 17 i. — Cane
emploi dans beaucoup de cavités, en particulier linéaire du collet. dans les caries linéaires du collet (fig. 174).
Préparation des cavités. — Toute cavité destinée à recevoir une incrustation doit être de dépouille; les dimensions de son orifice doivent être supérieures à celles du fond, et les parois ne doivent présenter aucune partie en retrait. Mais, comme il a été exposé au chapitre des incrustations d'or, le fond de la cavité ne doit pas être arrondi, sans limites nettes avec les parois latérales, laissant à l'ensemble la forme d'un godet.
Les échecs ol:)tenus avec de telles préparations, dans lesquelles on ne compte que sur l'adhérence du ciment pour fixer en place, en le collant, le hloc obturateur, sont leur condamnation, même pour la restauration des cavités simples des faces vestibulaires et proximales des dents antérieures non exposées aux chocs de la mastication. La durée de telles obturations est toujours limitée, surtout lorsque la cavité est superficielle. Il faut exclusivement compter sur l'ancrage mécanique des blocs obturateurs, et c'est en faisant des parois planes qu'on arrive à ce résultat. Le fond doit être plat et les parois latérales se rapprocher autant que possible du parallélisme, en évitant la formation de cavités trop évasées. Les difficultés de la prise d'empreinte ou de la confection de la matrice seront augmentées, il est vrai, mais l'appui du bloc sur le fond et les parois latérales le garantiront contre tout mouvement.
Il est de la plus grande importance de ne pas laisser à la porcelaine des bords minces ou mal définis, fatalement destinés à être fracturés.. r/est pourquoi on doit éviter la formation en biseau des bords tant recommandée pour les incrustations et les obturations d'or et donner la plus grande épaisseur possible à toutes les parties de la porcelaine^ sa résistance lui étant directement proportionnelle.
Dans certains cas, la préparation d'une cavité de dépouille nécessiteraitla résection d'une partie importantede tissu sain. Si l'extension préventive est suffisante pour empêcher le retour de la carie et si l'émail est partout soutenu par de ladentine saine, il est indiqué de remplir avec du ciment (dont la couleur sera toujours appropriée à celle de la dent) les parties en retrait avant d'achever de former la cavité. Malgré cette précaution, il existe de nombreux <;as dans lesquels le sacrifice d'une trop grande portion des parties saines serait nécessaire et ne doit pas être fait ; il est alors préférable de renoncer à l'incrustation et de s'en tenir à l'obturation ordinaire, au ciment ou à l'amalgame.
Avant de préparer une cavité destinée à recevoir un bloc de porcelaine, il faut arrêter dans son esprit la forme de celui-ci et de sott ancrage en tenant compte des difficultés qu'on rencontrera pour l'introduction du bloc obturateur, surtout de l'espace nécessaire pour la confection et la manipulation de la matrice métallique : l'écartement préalable des dents (cavités proximales) sera plus considérable que pour les incrustations d'or ; les procédés pour l'obtenir seront les mêmes (Voy. p. 213 et suiv.).
La préparation et le finissage des bords de la cavité doivent retenir l'attention de l'opérateur. Les bords doivent être absolument nets et polis. Les fraises en acier ne seront pas utilisées parce qu'elles forment des bords rudes et non unis. L'emploi des meules de corindon ou de carborindon, des pointes de même substance ou diamantées, des disques de papier fin, enfin des pointes d'Arkansas de formes-
CAVITÉS GINGIVALES DES SURFACES VESTIBULAIRES. 245
iippro|)riécs, est préférable. On utilise ces meules et ces pointes toujours humectées et en leur imprimant un mouvement de rotation très rapitle. L'emploi delà digue n'est pas iudicpié.
Nous devions poser ces principes g-énéraux plus pai-ticuliers à la confection des cavités pour blocs de porcelaine avaut de décrire la forme particulière ù donner à chacune d'elles, (-es obturations se recommandent surtout par leur cpialilé esthétique ; nous nous bornerons à létude des cavités dans les dents antérieures. C'est la seule qui n'ait pas été faite au chapitre des incrustations d'or. Pour la préi^aration des cavités dans les molaires et les prémolaires, le lecteur voudra bien se reporter à ce qui est écrit dans ce dernier chapitre, au sujet des cavités composées et des moyens d'ancrage i\ employer. Il se souviendra, dans les cas où il jugera l'emploi de la porcelaine préférable à celui de l'or, (juelesdiilerentes faces doivent se réunir suivant vni angle moins marqué, légèrement arrondi, afin d'éviter, dans une certaine mesure, les déchirures trop nombreuses de la matière métallique au moment de son estampage.
Cavités g-iiig-ivales dos surfaces vestilmlaircs des incisives, des canines et des prémolaires. — La préparation de ces cavités, situées au collet des dents, nécessite Técartement préalable de la gencive d'après les procédés ordinaires, afin de dégager complètement la surface de la racine au delà du bord gingival, précaution indispensable pour que la matrice puisse s'appliquer exactement sur ce bord et non sur le bourrelet formé par la gencive. 11 est à désirer de dégager la portion
sus-jacente de la racine sur une pij;i75. Caviu"s vestibulaircs de hauteur de 1 millimètre au moins cisives, des canines et des prômolaires. pour donner au bloc de porcelaine
l'épaisseur etla forme exactes que comporte son adaptation dans celte partie de la dent. La gencive reprendra d'autant mieux sa place dans la suite, avec son apparence normale, que les surfaces du bloc et de la racine se correspondront plus exactement.
L'opération elle-même comporte la résection au ciseau de toutes les portions d'émail non soutenues parla dentine saine et la résection des parties cariées (excavateurs, fraises rondes). La paroi axiale ou fond de la cavité doit être obtenue plate en y promenant la base dune fraise en cône renversé.
Les autres parois de la cavité s'écarteront le moins possible du parallélisme. Cette dernière condition rend plus difficile la prise de l'empreinte, mais la solidité de l'ancrage en déi)end, pour éviter les mouvements de balancement du bloc obturateur.
L'angle suivant lequel ces parois rencontrent la paroi axiale est donc presque droit ; son arête ne doit pas être trop vive, résultat
2'i6 CHARLES SCHAEFER. - INCRUSTATIONS DE PORCELALNE.
qu'on obtient par remploi des pointes cylindriques en carborindon ou diamantées qui prennent rapidement cette forme à l'usage .
