‹ Traité de stomatologie (volume 3)Chapitre 73 sur 129 · VI. — CONSTRUCTION DES COURONNES MÉTALLIQUES CREUSES · texte numérisé non relu

VI. — CONSTRUCTION DES COURONNES MÉTALLIQUES CREUSES

La couronne métallique creuse est aussi dite couronne coquille ou calotte et (pu'hjuefois improprement couronne télescope.

Elle comprend : 1 ' la bande, partie périphérique qui est en rapport, d'un côté, avec le collet de la dent et qui, de l'autre côté, se soude aux cuspides; '2" la couronne proprement dite portant les cuspides. — La bande et les cuspides forment un dôme métallique d'une seule pièce, qui s'appuie sur le collet de la dent, en l'encerclant exactement et sur le moignon de couronne par l'intermédiaire d'une substance cohésive : gutta-perclia ou cimenl.

Cet ensemble, d'une simplicité mécanique extrême, forme jui tout très solide d'où découlent les indications de la couronne métallique creuse, de la couronne creuse par abréviation courante.

Indicatious. — La couronne creuse est indiquée sur les molaires et sur les secondes prémolaires situées hors de la vue et plus généralement chaque fois qu'une dent étant invisible ou très peu visible on a besoin d'une couronne artilicùclle durable et solide.

Dans une première série de cas, la couronne creuse sert à la reconstitution et à la consolidation de molaires ou prémolaires cassées sous la gencive, réparées à lamalgame et qui ne pourraient recevoir aucun autre type de couronne.

Dans une seconde série, ou l'articulé (1) est très bas, tout emploi de porcelaine est contre-indiqué à cause de la fragilité de la porcelaine sous petite épaisseur, et la couronne creuse est seule possible dans de bonnes conditions.

Enfin la couronne creuse, par sa solidité et sa fixité, est le

(1) Nous appelons articulé les rapports des arcades dentaires ou de Ja face occlusalc des dents dans lOccIusion, et articulation dentaire ou articulation, les rapports et les moyens d'union ligamentaires de la racine avec l'alvéole. Thaitk de stomatologie. IV. — 20

meilleur et le plus stable support des bridges et sera le plus habituellement choisie au moins pour leur pilier distal.

Conditions nécessaires. — Comme pour toute pièce prothétique buccale, la couronne creuse doit être construite d'un métal non attaquable par les liquides buccaux.

L'or est le plus communément employé : 18 cax'als sont le terme le plus bas possible ; on lui préférera la teneur de 20 carats si la couronne doit être exceptionnellement résistante et 22 carats dans tous les autres cas; à ce titre, Tor est assez résistant et il présente les meilleures facilités de travail.

Le platine pur a sensiblement les qualités de résistance de Tor à 22 carats; parfaitement inattaquable dans la bouche, il possède en plus par sa couleur blanc gris peu brillante un avantage très marqué sur Tor.

La bande de la couronne doit être parfaitement adaptée par son bord libre au collet de la dent, partout cachée sous le bord libre de la gencive, sans blesser le ligament dentaire. Par son corps, la bande reproduit lés faces linguale et vestibulaire normales et surtout par ses faces proximales elle reconstitue vers le tiers de la hauteur de la couronne le point de contact normal avec les dents voisines.

Son bord cuspidien se soude et confond ses formes avec la partie cuspidienne triturante de la couronne.

Les cuspides reproduisent une forme normale et entrent en contact aveclescuspidesopposéeset sont d'une épaisseur d'or suffisante pour ne jamais ris([uer ralTaiblissement ou la perforation par usure.

MÉTHODES DE CONSTRUCTION. — Les couronnes creuses sont construites : r par la méthode sans soudure; 2° par la méthode sectionnelle avec soudures.

V Méthode sans soudure. — Elle consiste à former la couronne d'une seule pièce d'or, par emboutissement. La fourniture commercialisée de calottes d'or de dimensions variées, les systèmes de construction à base mécanique et enfin l'avantage d'éviter tout raccord et toute soudure à la surface de la couronne ont été les causes du succès de cette variété; il a paru d'emblée plus parfait et ensuite d'exécution plus rapide et plus facile.

Ce dernier avantage, qui est en fait léger, comparé à celui de la perfection, ne saurait être dans aucun cas primordial, et nous pensons qu'il est en fait unique, c'est-à-dire insuffisant.

