COULAGE SOUS PBESSION DE LA BASE ET DE LA FACE MÉTALLIQUE LINGUALE
A. Coulag-c de la base. — Lorsque le canal dentaire est notablement élargi par la carie ou lorsque le bord cervical de la racine a été détruit de façon à rendre difficile ou impossible l'adaptation de la plaque de base, il est possible d'adopter une pièce de cire qui sera rendue solidaire du tenon et qui, exactement reproduite ensuite par une pièce d'or coulé, donnera une base bien adaptée.
Technique du coulage. — Le pivot est d'abord adapté comme précédemment; ensuite on ramollit une masse de cire à empreintes pour blocs d'or que l'on applique fortement et que l'on pousse avec la pulpe de l'index ou une spatule dans le canal et sur la partie libre de la racine. La masse de cire est refroidie, et son excès au-dessus de la racine est coupé et égalisé à la spatule chaude. Le tenon, convenablement chauffé pour fondre la cire par sa chaleur de rayonnement, est enfoncé à sa place à travers la masse de cire. Après un nouveau refroidissement, l'ensemble est soigneusement retiré sans déformation, et l'on est en possession dune empreinte exacte de la cavité radiculaire et de la perte de substance cervicale embrochée
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dans le tenon de platine. L'ensemble est investi et coulé; ou obtient sa reproduction exacte en or à '22 carats, et la nouvelle pièce est portée et si nécessaire ajustée à la racine pour servir de support à la couronne en lieu et place de l'arniaturc mélalli(|ii<' comprenant une placjue de base.
B. <:oula;ro de la face Iin$>:iiale. — La face linguale peut être coulée sous pression soit au moment de réunir la contre-plaque à la plaque de base, soit même directement sur la porcelaine, avant la confection de la contre-plaque, quoique dans ce cas les risques de fracture de la dent en porcelaine soient assez grands. Enfin il est possible de retirer avant coulage la porcelaine; puis aj)rès coulage de la fixer à Tarmature par l'intermédiaire de ciment. Si ce dernier procédé crée un joint au ciment susceplil)le de laisser occasionnellement la porcelaine choir, i)ar contre il donne l'avantage de rendre la porcelaine assez facilement amovible et remplaçable en cas de fracture.
Technique du coulage. — Cette opération est une sorte de répétition du coulage de la base. On réunit avec de la cire spéciale les parties à réunir avec de Tor, et on les sculpte dans leur forme définitive à la spatule à cire. Ceci fait, l'ensemble est porté au revêtement, coulé sur pression et fini.
Si on veut obtenir une face de porcelaine amovible, celle-ci est retirée avant le coulage et ensuite fixée au ciment spécial pour blocs d'or. L'ensemble doit être fini et poli avant la mise en bouche.
Vin. — CONSTRUCTION DES COURONNES A TENON ET A BANDE.
La couronne improprement dite aujourd'hui de Richmond en est seulement un perfectionnement par simplification, et elle comporte deux variétés, comme la couronne à tenon sans bande, qui sont :
1° Avec face linguale en métal;
2° Avec face linguale en porcelaine.
La construction ne diiTère de celle de la couronne de Fauchard <|ue par l'addition d'une bande, et c'est ce point que nous décrirons particulitMcnient.
TECHNIQUE DE LA CONSTRUCTION. — La racine aura d'abord subi une préparation semblable à celle indiquée pour les couronnes creuses, puisqu'il convient de construire une bande semblable: dans ce but, on donne au moignon coronaire une forme Ironconique régulière en suivant la technique précédemment décrite, et on lui laisse, si possible, une hauteur minima de 2 millimètres au-dessus du collet, qui devra être conservé jusqu'au moment où la bande aura été elle-même réduite de hauteur.
L'armature métallique comprend en plus de celle de la couronne
Fig. 254. — Bande adaptée.
de Fauchard une bande s'insérant autour de la plaque de base et disparaissant partiellement (1).
a. Construction du tenon et de la bande.— Le tenon subitune
préparation absolument semblable à celui de la couronne de Fauchard.
La bande est construite de préférence en platine pur au numéro 6
ou 7 de la filière française. Pour les couronnes en porcelaine et or,
on peut cependant utiliser Tor à 22 carats.
La bande doit pénétrer circulairement dans le cul-de-sac gingival et en particulier utiliser toute la hauteur disponible dans la région vestibulaire.
Lorsqu'on a obtenu une parfaite adaptation au collet, le temps suivant consiste à réduire la bande à sa hauteur définitive, et la forme à lui donner est d'habitude celle d'un anneau mince, de façon à pouvoir se loger totalement dans le cul-de-sac gingival sur la face linguale pour permettre l'utilisation d'une partie du moignon coronaire.
En conséquence, la région des deux points de contact est prise comme point de départ. La bande étant mise en place, on trace du côté vestibulaire une ligne passant rapidement sous le bord libre de la gencive ; et du côté lingual une seconde demi-conférence qui peut se tenir à 1 millimètre et quelquefois l""*,,") au-dessus du bord de la gencive.
La bande est d'abord réduite hors de la bouche aux ciseaux courbes, puis à l'aide de la lime plate, et elle est reportée pour essai sur la racine. Quand elle est bien adaptée, on trace circulairement sur le moignon une ligne affleurant son bord, et l'excès de couronne qui la dépasse est réduit aux fraises d'abord, puis aux meules cylindriques.