Les bords de la cavité ne seront pas biseautés, mais soigneusement polis avec des pointes d'Arkansas. Au niveau des bords, l'émail doit être partout soutenu par une épaisseur suffisante de denline saine. Quand la cavité est profonde, pour éviter l'ouverture de la chambre pulpaire ou un rapprochement de la pulpe qui pourrait être préjudiciable à la vitalité de la dent, la surface axiale doit être concentrique à la chambre pulpaire, comme l'indique la figure 17ô. L'appui du bloc sur une telle surface n'est pas moins efficace, d'autant plus que la profondeur de ces cavités est plus considérable.
Cavités simples des surfaces proximales des incisives et des canines. — Les blocs obturateurs de ces cavités doivent être introduits obliquement soit par la face vestibulaire, soit par la face linguale, ce qui nécessite la résection plus ou moins complète d'une de ces faces, à moins qu'un écartement suffisant puisse être obtenu pour introduire le bloc perpendiculairement à la paroi axiale. Le cas^^le plus favorable est celui où la dent voisine est absente.
Ici encore la paroi axiale doit être aussi plate que possible.
Si la paroi vestibulaire a été retranchée et que la paroi linguale soit assez résistante pour être laissée, on établit un angle entre celle-ci et la paroi axiale. Dans le cas où la paroi linguale a été enlevée, il est nécessaire de faire un angle dans la région gingivolinguo-axiale.
La paroi gingivale rencontre la paroi axiale suivant un angle droit et doit être parallèle à la paroi incisive, qui se réunit, elle aussi, à la paroi axiale suivant un angle droit. C'est contre ces deux parois gingivale et incisive que s'appuiera l'incrustation.
Le contour de l'obturation sur les faces vestibulaire et linguale, si elles ont été détruites, doit être arrondi comme l'indique la figure 176. Dans le cas où la paroi linguale
i-'iir. 1"6. — Cavités proxi- m ' i'» i i • i-i i
maies des incisives et des ^ .^^^ détruite plus OU moins complètement,
canines. s'il subsiste une paroi vestibulaire solide,
rinlroduction du bloc se fera par la face
linguale. Dans ces cavités, un angle droit doit être formé dans la
région gingivo-vestibulo-axiale, contre lequel lincrustation trouvera
un solide point d'appui.
Cavités intéressant l'angle proxinial des incisives. — La restauration des angles des incisives est la plus délicate des applications de la porcelaine à obturation des dents, à cause de la difficulté de l'encrage qu'on doit calculer en rapport avec les eflorts de la mastication d'une part, et, d'autre part, à cause du peu d'épaisseur de la porcelaine au bord incisif, dont la conséquence habituelle
CAVITI'S INTÉRESSANT L'ANGLi: PROXI.MAI, DKS INCISIVES. 247
osl la IVachiro du bloc. Copendant c'est dans ce ^ciii'c do reslauration i|ue l'emploi de la porcelaine est le pins désirable, sa supériorilé esthétique étant incontestable. Malgré les insuccès fréquents, les résidtats oblenus sont assez salisfaisanls pour ne pas abandonner ce mode d'obluralioncpii ne [)ouvail être remplacé <pie par icMuploi immédiat d'un procédé Irop radical, la pose d'une dent à pivol. L'expérience montre que, dans les dents épaisses dans le sens veslibulolin<^ual, la durée de l'incrustation ne laisse rien à désirer, si on prépare les cavités d'après les principes déterminés par Johnson. Dans les dents minces, l'opération est encore bonne à la condition de ne pas donnera la dent ducôlélini^ual sa forme primitive et d(; réséquer une portion suffisante du bord incisif. La résistance à la fracture est proportionnelle à l'épaisseur de la porcelaine. On aui^mente donc cette épaisseur dans la mesure que permet l'articulé, et dans des cas particuliers, si cet articulé l'exige, on ne doit pas hésiter A diminuer le volume de la dent antagoniste par un ineulage judicieux de son bord incisif.
Deux cas sont à considérer. Dans le premier, une très petite partie de l'angle a été détruite par fracture accidentelle! fréquente aux incisives centrales supérieures) ou à la suite d'une carie i)eu profonde, laissant une épaisse couche de dentine saine entre elle et la pulpe. 11 suffit ici d'obtenir un écartement suflisant (comme dans les cavités proximales simples) pour l'introduction du bloc par la face proximale de la dent et «le faire leucrage en taillant une large rainure verticale dans la paroi axiale, rainure dont la limite inférieure sera ù 2 millimètres du bord incisif afin de ne pas
affaiblir l'émail dans ce point. La rainuredoit être aussi large et aussi profonde que le permettent la forme et l'état de la dent (fig. 177, A). Le deuxième cas s'applique aux dents dont l'angle incisif a été détruit dans une plus large proportion et à celle dont l'épaisseur vestibulo-linguale n'est pas suffisante pour y tailler la rainure que nous venons de décrire, ou encore dans les cas où on ne peut obtenir qu'un écartement limité de la dent voisine. L'ancrage est obtenu par la formation d'un gradin aux dépens de la face linguale.
La paroi gingivale de la cavité n'est pas horizontale dans le sens proximo-axial, mais taillée obliquement vers ra[)ex. Cette paroi gingivale doit être aussi étendue que le permet la résistance de la dent et le voisinage de la pulpe, dans le sens vestibulo-lingual et dans le sens proximo-axial, pour augmenter le vobune de l'incrustation. La paroi vestibulaire, réunie à angle droit avec la paroi axiale, se prolonge suivant unangle au delà de la face gingivale dans la partie gingivo-vestibulo-axiale (fig. 177, B;.
Il n'y a pas de paroi linguale sinon au niveau d'un angle profond
gingivo-linguo-axial. Le gradin est formé aux dépens de la l'ace linguale, et sa paroi gingivale est aussi élevée que la nécessite la minceur de la dent, pour éviter une paroi d'émail trop faible. Cette paroi gingivale du gradin est plate et rencontre la paroi vestibulaire suivant un angle droit.
