‹ Traité de stomatologieChapitre 37 sur 106 · AFFECTIONS BUCCO-DENTAIRES ET OREILLE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS BUCCO-DENTAIRES ET OREILLE

caisseen enlevant le loit. Le marteau etrenclumesontenfouisdansdes granulations rosées, tandis que les granulations entourant l'étrier sont gris noirâtres. La caisse et la trompe sont remplies de pus jaune; leur muqueuse est blanc jaunâtre, un peu épaissie. L'aditus, l'antre, le labyrinthe et les parois osseuses des cavités de l'oreille moyenne sont normales. La paroi et les tissus entourant la veine jugulaire et le bulbe sont un peu décolorés, et aucune thrombose n'y est visible, pas plus que dans le sinus sigmoïde. Il existe quelques paquets glandulaires décolorés dans le cou, et les tissus environnants sont infiltrés. Dans le pus et les tissus, on trouva des streptocoques et des diplocoques, ces derniers particulièrement abondants dans le pus de la caisse. Les tissus examinés offrent en général l'apparence d'une vieille inflammation chronique ; seulement les granulations de la caisse sont de nouvelle formation. L'examen anatomo-pathologique prouve donc incontestablement que l'otite était secondaire à l'empyème du maxillaire supérieur. Je cite ce cas intéressant pour montrer seulement comment il est possible qu'un empyôme d'origine dentaire puisse, par propagation à la fosse ptérygo-palatine et par l'intermédiaire de la veine vidienne et des lymphatiques si abondants de la trompe, atteindre l'oreille moyenne, causant une otite purulente et toutes les complications endocraniennes qui peuvent en résulter.

Maintenant quelles sont les affections dentaires pouvant causer l'otalgie? Les caries, les pulpites, les abcès périradiculaires, les périostites alvéolo-denlaires, les parulies, les accidents de la dent de sagesse, les fausses implantations, etc., sont connus comme facteurs étiologiques. Moins connues, par contre, sont certaines maladies dentaires, qui ne produisent aucun symptôme local et dans lesquelles le dentiste même est en doute sur l'existence d'une affection dentaire. Il est arrivé à F. Mûller (1) de ne pouvoir qu'à grand'peine vaincre l'inertie du dentiste, qui considérait qu'il était impossible d'incriminer une dent; finalement pourtant une affection dentaire se révéla comme cause de l'otalgie. Il considère ces cas comme très fréquents.

Le P'' Witzel (2) est d'avis que l'on observe des irritations du trijumeau par action thermique sur des dents plombées et que de telles irritations des nerfs de la pulpe sont souvent la cause de névralgies. De plus, ces irritations occasionnent souvent la formation de dentine [Dentikelbildiingen) dans la pulpe, qui, elle aussi, peut causer de fortes névralgies du trijumeau. Une autre cause, selon Witzel, est l'épaississement du cément à la pointe de la racine, l'exostose radiculaire. Il se produit aussi des douleurs par pression pendant le développement ou la croissance des dents. Les dents de sagesse sont très proches du canal mandibulaire. Dans une prépa-

(1) Ueber dentale \euralgien, insbesondere ûber die dentale Otalgie [Zeitschr. f. OhrenheUk. u. f. d. Krankh. d. Luflw., Bd. LVII, II. 2 et 3, fév. 1909, p. 134).

(2) Deutsche Monatsschr. /'. Zahnheilk . 1904.

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