‹ Traité de stomatologieChapitre 38 sur 106 · C.-J. KŒNIG. — AFFECTIONS BUCCO-DENTAIRES ET OREILLE · texte numérisé non relu

C.-J. KŒNIG. — AFFECTIONS BUCCO-DENTAIRES ET OREILLE

ration, Witzel vil le canal mandibulaire passant directement entre les racines de la dent de sagesse. Cette circonstance peut être parfois la cause de névralgie. Quand la troisième molaire manque, il est par conséquent nécessaire, dans des cas douteux, de déterminer, par les rayons X,si elle est restée incluse et, dans ce cas, les rapports qu'elle peut avoir avec le canal nandibulaire.

D'autres facteurs étiologiques sont les néoformations dans la cavité pulpaire, les inflammations chroniques de la pulpe, Téruption pénible de la dent de sagesse, peut-être aussi les troubles delà circulation dans la pulpe, les rétentions dentaires, les chicots, les restes de racines et les dents mal implantées.

La pulpe peut être gangrenée dans une dent d'apparence saine. Hesse(I) est d'avis que, dans Thypoplasie de l'émail et dans les dents usées par la mastication, lacouche autourde la pulpe estlésée, que la destruction de celle-ci est précédée d'un traumatisme sous la forme dun coup, d'un choc, d'un coup de dent sur un corps dur, etc., produisant des fêlures à peine visibles à l'œil nu et donnant un accès facile aux microbes. La pénétration microbienne peut aussi se faire par voie sanguine. Que la pulpe meurt (par suite de rupture traumatique de vaisseaux, ou par formation de dentine et dépôt calcaire), cet état peut rester longtemps inaperçu, jusqu'à ce que des microbes, pénétrant dans la circulation par une blessure de la peau, trouvent dans la pvdpe dentaire mortifiée un terrain de culture propice à leur multiplication. F. Millier dit avoir observé plusieurs cas dans lesquels les malades ne ressentaient aucune douleur locale, tandis qu'une otalgie extrêmement violente se développa. Un examen très attentif lui fit découvrir une petite fêlure dans une dent de sagesse de la mâchoire inférieure. La dent était insensible à la percussion ainsi qu'à l'épreuve de l'eau froide et chaude. Lorsque, sur son insistance, la dent fut ouverte (car les glandes lymphatiques sous-maxillaires étaient gonflées), la pulpe fut trouvée gangreneuse.

Tanzer ("2) est d'avis que l'augmentation subite de la pression sanguine intradentaire par suite d'excitations psychiques dans les maladies accompagnées de troubles circulatoires (aménorrhée, dysménorrhée, règles en général, grossesse), les traumatismes, l'usage de médicaments qui augmentent la pression sanguine peut par compression faire succomber des dents objectivement saines. Il cherche la cause dans le fait que la pulpe, par suite du manque de vaisseaux lymphatiques, dans l'augmentation de la pression sang.iine, ne peut pas se dégager assez vite. Les dents dont la pulpe a été ainsi détruite peuvent causer de la névralgie.

Fuyt, Witthaiis et Haffner ont fait des recherches avec le courant

(1) Ueber den Nachweis des Lebenszustandes der Piilpa um crsehrt ausschender Ziihne durcli den elektrischen Strom {D. M. f. 2., 1907, H. 3).

(2) Meine Théorie von jjesteigcrteniiitradenlareii Bliitdiuck |D. M.f.Z., 190S, fL6'.

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induit pour déterminei l'état do la pulpe dune dent. Il ressort que, lorsqu'une dent malade réagit à un très faible courant qui n'afl'ecLe pas une dent de contrôle saine, la pulpe est irritée et enflammée ; ou bien, lorsque la dent malade ne réagit pas du tout en comparaison de la dent de contrôle, la pulpe est morte. Hesse a étudié cette méthode et la trouve excellente. L'appareil doit posséder une échelle micrométrique très sensible et un interrupteur marchant très régulièrement. On ne peut espérer avoir de bons résultats avec les appareils marchant sur une centrale que si la tension centrale est très constante et si les mesures de comparaison sont faites avec un voltmètre de précision.

Les otalgies dentaires les plus violentes sont produites par les molaires du maxillaire inférieur, ce qui s'explique par le fait que les dents inférieures et la caisse du tympan sont desservies par la troisième branche du trijumeau, à savoir les molaires inférieures par le nerf alvéolaire inférieur, — nerfmandibulaire, l'oreille moyenne par la voie du ganglion otique, — petit nerf pétreux superficiel, — plexus tympanique. Les douleurs souvent extrêmement intenses juste devant le pavillon siègent dans le domaine du nerf auriculo-temporal (troisième branche du trijumeau). Les douleurs qui ont leur origine dans les molaires inférieures produisent parfois des élancements dans l'apophyse mastoïde et dans l'occiput. Il n'est pas rare que les otalgies d'origine dentaire se produisent principalement la nuit.

Les molaires malades du maxillaire supérieur produisent des douleurs otalgiques moins intenses. Dans les cas observés par Mûller, la douleur siégeait le plus souvent au-devant du pavillon.

F. Millier rapporte un cas très intéressant, que je résume :

Femmede vingt- neuf ans, douleurs d'oreille extrêmement intenses depuis des années et localisées dans l'intérieur de l'oreille; le dentiste ne découvre rien du côté des dents ; depuis quelques jours, l'ouïe ui baissé. Il n'y a jamais eud'écoulement d'oreille. Le quadrant postérosupérieur du tympan droit est modérément rouge et bombe un peu en dehors, ce qui n'explique cependantpas suffisammentles douleur s très intenses que ressent la malade. Lesdouleursaugmentent, surtout la nuit ; elles commencent au-devant du pavillon et s'irradient dans la joue droite ; les glandes lymphatiques au-dessous de l'apophyse mastoïde et à l'angle de la mâchoire inférieure droite sont enflées. La température axillaire est le soir à 38°, 5. Perte du sommeil et de l'appétit.

Trois jours plus tard, le tympan est moins rouge, n'est plus bombé, est plus trouble que celui du côté gauche, pas de perforation, pas trace de sécrétion. Voix chuchotée à 2 mètres. Deux jours plus tard, le tympan est assez pâle ; les douleurs au-devant de l'oreille et dans la joue sont moins fortes; le gonflement des glandes a diminué ; par contre, les douleurs dans l'intérieur de l'oreille sont encore intenses ainsi que celles derrière l'oreille. Pas de symptôme d'hystérie .

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