En elîet, la calotte d'or d'abord employée est nécessairement mince; elle est ensuite fortement estampée, c'est-à-dire fort inégalement étirée et amincie ; les renforcements de soudure intérieure ou extérieure sont toujours fort inégalement répartis.

La construction de la couronne sans soudure demande cependant l'adaptation à la racine d'une bande métallique primaire qui ne sera pas employée, mais qui sert à construire un modèle, et cela avec

CONSTRUCTION DKS COURONNES MÉTAULIOUF. S CRl-USKS. :{07

undo^TÔ plnsou moins grand de pcrreclion. La l»ande linale et, par suite, la couronne creuse sans soudure n"am-onl jamais la perfeclion de la couronne creuse sans soudure.

Aussi devons-nous éliminer de la i)raLique habituelle la construction par estampage sans soudure, r«''iservant notr(! choix pour la mélluKh' seclioiiiielle.

2"MôtliO(lo(lccoiistriictioiis»eotioiiii«'llc avec siuidiiros. — Après la pn'paration complète du moignon coronaire de la deiil.

Vb^. '221. — Mesure du pt5rimèlre de hi racine.

la bande et les cuspidcs sont construites séparément, puis soudées. Enfin la couronne est renforcée à l'intérieur par l'addition de soudure coulée.

a. Mesure du périmètre de la racine. — Cette opération, déjà décrite, au moment de la préparation de la couronne (p. '297), peut être exécutée avec un fil de soie qui est serré et noué au niveau du cul-de-sac gingival, puis sectionné et étalé en ligne droite; mais ce procédé est assez infidèl(\

On peut également se servir d'un jeu gradué et numérotéd'anneaux de maillechort successivement essayés sur le moignon jusqu'à bonne ada|)talion. Le périmètre de chacun de ces anneaux est connu d'avance, en millimètres, et cette longueur est reportée avec une

Fig. 228. — Mesure du périmètre de la racine,

règle graduée sur la plaque métallique qui servira à construire la bande. Cette méthode est plus rapide et plus précise que la précédente. La présence des dents voisines la rend pourtant quelquefois difficilemeni applicable; enfin la déformation de l'agrandissement à l'usage i\e>, anneaux de mesure la rend susceptible d'erreurs assez importantes

Pour ces raisons, la méthode de mesure pour le fil de fer souple et fin, dit " liasse «j enroulé au collet de la dent, tenu et serré par la

torsion du dentimètre et retiré par glissement vers la partie libre du moignon, doit être préférée.

L'anneau de fil est alors coupé aux ciseaux pri's du point de torsion; les deux chefs sont lissés, rendus rectiligncs, placés dans le prolongement l'un de l'autre et placés temporairement de côté avant de servir de mesure au côté cervical de la bande.

b. Choix etpréparation de la bande. — Le métal préféré est l'or à 22 carats ; à ce titre, il possède encore une malléabilité et une pureté suffisantes avec une bonne résistance; on peut, dans les cas où la résistance doit être augmentée, descendre à 20 et même parfois 18 carats. L'épaisseur peut varier légèrement suivant la dent envisagée et la résistance que l'on demandera à la couronne. L'épaisseur moyenne sera de 40 centièmes de millimètre et pourra descendre à 35 centièmes de millimètre pour les couronnes de prémolaires qui ne sont pas destinées à servir de pilier de brigde. La première dimension correspond sensiblement au n» 8 de la filière française de Contenau et Godart; la seconde au n° 6 de la même filière; la filière anglaise demanderait les numéros 5 et 4 1/2. Enfin le numéro 28 de la filière américaine de Brown et Sharpe est légèrement plus faible que le numéro 7 de Contenau et (jodart.

Eu centièmes

Kilièi-e

Kilière

Filière

de iiiilliniètre.

fraiicjaise.

ang^laisc.

américaine.

Épaisseur maximum . . 40

No S

No 5

Épaisseur minimum. . 3r>

No 6

No .il/2

No 29

11 convient de tailler maintenant dans la plaque d'or choisie une bande de forme et de grandeur appropriées.

La forme sera habituellement celle d'un trapèze allongé et exceptionnellement, pour quelques prémolaires, celle d'un rectangle. Dans le trapèze, les côtés parallèles correspondront, le plus court au côté cervical, le plus long au bord occlusal de la bande; les deux côtés convergents s'ajusteront ensemble par soudage.

