‹ Traité de stomatologie (volume 4)Chapitre 13 sur 48 · EXCITANT · texte numérisé non relu

EXCITANT

l'OINTE BORDS BASE

(Uilorure de sodium

Saccharose

Acide chlorhydrique

Sulfate de quinine

Ajoutons enfin que les excitations trop faibles pour être distinguées spécifiquement, peuvent donner lieu à une sensation dont l'a qualité reste indéterminée, mais dont la nature gui^tative est immédiatement reconnue et, d'autre part, que certains isapides, le chlorure de sodium et l'acide chlorhydrique en particulier, provoquent souvent l'apparition d'une saveur douceâtre avant d'avoir atteint le seuil.

L'étude de la sensibilité différentielle a été tentée par Gauserer, Kepler, Cories et, plus récemment, par Lensberger. Les expériences de Lensberger ont porté sut le sucre de canne et sur la crystallose (dérivée de la saccharine). Causerer, Cories et Lensberger ont constaté que la loi de Weber se trouve approximativement vérifiée. Les résultats obtenus par Kepler s'accordent mal avec celle-ci.

On sait l'importance des réllexes d'ordre sécrétoire dans la cavité buccale. Ils intéressent particulièrement le stomatologiste. Rappelons que les glandes salivaires témoignent dans leur jeu d'une spécificité remarquable. Les aliments à l'état sec provoquent un écoulement considérable de salive parotidicnne très fluidle, tandis que les mêmes miatières, prises à l'état humide, n'en provoquent aucun. Il semblerait que l'activlité de la glande est commiandée essentiallement par l'état de siccité de la substance introduite dans la bouche, en un mot par ses excitations d'ordre tactile. 11 n'en est plus

de même pour la glajide sous-maxillaire. Les aliments naturels déterminent la sécrétion d'une sialive visqueoise. Les matières irritantes, au contraire, provoquent l'apparition d'une salive fluide. La viande, par exemple, donne Mieu à une salive extrêmement visqueuse et épaisse; le sucre à une saJive mioins épaisse, mais encore visqueuse; le sel marin, la quinine, les acides, le sable, à une salive tout à fait fluàdle. C'est donc aux qualités proprement sapides des matériaux introduits dans la cavité buccale que répond l'activité de la glande sous-maxillaire.

La sensibilité gustative diminue considérablement ou même disparaît au cours des maladies fébriles. Les malades se plaignent de ne plus percevoir la isaveur des aliments ou de trouver à tous les aliments ce même goût désagréable* qu'on a pu comparer au goût de terre ou de sciure de bois.

Cette perte du goût s'observe également d'ans les lésions centrales intéressant le glosso-pharyngien ou encore dans l'hystérie. Certaines substances, en paralysajit momentanément les extrémités nerveuises, peuvent faire disparaître la sensibilité gustative : telles sont l'alcool, lies essences de menthe, de cannelle, de p3'rèthre, les aneisthésiques locaux.

A côté d© la diminution ou de la disparition de la sensibilité gustative, on peut obsei*\'er la perversion du goût, la répugnance pour certains aliments ou certaines boisfsons. U s'agit là d© phénomènes hystériques.

On peut obscirver aussi des cas où la sensibilité générale de la bouche a disparu totalement ou en partie. Cette anesthésie est la conséquence de lésions cérébrales ou bulbomédutlaires, de lésions compromettant les fonctions ou l'intégrité du trijumeau (parotidites, phlegmons, fractures des maxillaires, etc.). Elle s'observe aussi dans l'hystérie.

Parmi les formes de sensibilité exaltée, c'est surtout ia névralgie qui a été étudiée. Elle accompagne parfois la névralgie faciale, mais d'autres fois est bien localisée à la bouche, sans qu'il soit possible de lui trouver une origine muqueuse ou dentaire. GuMer établissait une distinction très nette entre les douleurs établies en surface et celles qui suivent le trajet dies ramifioat4on]S! nerveuses : il appelait les premières des stomatodynies et les secondes des stoimatalgies. Le derme muqueux est dans ce premier cias le siège d'une douleur diffuse, en pilaques, analogue à celles qui atteignent la peau, dans le zona par exemple.

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On ne confondra pas les secondes avec les névralgies dentaires ou odontalgies, dont le point de départ est dans une pulpe enflammée.