11 est essentiel que ce meulage de la dent naturelle soit toujours fait après enlèvement de la bande, et on doit arriver à l'aflleurement parfait du bord libre de la bande et de la surface cervicale par une progression de l'usure lente et par des essais successifs. La bande est en efîet très amincie sur le bord vestibulaire, puisqu'elle se cache en entier sous le cul-de-sac gingival, et sa hauteur est d'habitude moindre que 0™"», 5. Un coup de meule peut l'affaiblir à l'excès au moment même où l'opérateur serait privé du moignon radiculaire si utile à l'ajustage de la bande.
Lorsque l'usure par meulage est terminée, on a obtenu une surface
(1) Ou totalement dans le cul-de-sac gingival. L'union de la plaque de base et de la bande forme une cupule qui coilTe rextrémitc libre de la racine et est aussi appelée chape ou cape.
Fig. 255. — Bande adaptée et réduite.
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de scclioli (le la racine composée do deux sm-races planes fornianl un ani^ie dièdre au niveau de la liiçne i)i()ximo-pio.\imale qui réunit les bords de la bande au niveau des deux points de contact. La surface vestibulan'e, généralement la plus petite, descend lenlementenbiseau dans le cul-de-sac veslibulaire ; la surface linguale, plus large, est sensiblement perpendiculaire à Taxe de la racine et, par suite, à la direction du tenon ; elle surplombe lingualement le bord de la gencive d'une hauteur (pii peut varier de 1 à '2 millimètres au maximum.
II. Construction do la i)la<|uo de hase. — La plaque de base n"a pas besoin d'être adaptée sur l'extrémité de la racine; il suffit de prendre une plaque métallique ovale dont les i)ords dépassent de toute part le périmètre de la bonde, et de plier la pince de Gosslee au niveau de l'angle d'union des deux surfaces.
c. Formation de la oapo ot llnlssaj»:© d<? l'arniatnre métallique. — La bande est retirée de la couronne, placée à plat sur la plaque de
base et soudée à ^^ - — ^-^ à '/
elle.
La plaque de base n'est pas encore bien adaptée; aussi choisit-on de faire d'abord
le soudage sur un seul point, un de ceux qui touchent le plus nettement au moyen d'une particule de soudure et en portant directement l'ensemble tenu horizontalement au-dessus de la flamme d'un bec de Bunsen.
Après ce premier soudage, la plaque est déjà fixée à la bande et vient d'être détrempée; il est facile d'adapter par pression et brunissage la plaque à la bande sans modifier cette dernière en quoi que ce soit; un second soudage est lait ensuite par le môme procédé.
En dernier lieu, la plaque est ramenée au niveau de la bande ; les parties qui dépassent sont d'abord réduites aux ciseaux courbes, puis à la lime; mais il importe de limer la pla([ue dans le prolongement du bord externe de la bande pour laisser au bord de la cape une forme bien angulaire. Le biseautage ailaiblirait la cape au point où il est nécessaire qu'elle conserve toute sa force.
La cape est ensuite portée sur la dent et la plaque brunie à fond sur la gencive ; ce brunissage a pour elTet de déceler par une cupule
Vig. 256. — Soudage de la Ijaude à la plaque.
Fis. 257.
Temps de construction de la couronne à tenon et à bande.
centrale le poinl exact correspondant à louverture radiculaire. Le tenon est repris, poussé à fond: l'ensemble est retiré par traction
sur le tenon si l'assemblage paraît bien fixé ou bien fixée d'abord à la cire dure dans la l)0uche avant ex- Iraclion hors de la bouche si on craint un déplacement des pièces.
Le tenon est soudé à la cape dans l'investissement,et l'ensemble reporté dans la bouche pour prise de l'ainiculé ou de l'empreinte.
Les autres temps, ajustage de la face en porcelaine, placage, soudage de la face linguale, pour les couronnes à dos en or; ou bien formation et cuisson de la porcelaine pour les dents en porcelaine cuite; enfin, dans les deux variétés, finissage et mise en bouche ont lieu de la même façon qui a été décrite pour la construction des couronnes de Fauchard.
De même, il est possible d'utiliser le procédé de coulage sous pression, et toute modification de détail ou d'exécution qui peut être suggérée par l'exécution de difficultés spéciales est applicable également aux couronnes à tenon sans bande et avec bande.
En résumé, la construction des deux variétés de couronnes à tenon ne diffère que par l'addition de la bande avec formation d'une cape. Cette addition est indiquée toutes les fois qu^elle est possible; elle nécessite la précaution essentielle de conserver pendant la préparation de la racine un excès de couronne formant un tronc de cône conducteur de la bande pendant son adaptation.
Enfin la couronne avec bande forme l'ensemble le plus solide et celui qui conserve le mieux au collet un excellent moyen d'union entre la racine et la couronne artificielle. La couronne à tenon tout en porcelaine joint à ses avantages de permettre d'atteindre le résultat esthétifiue le plus parfait.
IX. — COURONNES A TENON SANS BANDE, EN PORCELAINE. DE LOGAN ET DE DAVIS.
Les couronnes à tenon en porcelaine sans bande se trouvent toutes faites dans le commerce. Formées d'un seul bloc de porcelaine et vendues en formes et teintes très variées, elles donnent souvent un