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MALADIES DES LÈVRES

On peut observer sur les lèvres et les commissures laibiiales un certain nombre d'affections, les unes banales, localisées danvs cette région comme sur une autre partie du corps, les autres, au contraire, présentant, pour l'orifice buccal, une prédilection marquée. Ici encore il faudra distinguer les affections quii appartiennent à la pathologie interne de celles qui appartiennent à la pathologie externe.

Ces dernières, comprenant l&s anomalies, lies contusions, les plalies, les furoncles, anthrax, phlegmons, les difformités accidentelles, les tumeurs, ùnit été traitées dans le volume des Maladies chirurgicales de la bouche.

Parmi les autres, la syphilis et la tuberculose seront, pour éviter les répétitions, envisagées dans l'étude d'ensemhle die la sj'philiis et de la tuberculose buccales.

Quelques-unes, enfin, méritent une! mention particvulière.

Gonflement et hypertrophie des lèvres

Chez certains enfants auxquels on reconnaît le tempérament lymphatique, s'observe souvent une tuméfaction chronique de la lèvre supérieure due à une infiltration œdémateuse du tissu conjdnctif, principalement du côté de la couche profonde, qui est dépressible, molle et sur laquelle viennent s'imprimer les formes des dents. Il n'est pas rare de trouver en même temps chez ces sujets du coryza chronique, dies éruptions impétligineuses autour des narines et des ulcérations scrofuleuses dans le voisinage des lèvres. Le gonflement, giénérialeiment indolore, augmente avec le froid ou sous l'influence de pousisiées inflammatoires au niveau des ulcérations voisines. La lèvre supérieure proémine sur l'inférieure d'une façon marquée, donnant à la physionomie un aspect très spécial. Il est rare que ce gonflement arrive à la suppuration. iMais, par contre*, il est assez fréquent de le voir aboutir à une induration rebelle.

Le gonflement de la lèvre inférieure ne s'observe guère que

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chez les sujets lymphatiques affligés de gerçures persistantes de la lèvre inférieure. Elle est assez fréquente aussi chez les crétins.

Dans l'hypertrophie simple, beaucoup plus rare que le gonilement observé chez les scrofuleux, c'est la lèvre inférieure qui est affectée. La lèvre est renversée, pendante, plus ou moins indurée. Elle laisse souvent échapper la salive, gêne aussi la parole, ne sert pas convenablement à la fermeture de la bouche. En plus, le poids même de l'organe hypertrophié entraîne une modification dans la direction des dents. Les incisives sont projetées en avant et, ne servant plus à la mastication, se recouvrent de tartre, s'ébranlent et parfois tombent prématurément. Ces caractères, très marqués chez un souverain allemand Léopold II, ont fait donner à cette affection le nom de labium léopoldinum.

Le gonflement scrofuleux des lèvres, comme l'hypertrophie simple, sont justiciables des préparations iodées.

Gerçure des lèvres

Ces ulcérations linéaires, dues à l'action du froild', s'observent surtout chez les sujets lymphatiques. Elles siègent de préférence sur la lèvre inférieure, au niveau de son bord libre ou sur la ligne médiane, rarement aux commissures. Ces ulcérations, constamment déchirées ou distendues par les mouvements des lèvres, saignent avec la plus grande facilité. La croûte qui les recouvre est, de ce fait, soulevée sans cesse ot la guérison en est très retardée. On les voit ainsi persister pendant des semaines et des mois.

On prescrira contre les gerçures une dics formules indiquées contre l'impétigo ou la perlèche.

Impétigo figurata

L'impétigo est très fréquent sur les lèvres. L'éruption débute pair de petites taches érythé^matenses, variant de la dimension d'une tête d'épingle à celle d'un petit pois. Bientôt après apparaissent des bulles claires qui ne tardent pas à se rompre en laissant s'écouler une sérosité ambrée qui se concrète en croûtes épaisses et jaunâtres, d'une belle couleur sucre d'orge. Ces croûtes s'étendent de proche en proche, empiétant généralement sur la muqueuse. Sous ces croûtes, les surfaces imaloides continuent à suinter. Dès qu'une croûte

IMPETIGO FIGUIIATA 57

tombe, une nouvelle croûte se forme à sa place. Autour d'elles existe une auréole inflammatoire, parfois une légère tuméfaction des tissus. Les ganglions sous-mentonniers sont presque toujours enflammés, netteimlent perceptibles sous le doigt et douloureux à la pression.

