‹ Traité de stomatologie (volume 4)Chapitre 4 sur 48 · I.KVHKS · texte numérisé non relu

I.KVHKS

position fibreuse très serrée, une densité et une fixité remarquables.

Le derme muqueux est partout perforé d'orifices pour le passage des conduits excréteurs des glandes.

L'épithélium est pavîmenteux stratifié.

La muqueuse buccale, sauf au niveau de la voûte palatine et des gencives, présente un système vasculaire très riche. Au contraire, son système nerveux sensitif est assez pauvre.

Lèvres. — Les lèvres, qui limitent en avant la cavité buccale, sont constituées par deux replis» charnus, mobiles, extensibles et contractiles, formant de chaque côté, par leur réunion, deux angles appelés commissures. Elle» sont recouvertes d!'un revêtement cutanéosmuqueux dont l'intervalle est occupé par une couche musculaire et par des glandules. Ce revêtement se distingue par sta densité, par l'épaisseur de sa partie dermique très adhérente laux muscles sous-jacents et fournissant à ces derniers des' points d'attache nombreux. Les muscles, au nombre de dix-neuf, forment un appareil très complexe qui, par ses contractions isolées, commande les mouvements de la peau et permet les variations ide la physionomie. La muqueuse est rouge, mince et transparente.

La forme et les» dimensions des lèvres varient avec Tâge, le: sexe, les races. Les lèvres de l'enfant sont proportionnellement plus volumineuses que celles de l'adulte. Chez ce dernier, les lèvres prennent une disiposition plus en rapport avec les formes de la mâchou'e. Chez le ^deillard, elles deviennent plus longues et l'absence des idents les ramène en arrière, La peau des lèvres est plus fine chez la femme ; leur forme générale est plus gracieuse. Les races caucasiques ont les lèvres à peu près verticales, les Malais ont les lèvres obliqueis en avant, les races nègres les lèvres plus charnues et plus proéminentes, surtout lia lèvre inférieure.

Les lèvres jouent un rôle très important comme organesi de préhension, surtout de succion. Elles servent à retenir les liquides dans l'intérieur de la bouche. Elles concourent à ï'action de siffler, de souffler, de chanter, de parler, de toucher. Au point de vue tactile, les lèvres jouissent d'une seu- Eiibilité très délicate.

Sur leur face muqueuse, les lèvres sont libres sur toute leur étendue, excepté sur la ligne médiane où se remarque un repli plus saillant à la lèvre supérieure qu'à la lèvre inférieure, repli qui porte le nom de frein de la lèvre.

4 H. NOGUK. - MALADIES DE LA liOUCHE

L'iiilervalie coimpris entre les arcades dentaires et Jes lèvres est désigné sous le nom de vestibule de la bouche.

La vascularisation des lèvres est très intenise. Elles reçoivent leurs artères de la faciale, qui fournit les coronaires labiales; de la maxililaire externe, qui donne les artères isous-orbitaire, alvéolaire supérieure, buccale et dentaire inférieure ; de la transversale (branche de la temporale) et de la sous-mentale (branche de la faciale).

Les veines portent les mêmes noms, mais, tandis que les artères sont situées sous les muscles, les veines 6ie trouvent sous la peau.

Les vaisseaux l\nnphatiques de la lèvre supérieure suivent le trajet de l'artère faciale et aboutissent aux ganglions sousmaxillaires postérieurs ; ceux de la lèvre inférieure se rendent aux ganglions sous-maxillaires antérieurs.

Les nerfs viennent : 1" de la cinquième paire, pour la muqueuse, la peau, lai couche glanduleuse. Ge sont des nerfs sensitifs qui émanent, ceux de la lèvre inférieure, des nerfs sousorbitaires, ceux de la lèvre inférieure, des nerfs dentaires inférieurs ; 2° de la septième paire ou faciale, pour la couche musculaire.

Joues. — Les joues présentent une face cutanée et une face mu(iueuse. La face cutanée varie d'aspect avec l'âge. La face muqueuse répond aux arcades alvéolaires et dentaires. Elle présente, à la partie postérieure, au niveau du collet de lia dent dte 6 ans supérieure, l'orifice du canal de Sténon.

De l'extérieur à l'intérieur, en trouve six couches : une couche cutanée, une couche adipeuse, une couche fibreuse, une couche musculeuse, une couche glanduleuse, une couche muqueuse, des vaisseaux et des nerfs.

Leis» artères viennent de la faciale, de la tamporale, de la maxillaire interne, qui forment les branches «lous-orbitadre, dentaire inférieure, buccale, massétérinie et alvéolaire. L'artère faciale traverse la joue suivant une ligne qui partirait de l'angle antérieur et inférieur du masséter pour aller rejoindre l'aile du nez.