La longueur du gradin atteint le milieu du bord incisif, ou le dépasse dans quelques cas, et à son extrémité axiale le gradin est plus profond, se terminant en formant un tenon.
Ce genre de cavité se rencontre le plus souvent aux incisives supérieures; il en résulte que le bloc obturateur ne peut être délogé par la pression postéro-antérieure exercée par la dent inférieure dans l'occlusion normale. Les efforts dans le sens axio-proximal nel'ébranlerontpas grâce à la direction oblique delà face gingivale et de l'ancrage en tenon de l'extrémité du gradin. L'émail, finement poli à l'aide de pointes d'Arkansas, ne sera pas biseauté afin de ne pas l'affaiblir.
L'épaisseur de la porcelaine sera suffisante pour éviter sa fracture, si on a soin de lui donner plus de volume qu'à la dent primitive, d'où la nécessité, dans quelques cas, de meuler le bord de l'incisive inférieure.
Confection de la matrice. — Pour obtenir parla fusion un bloc de porcelaine, il faut utiliser un moule représentant la forme exacte de la cavité et pouvant résister, sans aucune modification dans sa constitution, aux températures élevées de la cuisson. Il est nécessaire q\]e la nature du moule n'ait aucune influence sur les diverses propriétés du corps de porcelaine qu'on y fond. Dans ce but on emploie des feuilles métalliques d'or ou de platine. C'est leur point de fusion élevé et leur inaltérabilité qui ont fait choisir ces deux métaux qui ont d'ailleurs chacun leurs avantages et leurs inconvénients.
L'or fond à 1000° C. environ; il est très malléable, permet une formation facile des matrices avec adaptation parfaite de leurs bords, mais ces matrices se déforment facilement : aussi est-on obligé de les investir pendant la fusion de la porcelaine.
Les matrices en or ne sont utilisables que pour certaines porcelaines, les porcelaines à basse fusion (dont le point de fusion est inférieur k lOOOo C). Disons immédiatement ({ue ces dernières sont de plus en plus délaissées pour les raisons suivantes : leur rétraction pendantla cuisson atteint 30 et 35 p. 100; leur composition même les rend perméables et, au bout d'un certain temps, en bouche, elles ternissent et deviennent opaques et grises.
Le platine fond à 1775o C. D'une grande malléabilité quand il est pur et soigneusement recuit, le brunissage lui fait perdre cette propriété et le l'end élastique. Il a été longtemps difficile d'obtenir le platine pur débarrassé des substances qui lui sont naturellement
CONFECTION DE LA MA'l'KlCi:. — MErilODI. INDlUIlCli:. 2'.'.»
associées, doul l'ididian ([ui le rend cassanl. AclutîUenuMU on Icfoiinul pur, donc livs malléable, i)ré[)aré en lenilles minces spécialenienl destinées à la confection des matrices qui nous occupent. Le platine se recommande par son adaptahilité aux parois, sa stabilité de forme, qui, avec sa résistance aux hautes températures, rendent inutile la mise en revêtement, ce qui permet les essais au cours de la préparation du bloc et un réestampage des bords. D'autre part, le platine, par son point de fusion élevé, est indiqué pour remploi des porcelaines dites à haute fusion, dont Tusage est beaucoup plus répandu que celles à basse fusion, parce qu'elles fournissent des blocs d'une couleur plus stable, et plus résistants à tous les points de vue. Mais leur plus grand avantage est, pour nous, leur moindre rétraction, qui ne dépasse pas 20 p. 100 pour quelques marques.
L'épaisseur de la feuille de platine est de 25/1000 de millimètre. Pour les cavités très petites, on peut sans inconvénient l'employer plus mince (15/ 1000), mais l'épaisseur de (25/ 1000) est nécessaire dans les cavités plus étendues, pour éviter la déformation pendant sa manipulation après la prise de rcmpreinle. On a objecté que cette épaisseur était un inconvénient sur les bords de la cavité, où elle empêche la parfaite adaptation du bloc de porcelaine mis en place. On oublie que restam[)age et surtout le brunissage final des bords (sur ceux de la cavité qui doivent être nets et polis, presque tranchants^ permettent de réduire à ce niveau, autant qu'on le désire, l'épaisseur du métal.
Il y a deux méthodes de confection de la matrice pour les incrustations de porcelaine, comme |)ourles blocs d'or.
lléthodi' indirecte. — Dans la mélhodc indirecte, celle que nous décrirons d'abord, on fait la matrice en dehors de la bouche, sur un modèle en inlay métal, obtenu par le procédé habituel (1). L'empreinte de la cavité humide est prise en laque dentaire de Girdwood, en utilisant, si on le veut, des porte-empreinles spéciaux tels que ceux de Ash, de Roach. Le modèle est coulé et doit comprendre les surfaces de la dent utiles à sa reconstitution et, s'il est nécessaire, celles des dents adjacentes.
Un morceau de platine est découpé dans une feuille de 25 millièmes de millimètre d'épaisseur, de dimensions telles qu'il puisse recouvrir toutes les parties utiles à la reconstitution de la dent, en calculant la quantité de métal qui pénétrera dans la cavité pour en tapisser le fond et les différentes faces. Le métal ne doit pas être manipulé inutilementavant son emploi. Il doit être recuitau moment de l'usage. Il n'est pas suffisant de le passer dans la flamme d'une lampe à alcool ou d'un brûleur de Bunsen. Pour obtenir toute la
(1) Voy. Incrusiation d'or, p. :il.3 et suiv.
souplesse désirable, on recuit le métal dans le moufle du four à porcelaine porté au blanc (l 400°).
La feuille de platine est placée sur le modèle. Une boulette de coton de volume correspondant au fond de la cavité, légèrement imbibée d'eau et tenue dans une ficelle spéciale à bouts arrondis pour éviter de percer le métal, est poussée directement au fond de la cavité. Cette manœuvre a pour conséquence de relever les bords de la feuille de platine qui doit suivre le mouvement de descente, car il importe de tapisser tout d'a])ord le fond de la cavité en formant les angles qui réunissent ce fond aux faces adjacentes. En maintenant alors la première boulette de coton avec un instrument pointu, on enajoute une deuxième, puis une troisième, en fermant la matrice sur les faces latérales de la cavité et en pressant le coton avec des fouloirs ou des brunissoirs aussi larges que possible. Ces fouloirs et brunissoirs sont ceux qui servent aux obturations plastiques. C'est par l'intermédiaire du coton (on peut également employer des petits cubes d'amadou) que se fait l'estampage, sans qu'il y ait contact direct entre la matrice et les instruments. Ce n'est donc pas un brunissage à proprement, parler, et ainsi le platine garde sa souplesse pendant toute la durée de l'opération.
