‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 6 sur 154 · Allongement et rélrécissement (muscle transverse · texte numérisé non relu

Allongement et rélrécissement (muscle transverse

3. Creusement du dos en gouttière (muscle transverse et fibres médianes verticales) ;

4. Saillie en dos cVàne (fibres transversales inférieures, muscle longitudinal inférieur ou lingual profond).

2" — Mouvements de translation.

5. Projection (génio-glosse), accompagnée de rétrécissement et d'allongement;

6. Rétraction (hyoglosse et stylo-glos^e), accompagnée d'élargissement et de raccourcissement;

7. Abaissement sur le plancher buccal (hyoglosse, fibres longitudinales inférieures') ;

8. Soulèvement contre la voûte palatine : a. A la pointe (partie antérieure des fibres longitudinales superficielles):

6. Au milieu soulèvement de los hyoïde par le muscle mylohyoïdien) ;

c. A la racine (muscles stylo-glosse et palato-glosse, et indirectement stylo-hyoïdien) ;

9. Mouvements latéraux : pointe portée à droite ou à gauche (fibres longitudinales d'un seul côté, surtout stylo-glosse; ;

10. Circumduction : combinaison des mouvements latéraux et des mouvements dabaissement et de soulèvement.

On voit que les mouvements de translation s'accompagnent le plus

souvent d'un changement de

forme. Par exemple, lorsque la langue est projetée hors de la bouche, les fibres du génio-glosse attirantenavant sa partie postérieure, elle s'allonge et se rétrécit en même temps par l'action des fibres musculaires transversales qui rapprochent l'un de l'autre ses deux bords.

Lorsque la pointe de la langue se recourbe en haut et en arrière, par la contraction des fibres longitudinales superficielles (mouvement qui précède la déglutition), son déplacement est limité par l'attachement du génioglosse au maxillaire inférieur. Il en résulte qu'on ne peut « avaler sa langue » pour s'étouffer, comme on le croyait autrefois. Une autre conséquence qui intéresse le stomatologiste, c'est que dans le soulèvement de la pointe contre la voûte palatine le maxillaire inférieur est attiré en arrière par le muscle génio-glosse. C'est pour cela que dans la recherche de V articulation en prothèse dentaire, où il s'agit d'obtenir l'extrême rétropulsion du maxillaire, on recommande souvent au patient de porter sa langue en arrière vers le palais pendant qu'il mord dans la cire d'articulation.

Nerf moteur de la langue. — Sur cinq nerfs qui, de chaque côté, donnent des rameaux ou des filets à la langue (hypoglosse, lingual, glosso-pharyngien. corde du tympan et laryngé supérieur).

Fig. 12. — Territoires sensitifs de la langue.

En avant, le territoire du lingual, indiqué par des traits transversaux. En arrière, celui du glosso-pharyngien (traits obliques:, s'étendant aux papilles caliciformes. Les points répondent à des ramifications du laryngé supérieur (du pneumogastrique) qui se répandent sur les replis glosso-épiglotliques (d'après Zander et Poirier).

il n'y en a qu'un qui soit affecté aux mouvements de cet organe : c'est le nerf hypoglosse, qui épuise ses filets nerveux dans les fibres musculaires.

L'excitation de ce nerf permet de produire expérimentalement des contractions musculaires, de même que sa section ou sa lésionpatliologique supprime les mouvements actifs de la langue. Mais la paralysie de la langue ne l'empêche pas d'être en traînée dans les mouvements de l'os hyoïde ou du maxillaire, ni de subir l'action des muscles constricteurs du pharynx.

Lorsqu'un seul des hypoglosses est sectionné ou paralysé (hémiplégie, paralysie faciale), le tonus des fibres longitudinales du côté sain attire la pointe de ce côté tant que la langue est au repos dans la bouche. Mais si on la projette hors de la cavité buccale, la pointe est déviée du côté paralysé. L'explication de ce fait d'apparence paradoxale (fait dont l'existence même est niée par certains auteurs) résiderait dans l'action du muscle génio-glosse, lequel attirerait le côté sain obliquement vers son insertion maxillaire, c'est-à-dire vers le milieu du menton, rejetant la langue vers le côté paralysé.

