INFLUENCES OCULO-DENTAIRES
La sénilité simple pourra entraîner à la fois des dystrophies de tous les organes ectodermiques, depuis la peau et les dentsjusqu'au cristallin.
Une élude comparée des dents et des yeux au cours des dystrophies, des diat /lèses cl des infections chroniques acquises ou héréditaires, sera donc utile à pousser de plus en plus et amènera peutêtre à d'importantes notions pathogéniques, prophylactiques et thérapeutiques. Jusque-là on n'établira pas de rapports étiologiques entre deux alTeclions simultanées de l'œil et des dents, lorsque, au contraire, une cause générale les explique toutes deux. Dans bien des occasions, on s'est trop pressé de conclure.
III. — INFLUENCE DES AFFECTIONS OCULAIRES SUR LES AFFECTIONS DENTAIRES.
Bien courtes doiv^ent être les remarques sur ce point spécial, car il s'agit de faits d'une part peu fréquents, d'autre part sans grande importance.
Il se produit parfois des irradiations névralgiques dentaires, des sijnalgies oculo-dentaires, au cours des poussées inflammatoires des kératites, des sclérites, des iridocyclites, despanophtalmies, c'est-àdire des affections parenchymateuses ou profondes de l'œil.
Dans le glaucome primitif, dans le glaucome secondaire, dans les tumeurs intraoculaires avancées, des phénomènes analogues sont observables. Nous avons noté, chez une de ons malades, atteinte d'iridocyclite chronique, des crises de fourmillement extrêmement désagréables dans les premières molaires saines de la mâchoire supérieure du côté le plus lésé. Mais tous ces accidents sont en général de simples épiphénomènes, et il est rare qu'on observe des cas comme celui cité par Galezowski. Il s'agissait d'une violente iritis avec névralgie dentaire intense. Un dentiste entreprenant, consulté tout d'abord, arracha sans résultat deux dents, tandis qu'une goutte d'atropine calma plus tard à la fois les douleurs oculaires et dentaires.
D'autre part, dans le glaucome, on a été jusqu'à déplomber, sans amélioration, des dents incriminées (Javal). Creniceanua parlé de douleurs dentaires « rhumatismales » (?) comme prodromes d'attaques de glaucome.
h'ociilar headache des Américains est une réalité fréquente ; Yocular toothache est une réalité exceptionnelle.
Les migraines et douleurs périorbitaires provoquées par les troubles de la réfraction (hypermétropie, myopie ou hypométropie, astigmétropie) insuffisamment corrigés, ou par le surmenage oculaire, l'asthénopie, l'insuffisance de l'accommodation et de la convergence si habituelles chez les neurasthéniques et constituant parfois une véritable neurasthénie oculaire, s'accompagneront très rarement de
sensations bucco-clenlaires pénibles, qui, en somme, disparaissent clans l'ensemble du tableau clinique et qui céderont aux soins, à l'hygiène, à la correction optique appropriés.
Neuschtiler a cependant observé une malade, de vision et de réfraction normales, qui prétendait souflVir des dénis dès qu'elle jouait du piano. La prescription de prismes fit cesser cet état, que l'auteur attribue à une insuffisance des muscles droits internes. La malade affirmait que l'odontalgie se reproduisait dès qu'elle travaillait sans ses verres.
Rappelons que certains névropathes et déments accusent, dans les dents comme dans les yeux sains, des douleurs que rien n'explique, sauf l'état mental. N'avons-nous pas vu deux malades courir les ophtalmologistes pour leur proposer d'enlever un œil, absolument normal, comme vision et nutrition, et où ils prétendaient ressentir des douleurs intolérables, tout comme certains aliénés qui ont été dans des cas semblables jusqu'à l'auto-mutilation?
Enfin nous avons observé un cas où la diphtérie oculaire a envahi secondairement le nez et la bouche, seul cas que nous connaissions d'une affection oculaire propagée à la bouche.
Les coïncidences névralgiques oculo-dentaires du zona et de la névralgie faciale ne doivent pas nous arrêter. Dans les affections orbilaires, les névralgies à propagation dentaire sont naturellement plus intenses, les nerfs étant plus directement comprimés ou enflammés. Les inflammations, les corps étrangers (parfois même une balle qui, comme dans le cas de Ducellier, comprime le nerf sous-orbitaire et donne une violente douleur dans les incisives et la canine, douleur cessant avec l'extraction de la balle), les tumeurs qui bourrent et dépassent même l'orbite, ont naturellement un retentissement névralgique qui pourra atteindre les dents, mais qui dominera bien rarement la scène.
Au cours du calhétérisme lacrymal^ il est au contraire assez commun que le malade se plaigne de douleur et d'agacement dans les dents antérieures, quand la sonde franchit un rétrécissement serré du canal lacrymo-nasal : cette sensation pénible persiste même quelquefois un certain temps, lorsque la sonde a été retirée. L'existence des filets nerveux donnés au canal nasal par le dentaire antérieur nous en rend compte.
IV. — NATURE DES AFFECTIONS DENTAIRES ET BUCCALES A RETENTISSEMENT OCULAIRE ÉVENTUEL.
Les affections dentaires en cause sont le plus souvent les érosions, la carie pénétrante avec ou sans mise à nu de la pulpe, carie eu collet ou carie de siège et d'étendue variables, la pulpite, et leurs conséquences, c'est-à-dire la périostite alvéolo-dentaire, l'abcès sous-