Le côté cervical est pris comme base ; on le rend d'abord parfaitement rectiligne sur la plaque d'or; puis en le prenant comme base, on trace à la règle avec une pointe aiguë, ou à la pointe du compas d'épaisseur une raie parallèle à ce côté cervical et distante de lui de la hauteur que l'on veut donner à la bande.

11 faut prendre assez largement cette mesure en tenant compte de ce que la bande passera sous le bord libre de la gencive et de ce qu'après avoir été façonnée elle doit arriver près de la face occlusale de l'arcade opposante.

Le premier côté convergent du trapèze est ensuite découpé aux ciseaux droits ; il doit former avec la base un angle légèrement obtus de 92" à 94" environ, et cet angle sera d'autant plus grand que la bande devra avoir une forme évasée, c'est-à-dire que la différence sera grande entre le diamètre proximal de la dent préparée et le

CONSTRUCTION DES COURONNAS MÉTAIJJOriîS CREUSES. 309

(liamèlre proximal inaxiimiin à donner à la couronne creuse, (le côlé une fois coMpc'' est éj^alisé et taillé en liiseau bien régulier mais peu niarciué au moyen de la lime à or plaie.

Fiici- de la bande.

— Dessin île la bande.

A ce moment, la bande est prête pour être taillée avec précision à la mesure du fil du dentimètre précédemment préparé et mis de côté (p. 308).

Le fil bien reclilii;ne est porté sur le bord cervical de la bande ; celle-ci est marquée à sa longueur avec une pointe

aiguë, et à partir de cette marque un .^

coup de ciseau rectiligne coupe la bande /

dans sa hauteur en formant le second II

côté convergent de trapèze, qui sera semblable au premier et comme lui ramené à ^' '^- "-"'^• la lime plate à la forme dun biseau peu marqué et bien rectiligne.

c. Soudage de la bande. — La bande est d'abord repliée en un anneau régulier fermé dont les deux bords libres se croisent de 2 à

3 millim«*tres. Dans cctétat, elle est portée au rouge

soml)re dans la flamme d'un bec de Bunsen et refroidie dans une solution d'acide chlorhydrique, puis lavée à l'eau pure.

Cette détrempe préalable diminue et fixe le degré d'élasticité du métal, ([ui, sans elle, serait exposé à se dilater ne, séparant les surfaces à souder pendant le soudage.

On peut, après elle, amener en contact dune fa«;on très précise les bords opposés de la bande; alVrouler leurs biseaux de facjon parfaite si ces biseaux ont été taillés bien à plat et les maintenir en contact intime par la pression légère que la bande actuellement décroisée leur conserve.

Fig. 231. — Enroulement de la bande.

Le soudage proprement dit peut être fait par deux méthodes : 1" par le soudage autogène déjà décrit, au moyen de la flamme du bec de Bunsen ou du chalumeau; dans ce cas, il importe que la pression des surfaces soit minime; il convient, en effet, de se rappeler <|ue ce soudage est obtenu par fusion des deux parties à souder lorsqu'elles sont à Tétat pâteux qui précède immédiatement la liquéfaction. Dans cet état pâteux, une pression un peu forte déformerait par écrasement les surfaces à souder. Cette méthode donne un résultat parfait; mais l'exécution en est délicate; 2° par soudage avec soudure. Dans ce cas, au contraire, il suffit d'éviter la séparation des surfaces en biseau au moment du chauffage de la bande ; la

Fig. 232. — Soudage de la bande.

pression peut être légèrement plus forte, puisqu'elle donnera un bon contact et que les surfaces en contact ne doivent pas être portées au rouge vif qui précède leur fusion.

Ces surfaces sont préalablement enduites d'une quantité infime de flux liquide sans que cette précaution soit indispensable si la pièce vient d'être récemment lavée à l'acide. On place au' niveau de la solution de continuité une paillette filiforme rectiligne du carat correspondant à la plaque; le tout est porté à la pointe d'une précelle fine dans le milieu d'une petite flamme de bec de Bunsen, et l'élévation de température est surveillée avec soin jusqu'au moment précis où la paillette de soudure fond et disparaît dans la solution de continuité qu'elle comble. L'ensemble est vite retiré de la flamme et refroidi par immersion dans l'acide.