Dès la première pression qui introduit la boulette sur le fond de la cavité, le métal appliqué contre le fond et les parois latérales n'a plus tendance à bouger et a perdre sa malléabilité par frottement sur l'inlay métal : c'est un point très important, et, si l'accident cependant se produisait, il faudrait recuire le platine.
Quand la cavité est bourrée de boulettes de coton, il faut rabattre la feuille métallique pour l'appliquer sur les bords, sans trop se préoccuper des plis qui se produisent. On finit l'estampage des bords en recouvrant d'un morceau de caoutchouc non vulcanisé sur lequel on exerce une pression énergique avec un instrument à tète large, ou mieux avec la pulpe de l'index, en évitant tout mouvement de glissement.
Avant de faire cet estampage final, il est indiqué de tailler avec des ciseaux fins la feuille de platine pour supprimer les parties extérieures qui pourraient nuire à son enlèvement de la cavité. Il suffit de laisser partout une portion débordante de 1°^°^,5.
Un autre procédé consiste à former approximativement la matrice comme il vient d'être dit, mais avec moins de soin, et à finir l'estampage à l'aide d'une petite presse spéciale dans laquelle la pression se fait par l'intermédiaire d'une pochette d'eau, ou de moldine isolée par du caoutchouc à digue (presse de Ash, de While\
On finit l'adaptation des bords avec le côté plat d'un brunissoir ou avec des pointes spéciales en caoutchouc, qui permettent de diminuer encore l'épaisseur du métal en cette partie, surtout au niveau des plis.
METHODK INUIRKGTK. 251
En somine. cuniinc on le voit, <î'esl par oslampaiic plnlôL ([ne par brunissage (ju'on obtient la matrice; le métal conserve aussi sa souplesse, et les déchirures des bords sont moins à craindre. Cependant, si une déchirure se produisait, alteiii,nant les bords de la cavité, il faudrait absoluiuenl l'aire une deuxième matrice, la première étant inutilisable dans ces conditions. Il n'en est pas de même des déchirures (pii se produisent presque toujours au fond de la cavité quand elle est profonde et qui n'olTreut aucun inconvénient, à la condition de n'être pas trop considérables et qu'elles n'altèrent pas la forme générale de la face profonde de la cavité : la pAte de porcelaine les recouvrira sans tendance à passer au travers. Les matrices obtenues par le procédé indirect, faites avec tout le soin que comportent les opérations délicates de la dentisterie opératoire, présentent des bords dont la netteté ne laisse rien à désirer. La complication qu'elles apportent à la confection des blocs est compensée par plusieurs avantages. Le travail parfois long de l'estampage, quand il s'agit de cavités profondes à i)arois compliquées, accessibles seulement par la face linguale ou distale des dents, est fatigant pour le patient en même temps qu'avec les difficultés d'accès de la cavité augmentent les chances d'insuccès; il faut, dans ce dernier cas, recommencer, ce qui met à réjireuve la patience de l'opéré et de l'opérateur.
Par la méthode indirecte, le modèle en inlay métal permet l'estampage d'une deu.Kième, môme d'une troisième matrice, car celte substance est assez résistante pour que les bords tranchants de la cavité ne soient pas émoussés après une première manipulation.
De plus, des accidents peuvent arriver dans les opérations consécutives, au moment de la fusion; la teinte obtenue peut ne pas répondre à ce qu'on attendait, et la confection <]'un deuxième bloc être rendue nécessaire. Si le patient ne se prêle pas volontiers à la confection simultanée de deux matrices, il est encore plus impressionné quand l'opérateur doit, dans une séance ultérieure, refaire le travail fait une première fois et qu'il croyait définitif. Nous pensons donc que cette manière de faire indirectement la matrice est à utiliser habituellement, du moins dans les cavités composées et d'accès difficile, bien quela prise de l'empreinte, dans certains cas, puisse présenter des difficultés (à cause dcrécartement qui doit être plus considérable), difficultés contre lesquelles il faut savoir se mettre à l'abri.
Ouand on emploie la mélhode directe, la matrice est faite sur la dent elle-même. On utilise les mêmes principes, et elle est particulièrement applicable aux cavités simples de la face vestibulaire des incisives. Soit une de ces cavités préparée, la gencive écartée et toute la surface de la dent et la cavité parfaitement nettoyées : découpez un fragment de platine assez grand pour permettre de le maintenir en place en l'appuyant avec le pouce et l'index de la main gauche sur la face vestibulaire des dents voisines; vous procédez à
l'eslampage à l'aide de boulettes de colon ou damadou de la même façon que précédemment. L'opération est très rapidement terminée et n'oflre pas de difficulté. Avant de sortir la matrice, vous enlevez les boulettes de coton dans Tordre inverse de leur introduction, et vous vérifiez l'exactitude de votre travail.
11 faut beaucoup de délicatesse pour dégager la matrice, à l'aide d'un instrument très léger (sonde exploratrice par exemple), qui permet de la soulever peu à peu et de trouver le sens suivant lequel l'extraction est plus facile. Tout effort brutal déformerait la matrice, et il faut s'en garder. S'il y a une résistance, c'est que la cavité n'a pas été préparée de dépouille. Dans ce cas, le travail n'est pas nécessairement perdu. On dégage peu à peu la matrice, qui subit une déformation pour sortir, puis on la remet en place, et on l'estampe de nouveau sur les bords de la cavité seulement , en ayant soin de ne pas la rebrunir sur la paroi qui n'est pas de dépouille.