L'impéfigo évolue en une quinzaine de jours. Le suintement s'atténue, les croûtes se dessèchent et tombent en laissant une tache rouge qui displaraît au bout de quelques semaines. Il n'y a pas de cicatrice. Laissé cependant sans traitement, l'impétigo peut persister longtemps, s'étendre aux régions voisines qui sont inoculées par contiguïté ou par grattage. L'impétigo est, en effet, émincsnanent auto-inoculable au porteur. IMiais il est également contagieux par inoculation directe du microbe causal. Je streptocoque.

Chez les enfants mal soignés, il n'est pas rare d'observer comme complication immédiate de l'impétigo des lèvres une adénite aiguë qui peut se termînjer par suppuration.

Généralemr<nit localisé sur la peau, rimpétiigo peut égal'emjent envahir la muqueuse. Son aspect sera ainsi très moidifié.

Déjà dans sa thèse, P.-L. Malterre donnait très bien les caractères généraux qui différencient l'apparition d'une même maladie sur la peau et sur la muqueuse. Les différences tiennent uniquement à la texture des tissus et à la présence de la sécrétion salivaire. Ainsi, dans lies laffections vésiculeuses ou pustuleuses, rarement on pourra constater la préséance des vésicules ou des pustules, parce que l'épithéliunï n'ayant pas la solidité de répiderme, la vésicule ne reste pas longtemps à la période d'état et s'ulkère fort vite; pour les croûtes, il en sera de même, à moins- qu'elles me se formient sur la partie libre des lèvres, le liquide pliastique qui doit les former étant continuellement dissous ou emporté par la salive. Rarement on rencontre le prurit ; le plus souvent il est remplacé par une sensation vague de picotement.

Sur la muqueuse même des lèvres, il est difficile de constater l'existeinice des pustudes. Il n'y a pas de croûtes, mais la muqueuse se trouve couverte d'un enduit jaunâtrei qui offre le miatin une certalime fétidité. Cet endluit enlevé, la muqueuse apparalit ulcérée, le C;prps papillaire d'un rouge vif avec induration die s tissus.

Il faudra soigneusement distinguer l'impétigo de l'eczéma. Autant le premier est commun chez les enfants, autant le

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second est rare. Dans l'impétigo, il y a induration, la sécrétion est purulente ou séro-purulente et jaune: elle est séreuse, cMre et limpide dans l'eczéma. Dans l'impétigo, les croûtes sonL adhérentes, épaisses et persistantes: elles sont minces et faciles à enlever dans l'eczéma. Enfin, l'impétigo n'a pas, comme l'eczéma, une tendance à gagner en largeur.

L'herpès isiera facile à différencier de d'impétigo, l'apparition de ses vésicules étant toujours précédée ou accompagnée de fièvre. Ces vésicules ne contiennent, au début, que de la sérosité claire, et ce n'est qu'au deuxième ou troisièmje jour qu'elles prennent une teinte rougeâtre et non jaune comme dans l'impétigo. Les croûtes sont plus persistantes, et, si on eisisaye de les enlever, il y a douleur et saignement de la muqueuse. Les croûtes tombées, la muqueuse apparaît luisante et d''un rouge vif. Il n'y a pas de suintement après la chute des croûtes. La durée de l'herpès n'est d'ailleurs que de quelques jours.

Comme prophylaxie, il est prudent d'isoler l'enfant et dei lui interdire l'accès dé l'école.