CONSTRUCTION DES COURONNKS MKTALLIQIJES CREUSES. 3[1

Si toutes les précautions ont été observées, la soudure ainsi faite est presque invisible, et à son niveau il n'y a ni auj^mentation, ni (liniinutioii de l'épaisseur de la bande.

(/. Adaptation de la bande. — La ligne de soudure sera toujours placée et maintenue comme point de repère fixe au milieu de la face linti^uale de la dent.

Ensuite, avec le ciseau courbe de Beebee, on fait sur le bord cervical, sur chaque côté proximal, deuxéchancrures courbes occupant toute la face proximale, et ayant 1 à "2 millimètres de hauteur au milieu de ces faces.

La hauteur de ces échancrures sera copiée par approximation sur la convexité du bord libre de la gencive chez le patient dans les régions proximales.

Ceci fait, la bande sera portée sur le moignon de la dent à couronner, qu'elle baguera par son bord cervical, et sera descendue à plat juscju'à ce qu*un point <iuelconque touche le fond du cul-de-sac gingival. L'enfoncement de la bague vers le collet s'obtient d'abord avec la pulpe du pouce ou de l'index appuyée à plat ; quand la résistance augmente, on interpose une petite pièce de bois blanc de 2 à 3 millimètres d'épaisseur, que le patient peut enfoncer par occlusion des mâchoires. Son action, qui peut atteindre une force considérable, doit être surveillée. En elVet, si la bague est trop serrée, la pression intermaxillaire peut la faire éclater par déchirure: dans ce cas, comme d'ailleurs dans le cas contraire, où la bande serait trop lAche, elle peut être rapidement enfoncée sous la gencive et produire une lésion grave du ligament dentaire.

Le meilleur mode de surveillance consiste à placer sur le coté opposé des arcades dentaires un coin de bois dur, de façon qu'il ne laisse à cha^iue instant entre les deux arcades et lui (ju'un écart et un jeu d'un millimètre.

Au moment où la bande ainsi surveillée atteint par un point le fond du cul-de-sac gingival, son mouvement d'enfoncement sera suspendu. Puis on recherche par la vision directe et au moyen du miroir et, si besoin est, de la sonde, le point du bord de la bande qui est le plus élevé au-dessus du bord libre de la gencive.

Nous supposerons, pour prendre un exemple concret, que ce point se trouve situé sur la face vestibulaire et à 1 millimètre au-dessus du bord libre de la gencive, laissant à cet endroit une surface dentinaire à découvert; nous tracerons à partir de lui avec la pointe aiguë de la sonde n^ 6, parallèlement au bord libre de la gencive, une ligne circulaire partout située à 1 millimètre de distance de la gencive.

La bague sera retirée, puis, au moyen des ciseaux courbes de Beebece, puis du bord convexe de la lime fine à or, nous enlèverons tout ce qui dépasse le bord de la ligne tracée à même l'or, et nous

aurons obtenu un bord cervical de la bande d'un dessin parallèle au bord libre de la gencive.

Il faut maintenant amener partout ce bord cervical de la bande sous la gencive et se rappeler dans ce but : l» que le moignon dentinaire étant conique, dans presque tous les cas cette nouvelle descente de la bague correspondra à un nouveau serrage de la bande au collet. La force à employer sera plus grande; l'ajustement par adaptation de Tor sera plus parfait; mais les risques de déchirement par étirage de l'or et traction sur la soudure augmenteront ;

2» Que le cul-de-sac gingival n'a pas partout pour chaque dent, ni pour chaque patient, la même profondeur. Il est en général maximum dans la région proximale et plus grand pour les grosses que pour les petites dents.

L'enfoncement du bord de la bande doit donc être surveillé dans le cul-de-sac gingival. Le regard vérifie qu'il est partout suffisant, et la sonde qu'il n'est nulle part poussé trop loin.

La sonde la meilleuredans ce but porte le u" 6 de S. S. Whiteetesien forme daiigle droit; on utilise tantôt la pointe même, tantôt l'angle mousse formé par la réflexion de la pointe avec le manche. Quelquefois, dans les espaces proximaux serrés, la pointe du crochet de la sonde n" 17 donne les renseignements les plus précis.

