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I. — PRÉHENSION DES ALIMENTS

Solides. — 11 n'y a pas à s'étendre sur la préhension des aliments solides. Portés jusqu'à la bouche à l'aide du membre supérieur, soit divisés d'avance en petites portions ou bouchées, soit sous un plus gros volume, ils sont saisis et entraînés par l'action combinée des lèvres, de la langue et des dents qui, dans le second cas, en coupent et en retiennent une portion. L'occlusion des mâchoires et des lèvres s'oppose au rejet des aliments.

Liquides. — Les liquides parviennent de plusieurs manières dans la cavité buccale où ils ne séjournent pas longtemps en général.

Le nouveau-né, dépourvu de dents, tette le lait qui constitue sa seule nourriture. Ce mode de préhension prend le nom de succion. Les lèvres se moulent sur le mamelon par l'action combinée de l'orbiculaire ou sphincter buccal, des incisifs et du muscle de Klein, ce dernier contenu dans l'épaisseur des lèvres rendant l'occlusion plus hermétique. La base de la langue et le voile du palais s'adossent de manière à interrompre toute communication entre la bouche et le pharynx. Alors la pointe de la langue s'abaisse et se porte en arrière, jouant le rôle du piston d'une machine pneumatique. Les joues, la mâchoire inférieure et le plancher de la bouche, ajoutant leur action à celle de la langue, contribuent à produire un vide de

3 à 10 millimètres de mercure dans la cavité buccale, close de toutes parts. La pression atmosphérique s'exerçant sur le sein exprime le lait qui, sécrété par la glande mammaire, est constamment tenu en réserve dans les renflements des canaux galactophores.

Chaque coup de langue attire dans la bouche une nouvelle quantité de lait. Pendant ce temps la respiration se fait par les fosses nasales et le pharynx, les poumons n'intervenant en aucune façon dans la succion. Quand la déglutition se produit, les fosses nasales sont fermées en arrière, le voile du palais se relevant horizontalement vers le naso-pharynx ; la base de la langue s'abaisse et la gorgée de liquide est avalée.

Il résulte de ce qui précède que la respiration ne peut se faire que par le nez pendant la tétée. Le coryza du nouveau-né peut donc avoir de graves conséquences et même entraîner la mort, l'enfant étant alors incapable de respirer et de téter simultanément.

La succion, phénomène nerveux complexe, mettant en activité harmonique un grand nombre de parties, est sous la dépendance dun appareil nerveux qui comprend : d'une part, des fibres centripètes (nerfs maxillaire supérieur et maxillaire inférieur, branches du trijumeau, distribués aux parois de la bouche; glosso-pharyngien pour la langue) ; d'autre part, des fibres centrifuges (fibres du facial

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