Le traitement consiste d'abord à faire tomber les croûtes afin de pouvoir intervenir ensuite sur les tissus où se cultive le microbe. Pour cela, on appliquera des cataplasmes tièdes de fécule d'amidon qui ramolliront ces croûtes et permettront de les enlever ,sans provoquer de déchirure des tissus, ni d'hémorrhagie. Gn pourra également faire des pansements tièdes avec un peu de gaze trempée dans la solution suivante:

Eau camphrée, saturée et filtrée 400 gp.

Eau bouillie ." 200 gr.

Sulfate de cuivre 7 gr.

Sulfate de zinc 2 gr.

(Lemoine et Gérard).

On enlève ensuite les croûtes avec précaution en se servant d'une pince à mors plats.

Appliquer une bande dte gaze enduite d'une des deux pommades suivantes :

Vaseline 40 gr.

Lanoline 20 gr.

Biborate de soude 3 gr.

Sulfate de cuivre 0 gr. 70

IMPETIGO FIGURATA :,<)

Ou :

Vaseline 40 gr.

Lanoline ^^0 gr.

Sous-nitrate de bismuth 5 gr.

Amidon 20 gr.

Borate de soude 3 gr.

Sulfate de cuivre 0 gr. 70

(Lemoine et Gérard).

Ou plus simplement :

Vaseline 10 gr.

Oxj-de* de zinc 1 gr.

Acide borique 1 gr.

Le pansement est renouvelé toutes les quarante-huit heures.

Avant l'appliciation de ces pommades, on pourra faire sur les tis'sius un attouchement (avec de la teinture d'iode, avec une solution de nitrate d'argent au 1/20% ou de fuschine phéniquée de Ziehl.

Quand rafîection est en bonne voie de guérison, on conseillera une onction avec le glycérolé d'amidon, suivie d'un saupoudrage à l'oxyde de zinc.

Récemment, M. Thibierge s'est étendu sur le traitement de l'impétigo localisé aux surfaces cutanées. Il est bien d'avis de ramollir les croûtes à l'aide de pulvérisations, de panisements humides, etc., mais il s'élève contre l'emploi des tamponnements avec l'eau d'Alibour qui jouinait, à son avtis, d'une vogue usurpée. Outre que les médecins l'emploient à des doses très variables et souvent irritantes, en solutions souvent hypotoniques, elle a l'inconvénient de donner aux croûtes qui persistent, une coloration très déplaisiainte, de salir les linges, et elle n'a jamais paru amener la guérison rapidement.

Il est préférable d'employer soit simplement les tamponne ments à l'eau bouillie ou mieux avec du sérum physiologique additionné d''antiseptiques non irritants, les solutions isotoniques ou hypertoniques n'altérant pas les couches épidermiques comme les solutions hypotoniques.

Sulfate de zinc 1 gr.

Chlorure de sodium 6 gr.

Eau distillée , , . 1 litre

Les tamponnements doivent être répétés jusqu'à ramollissement et chute des croûtes, et continués tant que celles-ci tendent à se reproduire.

Mais, pour peu que les croûtes soient étendues et disséminées, les tamponnements deviennent insuffiisants, le ramollissement des croûtes est trop lent à se produire, leur ablation est incomplète et, malgré toute l'attention qu'on y apporte, des inoculations continuent à se produire et la maladie) s'étend et s'éternise. Il faut alors revenir aux pansements humides : ces pansements doivent être laissés en permanence et renouvelés deux fois par jour. Ils doivent recouvrir la totalité des surfaces malades et les maintenir en état d'humidité ou de moiteur constante. Au niveau ou au voisinage des orifices du visage, ils doivent être appliqués avec un soin particulier pour remplir exactement leur office (1).

Ces pansements doivent être exécutés avec des compresses de gaze aseptique, en 8 ou 10 doubles, trempées dans une solution aseptique ou antiseptique, de préférence la solution de sulfate de zinc formulée plus haut : les compresses seront tordues, avant application, de façon à rester moites; elles seront recouvertes de taffetas gommé — chiffon, taillé à leurs dimensions, de façon à conserver leur humidité. A chaque changement de pansement, les surfaces malades seront détergées au moyen de tampons d'ouate hydrophile imbibée, soliit de la solution de sulfate de zinc, soit d'eau tiède additionnée d'un quart de son volume d'alcool camphré. Pour assurer l'antisepsie des surfaces érodées et en faciliter la réparation, on les touchera une fois par jour avec un pinceau trempé dans la solution suivante :

Nitrate d'argent 1 §r.