Le second enfoncement de la bande se fait parles mêmes méthodes que précédemment : pression directe de la main ou serrage masticatoire par Icpalient. L'opérateur surveille dans ce cas la direction et la grandeur de la force employée. II retire la bague autant de fois qu'il est nécessaire pour obtenir son ajustement, qui est parfait au moyen de la lime fine à or.

Le bord cervical de la bande doit, en fin de travail, êlre régulièrement émoussé et arrondi, en même temps que très légèrement biseauté aux dépens de sa face externe.

Le serrage doit être tel que le crochet de la sonde n« 17 ne trouve en aucun point à remonter entre lor et ladenline et tel que le patient mordant fortement dessus ait la sensation qu'il a serré à bloc, ce que l'opérateur doit vérifier en constatant qu'une forte pression n'enfonce plus la bague.

Enlin,à ce moment, le bord cervical, partout dissimulé sous le bord libre de la gencive, ne doit blesser nulle part le ligament au collet de la dent, c'est-à-dire ne provoquer ni douleur ni hémorragie.

Nous avons insisté sur chaque point de ce temps d'adaptation de la bande au collet delà dent. C'est (|ue, préparé par une fornialion correcte du moignon coronaire, il donne à la couronne son point d'appui principal, et c'est d'autre part que cette couronne ne sera bien tolérée par les tissus mous que si l'adaptation est parfaite. Tant vaut l'adaptation de la bande au collet, tant vaudra la couronne entière. Enfin, une fois ce temps terminé, il ne faut dans aucun cas le

coNsinrcTiox di:s col;uonm;s Mr;TAi.Lr()iJKs ckkusi-s. 313

repreiulre et k; n-louchor ; crsl lui «iiiidonrir I»; point lixc «l'on se succéderont les aiilres temps de la construction.

II Inul (''ii.il(Mm'nl sii^Malcr que la conslriiction de la hande [)Our les couronnes à tenon avec Ininde applicable aux dents jnonoradiculaires demandera la même technique et aura pour ces couronnes de choix la même iinpoilance primordiale.

e. Formation du contour. — Ce temps consiste à translormer par modelage la forme conique ou cylindrique de la bande en forme anatomique sans modilier ladaptation <léjcà obtenue au collet.

11 laullairc bomber la bandcauxrégionsnalurellementen saillie et former des [)lissementsdu métal à la place des sillons anatomiques.

Fig. 233. — Formation du contour de la bande.

Les pinces de Johnson et de Reynolds, jointes ou non à l'action des brunissoirs, transforment la surface régulière de la bande en bosses, tandis que les pinces de Gosslee et de Peeso, par leurs bords vifs, arrêtent le dessin dessillons vestibulairesou linguaux. Pendant ce travail, la bantle sera recuite si nécessaire, et finalement elle sera à nouveau reportée sur la dent pour rendre, si besoin est, au collet ladaptation plus ou moins écrasée pendant ces manœuvres. Quand il est terminé, la bande doit repioduire la forme exacte de la dent du collet vers la région occlusaie, au delà de la ligne réunissant les deux points de contact ; à partir de ces points, la bande, qui allait en s'évasant du collet vers la région occlusaie, doit commencer à se rétrécir légèrement. S'il est nécessaire, pour obtenir ce résultat, on pra-

tiquera dans le bord libre de la bande, avec des ciseaux droits, deux ou trois écliancrurespeu profondes en forme de V très fermé, qui faciliteront le travail du métal.

f. Section de la bande. — La bande est remise en place, et les mâchoires sont mises en position d'occlusion; on trace sur son bord libre, avec la pointe de la sonde, une ligne circulaire laissant entre elle et la face occlusale de l'arcade opposée un espace libre de 1 à 2 millimètres Le surplus de métal qui dépasse est enlevé au moyen des ciseaux de Beebee, et la section est ensuite égalisée bien à plat avec une lime plate.

Ce temps d'égalisation risque souvent d'aplatir ou d'ovaliser la bande en modifiant la forme désirée. Pour éviter à coup sûr cette complication, on peut, la bande étant hors de la bouche, coulera son intérieur un peu de plâtre et le laisser cristalliser ; sitôt durci, il maintiendra exactement la forme obtenue, et il suffira de promener le bord à égaliser sur la surface plane d'une lime fine à or jusqu'à usure convenable.

g. Prise de l'articulé et de l'empreinte. — Pour simplifier les opérations, rarliculé doit être pris dabord et avec de la cire; car la prise de l'empreinte nécessite toujours l'usage du plâtre, seul capable de donner avec une précision suffisante les rapports de l'arcade et de la bande ; or la bande sera presque toujours retenue dans l'empreinte au plâtre.

