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PREHENSION DES ALIMENTS

pour les lèvres, de l'hypoglosse pour la langue, du nerf masticateur ou racine motrice du trijumeau pour la mâchoire inférieure et le plancher de la bouche). Le centre de ces mouvements est localisé dans le bulbe rachidien, origine des nerfs sus-mentionnés (Arthus). L'observation de foetus anencéphales capables de téter prouve bien que le cerveau n'a pas besoin d'intervenir dans cette fonction.

Quoique la succion soit le mode exclusif de préhension du nouveauné, l'homme peut l'utiliser à tout âge pour prendre des liquides, par exemple lorsqu'il boit à l'aide d'un chalumeau ou lorsqu'il applique entre ses lèvres le goulot d'une bouteille.

Dans l'acte de boire à l'aide d'un verre ou dune cuiller, il faut distinguer trois cas :

P Si les lèvres baignent complètement dans le liquide, la bouche fait le vide et il y a succion. Quand on boit « à même » dans un cours d'eau, on réalise encore ce mode de préhension, qui est le seul usité par certains animaux (ruminants, solipèdes, pigeons, oiseauxde proie),

2° Si les lèvres ne baignent pas entièrement, on peut encore humer ou ASPmER le liquide, mais cette fois en mettant en jeu le mécanisme respiratoire. Dans l'aspiration, en effet, la bouche n'est fermée ni en avant ni en arrière, les lèvres étant entr'ouvertes et le voile du palais ne s'appliquant pas sur la base de la langue. Le vide s'opère non plus dans la cavité buccale, mais dans le thorax. Au moment où l'on fait une inspiration, une certaine quantité d'air pénètre en même temps que le liquide, produisant un bruit de gargouillement. L'aspiration doit cesser dès qu'une gorgée de liquide est parvenue dans la bouche, sans quoi le liquide, entraîné avec l'air inspiré, peut parvenir jusqu'aux voies respiratoires et être rejeté par le nez ou, pénétrant dans le larynx, provoquer de la sutTocation. C'est ce que l'on appelle « avaler de travers ».

3° En ouvrant plus largement la bouche, on peut y verser le liquide ; on utilise alors simplement l'action de la pesanteur. La tête est inclinée en arrière, de manière à éviter l'écoulement du liquide à l'extérieur, G"est ainsi que l'on boit « à la régalade » lorsqu'on ne veut pas toucher de ses lèvres la bouteille ou le récipient communs à plusieurs personnes. On risque encore avec ce procédé de laisser pénétrer le liquide dans les voies aériennes qui ne sont pas obturées lorsque la bouche est grande ouverte.

L'écoulement du liquide vers le pharynx est d'ailleurs favorisé par la déclivité du plancher buccal, la tête étant inclinée en arrière. La plupart des oiseaux boivent d'une façon analogue en puisant l'eau dans leur bec inférieur et en renversant la tête pour faire tomber l'eau dans leur gosier.

Enfin un dernier mode de préhension des liquides consiste à laper, c'est-à-dire à puiser l'eau avec sa langue en la recourbant comme une cuiller et en la ramenant dans la bouche. Cette manière de boire

est très lente, car on ne peut ramener que très peu de liquide à la fois. Aussi les animaux qui l'emploient (carnivores, certains rongeurs) n'ont-ils besoin dans leur alimentation que d'une faible quantité de liquide.

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