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INDICATIONS DE L'EXTRACTION

-S7 le médecin reconnaît la nécessité iVenlever l<i dent malade, il dnit opérer au plus tôt, sans se préoccuper du degré de V infection.

Celle-ci est-elle trop avancée, l'exlraclion sera peut-ôlre impuissanle à enrayer les accidents, mais elle ne saurait les provoquer. Ce n'est pas à cause de l'extraction de la dent malade, mais malgré cette extraction — et parce (juclle fut faite trop tard — i|u'un abcès dentaire a pu avoir des suites graves, entraîner la mori par septicémie.

Il est bien entendu que l'avulsion ne s'impose pas toujours.

Mais, en l'absence d'un spécialiste ou lorsque la conservation de la dent ne sera pas jugée désirable, le praticien n'hésitera pas à avoir recours à l'extraction précoce, « môme si dans quelques cas exceptionnels elle vous expose à des commentaires malveillants que vous devrez mépriser parce que vous les savez erronés (1) ».

2'' Accidents de la dent de sagesse. — L'éruption des dents de sagesse inférieures s'accompagne assez fréquemment d'accidents inflammatoires (jui peuvent nécessiter l'extraction de ces dents. «Lorsque des complications apparaissenldans l'articulation alvéolodenlaire ou le tissu osseux, lorsque se forment des abcès que les soins antiseptiques ordinaires ne peuvent tarir, lorsque l'arc alvéolaire paraît nettement insuffisant pour loger la dent en voie d'éruption, dans tous ces cas l'extraction s'impose » (2).

Remarquons qu'il n'est pas du tout nécessaire, pour que les accidents se produisent, que la dent de sagesse soit cariée. La troisième molaire inférieure nous fournit donc un des rares exemples de dent saine dont l'avulsion soit absolument indiquée dans certains cas.

Certains auteurs ontproposé d'enlever la deuxième molairelorsque la troisième ne peut être extraite. D'autres préconisent l'avulsion de la dent de six ans à titre préventif. Il s'agit dans les deux cas défaire de la place à la dent de sagesse.

B. Symptômes douloureux. — 1° Les douleurs dues à la pulpite sont très aisément combattues par de simples pansements. Aussi, même en l'absence d'un spécialiste, le médecin pourra le plus souvent calmer la « rage de dent » classique sans recourir à l'extraction. 11 aura ainsi rendu au malade le service de lui conserver sa dent en vue d'un traitement ultérieur par le stomatologiste. L'indication de l'extraction dans ces cas est donc absolument exceptionnelle. De plus, si la dent atteinte de pulpite vient à être fracturée au cours des tentatives d'avulsion, et incomplètement extraite, la pulpe est mise à nu, et le moindre contact provoque des soufl'rances extrêmement violentes et bien plus difficiles à calmer, alors qu'un pansement préalable (acide arsénieux, etc.) eût évité cet inconvénient.

(1) Broca, Journal des praticiens, 25 oct. 1904.

(2) DiBULAFÉ et HiiRPiN, Accidents de la dent de sagesse (Traité de stomatologie, fasc. II).

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2° Quand les symptômes douloureux sont causés par la périodontite, il est souvent très difficile d'amener leur sédation immédiate. Aussi, lorsque le patient, après des nuits d'insomnie, <lemande instamment l'extraction de sa dent, doit-on tenir compte de son état général et des diverses circonstances (situation sociale, etc.) qui peuvent ne pas lui permettre de tenter une thérapeutique conservatrice.

Il est bon de se rappeler que, dans les cas de périodontite, la douleur n'est pas toujours calmée par l'extraction. Fréquemment, au contraire, le traumatisme apporté dans des tissus enflammés amène des douleurs bien plus vives. L'anesthésie locale est à peu près impuissante dans ces cas ; l'anesthésie générale ne fait que retarder l'apparition des symptômes douloureux jusqu'au moment du réveil. Nous étudierons la conduite à tenir en pareille circonstance à propos des complications de l'extraction.

,3° Dans les cas d'ulcération des parties molles (langue, muqueuse jugale) par des arêtes vives de couronnes fracturées, un simple limage suffit le plus souvent à amener la guérison. Mais l'attention du patient étant attirée vers la dent causale, le médecin devra en profiter pour lui montrer la nécessité de la faire obturer ou extraire.

4° Dents branlantes. Les dents de lait dont les racines se sont résorbées, les dents déchaussées par suite de la résorption alvéolaire (vieillards, etc.) ou de la destruction des ligaments alvéolo-dentaires (pyorrhée) deviennent une gène pour la mastication à cause de leur mobilité et des douleurs provoquées par leur déplacement. Leur extraction est indiquée, surtout en ce qui concerne les enfants et les vieillards. Il en est de môme pour les dents qui se sont fendues longitudinalement dans la plus grande partie de leur hauteur, comme cela arrive en particulier pour les prémolaires et les molaires, lorsqu'à la suite des progrès de la carie une obturation importante a dû être faite. Lorsque la dent se fracture comme une bûche fendue à l'aide d'un coin, et que le trait de fracture s'étend trop loin vers l'apex pour permettre une restauration prothétique, l'extraction est nécessaire pour supprimer les symptômes douloureux provoqués par l'écartement des fragments lors de la mastication.

