PARALYSIES DU VOILE DU PALAIS
Ces paralysies sont, tantôt d'origine bulbaire, comme dans le tabès, la sclérose, la sclérose latérale amyotrophique, la paralysie labio-glosso-pharyngée, les tumeurs, les hémorragies, et tantôt d'origine périphérique, comme dans la diphtérie.
Avant d'en décrire les s^'mptômes, il est indispensable de remettre en mémoire les notions anatomiques qui permettent d'en comprendre le mécanisme. Nous le ferons d'après l'exposé de M. Roque.
(1) C. FiLLEii-, Contribution à l'étude des stomatites. Thèse de Paris, 1920.
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Le voile du palais est une masse mobile musculo-membraneuse, (lui fait suite à la voûte palatine, en gardant sa forme légèrement arrondie. Il s'étend de l'épine nasale postérieure à la luette, sur une longueur de quatre clentimètres, et reste séparé du pharynx par un espace libre généralement suffisant pour permettre l'introduction du doigt.
C'est un quadrilatère dont le bord antérieur rccliligne a des attaches fixes à la voûte palatine, dont les deux bords latéraux répondent à l'extrémité de l'apophyse ptérygoïde et dont le bord postérieur reste libre et mérite surtout de retenir l'attention. Il forme une double arcade au milieu de laquelle se détache la luette. Cet appendice, long diei 25 à 30 millimètres, émet par sa base et ses bords deux replis qui se portent en bas et en arrière pour se perdre sur les parties latérales du pharv nx : ce sont les piliers postérieurs comprenant, dams leur épaisseur, les muscles pharyngo-staphylins et circonscrivant l'isthme pharyngo-nasal.
Le voile du palais, par sa partie antérieure, émet, lui aussi, deux replis qui vont se perdre sur les côtés de la langue, qui contiennent dans leur épaisseur les anuscles glosso-staphylins, et qui forment des piliers antérieurs qui circonscrivent l'orifice bucco-pharyngé.
Au point de vue de sa constitutioini, le voile du palais, en dehors die ses couches muqueuses, renferme deux plans musculaires superposés, séparés par une aponévrose et importants à connaître au point de vue de sa mobilité.
Ce sont : les palato-staphylins, ou muscles dlei la luette, qui s'étendent de l'épine inasale postérieure à la pointe de la luiette et dont l'action consiste à relever la luette et à raccourcir le voile du palais. Les péristaphylins internes, allant de la face interne du rocher à l'extrémité postéro-intierne de la trompe d'Eustache, et se distribuant en éventail au voile du palads. Ce sont les éleveurs du voile chargés, par leur contraction, de le tirer en avant.
Les péristaphylins externes, qui vont de l'apophyse ptérygoïde à la trompe, et fournissent au voile l'aponévrose qui sépare les deux plans musculaires, ont pour fonctioni ée dilater la trompe et de tendre le voile.
Les occipito-staphylins, émanés de l'aponévrose ci-dessus et s'irradiant jusqu'à l'occipital, forment, entre les piliers postérieurs, un sphincter accessoire de l'isthme du gosier.
Mentionnons de nouveau les muscles des piliers : les pha-
lyngo-staphylins qui, en rapprochant les piliers postérieurs, ferment l'isthme pharyngo-nasal, et les glosso-staphylins, constricteurs de l'isthme pharyngo-buccal, élevant la base de la langue, abaissant le voile du palais et rapprochant les piliers antérieurs.
Les nerfs moteurs du voile du palais, dont les branches émanent dti vago-spinal. Le centre bulbaire paraît situé à la moitié inférieure du quatrième ventricule, au voisinage de l'aile grise. Le centre cérébral cortical semble être au pied de la circonvolution frontale asoeindante.
On se rendra même compte des perturbations apportées au phénomène de la déglutition par- la parah'Sie des muscles qui y participent en se rappelant quel est le mécanisme physiologique de cette fonction. Pendant le premier acte de la déglutition, le bol alimentaire est rassemblé en une masse à la surface de la langue, qui s'applique contre la voûte palatine. Le bol alimentaire, propulsé d'avant en arrière, traverse l'isthme du gosier et s'engage dians le pharynx. Pendant cet acte, les pharyngo-staphylins, muscles des piliers postérieurs, forment, par leur contraction, un sphincter, qui oblitère complètement l'orifice postérieur des fosses nasales. Pendant ce même acte de la déglutition, le pharymx s'élève, et vient au-devaimt du bol alimentaire qu'il saisit ; mais cette élévation du pharynx est accompagnée d'une élévation du larynx, car les muscles constricteurs moyen et inférieur et les muscles staphylo-pharj'ngîens sont élévateurs du pharynx et du larynx. Il en résulte que le larj'nx, prenant part au mouvement d'ascension du pharynx, ^'ient buter contre la base de la langue qui, à ce moment, proémine en arrière; ce mécanisme qui protège l'orifice du larynx est complété par le mouvement de l'épiglotte sur î'orifice du larynx.
Au deuxième temps de la déglutition, quand les parois du pharynx se contractent pour saisir le bol, le voile; du palais doit être soulevé par le péristaphylin interne et tendu par le péristaphylin externe. En même temps, le palato-staphylin doit entrer en contraction pour relever la luette et mieux opérer l'occlusion de la partie postérieure des fosses nasales. Les ahments chassés par la langue contre le larynx et comprimés contre la voûte palatine trouvent un plan résistant qui met obstacle à leur reflux par les cavités nasales.
Grâce à ce mécanisme, aucun aliment, aucune boisson ne s'engagent dans les cavités nasale ou laryngée pendaint la