Les névralgies, limitées à la langue, ont été désignées sous le nom de glossodynies, de glossalgies (Breschot), glossodylies (K?dpozi). Elles présentent la même symptomatologie, atténuée il est vrai, que la névralgie faciaile, accès douloureux plus ou moins violent, avec exacerbation matutinale et vespérale, élancements ensuite, fourmillements, sensation de brûlure à la pointe et sur les bords. La base de la langue est sensible, la mastication difficile. « Mais ce qui domine la scène, c'est un état d'angoisse et d'inquiétude extrêmes : à tout instant, le malade inspeicte sa langue au miroir; il prend les l)apill'eis caliciformes pour des tumeurs : ce sont les ulcéirations imaginaires de Verneuil. II vit dams la crainte perpétuelle du cancer :, c'est l'obsession gutturale, c'est la ciancrophobie. L'affection est très tenace; elle dure des années, disparaît quelques mois et reparaît. C'qst souvent le prodrome de la paralysie générale. » (G. Roque).

XI. Troubles de la motricité. — Ces troubles peuvent se manifester sur IcjS différentes parties de la bouche, les lèvres, les joues, la langue, le voile du palais, les muscles masticateurs.

Au niveau des lèvres on observe, dans le cours de certaines affections fébi'iles, tieilles que la fièvre typhoïde ou des affections d'origine centrale, comme la paralysie généraJe, une incertitude des mouvements bien caractéristique, désignée sous le nom de titubation. Oiu l'observe aussi dams l'alcoolisme chronique, dans le saturnisme.

Le tremblement proprement dit se montre dans la peur, la colère, certains vices,

La coulracture des lèvres accompagne un grand nombre (lallections convulsives. Limitée à un seul côté, elle domie à la face un aspcfct très particulier qu'on a lappelé rire sarldonique. Les convulsions chroniques des lèvres existent encore dans le tic douloureux de la face, les convulsions, l'hystérie, l'épilepsie où, plus i)rononcée d'un côté que de l'autre, elle donne lieu à l'appellation de spasme cynique.

La i)aralysie des lèvres s'observe dans la pafalj'sie faciale.

Les joues, dauis cette dernière affection, sont devenues llasqucs et se gonflent dans l'action de pai'ler ou de souffler,

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en donnant lieu à ce phénomène caractéristique qu'on a comparé à l'action de fumer la pipe. Dans les névralgies faciales et même dans les simples névralgies dentaires un peu intenses, il n'est pas rare de noter une contracture marquée de la joue du côté lafîecté.

La titubation de la langue s'observe dans les mêmes affections que celle des lèvres. Le tremblement de la langue est cependant caratéristique de l'alcoolisme chronique.

Ce tremblement ne se m^anifeste guère que dans les mouvements de protusiion de l'orgaime. Il est régulier, rapide, de peu d'amplitude, fibrillaire, et occupe surtout les côtés de la langue.

Dans l'alcoolisme aigu, toute la langue eisit /animée d'ondulations vermiculaires qui ne cessent même pas au repos. Dès que le patient essaye de projeter sa langiue en avant, l'organe est agité de décharges musculaires comparées par Magnan à des mouvements de trombone. Les lèvres 'et la face participent à ce tremblement.

On observe le tremblement de la langue dlans la maladie de Basedow, dans l'hystérie, la neurasthénie, la paralysie agitante, l'épilepsie.

On le note également dans certaines affections organiques du système nerveux, telles que la sclérose en plaques, lia paralysie générale progressive. Ferniet a doamé du mécanisme de ce tremblement celte intéressante et pénétrante analyse : d'aboird le paralytique a de la peine à régler la projection de l'organe qui ne s'effectue que par une succession de mouvements désordonnés, tantôt dépafssant le but, tantôt ne l'atteignant pas. Lorsque le malade est parvenu, après des essais plus ou moins prolongés, à étaler la partie antérieure de la langue sur la lèvre inférieure, on voit que l'organe est agité non par des vibrations uniformes, mais par des ondulations de durée inégale, d'intensité variable, qui se produisent tantôt dans un point, tantôt dans un autre, eit qu'on désigne, plutôt à oaïuse de la répétition rapide des secousses que de leur retour rythmé, sous le nom de tremblement. Quand le malade a maintenu pendant un court espace de temps, cette position qui exige, de iSa part, un effort constant, la langue est reprise de mouvements convulsifs plus étendus jusqu'à ce qu'il devienne impossible de continuer l'expérience. Le tremblement de la paralysie générale est donc composé de secousses plus ou moins rapprochées, plus ou moins étendues, affectant des

faisceaux isolés de fibres musculaires ou le muscle tout entier, s'exagérant sous l'influence de l'effort volontaire, se transformant sur place et passant au besoin d'une trémulence imparfaite à la convulsion.

Le type des paralysies d'origine bulbaire est représenté par la paralysie labio-glosso-pharyngée, qui débute d'une façon lente et insidieuse et dans laquelle la langue, molle et étalée sur le plancher de la bouche, ne peut plus répondre à la volonté et reste animée seulement de quelques contractions fibrillaires.