Les veines, de môme nom que les artères, se rendent dans le plexus veineux de la, fosse zygomatiique ainsi quie dans la juigfulaire externe et la faciale. La veine faciale n'accompagne pas l'artère. Au moment où elle contourne la base de la mâchoire, elle est située sur l'artère qu'elle recouvre; plus haut elle s'en sépare pour se placer à sa partie postérieuix et elle s'éloigne

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ensuite de plus en plus de l'artère à mesure que les vaisseaux s'élèvent. Au nliveau de la eomimissure labiale, elle eist déjà distante de l'artère de plus d'un centimètre et elle l'est de deux au niveau de la fosse canine. L'artère, en outre, est très tlexueuse, tandis que la veine est rectiligne jusqu'au pllanchier de l'orbite (Sappey).

Les vaisseaux lymphatiquas Viennent exclusivement dfcs couches cutanée et muquipuse : ils se rendent les uns, ceux d'e la région postérieure, aux ganglions parotidiens ; les autres, ceux de la région inférieure, aux ganglions sous-maxillafires.

Les nerfs viennent de la cinquième et de la septième paires.

Voûte palatine. — La voûte palatine présente sur la ligne médiane de sa face inférieure une crête ou raphé médian, qui la partage en deux parties symétriques. Le raphié se termine en avant, près de rinterstice qui sépare les dieux incisives centrales, par un tubercule correspondant à l'orifice inférieur du canal palatin antérieur.

Des deux côtés de cette crête médiane et en avant, le palais est hérissé de saillies transversales rugueuses, surmontées de petites éminences et de prolongements mamelonnés, comparables à une des papilles fongiiformes de Ja langue. La partie postérieure qui paraît lisse, est recouvertei de papilles analogues avec de multiples orifices glandulaires dont le nombre va croissant à mesure qu'on sie rapproche doi voile du palais. La voûte palatine présente isne charpente osiseuse,' une couche glanduleuse, une couche muqueuse, des vaisseaux et des nerfs.

La charpente osseuse est formée en avant par l'apophyse palatine des maxillaires supérieunsi et en arrière par la portion horizontale des os palatins.

La couche glanduleuse se compose de multiples glandes situées de chaque côté du raphé médian et munies chacune de son conduit excréteur.

La muqueuse, ferme et blanchâtre, adhère très fortement au périoste avec lequel el'le s'unit par des prolongements fibreux. Cette adhérence est surtout marquée au niveau du raphé médian et des alvéoles. Dan(s les autres parties, la couche glanduleuse vient s'interpois-er entre les deux. Elle est recouverte d'un épithélium pavimenteux très épais.

Les artères de la voûte ou artères palatines postérieures, viennent de la maxillaire interne, branche de la carotide externe.

Les vaisseaux lymphatiques, développés «urtout du côté du vodle du palais, se rendent tous aux gangldons isitués sur les côtés de la membrane thyro-hyoïdienne.

Les nerfs, tous sensitifs, sont fournis par la cinquième paire et viennent du gangliooi sphéno-palatin. Les postérieurs longent le conduit palatin postérieur, se répandent dans la muqueuse et viennent s'anastomoser aviec le nerf antérieur venant du trou palatin antérieur.

Voile du palais. — Le voile du palais, valvule musculomembraneuse, n'est que le prolongement du palais, d'où le nom de palais mobile, par opposition au palais osseux. Il se compose d'une couche fibreuse, d^'une couche musculeuse, d'une couche muqueuse, de tissu cellulaire, de vaisseaux et de nerfs.

La couche fibreuse ou aponévrotique se compose de deux lamelles fibreuses superposées entre lesquelles se trouve la couche glianduleuse, La couche musculleus:© se compose de siix paires de muscles.

La couche glanduleuse se divise en deux couches, l'u»e située au-dessous de la muqueuse nasiaie, l'autre, volumineuse, qui fait suite à la couche glanduleuse du palais et qui se prolonge dans l'intérieur de la luette.

A cette couche glanduleuse peuvent être rattachées les amygdales situées entre les deux piliers du voile du palalis. Elles sont composées d'une muqueuse, de glandes lymphoïdes, de tissu conjonctif, de vaisseaux et die nerfs. Les artères \iennent des temporales, des palatines supérieure et inférieure, das pharyngiennes. Les veines forment a/utonr de chaque amygdale et surtout du côté adhérent un pliexus appelé plexus amygdalien. Les lymphatiques se rendent aux ganglions de l'angle de la mâchoire. Les nerfs sont fournis par le lingual, le glosso-pharyngien et aussi le pneumogastrique.

La muqueuse du voile du pala'is diffère selon qu'on envisage sa face inférieure ou sa face supérieure. La couche supérieure a tous les caractères de la muqueuse nasale : elle est mince, rouge et recouveirte d"un épithélium cylindrique . Le feuillet inférieur, au contraire, ressemble à la muqueuse buccale ; elle est blanc-rosé, épaisse, lisse et recouverte d'un épithélium pavimenteux.