C. Considérations esthétiques et prothétiques. — 1° Les dents temporaires qui persistent après l'apparition de la dent de remplacement sont justiciables de l'extraction. Pour celles qui restent en place et dont les racines ne sont pas résorbées après la fin de la deuxième dentition, alors que la dent de remplacement n'a pas fait son apparition, la plus grande prudence s'impose, car il arrive que la dent définitive n'existe pas. Dans ce cas, l'extraction est une faute irréparable, car la dent de lait conservée aurait pu tenir la place de la dent définitive, peut-être pendant de longues années et

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in(>inc loule la vie. S'il y a doute sur Texislence de la denl de remplacement, la radiographie pourra être d'un précieux secours.

■J" Kn ce (pii concerne les dents surnuméraires, Textraclion qui paraîtrait au premier abord s'imposer d'emblée, lorscpie par ailleurs les arcades dentaires sont complètes, ne devra pas non plus être faite ;i la It'i^ère, sans (pie le médecin se soit assuré — ici encore au moyen de la radiographie — que les racines ne sont pas soudées à relies d'une autre dent (gémination dentaire).

.'^o Dans les cas d'anomalies dentaires, les extractions ne doivent élre faites qu'après une élude approfondie de leurs conséquences probables. Les procédés modernes d'orthodontie permettent de rétablir la régularité des arcades dentaires et l'engrènement régulier des dénis sans extraction dans les cas les plus difficiles, alors que la suppression d'une ou plusieurs dents aurait souvent une fâcheuse répercussion sur la totalité de l'arcade intéressée et sur ses rapports avec l'arcade opposée. Lorsqu'on a à extraire des dents en ectopie, dont les racines peuvent être tordues de diverses manières ou môme entremêlées avec celles des dents voisines, l'examen radiographique préalable doit encore être la règle.

4° Les indications de l'extraction en vue de l'application d'un appareil de prothèse se sont aussi singulièrement restreintes, surtout depuis que la méthode des appareils à pont s'est répandue et a obligé les spécialistes à conserver toutes les racines pouvant servir de piliers.

Les règles suivantes ont été formulées (I) et peuvent être observées, avec cette restriction qu'on a avantage, en certains cas, à obturer et à conserver des racines pour éviter la résorption des procès alvéolaires et la déformation de la face.

Maxillaire inférieur. — Toute dent qui peut être consolidée et guérie doit être laissée en place.

Maxillaire supérieur. — a. S'il ne reste pas plus de trois dents disséminées, arrachez-les ;

b. S'il reste deux molaires ou bicuspides de chaque côté, conservez-les ;

c. S'il ne reste que des incisives, arrachez-les ;

d. S'il reste quatre ou cinq dents d'un côté de la mâchoire et aucune du côté opposé, arrachez-les.

En résumé, quand les dents existant à la mâchoire supérieure sont trop peu nombreuses ou trop faibles pour supporter un bridge, elles sont aussi trop peu nombreuses ou trop faibles pour supporter un appareil â plaque.

D. Tumeurs. — 1" Tumeurs bénignes. — Les petits kystes paradentaires nécessitent Textraction de la dent avec laquelle ils

(1) F. G. WoRTHLiîY, Préparation de la bouche pour une empreinte (Western dental Journal; Archives Je slomaloloffie, avril 1907).

sont en rapport, lorsque les traitements conservateurs n'ont pu être tentés ou ont échoué. Pourles.gros kystes, l'extraction est la règle; elle ne constitue du reste que le premier temps de l'opération.

Il en est de même pour les épulis, où l'extraction des dents en rapport avec la tumeur est à peu près inévitable et doit être suivie, la plupart du temps, de la cautérisation profonde et même de la résection d'une portion de maxillaire.

Les odontomes peuvent nécessiter l'extraction dans les cas de névralgies rebelles.

2° Dans les cas de tumeurs malignes (épithélioma lingual, etc.), où le voisinage d'une ou plusieurs dents apporte une complication, l'extraction devra être pratiquée. Elle est d'ailleurs d'une importance secondaire à côté des délabrements que nécessite souvent l'ablation de la tumeur. Citons encore le cas où une molaire constituerait une épine irritative pour une muqueuse jugale atteinte de lencoplasie.

E. Troubles tropho-infectîeux. — En ce qui concerne la vaste classe des troubles Iropho-infectieux (1) d'origine dentaire, le traitement des dents cariées et, en dernier ressort, leur extraction doivent être pratiqués chaque fois qu'on peut nettement établir une relation de cause à effet entre la lésion dentaire et la modification des tissus {pelade, troubles vaso-moteurs, etc.). Dans les cas de tic douloureux, dans certains cas âe paralysies faciales, on est souvent obligé non seulement d'extraire une ou plusieurs dents, mais encore de curetter et même de réséquer leurs alvéoles.

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