Pour permettre de dégager plus facilement la matrice sans la déformer, certains auteurs utilisent des fragments de camphre au lieu du coton pour faire l'estampage. Celui-ci terminé, on enlève la matrice et son contenu. Pour faire disparaître le camphre, il suffit de le brûler au-dessus d'une flamme de Bunsen ; il est combustible sans résidu, et le métal reste absolumentpropre. Ce procédé est très recommandable, à la condition d'opérer le brunissage lentement et progressivement, et non par l'introduction immédiate d'une grande portion de camphre qui déchirerait la matrice sur le bord de la cavité. Pour éviter cette déchirure, il suffit de commencer l'application de la matrice au fond de la cavité avec une boulette de coton, d'enlever cette boulette lorsque la forme générale est donnée et de continuer alors seulement avec le camphre.
Dans les cavités proximales, il faut veiller au déplacement de la feuille métallique, qui se produit plus facilement dans ces cas, et il est nécessaire, après la formation générale de la matrice, de découper l'excédent qui pourrait empêcher sa sortie, dans la région du bord gingival où un repli de la feuille métallique la retiendrait dans l'espace proximal, au niveau du bord vestibulaire (pour les cavités ouvertes du côté lingual) ou du bord lingual (pour les cavités ouvertes du côté vestibulaire). On peut couper cet excédent à l'aide d'un bistouri très fin et parfaitement tranchant, ou bien en le découpant avec des ciseaux fins, hors de la bouche. Dans ce dernier cas, il est nécessaire de recuire de nouveau le métal avant de le remettre en place pour terminer l'adaptation des bords.
On dégage la matrice en la mobilisant peu à peu, puis en saisissant par un des angles la feuille de platine dans une pince à mors lisses (1). Les opérations consécutives se feront en tenant la
^1) Voy. la figure à propos de Vincnistation. d'or.
TEINTE DES INCKUSTATIOXS. 253
matriro par riiilennédiaire de colle pince; aussi est-il lioii de se servird'une pince spéciale à coulisseau. Userait dangereux de manipuler celle malricc entreles doigts, la pluslégère pression pouvant la déformer. La matrice est examinée sur ses deux faces et, si (;lle n'est pas parfaite, en particulier si elle est déchirée sur un des bords de la cavité, on en refait une autre. Le platine est lavé dans l'alcool pour le débarrasser des Iraces de santi;- ou de salive, puis séché dans la fia m 1110.
Porcehiiiic à haute et à ha>swc f'usiuii. — On a divisé ou deux groupes les porcelaines qui servent à la confection des blocs d'obturation. Les porcelaines à base fusion (du type de .lonkins; qui fondent au-dessous de 1 000<» permettent l'emploi de la matrice en or ; mais elles olTrent une moindre résistance mécanique; leur couleur et leur transparence résistent moins également dans le milieu l)uccal, où elles deviennent facilement ternes et grises. Les porcelaines à haute fusion (de 1 000" à 1 400°) sont d'autant plus résistantes que leur point de cuisson est plus élevé. Plus résistantes aux pressions mécaniques, l'altération de leurs teintes dans le milieu buccal est aussi beaucoup moins marquée.
Tous les corps de porcelaine présentent du retrait, et c'est une cause de grandes diflicullés dans leur manipulation : ce retrait, quand on n'y veille pas suffisamment, empêche la parfaite adaptation du bloc. Il est plus marqué pour la porcelaine à basse fusion et peut atteindre 35 p. 100. Les meilleures porcelaines à haute fusion ont un retrait moindre, qui ne dépasse pas 15 p. 100.
Les corps de porcelaine à haute fusion ont un autre avantage: leur teinte est plus stalde pendant la cuisson, et une très légère surchautl'o ne les altère pas; les corps à basse fusion au contraire perdent leur coloration dans les mêmes conditions : si le point de fusion est légèrement dépassé, la porcelaine perd complètement sa teinte; elle devient blanche et opaque, par conséquent inutilisable.
Teinte des incrustations. — L'invisibilité d'une obturation par un bloc de porcelaine bien ajusté dans la cavité dépend naturellement de sa teinte. Mais, pour obtenir celle dernière semblable à celle de la dent dans ses dilférentes parties, les difficultés sont nombreuses ; la question est complexe, et c'est celle qui cause le plus de déboires à ceux qui pratiquent l'art de la céramique dentaire. Ce n'est pas que le nombre des nuances des corps de porcelaine fournis par le commerce (pour une même température) soit insuffisant, car il pourrait être au contraire facilement réduit : un opérateur exercé peut obtenir toutes les variétés voulues en se servant seulement d'une douzaine de teintes choisies judicieusement et en mélangeant celles-ci suivant les besoins. Une longue expérience est ici nécessaire, du fait que le mélange est fait avec une des substance qui ont toutes la môme coloration blanche et que le résultat ne peut être
connu qu'après la cuisson, seul moment où apparaît la teinte définitive. Les corps de porcelaine sont préparés pour une coloration déterminée à leur température de fusion, coloration obtenue par remploi des oxydes métalliques. Si ce point de fusion est dépassé, la teintedevient plus claire, pour disparaître complètement si l'écart devient excessif. D'autres facteurs font varier l'effet obtenu par le bloc de porcelaine scellé en bouche, par exemple son volume et la masse du corps de porcelaine employé. De deux blocs faits de la même substance, le plus épais paraîtra plus foncé. Il faut donc apporter la plus grande attention dans l'usage des nuanciers qui ^accompagnent les boîtes de porcelaine du commerce; si on ne considère pour le choix de la teinte que l'exlrémité effilée de l'index et non la teinte dans son ensemble, on obtiendra une obturation trop claire. Aussi beaucoup d'auteurs recommandent-ils de se servir le moins possible des indications fournies par ces échelles de coloration, mais ceci n'est permisqu'à ceux quiont une grande expérience de la céramique. En règle générale, il est préférable de choisir une teinte un peu plus foncée que ne l'indiquerait la teinte de la dent et celle du nuancier.