Les artères du voile viennent de la maxillaire interne par la palatine isupéirieure, de la facialb par la palatine inférieure, et de la pharyngienne inférieure;

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Les veines de da face postérieure se rendent au plexus ptérvfîf'ïdien, celles de la face antérieure aboutissent à la veine pharyngienne ou à la jugulaire interne.

Les lymphatiques forment d'eux réseaux : l'un supérieur, d'où partent cinq ou six rameaux qui descendent au-devant des ])i!icrs postérieurs et se terminent dans les ganglions qui occupent la bifurcation de la carotide primitive; l'autre, inférieur, qui se continue avec celui de la voûte palatine et fournit deux groupes de rameaux qui se terminent, les uns dans les ganglions situés dans le voisinage des muscles qui s'insèrent à l'apophyse styloïde, et les autres dans ceux qui sont placis sur les côtés de l'os hyoïde et du larynx.

Les nerfs sensitifs viennent du nerf maxillaire supérieur ; les nerfs moteurs viennent de la branche motrice de la cinquième paire.

Plancher de la bauche. — Le plancher de la bouche a la forme d'une gouttière creusée entre la mâchoire inférieure et la langue. Il comprend trois couches superposées qui sont de jinut en bas : la couche muqueuse avec, sut la ligne médiane, le frein de la langue, flanqué de chaque côté, sur une légère éminence, par l'orifice des conduits de Wharton. De chaque côté se trouve "'ouverture du canal' die Bartholin, puis une petite surface, ilimitée par l'arcade alvéolaire et par le cul-desac que forme la muqueuse len se réfléchissant sur la face inférieure de la langue et répondant à la glande sublinguale ; en dehors, une série d'éminences fournies par des g|landu'les sous la dépendance de la glande sous-^maxillaire ; enfin, en arrière, la terminaison de la gouttière qui s'étend jusqu'à lia partie inférieure des piliers du voile du palais.

La couche glanduleuse est formée par la glande sublinguale, les conduits de Rivinus et las glandes qui prolongent la glande sous-maxillaire et donnent naissance au canal de Wharton.

La couche musculeuse comprend les musdles mylo-hyoïdien et génio-hyoïdien. Le mylo-hyoïdien forme une sangle concave tendue d'une mâchoire à l'autre.

Lang'ue. — La langue forme l'étage supérieur du plancher de la bouche. Adhérente, sur une certaine étendue, elle est libre et mobile, en haut, en avant et sur les côtés. Elle se compose d'une muqueuse, de muscles, de vaisseaux, de nerfs, de glandes et de tissu cellulaire;

La muqueuse linguale est le prolongement de celle de la bouche. Sa consistance est cependant plus considérable et son adhérence aux muscles plus forte, sa sensibilité beaucoup plus délicate. Cette consistance est teltem-ent marquée lau tiers moyon de la face supérieure qu'on a pu la comparer à un fibro-cartilage. Elle est couverte de pa.pilles de formes diverses, caliciformies, fongiformes, corolliformes, hémisphériques. Il en est une située à l'extrémité postérieure du sillon médian, très volumineuse et entourée d'un repli qui la déborde et forme un cul-de-siac nommé foramen cœcum de Morgagni, trou borgne, lacune de la langue.

La charpente de la langue est formée, d'unie part, par l'os hyoïde, d'autre part, par deux membranes fibreuses et par le chorion de la muqueuse.

Quinze muscles à disposition plexifonmie concourent à la formation de la langue.

Les artères viennent toutes de la linguale, branche de la carotide externe. Arrivées à la pointe de la langue, elles prennent le nom de ranines et s'anastomosent avec celles du côté opposé.

Les veines dorsales vont se jeter dans la jugulaiire interne; les veines profondes, s'ouvrent quelquefois dans les veines dorsales, mais le pluisi souvent dans la faciale ou même la jugulaire interne ; les veines inférieures ou v. ranines se jettent dans les veines dorsalles ou dans la faciale.

Les lymphatiques, très nombreux, viennent surtout dès papilles et se rendent dans les ganglions de ila partie latérale du cou à la région sus-hyoïdienne.

Les nerfs viennent, pour les muscles, de l'hypoglosse, du rameau lingual du facial, du plexuis carotidien et de la corde du tympan: pour la muqueuse, du lingual, du glosso-pharyngien et du laryngé supérieur.

Les glandes linguales se divisent! en glandes muqueuses de la base de la langue, formant une couche très épaisse au-dessous des follicules sim'ples ; en glandes marginales de la racine de cet organe et en glandes de la pointe. Celles-ci, appelées aussi glandes lymphoïdes simples, forment au-dlessous de la muqueuse une couche presque continue.

Le tissu cellulaire sépare lesi diverses couches musculaires et sert de voie aux vaisseaux et aux nerfs».

Appareil salivaire. — En outre des glandes dont il a été question, il existe dans la bouche et de chaque côté trois masses glanduleuses, destinées à sécréter Fa salive : ce sont

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