1° La prise de l'articulé est l'opération qui consiste à prendre dans un seul bloc de cire ramollie la forme des deux arcades opposées au niveau de la couronne à construire, avec la bande en place et surtout leurs rapports fixes dans la position d'occlusion.

La bande est mise une dernière fois en place ; un peu de cire dure est coulée sur le moignon coronaire et égalisée à environ 1 millimètre au-dessous du bord libre. Cela fait, on prépare la cire d'empreinte pour laquelle on choisit une demi-plaque de cire vierge d'abeilles qui sera ramollie dans une coupe d'eau à 60° ; la cire est malaxée entre les doigts, réchauffée encore si besoin est, et reçoit la forme d'un rouleau de 15 à 20 millimètres de diamètre et de 4 à 5 centimètres de longueur. Ce rouleau est appliqué sur l'arcade opposée à celle qui porte la bague et à sa hauteur ; les doigts de l'opérateur le moulent rapidement sur les dents, et le patient est invité à mordre à fond ; l'opérateur surveille que l'occlusion soit correcte, puis il moule rapidement par pression digitale la face vestibulaire des deux arcades. Aussitôt après, il doit immobiliser fortement les deux mâchoires du patient, et la manœuvre la plus sûre consiste à le renverser par bascule en arrière du fauteuil opératoire et à prendre la tête sous le bras gauche en appuyant fortement la paume de la main gauche sous la mandibule et, si besoin est, en appuyant également de la main droite. Sans retard le patient est prié d'appli-

COXS'rnUCTlON des couronnes MÉTALLIOt'l.S CREUSES. 315

Fig. 23 S. — Porte-empreinlr partiel.

quor rorlemenl sa langue sur rexcès buccal tic c'ivv, de laiton à le mouler contnî la paioi buccale des arcades dentaires, et c'est |)cndant ce moment où la lanf,aje du patient comprime la cire que les niAchoires s'entrouvrent si elles ne sont pas solidement fixées par l'opéraleur. La cire est ensuite refroidie. Le patient entr'ouvre la bouche, et on retire un bloc portant empreinte partielle et double des mâchoires et réduit au fond de ces gouttièiesop- ])Osées à l'état de mince membrane.

2» La prise de l'empreinte doit suivre immédiatement et inclure si possible deux

dents de chaque côté de la couronne. Le porte-empreinte partiel articulé no 43 de S. S. White en maillechort convient à presque tous les cas. 11 faut laisser le plâtre d'empreinte durcir entièrement dans la bouche, et il est d'habitude nécessaire de retirer d'abord le porteempreinte seul, puis de tracer au bistouri une incision sur la face occlusale de l'empreinte pour obtenir deux moitiés latérales. Cette précaution donne en même temps une empreinte très précise et tacilement reconstruisable à cause du petit nombre de fragments.

h. Montage et coulage du modèle. — Les fragments sont replacés dans larticulation et fixés à la cire dure. 11 est d'habitude facile de placer avec exactitude la bande prise dans le plâtre. La surface de l'empreinte estabondammentenduite de savon, badigeonnée avec un pinceau et séchéc avec un linge fin pour éviter l'adhérence du plâtre et conserver une surface lisse. Dans ce môme but, on peut enduire d'abord l'empreinte sèche avec une solution alcoolique de laque suivie d'une seconde application d'une solution alcoolique de sandaraque; la première donne à l'empreinte une zone colorée en jaune brun, fort utile lors du décollement des deux plâtres ; la seconde les laisse se séparer facilement, en donnant au modèle une belle surface lisse.

On choisit ensuite un arliculateur à couronnes, et on coule le modèle avec du plâtre ordinaire en prenant du même coup dans le modèle la branche correspondante de l'articulateur.

Après cristallisation, le porte-empreinte esl détaché; les fragments de l'empreinte sont facilement entr'ouverls de la même façon qu ils ont été retirés de la bouche, et le modèle apparaît, muni delabague en position correcte.