Eau distillée 30 gr.

Les pansements humides doivent être continués jusqu'à la chute complète des croûtes, et un ou deux jours en plus, de façon à obtenir le nettoyage complet des surfaces érodées, soit en moyenne quatre jours.

Au bout de ce temps, les pansements humides seront remplacés par des applications de pommades destinées à assurer l'occlusion des surfaces encore érodées et à calmer l'irritation cutanée légère qui persis^te généralement :

(1) Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 22 Avril 1922.

PKHLKCHE Gl

Ichtyol 5 gr.

Oxj'de de zinc 15 gr.

Vaseline 25 gr.

Lanoïine 1^^ gi'*

Ou, si les érosions sont étendues :

Sous-acétate de plomb 0 gr, 50

Acide salicyliquc 1 gr.

Oxyde de zinc 20 gr.

Vaseline 30 gr.

Quand on appliquera les pommades, on nettoiera une fois par jour les surfaces malades, soit &n, les lavant avec de l'eau chaude et du savon au naplitol ou au goudron, soit au moyen de tampons d'ouate hydrophile imbibés d'éther, et, tant qu'il restera des érosions, on badigeonnera celles-ci avec la solution de nitrate d'argent.

Perlèche

La perlèche est une affection de l'enfance, caractérisée par un aspect opalin et plissé de l'épithélium des commissures labiales.

Très commune dans le Limousin, où eBe est connue sous le nom de hridou, elle a été décrite pour la première fois pair le D"^ J. Lemaistre, de Limoges, en 1886. Ce dernier a pu démontrer quïl s'agissait d'une maladie contagieuse, due à un microbe anaérobie, se présentant sous la forme de chaînettes entrelacées les unes dans les autres, qu'il avalit proposé d'appeler Stroptococcus Plicatilis. D'autres auteurs, tels que Auché, de Bordeaux, Arthan L. Smith, ont confirmé que la perlèche était bien produite par un streptocoque anaérobie, associé ou non avec des staphylocoques.

L'enfant n'éprouve aaicune douleur, mais une simple gêne qui le porte sans cesse à se pourlécher. On aperçoit, au nivieau des deux commissures, une tache blanche opaline formée par un soulèvement plissé de la couche éplithéliale de la muqueuse. Cette couche épithélioile semble macérée ou lajltérée par la cautérisiation. L'altération s'étend aiux cellules voisines d'e riépiderme cutané, de sorte qu'elle est visible sans faiire ouvrir la bouche des enfants (Comby).

Autour des commis,sures n'existe pas de zone inflammatoire et les ganglions sous-maxillaires ne sont jamais intéressés-

La seule affection avec laquelle la peiièche pourrait être confondue est lia syphilis. Il existe, en effet, fréquemment chez les enfantis hérédio-syphilitiques des plaques muqueuses de la bouche et des lèvres parfois cantonnées au niveau des commissures. Mais il est bien rare que cette localisation commissurale existe seuJLe. On trouve habituellement d'autres

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FiG. 9. - Perlèche.

majilifesitatîoins syphilitiques dans la bouche de l'enfant : plaques muqueuses buccales, autres syphiiilides, coryza, etc.

Au contraire, la perlèche reste absolument cantonnée sur les commissures, est une affection de la seconde enfance, une maladie scolaire frappant des enfants en excellente santé, ne s'accompagnant d'aucun trouble général et cédant à uni traitement approprié.

Ce traitement consistera en attouchements quotidiens de la commissure, avec une solution de 1/10* de nitrate d'argent, ou avec de la teinture d'iode, ou avec les solutions suivantas :

ECZEMA DES LEVHES «3

Acide chroiiiique 1 gr.

