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NATURE DES AFFECTIONS DENTAIRES ET BUCCALES

périoste, rostéopérioslile localisée ou diffuse, aiguë, subaiguë ou chronique, avec ou sans sinusite ou polysinusite.

Courlaix nous dit que, en ce qui concerne les affections inflammatoires oculo-dentaircs qu'il a eu à étudier, la mâchoire supérieure était 18 fois en cause sur 2'2 cas. Les molaires, surtout la première et la seconde molaire, jouaient le plus fréquemment un rôle, et les •deux côtés étaient à peu près aussi souvent atteints Tun que l'autre.

Les opérations, telles que l'extraction des dents, surtout dans certaines circonstances, le plombage, l'implantation de pivots, l'application d'appareils prothétiques, ont été quelquefois l'origine des troubles ocu-

laires.

YSévolution du système ■dentaire est aussi à incriminer en pareil cas.

Voyons d'abord les anomalies. Les dents surnuméraires supérieures, si fréquemment cariées comme

toutes les dents anormales, très altérables, l'hétérotopie et la migration, souvent si invraisemblables, doivent être signalées à ce point de vue. En particulier, Thétérotopie mérite toute l'attention. On trouvera décrites dans le deuxième fascicule de cet ouvrage (Dieulafé et Herpin) les principales variétés d'hétérotopie et de migration. Vander Wlugt (1) a rapporté un beau cas d'ectopie sousorbitaire bilatérale des canines (fig. 76).

Ward Cousins (2) a observé chez un enfant de deux ans dont les dents étaient au complet, une tumeur de la grosseur d'une noisette, fixée solidement en dedans de l'orbite gauche, au-dessous de l'œil. Cette tumeur, très adhérente à l'os, fut disséquée avec soin; elle contenait une canine supplémentaire, formant une tumeur orbitaire exceptionnelle et généralement omise dans les traités d'ophtalmologie.

Rappelons à ce propos que d'autres anomalies congénitales orbitaires et oculaires l'kystes dermoïdes, kystes séreux avec ou sans microphtalmie, malformations diverses de l'œil et de ses membranes, cyclopie, etc.) ont coexisté plus d'une fois avec des malformations labiales et buccales (bec-de-lièvre, fissures palatines, etc.).

L'apparition des dents et les conditions dans lesquelles elle se pro-

Fig. 76. — Ectopie sous-orbitaire des canines.

'^J) Van der Wlugt, Retentio dentium. Thèse de Leyde, J902 <2) Ward Cousins, Brit. med. Journ., 23 avril 1887.

duit doiventêtre aussi envisagées au sujetdes accidents oculaires possibles. L'ensemble des accidents dits de dentition a déjà été étudié (fasc. II), au point de vue pathogénique. La première dentition, la deuxième, l'éclosion plus ou moins compliquée de la dent de sagesse, la persistance complète ou la non-dispari lion en temps utile de certaines dents temporaires, coexisteront avec divers troubles oculaires ou les produiront même occasionnellement, comme nous le verrons plus tard.

Les affections bucco-pharyngées sont tantôt isolées, tantôt accompagnées d'un état général anormal aigu ou chronique, dont les conséquences réciproques seront à démêler dans chaque cas particulier.

Les accidents oculaires réflexes, par irritation ou inhibition (larmoiement, blépharospasme, irritation conjonctivale, douleurs périorbitaires, pholophobie, parésie irienne et accommodative, etc.) s'observeront aussi bien au cours dune stomatite de toute nature, d'un abcès buccal ou pharyngien, d'ulcères divers, parfois au cours d'une infection générale à localisation bucco-pharyngée (scarlatine, fièvres éruptives, diphtérie, noma, érysipèle, grippe, zona buccal, syphilis, etc., qu'à la suite de végétations adénoïdes, de polypes nasopharyngiens, d'épulis, de sarcomes et de cancers envahissants).

Les accidents d'endo-infection oculaire (iritis, irido-choroïdile, chorio-rétinites, hyalites suppurées, névrites optiques, etc.) (Voy. p. 291 à 294) et même orbilaire (dacryo-adénite, phlegmon et phlébite) (Voy. p. 297 à 305), peuvent suivre des angines aiguës ou phlegmoneuses (Berge, Truc). Exceptionnellement l'angine, par infection du plexus veineux ptérygoïdien communiquant avec le sinus caverneux par la veine du trou ovale, arrive directement dans le crâne (Ogle, Blachez, Fauvel, Panasj.

Toutes les maladies des mâchoires peuvent aussi avoir un retentissement oculaire éventuel et divers.

Enlin lœil, insuffisamment protégé par le chirurgien, a été parfois gravement lésé au cours d'opérations sur les maxillaires supérieurs et les sinus osseux de la face, et il est fréquemment atteint dans les grands Iraumatismes faciaux et orbito-maxillaires (coup de pied de cheval, accidents de chemin de fer, d'automobile, etc.).

V. — ROLE ÉTIOLOGIQUE DES AFFECTIONS BUCCO-DENTAIRES DANS LES MALADIES DE L'ŒIL.

Le rôle étiologique des affections bucco-dentaires dans les affections oculaires a été d'abord l'objet de croyances anciennes, presque légendaires. Le nom d'œillères donné aux canines synthétise déjà implicitement un rapport oculo-denlaire, de même que la crainte de se faire arracher la « dent de l'œil ».

Peu à peu une mention plus explicite, quoique encore fort vague

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