11 suffit déplacer sur lui la cire d'articulé et d'avoir soin de la bien asseoira fond ; dans ce but, il est souvent nécessaire d'ébar-

ber à la spatule les angles aigus qui peuvent gêner cette mise en position et même tic ramollir la surface de la cire dans de l'eau tiède à 35** environ.

Un second modèle est coulé dans la cire et la seconde branche de Tarticulateur abaissée dans le plâtre mou jusqu'à ce qu'elle soit parallèle à la première. Après cristallisation, il convient de faire

l-'i". 235. — Modèles articulés avec la bague métallique en place.

ramollir la cire dans l'eau chaude pour l'enlever facilement et ouvrir le porte-empreinte sans casser les dents du modèle.

i. Formation descuspides. — Les cuspides peuvent être actuellement façonnés par deux méthodes :

1° La méthode d'estampage;

2» La méthode de coulage sous pression.

Dans les deux cas, on place au-dessus de la bande une substance plastique, plâtre ou cire ; cette calotte est d'abord modelée par l'occlusion des dents opposées, puis reprise quand elle a durci pour être sculptée en conformité avec la bague et avec la surface d'occlusion de l'arcade opposée. Enfin on reproduit, d'après ce modèle sculi)té, la pièce en or qui, soudée à la bande, formera la surface occlusale, la calotte proprement dite de la dent.

Technique de la méthode d'estampage. — Sur le modèle en plâtre, les surfaces voisines de la bande et celle du modèle opposé sont enduites de vernis à la sandaraque ou convenablement savonnées; puis la bande, d'abord bien afl'ermie en place, est remplie de quelques gouttes de plâtre mou formant comme un chapeau de champignon dans lequel on imprime les surfaces occlusales des dents opposées en serrant fortement les deux branches de l'articulateur. On laisse le plâtre durcir, et on rouvre larticuiateur. Avec une lame bien tranchante, on enlève d'abord l'excès de plâtre autour de la bande; puis en suivant les indications données par le bord de la

CONSTRUCTFOX DHS COIJRONMÎS MÉTALLKJIKS CliKl.SKS. ai7

hnndc cl, Ja sniTaco (rocclusioii, on sculplc |>ar laf^es |»lans une calolle docclusioii.

Il lanl cnsiiilc, loni aiiloui' «le colU; calolle, dé'rai'er (Mi-ciilaircinonL

l'i;;. 237. — Premier état des cuspides en plàlro.

Fig. 236. — Préparation des cuspidcs en plaire.

le bord occlusal de la bande sur une largeur égale à l'épaisseur de la bande et aussi enlever au niveau des i)oints d'occln.sion une épaisseur de même dimension. Cette précaution est indispensable pour «lonner sa place à la calotte qui va être estampée.

Poui' l'estampage |»roprcment dit, on doit maintenant préparer d'après le modèle sculpté des moules mélalliques, pour la construction desquels on devra utiliser les éléments suivants :

1" Une. masse de « moldine », sorte de terre à mouler grise et fine qui fait avec la glycérine une bonne pâte h empreintes;

•20 Un anneau de caoutchouc gris ayant un cylindre intérieur de hauteur et de diamètre égaux de '25 millimètres ;

3° Unmétal fusible à basse température et suffisamment dur, comme l'étain ou l'alliage dit métal de Watt;

4° Une cuillère à fondre les métaux ;

50 Un tas de plomb pour servir de contre-modèle ;

60 Un marteau lourd.

La moldine est d'abord malaxée, puis tassée pour former un gâteau d'environ 1 centimètre d'épaisseur. Dans la surface supérieure bien aplanie, on enfonce les cuspides de plâtre munis de la bande jusqu'à empreinte très légère delà iiandc d'or sur

Fi^'. 238. — Deuxième élat des cuspides en plâtre.

la mokline, et celle-ci est tassée tout autour avec une spatule plate.

Fig. 239. — Moldinc, anneau de caoutchouc, métal de Watt, cuillère à fondre.

Les cuspides de plâtre retirés laissent une empreinte exacte comprenant Tépaulement de la bande.

Fig. 243.

Fiu-. 244.

Fis. 245.

Fit?. 240 à 245. — Formation du moule, du contre-moule, estampage de la plaque occlusale.

L'anneau de caoutchouc est placé au-dessus de la moldine et encercle l'empreinte en son centre. Dans l'anneau, dn coule Un cylindre

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