Eau distillée 5 gr.

Sulfate de zinc 1 gr.

Eau 10 gr.

Il faudra procéder en même temps à la désinfection des objets que l'enfant porte à sa l)ouche (cuillères, fourchettes, i;obelets, etc.).

Eczéma des lèvres

L'eczéma peut atteindre séparément la peau ou la muqueuse des lèvres. Mais, généralement, les deux parties sont intéressées en même temps.

L'affection débute par une rougeur plu-, ou moins intense avec tuméfaction de la peau et, peu après, aipparaisseat les vésicules. Celles-ci, généralement agglomérées, sont de très petites tlimensions et remplies dfun liqulide citrin. A peine apparues, elle s'ouvrent et, en séchant, se trans,forment en petites croûtes jaunâtres. Si l'on soulève ces croûtes, on voit qu'elles recouvrent une surface humide, d'un rouge vif, saignant au moindre contact. Bientôt l'épiderme se reforme en une mince cuticule vernissée qui ne tarde pas à se soulever, à se fendiller et à former des lamelles.

Comme signes subjectifs, il existe généralement des démangeaisons, des sensations de cuisson. La maladie ne dure que quelques jours, mais peut parfois passer à l'état chronique. On observe alors sur la région cutanée des lèvres les diverses variétés d'eczéma décrites sur les autres parties du corps. L'eczéma craquelé, dans lequel la peau, rouge, sèche, se fendille et parfois se recouvre de lamelles (eczéma lamelleux), l'eczéma pityriasique, dans lequel il se produit une desquamation furfuracée très fine, l'eczéma impétigineux, dans lequel interviennent les agents de la suppuration.

Quand la maîKadie se cantonne sur la muqueuse, on obsierve des fissures longitudinales ou transversales très douloureuses, avec épaississemient des tissus sous-muqueux, suintement et fonnation de squames.

L'eczéma des lèvres affecte une marche chronique et se montre rebelle au traitement. Quand la guérison survdient, la production de croûtes diminue, l'exsudat prend une coloration plus transparente, la muqueuse pâlit peu à peu, l'ulcération disparaît et fépithéliuim se reforme.

L'eczéma des lèvres peut être confondu avec l'iaripétigo. Dans cette dernière affection, le produit de la sécrétion est jaunâtre, séro-purulent et n'empèse pas le linge. L'épaississement de la muqueuse est plus prononcé.

Dans le lichen sécrétant, l'inflaimmation est plus profonde : c'est le chorion lui-même qui est atteint et non plus l'épidermie. Il y a des papules saillantes qui donnent à la muqueuse, quand on la saisit entre les doigts, la sensation de petits noyaux.

Le traitement consistera à appliquer au début, surtout pendant la poussée aiguë, une pommade inerte :

Talc ) „^

/-k j j • aa 20 gr.

Oxyde de zmc ^

Vaseline ) , , ^ ^

Lanolme j °

Dès que cette période aiguë est passée, on badigeonne soigneusement les parties malades, préalablement détergées, avec de la goudroline qu'on applique avec un pinceau et qu'on laisse sécher. Cet enduit e-st maintenu pendant quelques jours et facilement enlevé ensuite avec un tampon imbibé d'éther de pétrole.

On conseillera ensuite l'application de la pommade suivante :

Vaseline 30 gr.

Lanoline 20 gr,

Résorcine 3 gr.

Calomel 2 gr.

Emploi de crèmes ou de cold-cream.

M. Gougerot conseille encore :

Glycérolé d'amidon 10 gr.

Oxyde de jaune de mercure. ... 0 gr. 10 à 0 gr. 30

Carmin Q. S. pour colorer.

ou

Calomel 0 gr. 10

Tanin 0 gr. 10

Beurre de cacao 14 gr.

Huile de ricin 1

Carmin Q. S. pour colorer.

(Couler en bâton).

HKRPKS LABIAL (55

Biocq :

riuiiiin XI gouttes

Tanin 0 gr. 30 à 1 gr.