L'incidence des rayons lumineux fait varier le résultat obtenu. Telle porcelaine observée de face sera tout à fait invisible : elle perdra sa transparence et sa nuance si elle est regardée obliquement et paraîtra alors beaucoup plus foncée. Il faut donc tenir compte de ce fait et employer des teintes plus foncées quand il s'agit d'une incrustation sur la fac3 vestibulaire des dents antérieures, plus claires au contraire pour les incrustations des faces proximales de ces mêmes dents. Enfin la teinte ne sera pas uniforme dans les incrustations de contour, suivant ces mêmes indications. Les inconvénients que nous venons dénommer sont surtout marqués quand l'incrustation est composée d'un corps de porcelaine homogène. On les corrige plus facilement si on emploie pour la confection du bloc deux corps de porcelaine, en se basant sur ce fait que la coloration de la dent naturelle est fournie parla superposition de deux éléments, la dentine foncée et opaque, recouverte par l'émail transparent. C'est cette méthode que nous employons et que nous décrirons plus loin ; elle n'est pas nécessairement applicable dans la confection des blocs de très petit volume. Pour ceux-ci, l'emploi d'un seul corps de porcelaine peut donner de bons résultats, la trop grande transparence du bloc obtenu pouvant être atténuée par l'opacité du ciment, de couleur convenable, qui sert au scellement dans la cavité.
Fours à porcelaine. — Le premier four électrique pour la fusion de petites quantités de porcelaine ne fut construit qu'en 1894 par L.-E. Custon.
Fours à gazoline et à gaz. — Jusque-là on employait pour le travail de la porcelaine appliquée à la dentisterie opératoire les fours à
FOURS ELECTRIOUKS.
gaz et à «i^axoline. C.onslruils en terre rélVactaire avec monllc de mémo matière, ils produisaient une chaleur suffisanle mais nécessitaient remi)loi de la soufllerie à pied (pi'il fallait actituiner pendant trente minutes environ, ('/était un inconvénient auciuel s'ajoutait la possibilité de la dilTusion lu gaz à travers les fissures du moulle qui altérait les nuances de la porcelaine. Bien qu'on fiU arrivé à les perfectionner j>ar la construction d'un moulle revêtu de platine à son intérieur, on les abandonna à l'apparitiou des fours électriques, qui permettent d'obtenir rapidement les températures élevées nécessaires à la haute fusion sans danger d'altération de la porcelaine par l'action desgaz. La propriété de ces derniers, leurfonctionnement sans bruit, les recommandèrent dès le début. Les seules améliorations apportées depuis sont le réglage possible de la température,
Fig. 178. — Fours à gaz : I, modèle de Ash : II, modèle de Jenkins.
contrôle par les pyromètres et la possibilité de charger facilement le moulle en cas de combustion des fils.
Cependant les fours à gazoline permettent aux opérateurs qui n'ont pas à leur disposition l'électricité de pratiquer les travaux de porcelaine. Il en est de même avec la poudre de Ghristensen à la paraffine.
Parmi les fours à gaz, celui de Jenkins (fig. 178) est un des plus simples et des mieux conditionnés, mais il ne permet pas l'emploi des corps à haute fusion. Celui de Ash permet l'emploi de ces derniers (fig. 178).
Fours électriques. — La chaleur est produite par un courant électrique de voltage déterminé (alternatif ou continu) passant à travers un fil fin de platine roulé en spirales, à l'intérieur d'un revêtement en terre réfractaire. Pratiquement tous les fours électri([ues sont équivalents, et chacun fait l'éloge de celui dont il a l'habitude de se servir. Cependant, si on désire employer toutes les sortes de porcelaines, il faut choisir un fourdontla température la plus basse ne soit pas supérieure à celle de la basse fusion.
Le moufle est accompagné d'un rhéostat plac6 dans la base de l'appareil. Pour apprécier la chaleur du four sans pyromètre, on a recours à la méthode visuelle, c'est-à-dire que la température est indiquée par la couleur que prend l'intérieur à mesure qu'on élève à l'aide du rhéostat l'intensité du courant employé : Le rouge visible au jour correspond à 600^ C Le rouge-cerise correspond à 900° C.
L'orange clair correspond à 1 200° G.
Le blanc correspond à 1400° C.
Le blanc interne correspond à 1 500° C. Le blanc éclatant correspond à 1 600° G.
Gette appréciation, nécessairement imprécise, demande une très grande habitude, d'où l'emploi généralisé d'un pyromèlre. Les couleurs très vives du four provoquent la fatigue rapide des yeux, et il
est bon de se servir de verres protecteurs colorés quand on regarde l'intérieur du four. D'ailleurs, chaque porcelaine fond à une température déterminée, et les écarts en deçà et au delà, entre lesquels les résultats peuvent varier très sensiblement, pour une même matière, sont assez restreints pour mettre fréquemment la méthode en défaut.
Une différence de 50° G. détermine des variations non seulement dans la résistance du bloc obtenu, mais surtout dans sa coloration, une élévation trop grande amenant l'éclaircissement de la teinte, jusqu'à sa disparition totale : toute porcelaine surchauiTée redevient blanc opaque. L'emploi des index en or ou alliages d'or, fusibles à température déterminée, permet de constater que. la température cherchée est atteinte, mais ne contrôle pas la fixité de celle-ci, qui peut être dépassée. G'est pour obtenir une précision absolue dans la mesure de la température du four que, depuis Price (1903), on ajoute un pyromètre aux appareils.
Le pyromètre est formé d'une pile tliermo électrique reliée à un galvanomètre. L'aiguille du galvanomètre indique sur une échelle gra-
Fig. 179.
Four rleclrique de Platscliick, avec pyroniètre.
CUISSON DK LA l'OUCliLAlM:.
duce la leiiip<'ralure intérieure du Tour. On a su remédiera la Iragililé des premiers pyromètres employés, et on peut considérer comme très |)rali(iues ceux (pii sont construits af'tuelleniciit [\(r. 179).
Le lourde Mitcliell et celui de Flatscliick sont d'un usage courant. Ce dernier a l'avantage d'utiliser des moufles interchangeables, ce (|ui permet de ne pas attendre le refroidissement du four pour commencer une autre cuisson et de remédier rapidement aux accidents de la fusion du platine quand le courant dépasse l'intensité pour laquelle l'appareil a été construit, accident qui met ce dernier hors d'usage.
Cuisson do la porcelaine. — La cuisson des blocs de porcelaine se fait en plusieurs temps. Pour le fond, on emploie des « corps de fondation » de couleur franche ; le plus souvent, pour les dents vivantes, on choisira le jaune, que l'on éclaircira s'il est nécessaire par l'addition de corps blanc, afin d'obtenir la teinte de la dentine normale.
