‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 112 sur 154 · ÉTIOLOGIE. — NATURE DES ACCIDENTS · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE. — NATURE DES ACCIDENTS

maître Cruet (1), qui soutint la théorie infectieuse appliquée à l'ensemble des accidents de la dentition et en fil ainsi la synthèse :« La plupart des auteurs, dit Cruet (2), se contentent de signaler en quelques mots les accidents locaux de l'éruption : douleur, tension et amincissement de la gencive, rougeur, durcissement, parfois ecchymose et gonflement. La sortie spontanée ou provoquée (incision de la gencive) de la dent ferait d'emblée cesser tous ces accidents et les phénomènes généraux qui les accompagnent. Cela esi vrai; mais comme les accidents locaux sont loin de se produire d'une façon constante (3), on ne peut trouver d'autre explication aux phénomènes pathologiques que la suivante : lorsque la dent est sur le point de faire son éruption, qu'elle a aminci la gencive à un degré assez avancé, la muqueuse se laisse facilement pénétrer par les éléments infectieux qui se trouvent dans la bouche; entre le sommet de la dent et la muqueuse amincie se produit un petit foyer infectieux aboutissant souvent à un véritable abcès avec suppuration plus on moins abondante. Ce petit abcès est toujours précédé de rougeur, de douleur et dégonflement, mais peut ne pas arriver à son entier développement, si la gencive est incisée au début » (4). Cette inflammation, cette infection peut évidemment (on sait quelle intensité revêtent les réactions pathologiques chez le nourrisson et le jeune enfant) déterminer une hyperthermie très marquée, causer des troubles digestifs résultant de la difficulté de l'alimentation, occasionner même chez un prédisposé des troubles nerveux tels que les convulsions, d'étiologie si banale chez l'enfant.

L'état général d'une part, le plus ou moins de virulence de l'agent infectieux d'autre part, expliquent la gravité très difTérente des accidents observés. Il est infiniment plus rare de les constater chez le nourrisson né à terme et allaité au sein que chez le prématuré qui a subi l'allaitement artificiel. L'amincissement de la gencive dans une bouche infectée (Cruel), rexistenco de petites érosions traumatiques (hochets, etc.) ou d'aphtes, une véritable perforation enfin de la gencive permettent la pénétration sous-gingivale des agents infectieux. On a nié la lésion de la gencive. Tout en ne la croyant pas indispensable, son amincissement étant suffisant pour permettre l'infection sous-gingivale, P. Ferrier (5) a montré qu'elle est presijue constante en la reciierchant par un procédé spécial. Avec un (ampon d'ouate iml)ih('' d'encre, il touche la gencive au point présumé de l'éruption

(1) Chuet, Revue 'le slomntol., 1899, et Ilyf^icnc et tliéraiioiili(Hie des maladies de la bouche.

(2) CnuKT, Inc. cit.

(3) Il est absolument incontestable que le plus souvent IViuiUion de la dent se produit sans aueune réaction locale. Comijieu de |)ersonues n'ont aucune conscience de l'évolution de leurs dents de sagesse — des supérieures en particulier.

(4) Nous montrerons au chapitre Analomic palhnlotjique et palhoçjéiue. que les phénomènes peuvent recevoir une explication un peu dilTérenle.

(5) P. FiîRHiEK, Congrès de niéd., 1900.

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