SANS TRACES
DE LEUCOPLASIE
Hommes
Femmes
(1) Landouzy. Valeur séméiologique des leucoplasies des joues et des coinniissures dites « plaques des fumeurs » (Bull, de l'Àc. de Méd., 2.3 .Juin 1908). — Valeur séméiologique, etc. (Presse Médicale, 27 Juin 1908). ■ — L'importance diagnostique de la leucoplasie buccale (Journ. de Méd. et de Ch. Pratiques, 10 Novembre 1908). — Les taches blanches de la muqueuse jugale et commissurale, dites « plaques des fumeurs », fonction de syphilis (Bullet. de l'Ac. de Méd., séance du 11 Mai 1915).
LEUCOPLASIE BUCCALE
Et, cependant, le même auteur, dans une statistique d'ensemble portant sur cinq années, trouve des résultats qui sont peu convaincants sur les rapports de cause à effet entre la syphilis et la leucoplasie.
Cas observés de 1904' à fin Janvier 1905 :
svpnii.iruii KS AVKniîs
LEICOI'LASIE jrC.O-LlNGL'ALE
LEICOPLASIE COMMISSIUALE SEi:i.E
Honinies
Femmes
Quant à cette leucoplasie commissurale, que M. Béranger a particulièrement étudiée et que le Professeur Fournier considère comme une forme tout à fait distincte, n'ayant aucun rapport avec la s^-philis, la statistique suivante ne paraît guère fa(\'orable à son origine syphiilitique. Malgré €ela, M. Béranger est bien affinmatif. « Supposons-nous en présence, dit-il, d'une personn>e atteinte exclusivement djc leucoplasie commissurale, devrons-nous poser le diagnostic de syphilis ? Nous répondrons affirmativement (1). »
M. L.^M. Bonnet (2) a voulu se rendre un compte exact des rapports pouvant exister entre la leucoplasie commissurale et la syphilis. La meilleure imanière de vérifier la valeur séméiologique die la leucokératose trilangulaîre des commissures lui a paru être de la rechercher systématiquement chez des sujets indemnes de syphilis antérieure. La question se posait alors de savoir quel cr'itérium choisir comme preuve de cette absence de syphilis antérieure. L'interrogatoire, l'examen clinique ne peuvent donner que des probabilités. La réaction de Wassermann négative ne permettraiit pas d'affirmer que le sujet n'a pas eu la syphilis à un moment donné. Il sembla à M. L.-M. Bonnet que, quelque paradoxal que cela puisse paraître, le plus sûr était de prendre, comme sujets d'observation, les malades porteurs de chancre syphiilitique (ia!\''aint tout
(1) Loc. citât.
(2) L.-M. Bonnet, Valeur séméiologique de la lésion dite " stomatite nacrée ou triangulaire commissurale des fumeurs » (Ann. de Dermat. et de Stjph., n» 12, 1917).
3ô2 H. xoGUE. — Maladies de la bouche
accident secondaire) et ne présentant, en outre, ni stigmate d'hérédo-syphilis, ni histoire de syphilis antérieure. Evidemment, il n'y avait pas là une certitude mathématique, mais on s'exposait ainsi au minimum d'erreurs. En 1909, M. Bonnet avait déjà réuni seize cas d'accidents primitifs en évolution, sans antécédents, ni stigmates suspects, chez lesquels existent, d'un côté ou des deux, cette stomatite triangulaire dés commis,sures. Reprise en 1917, cette étude montre que, sur 80 militaires porteurs d'accidents primitifs récents, 21 (soit 26 pour %) présentaient de la leucokératcse commissurale, uni ou bilatérale. Or, la syphilis était bien trop récente pour avoir pu produire cette leucokératose. On ne pouvait incriminer de syphilis antérieure : les sujets étaient jeunes et beaucoup en étaient à leurs débuts génitaux. On ne pouvait d'ailleurs admettre a priori que le quart des syphilis contractées par des sujets jeunes étaient des réinfections. Il était donc démontré que la stomatite triangulaire des commissures s'observ'ait assez fréquemment sans qu'il y ait eu de syphilis antérieure et n'était nullement un stigmate caractéristique de cette maladie.
En outre, tout en observant ces 80 accidents primitifs, l'auteur voyait 74 autres syphilitiques (surtout des secondaires et quelques tertiaires) et il notait chez eux 21 cas de stomatite commissurale^ (soit 28 %). Cette stomatite commissurale n'était donc pas sensiblement plus fréquente chez les syphilitiques sur lesquels l'infection a eu le temps d'agir, que chez ceux sur lesquels elle ne l'a pas eu. Ce qui conduit à conclure que la syphilis, non seulement n'est pas nécessaire à la production de cette lésion, mais encore n'exerce pas d'action favorisante appréciable.
Causes prédisposantes. — En première ligne, un grand nombre d'auteurs rangent la s\'philis héréditaire ou acquise. Tels sont Mauriac, Gaucher, Sergent, Fournier, Lac-apère, Trapenard.
Erb, sur 240 malades atteints de leucoplasie, trouve 191 syphilitiques, scdt 79,5 % ;
Fournier, sur 234 ma'lades atteints de leucoplasie, trouve 259 syphilitiques sur 79,9 % ;
Barthélémy et Jacques, sur 83 malades atteints de leucoplasie, trouvent 68 syphilitiques, soit 81,9 % ;
Lacapère, sur 85 malades atteints de leucoplasie, trouve 80 sj-philitiqucs, scit 94 %.