La paralysie linguale s'observera encore dans le tabès, la sclérose en plaques, la syringomyélie, la sclérose latérale amyotrophique, la parahsie générale spinale, la maladie de Friedreich, etc.

Dans la sclérose en plaquées, on constate une parésie totale de la langue, mais sans atrophie. L'organe a de la peine à se porter en avant et dès qu'il esquisse un mouveiment volontaire, est agité d'un tremblement spécial.

Dans la sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot, on observe du côté de la langue îes mêmes troubles que dans la paralysie labio-glosso-pharyngée.

Dans la paralysie du nerf grand hypoglosse, on observe une paralysie de la langue limitée à cet organe.

On connaît les troubles moteurs de la langue dans la paralysie générale progressive. Enfin, on a signalé des paralysies de la langue dans l'épilepsie, dans l'hystérie, d'ans le cours des maladies infectieuses et des intoxications.

Les troubles moteurs de la langue présentent un intérêt tout particulier en raison des lésions centrales dont ils sont généralement la conséquence. Notre confrère, le D"" Chompret, en a donné une excellente revue générale à laquelle nous ferons de nombreux emprunts (1). Ces paralysies linguales sont sous la dépendance de lésions des nerfs moteurs de cet organe, le grand hypoglosse et le facial. Selon le point de ces nerfs qui se trouvera lésé depuis l'origine corticale jusqu'à la périphérie, les signes cliniques seront différents. Il est rare d'observer une paralysie linguale tout à fait isolée, car il faudrait pour cela, ce qui se rencontre rarement, que la lésion fut localisée en un point très limité de la zone corticale. Dès que les lésions cérébrales portent sur le centre ovale, on note des troubles complexes accompagnant la paraJysie linguale.

d) D-- Chompret, Eléments de sémiologie linguale (lîeviiè de stomatologie, 1907, iv^ 1 et 10).

SliMKIOLOGIK DE LA HOUCHE Da

Les lésions protubéraintliielles donnent lieu à l'hémiplégie alterne, c'est-à-dire à de la paraJlysie faciaile et linguiale avec paralysie du moteur oculaire externe du même côté, tandis que les membres sont panalysés de l'autre.

Dans les lésions })édonculaires, la paralysie présente le type dit syndrome de Weber : le moteur oculaire commun est pairalysé du côté de la lésion cérébrale, 'tandis que Iqs m;embres, le facial et l'hypoglosse sont atteints de l'autre côté.

Le voile du palais est très fréquemment paralysé à la suite d'angines, ^surtout à la suite de l'angine diphtérique. Il esl également paralysé dans la paralysie labio-glosso-pharjoigée.

Dans la paralysie faciale, l'examen du voile du palais peul fournir des renseignements précieux. Si la luette est déviée) du côté sain, c'est que la lésion est située au-dessus du coude du facial, au delà du point d"où se détache le grand nerf pétrefux, qui fournit au ganglion sphéno-palatin des filets moteurs.

Les contractures des muscles masticateurs soint très fréquentes. Elles accompagnent la périostite du maxillaire inférieur, les accidents de la dent de sagesse inférieure. On l'observe aussi comme phénomène secondaire et réflexe à la suite des lésions traumaliques ou spontanées des extirémités des membres ou des organes tapissés par le péritoine, soit enfin comme conséquence d'un état morbide des centres nerveux.

Il existe aussi une contracture liée à un état pathologique des muscles masticateurs, trismus rhumatismal.

Les mouvements spasmodiques des muscles masticaitieurs donnent lieu tantôt au mâchonnement, tantôt au grincement de dents. Ces phénomènes sont liés à des lésions inflamimatoires de la bouche ou à des phénomènes nerveux d'origine centrale.

XII. Etat de la langue dans les maladies. — La langue reflète d'une manière très exacte l'état de l'estomac. Dans l'embarras gastrique fébrile, la langue est molle, humide, large, plate et couverte d'une épaisse couche épithéliale blanche ou blancjaunâtre. Elle Qst augmentée de volume au point que la forme des dents vient s'imprimer sur ses bords.

Dans la gastrite chronique, la langue est ordinairement rouge, sèche, étroite.

Dans les infections graves comme la fièvre typhoïde, le typhus, la pneumonie, la langue est brune, sèche, fendillée, fuligineuse.

Dans les entérocolites chroniques, le diabète, l'albuminurie, la langue est d'un rouge intense, à demi-sèche, parfois vernissée, parfois couverte de plaques de muguet, de détritus épidermiques.

La fatigue, les excès de travail peuvent déterminer l'apparition d'un éttat saburral de la langue.

Mais d'une façon générale, dans les maladies épizootiques ou étrangères à l'appareil gastro-intestinal, la langue conserve soo aspect normal.

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