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SALIVE MIXTE

Définition. — La salive est le produit de la sécrétion intrabuccale des glandes situées dans l'épaisseur des parois, ou au voisinage de la bouche, et appelées glandes salivaires. Ce liquide, résultant du mélange en proportions variables de plusieurs sécrétions particulières, est encore appelé salive mixte (1).

Propriétés physiques. — La quantité de salive émise par

(]j Pour étudier la salive mixte, on l'obtient facilement chez l'homme en faisant cracher sur un filtre. Chez les animaux, on la recueille après œsophagotomie, une canule terminée par un sac de caoutchouc étant abouchée sur le bout supérieur de l'œsophage.

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l'homme en vingt-quatre heures est difficile à mesurer. On admet comme moyenne 200 à 300 grammes, mais ce chiffre peut augmenter et atteindre jusqu'à I 500 grammes dans certains cas.

La salive mixte se présente sous la forme d'un liquide légèrement opalescent ou incolore, inodore, insipide, spumeux, légèrement filant, très aqueux. Sa densité est voisine de celle de l'eau (1,002 à 1,008).

La salive recueillie dans un récipient se sépare par le repos en trois couches : V une mousse qui surnage; 2° un liquide limpide; 3° un dépôt comprenant des cellules épithéliales, des globules muqueux, des cristaux decarbonatede chaux, des détritus d'aliments et des microbes.

Propriétés chimiques. — Normalement, la réaction de la salive est légèrement alcaline. Elle devient acide : 1° par le séjour entre les dents de parcelles alimentaires qui se décomposent rapidement, produisant de l'acide lactique (Magitot) ; 2° pathologiquement, dans le muguet, les dyspepsies, les ulcères et le cancer de l'estomac, le diabète, la phtisie, etc.

La salive abandonnée à l'air s'altère rapidement.

Composition. — Voici, d'après M. Duval et E. Gley, la composition de la salive :

Eau - 994K"-,36

/ Débris épitliéliaux

, ., ... . S et mucus 26^,2

(Matières organiques... <ti. ,. . ,,

,1 AA« /xr .1 i o -i j Ptyahne et albu-

1 000 grammes. < Matières \ f • . „

^ ,-, } { mine I8f,2

solides < ^ '

(5Kr,64) 1 CSels 2gr,2

( Matières inorganiques. } Sulfocyanure de

( potassium 08f,04

Matières organiques. — Les matières organiques comprennent : une substance albuminoïde du groupe des globulines, coagulable par la chaleur ; de la mucine, matière glyco-protéide soluble dans les alcalis dilués et dont les solutions sont filantes ; des traces de graisse et d'urée, et enfin un ferment soluble, la ptijaline, dont nous allons dire quelques mots.

La ptyaline (ou amylase buccale) est une diastase ou ferment digestif qui produit avec la solution d'empois d'amidon une dextrine et un sucre réducteur (maltose). Ce ferment n'agit que sur les hydrates de carbone et seulement sur l'amidon cuit. On trouve dans le pancréas et le suc pancréatique une amylase identique à la précédente. La diastase de l'orge germé possède les mêmes propriétés.

On ne sait si la ptyaline provient réellement des glandes salivaires ou si c'est un produit de sécrétion des microorganismes contenus dans la bouche.

L'amylase buccale agit surtout entre 30° et 45°, et seulement en

milieu alcalin ou neutre. En milieu acide dilué, la réaction ne se produit pas, sauf en présence de matières albuminoïdes, condition réalisée en général dans l'estomac, au début de la digestion.

Matières inorganiques. — Les sels ordinaires des liquides de l'organisme se rencontrent dans la salive : chlorures de sodium, de potassium, traces de sulfate de potasse, phosphates alcalins et terreux, traces de phosphate de fer, bicarbonates alcalins. On y trouve encore des traces de sulfocyanure de potassium, sel auquel certains auteurs font jouer un rôle antiseptique.

Enfin, on y rencontre des gaz : acide carbonique, oxygène, azote, qui proviennent en partie de Tair contenu dans la bouche et émulsionné avec la salive que les parties molles (langue, joues, etc.), battent sans cesse. Suivant certains auteurs, la salive contiendrait encore un ferment oxydant ou de l'eau oxygénée.

Tartre dentaire. — Le tartre dentaire, enduit de consistance variable que l'on trouve déposé tantôt autour du collet et de la couronne des dénis, tantôt sur leur racine et parfois jusqu'à l'apex, est-il simplement dû à la précipitation des matières solides de la salive, par un phénomène analogue à celui des eaux dites « pétrifiantes » ? Déjà l'analyse de Berzélius indiquait pour le tartre la composition suivante :

Ptyaline 1,0

V Mucus 12,5

Pour 100. I Phosphates terreux (iusolubles) 79,0

/ Matière animale (dissoute par l'acide chlor-

\ ■ hydrique) 7,5

el Claude Bernard remarquait que ces proportions sont très différentes de celles des matières solides de la salive, dont nous avons donné plus haut les chiffres.

Dumas explique ce dépôt par l'action de la salive alcaline sur le liquide acide de la bouche. Dès que l'acide libre est saturé, les phosphates se déposent à l'état insoluble.

On distingue actuellement deux sortes de dépôts de nature et <rorigine très différentes : le tartre sérique et le tartre salivaire. Le tartre sérique se forme sur la racine des dents el y adhère très fortement. On le rencontre en particulier dans les cas de péri-odontile chronique et il serait formé, d'après Kirk, de dépôts d'urates provenant de la membrane péricémentaire.

Le tartre salivaire provient de la précipitation de substances solubles de la salive mises en liberté à la sortie des canaux excréteurs. Il est surtout formé de phosphates terreux, comme le montre l'analyse de Berzélius. La précipitation de ces sels est attribuée par Galippe aux microorganismes intra-buccaux, que l'on trouve englobés dans le tartre. Les calculs salivaires dont la composition est la même auraient aussi une origine infectieuse, des microbes

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s'introduisanl dans les canaux excréteurs à la suile d"un corps élranger quelconque.

Voici, d'après Johnson, les caractères physiques du tartre salivaire : « Tantôt on le trouve sous la forme d'une masse molle et granuleuse qui se désagrège et s'enlève facilement à l'aide d'un instrument. Tantôt il est épais, dur et pierreux. Sa consistance dépend surtout de la rapidité ou de la lenteur de sa formation, et de la durée de son séjour dans la bouche. S'il s'est déposé rapidement, si sa formation est récente, il est relativement mou : mais il durcit progressivement. Sa couleur varie du gris jaune au noir. » Ajoutons que chez les fumeurs, le tartre salivaire est le plus souvent coloré en noir.

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