Sensibilité gfénérale de la lang-iie. — C'est grâce à sa sensibilité tactile que la langue peut exécuter avec précision les mouvements qui lui permettent d'aller chercherles parcelles alimentaires, de les ramener sans cesse sous les arcades dentaires, d'apprécier leur degré de trituration, et enfin de se retirer assez à temps de la zone masticatrice pour éviter d'être elle-même mordue.

Cette sensibilité générale est absolument distincte de la sensibilité gustative. Elles peuvent exister séparément et, dans certains cas pathologiques où elles avaient disparu toutes deux, elles ont été recouvrées l'une après l'autre.

Les nerfs qui président à la sensibilité tactile de la langue sont le lingual (trijumeau), qui distribue ses filets en avant du V lingual (deux tiers antérieurs), et \c glosso- pharyngien, qui innerve le tiers postérieur (fig. 12).

Lèvres. — Les lèvres, par leur occlusion, empêchent les aliments de s'échapper hors de la bouche pendant la mastication ; elles contribuent aussi à les ramener sous les arcades dentaires.

Les mouvements des lèvres sont très variés, puisqu'ils permettent d'obtenirune infinité d'expressions de la physionomie. D'une manièie un peu schématique, nous pouvons considérer l'écartemenl et le rapprochement des lèvres, leur renversement en avant ou en arrière, le déplacement des commissures en haut ou en bas, en dehors ou en dedans, etc.

Les fibres musculaires situées dans l'épaisseur des lèvres et à leur périphérie sont de deux ordres. Les unes, circulaires, ont pour ctVel

de resserrer Torifice buccal ; elles appartiennent exclusivement à rorbiculaire des lèvres. Les autres, comprenant de nombreux muscles, ont une direction générale radiée et sont pour la plupart dilatatrices; elles traversent perpendiculairement les fibres circulaires.

1° Muscles constricteurs.

1. L'orbiciilaire des lèvres (fig. 13) est un muscle impair situé dans l'épaisseur des lèvres ; il comprend en réalité deux muscles : Torbiculaire interne (ou sphincter oris)ei l'orbiculaire externe. Il ferme la cavité buccale, empêche l'écoulement des liquides, sert à la préhension des aliments (succion), à la mastication, etc.

2. Le muscle de Klein renforce le précédent; il est surtout puissant chez le nouveau-né (succion).

3. Les incisifs supérieur et inférieur ajoutent leur action à celle de l'orbiculaire.

Ces trois muscles concourent à Tocclusion de la bouche, qui

comprend plusieurs temps : 1 ° un premier temps passif, les mâchoires écartées se rapprochant et entraînant les lèvres ; en outre le relâchement des dilatateurs favorise ce rapprochement : 2° les bords libres des lèvres se juxtaposent par la contraction modérée du sphincter oris ; 3° l'occlusion avec efîort qui se produit par la contraction plus forte du sphincter oris et l'action de Vorbiculaire externe (renforcé par le muscle de Klein et les incisifs) auxquels s'ajoutent le triangulaire qui abaisse la lèvre supérieure, le canin qui élève la lèvre inférieure et le buccinateur qui tend les commissures (Poirier) ; 4° quand il s'agit de mettre en contact non seulement les bords libres, mais aussi les faces internes des lèvres, deux autres muscles entrent en jeu : le mijrtiforme f abaisseur de l'aile du nez) qui projette en avant et fait saillir la lèvre supérieure ; le muscle de la houppe du menton qui élève la lèvre inférieure (repousse en dedans les débris alimentaires).

2° Muscles dilatateurs (fig. 14).

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