Sur une plaquette de verre, de porcelaine ou d'agate absolument propre, on prépare à l'aide d'une spatule (fig. 180) une petite quantité
Fig. 180. — Spatules.
de la poudre choisie, dont on fait une pAte en l'additionnant soit d'eau distillée, soit d'un mélange par parties égales d'alcool et d'eau distillée. Le mélange doit avoir la consistance du mastic un peu sec, et il faut se servir très légèrement de la spatule pour ne pas incorporer par un frottement trop vigoureux des parcelles métalliques qui changeraient la teinte obtenue à la cuisson.
La matrice fixée dans une pince à coulisseau par un de ses bords est tenue dans la main gauche de l'opérateur. On remplit le fond de la matrice à l'aide d'une spatule très pointue. Il ne faut pas, dan. cette opération, que la pâte atteigne les bords, mais il faut seulement recouvrir le fond et les faces latérales. Si la matrice est percée, la pâte recouvre généralement le trou sans passer au travers, à la condition que la déchirure ne soit pas considérable. Elle serait inutilisable dans ce dernier cas, aussi bien que lorsque ses bords sont déchirés. Pour enlever l'excédent du liquide, on imprime des petits chocs ou plutôt des vibrations à la matrice en exerçant sur la pince de légères frictions à l'aide d'un manche d'instrument rugueux. Les
Traité de stomatologie. IV — 17
petites spatules indiquées sont très pratiques pour cet usage aussi bien que pour le modelage de la pâte.
Les vibrations transmises à la matrice précipitent les particules de poudre, tandis que le liquide remonte à la surface. Celui-ci est aspiré à l'aide de cônes de papier buvard ou de soie jusqu'à ce que la surface paraisse sèche.
Il est de toute importance de garder des bords nets, et s'ils avaient élé accidentellement recouvert, il faudrait à ce moment les nettoyer. De même il faudra vérifier la face inférieure de la matrice pour enlever lapàtpqui aurait pu s'y répandre. Si le four est froid, la matrice et son contenu peuvent y être introduits et celui-ci chauffé progressivement. S'il est déjà chaud, il faudra les disposer à l'entrée pour évaporer le liquide et sécher complètement la masse. Un échauffement brusque produit des bulles et des éclatements.
La matrice posée sur une plaquette de terre réfractaire est introduite dans le four, dans la partie reculée de celui-ci.
La température ne doit pas dépasser celle indiquée par l'expérience personnelle de l'opérateur pour obtenir seulement" le biscuit », c'est-àdire un état de fusion incomplète des molécules.
L'aspect de la masse obtenue est alors mat et la surface légèrement granuleuse. Nous avons indiqué plus haut l'usage des pyromètres et montres de contrôle, mais l'expérience du céramiste ne peut pas être remplacée par une description.
Lorsque la première cuisson est jugée suffisante, on constate qu'un retrait très appréciable s'est produit dans la masse. Il est dû à deux causes, l'évaporation de l'eau et à la contraction de la porcelaine. Il est absolument inévitable, et on ne peut tendre qu'à le diminuer pour empêcher son plus grand inconvénient : la déformation delà matrice. Pour cela, il est indispensable de déposer la pâte sur le fond et de ne pas la répandre sur les bords de la matrice, qui doivent être nettoyés au pinceau. Par le retrait, la porcelaine se détache des parois de la matrice. Dans les matrices un peu grandes, il est préférable de diriger pour ainsi dire la rétraction : il suffit pour cela de tapisser les faces latérales et le fond avec la pâte en ménageant au centre une dépression, un creux, ou bien de faire avec la pointe de la spatule une encoche profonde.
La quantité de pâte employée doit être suffisante pour que la matrice soit remplie aux trois quarts de la substance biscuitée. Sinon une addition de pâte de fondation sera faite et une deuxième cuisson pratiquée dans les mêmes conditions que la première, le sillon creusé contre la paroi de la matrice par le retrait se trouvant alors comblé.
La cuisson de la porcelaine delà fondation étant obtenue, il y a lieu de procéder à un essai ; celui-ci sera fait sur le patient si on travaille en sa présence, et c'est toujours préférable à cause de la plus grande exactitude obtenue; sinon cet essai serafait dans la cavité du modèle.
CUISSON I)K LA lH)RCi:LAiNE. 259
Il n'est pas nôcessaire de refroidir le four pour en enlever son conlenu (piand on ne manipule que de petites quantilés de porcelaine, comme c'est le cns pour les blocs. 11 sul'lit damenor le rhéostat sur le plot immédiatement inférieur. Il n'en serait pas de môme pourdes pièces plus importantes (l)ridu^es, pièces à gencive continue, etc. .
On taille les bords de la matrice avec des ciseaux lins, de manière à ne laisser en excédent qu'un rebord, pour rendre plus facile la mise en place pour l'essai.
l/iiitro.Iuclion dans la cavité se fera sans forcer et suivant l'axe de dépouille de, celle-ci. On vérifiera (jue la matrice n'a pas subi de déformation au cours de la cuissou, et on procédera à un nouvel estampage des bords, l'adaptation sera rendue plus parfaite; l'épaisseur de la matrice à ce niveau sera ainsi réduite au minimum, en particulier dans les points où on a du former des plis dans la feuille de platine pour permettre son adaptation.
L'opérationcst facilitée par la présence d'une partie rigide dans le fond de la matrice, qui ne peut plus être aussi facilement déchirée.
La matrice et son contenu sont légèrement lavés à l'alcool absolu pour enlever les impuretés, en particulier les traces de salive, puis séchés. On remplit alors la matrice avec la porcelaine de la teinte choisie et préparée comme nous l'avons indiqué pour le corps de fondation ; on a soin de mettre un léger excédent, à cause du retrait, mais il faut (jue les bords soient absolument nets. Pour cela, on doit limiter la masse de la porcelaine à l'aide de la pointe de la spatule. On procède à la cuisson.
