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FORME ET VOLUME DES MASSIFS MAXILLAIRES

Le maxillaire inférieur peut subir une réduction de volume allant dune simple atrophie jusqu'à son absence totale. Vrolik, Langenbeck, Kûster, Rœse, Wolff, Kuse, Winckel, Lannelongue ont observé des cas de micrognathie. L'éminence mentonnière est effacée ; les dents de l'arcade supérieure, dirigées obliquement en avant et en bas, débordent de beaucoup celles du maxillaire inférieur qui sont dirigées en sens inverse, c'est-à-dire en avant et en haut. Le retrait du maxillaire inférieur, la saillie des maxillaires supérieurs et du nez, en forme de rostre, donnent un aspect particulier au profd du visage, que ^^'olff désigne sous le nom de « visage d'oiseau »(rig.75j.

Ce même aspect se retrouve dans le cas d'ankylose congénitale ou acquise des articulations temporo-maxillaires. Il y a, dans ces cas, un certain degré de luxation en arrière qui amène aussi le retrait du menton. Cette atïection est graA'e au point de vue fonctionnel ; le nouveau-né est dans l'impossibilité d'opérer la succion ; l'alimentation est difficile ; on doit apporter le lait directement dans la bouche. Les deux malformations, atrophie etankylose,se combinent parfoisfRœse, Wolff, Lannelongue), et il en résulte de graves troubles fonctionnels ; c'est à peine si les mouvements de mastication sont ébauchés, l'orifice buccal reste clos et c'est avec les doigts, à travers l'écarlement des deux arcades dentaires, que le sujet doit pousser ses aliments par petits morceaux dans la cavité buccale.

Langenbeck a eu à intervenir sur un garçon de dix-sept ans dans un cas d'ankylose congénitale de la mâchoire ; il pratiqua dabord, sans succès, la section des masséters, puis ultérieurement celle de l'apophyse coronoïde qui lui donna un bon résnlIaL

(iucrdan a signalé l'absence du maxillaire inféi-ieur ; plusieurs cas de ce genre sont figurés dans l'atlas d'AhIfeld : la cavité buccale est rudimentaire ; tout le territoire de l'arc hyoïdien est modifié et lès pavillons de l'oreille sont déplacés en avant et en l)as, rapprochés l'un de l'autre dans la région du cou (fig. 70).

L'os hyoïde et la langue peuvent môme faire défaut. On a noté l'absence totale de l'orifice buccal et de la cavité corres-

i Fig. 76. — Absence de langue (d'après Guerdan. Atlas d'Ahll'eld, pi. XXVIII).

pondante (astomie), labsence complète de la face (aprosopie). Pi'og-nathisme, Hypergnathie. — Parmi les caractères ethniques qui modifient le plus la forme de la face, il faut signaler le prognathisme. C'est rallongement et la proéminence des mâchoires, c'est linclinaison des diverses lignes du profil de la face sur l'horizontale. Deux éléments se combinent dans la production du prognathisme : la saillie des maxillaires et l'inclinaison des dents. Selon

le massif intéressé, on aura le prognathisme supérieur ou le prognathisme inférieur ; il peut même être double.

Les races européennes, peu prognathes à l'état normal, présentent parfois une saillie exagérée de la mâchoire inférieure. Ce genre de prognathisme est considéré comme un signe de dégénérescence ; il coïncide souvent avec un front fuyant, une atrophie de la mâchoire supérieure, de sorte que les arcades dentaires sont discordantes. On l'a observé chez les idiots, les épileptiques, les criminels (Féré, Mayet. Lombroso). En même temps les lèvres peuvent présenter une saillie exagérée. Galippe a comparé les dégénérés prognathes avec les géants acromégaliques. Ils ont bien des points communs : prognathisme, affaiblissement de l'intelligence, hypertrophie du nez, du pavillon de l'oreille, exorbitisme, dolichocéphalie, voûte ogivale.

Léonard de Vinci, dans ses dessins et caricatures, a souvent usé du prognathisme, il a paru vouloir donner à ce stigmate un caractère de bassesse ou d'infériorité morale. C'est souvent un signe de déchéance, transmis et même exagéré par l'hérédité, devenant ainsi un caractère familial des plus marqués (fig. 77).

Dans le prognathisme des dégénérés comme dans celui des acromégaliques, c'est toute la mâchoire inférieure qui fait une saillie exa-

Proiiiiathisme inférieur.

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