Ik'urre de eaeao 15 gr-

Essenec de badiane 5 gouttes

Carmin Q. s. pour colorer.

(Couler en bâton).

Herpès labial

Dans le cours ou au déclin d'un grand nonii)re d'affectiomi fébriles, telles quie remibarnais gastrique, la pneumonie, l'angine, etc., apparaissent sur les lèvres des groiupes de vésicules isolées les unes des autres, de la dimension d'un grain de millet, vésicules remplies d'un liquide citrin ou opalescent qui, au bout de quelques jours, se dessèchent.

D'iaïutres fois, cette éruption se produit sians ciaiise apparente, à l'occasion de la menstruation. Il est proba})Ie que dans ces cas là elle est l'aboutissant d'un état subfébrile passé inaperçu ou négligé.

Cedte petite éruption n'a qu'une durée de quelques jours. Les vésiculies se dessèchent et tombent, laissant à leur place une tache rouge qui ne tarde pas à disparaître.

Considérée jusqu'ici coinme une affection banalle, sans conséquence et sans aucune gravité, par l'unanimité des médecins, Q'herpès a pris, dans ces temps derniers, à la lueur de recherches récentes, une importance tout à fait inattendue. Qu'il se montre dans la région des lèvres, dans l'a région bucco-pharyngée ou la région génitale, il est considéré aujourd'hui comme la manifestation d'une affection générale apparentée au point de vue baie ter ioloigique aux plus graves, telle que l'encéphalite léthargique. Aussi mérite-t-il de retenir toute l'attention des médecins (Voir Ecrpès biicco-pharijngé).

Tout à fait au début, on conseillera des attouchements quotidiens avec la préparation suivante :

Eau de Cologne 100 gr.

Résorcine 3 sr.

Chl. de cocaïne 0 gr. 50

(Lemoine et Girard).

Quand les croûtes sont formées, il faut les faire toinber par application de cataplasmes tièdes de fécule d'amidon. Les

Traité de stomatologie. \'ll. — •'>

gr.

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gr.

(Mî H. NOGL'K. — MALADIES DE LA BOUCHE

croûtes tombées, on enduira les parties malades de la pommade suivante :

Glycérolé d'amidon 40 gr.

Oxyde de zinc

Acide borique

Calomel

L'herpès se présente souvent sous la forme récidivante, rappelant certaines manifestations anaphylactiques. M. Ravaut a tenté avec succès une médication désensibilisante au moyen de l'hyposulfite de soude.

a) Hyposuilfite de soude (Ravaut) :

1° S'il s'agit d'herpès â cycle régulier, donner six jours avant la poussée 4 à 6 grammes d'hyposulfite de soude, soit en cachets, soit en potion ;

2" S'il s'agit d'herpès à apparition irrégulière, désensibili^ser par l'h^-j^osulfite donné les trois premiers jours de chaque semaine, aux mêmes doses, pendjant un mois ou deux ;

3° Si l'hyposulfite est mal toléré par voie buccale, faire des injections intraveineuses (10 à 20 cent, cubes d'une solution à 20 pour 100).

b) Autosérothérapie désensibilisatrice (Tzanck). Injection tous les trois jours de 2 cent, cubes du propre sérum du malade pendant un mois.

c) En cas d'insuccès, recourir soit à l'autohémothérapie, soit à la peptone (0 gr. 50 avant chaque repas), en la prescrivant dans les mêmes conditions que l'hyposulfite de soude.

Lupus labial

Les lèvres peuvent être le siège du lupujs, surtout au niveau des commissures. Cependant l'affection est rarement primitive : elle n'est, en général, qu'une localisation d'un lupus de lia peau de la face ou de la muqueuse buccale.

Il a])paraît ici, comme sur d'autres parties de la peau, sous la forme de petites éminences pleines, si bien mises en é^'idc^noe par Bazin, dures, solides, parfaitement indolentes, ordinairement multiples et gi-oupées, ayant pour attribut spécial de détruire l'es tissus, soit qu'elles les corrodent à l'intérieur,

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