La température du four s'étant abaissée pendant l'essai précédent, on l'élève de nouveau progressivement à l'aide du rhéostat, mais sans dépasser la limite indiquée pour la cuisson du corps de porcelaine em[)loyé. On doit obtenir pendant celte opération la vilrifica/ion de la porcelaine, c'est-à-dire un aspect uni, brillant, transparent, homogène. Le corps de fondation reste à l'état de biscuit, car la température de vitrification du corps deporcelainedoit être égale, sinon inférieure, à celle qui a permis d'obtenir le biscuit du corps de fondation; elle ne doit jamais lui être supérieure : la méthode en deux temps perdrait toute raison d'exister.
L'aspect de la porcelaine vitrifiée, à l'intérieur du four, est particulier, et l'expérience indique le résultat attendu.
C'est un temps assez délicat, car il ne faut pas dépasser cette température, sous peine de voir la teinte absolument perdue.
Sa matrice et son contenu sont laissés à refroidir devant l'entrée du four laissé d'abord ouvert. L'opérateur juge si la forme du bloc est satisfaisante. S'il est trop maigre, une deuxième application sera nécessaire, après un essai en bouche. Pendant cet essai, on vérifie également la teinte obtenue, et, si une erreur avait été commise dans son choix, on la constaterait à ce moment ; on y remédierait en partie
en employant, pour la couche superficielle à ajouler, une nouvelle teinte. C'est à ce moment qu'on juge de la nécessité de prendre une teinte différente, plus foncée pour la partie gingivale du bloc de porcelaine.
Le bloc de porcelaine doit être maintenant détaché de la matrice. On y parvient assez facilement en soulevant celle-ci à l'aide de pinces à partir des bords, en lui faisant faire une sorte de mouvement d'enroulement. Il faut s'aider d'un instrument très pointu, sonde ou excavateur fin; dans quelques cas, on devra enlever les derniers débris à l'aide dune fraise émoussée montée sur le tour. Il ne doit pas rester trace du platine. Pendant celte opération, on évitera d'écorner les bords du bloc.
Iléteiition du l)loc. — La face inférieure du bloc détaché de la matrice, celle qui vient en contact avec les parois de la cavité de la dent à obturer est lisse et ne retiendrait pas suffisamment le ciment; le bloc ne tarderait pas à se détacher.
Deux moyens sont à votre disposition pour agrémenter la rétention.
On peut creuser des cannelures sur la face inférieure, sans affaiblir la masse de Tincrustation, à l'aide de disques diamantés ou de corindon et de carborindon. Les petites dimensions du bloc rendent plus difficile sa manipulation, et une grande attention est nécessaire l)0ur ne pas le laisser échapper ni atteindre ses bords avec les meules.
Le second procédé est celui du dépolissage des faces profondes du bloc à l'aide de l'acide thiorhydrique. Les parties qui doivent rester intactes, c'est-à-dire la surface extérieure et les bords, sont protégées contre l'action de l'acide par un revêtement minutieusement fait avec de la cire d'abeille, celle-ci n'étant pas attaquée.
Une gouttelette d'acide fluorhydrique est déposée sur les parties à dépolir et laissée en contact pendant deux ou trois minutes. Puis on lave abondamment, et on enlève la cire. La surface attaquée est devenue rugueuse à l'aspect et au toucher, et le ciment pourra lui adhérer exactement.
Une rainure de rétention pourra être également pratiquée à l'aide d'une fraise en roue dans le fond de la cavité de la dent.
Scellement de rîncriistatîon. — La dernière opération, le scellement de l'incrustation, apporte quelquefois des désillusions à l'opérateur. En effet le bloc essayé dans la cavité humide peut sembler parfaitement réussi aussi bien comme forme que comme teinte. Malheureusement il est nécessaii'e pour le fixer d'employer du ciment, et la présence de ce corps opaque peut faire varier dans des proportion notables l'aspect du bloc terminé. Ceci tient à l'opacité et à la couleur du ciment à Foxyphosphate de zinc employé.
Le ciment destiné au scellement des incrustations doit être
SCKLI.DMIiM' DK L'I.XCItUS'IATlON. 261
assorti comme teinte avec le bloc hii-môine. L'expérience montre <]u'on peut, s'il est nécessaire, variei" l'aspect final en variant la coulenr <Ju ciment. Il serait préférable d'avoir à notre disposition des ciments transparents soit complètement incolores, soit de la teinte exacte de l'incrustation. Lçs ciments au silicale qui rempliraient le mieux cette condition ne sont pas assez adhérents, (pioique certaines mar({ues soient spécialement destinées ù cet usage par les fournisseurs.
A défaut d'autres plus parfaits, nous employons les ciments spéciaux pour blocs de porcelaine (tels que ceux d'Ames), dont le grain excessivement lin et pour lesquels il existe une gamme de teintes très suflisantes à nos besoins.
I/emploi de la digue est indiqué. S'il n'est jias possible d'employer cet utile accessoire (cavités sous-gingivales du collet des incisives et canines), on isolera complètement la dent par les moyens ordinaires, rouleaux de coton, serviettes, la sécheresse de la cavité devant être absolue après qu'elle aura été nettoyée une dernière fois à l'alcool.
Le ciment est délayé très clair, car il prend très rapidement à cause de rexlrème llncsse de son grain. On enduit de ciment la cavité et le bloc. Celui-ci est mis en place et maintenu exactement. Pour obtenir une pression uniforme et ne pas fracturer le bloc avec un instrument trop dur, tout en chassant l'excédent de ciment, on maintient l'incrustation à l'aide d'une bande de celluloïd ou d'une bande à polir en toile (côté non enduit). Il est quelquefois nécessaire d'employer une tige de bois d'oranger pour exercer une pression plus limitée. Il est préférable de finir le bloc dans une séance ultérieure, à moins que l'articulé trop élevé ne risque de le briser. A cet elTet et pour laisser se faire à sec la complète cristallisation du ciment, on recouvre la surface de l'incrustation et de la dent d'une couche de cire d'abeille et de cire collante.
L'excédent de ciment étant complètement enlevé, on peut fixer les bords irréguliers du bloc. L'emploi des pointes de corindon et de carborindon, des disques à polir montés sur le tour, permet cette opération, car la porcelaine à haute fusion se prête assez bien à ce polissage, sans dommage pour son aspect en milieu humide.
COLRO.\!NES ARTIFICIELLES