C.-J. KŒNIG. — AFFECTIONS BUCCO-DENTAIRES ET OREII.LE
Urine sans sucre ni albumine. Fond de Tœil normal. Pas de symptômes méningiliques. Température subfébrile. Glandes lymphatiques sous-maxillaires légèrement gonflées. Pas d'empâtement sur la mastoïde droite ; celle-ci est par contre sensible à la percussion.
Opération de la mastoïde. — Toute Tapophyse est formée d'os compact, sclérosé, pas trace de diploé. Antre à peine de la grandeur d'une lentille, tapissé d'une muqueuse légèrement gonflée : dans la profondeur, quelques parties diploétiques paraissant hyperémiées : dure-mère normale.
Après l'opération, pendant deux jours, un grand soulagement ; surtout les douleurs occipitales ont disparu. Le troisième jour cependant,les douleurs apparaissent de nouveau, moins dans l'oreille qu'audevant de l'oreille, et s'irradient dans la mâchoire inférieure et la joue; elles ne sont cependant pas si fréquentes qu'auparavant et paraissent moins intenses. La température est normale ; la malade guérit complètement de son opération. Les douleurs reviennent très fortes ; l'examen des dents, comme auparavant, ne révèle rien: seulement, quand la malade mord avec force sur la dernière molaire de la mâchoire inférieure du côté droit, elle ressent une douleur. La dent fut extraite par un dentiste et contenait une pulpe gangrenée. A partir de ce moment, les douleurs diminuèrent, pour disparaître définitivement en quelques semaines. A part les maladies dentaires, l'otalgie peut être produite par les calculs du canal de Wharton, comme Leuillier et Maurice en ont rapporté une observation(l) et parl'épithélioma delalangue. Dans cette dernière affection, la douleur de l'oreille se présente avec un si grand degré de fréquence qu'elle prend une véritable importance diagnostique (Kirmisson).
Avantde faire le diagnostic de névralgie dentaire, il faut éliminer toutes les maladies inflammatoires aiguës et chroniques du nez et des oreilles ainsi que des yeux, les alTections inflammatoires de la jointure temporo-maxillaire et des glandes cervicales, le carcinome du maxillaire supérieur, le cancer de la langue, la syphilis et la tuberculose du pharynx et du larynx, les abcès amygdaliens, le cancer de lestomac, la neurasthénie, l'hystérie, les refroidissements, la chlorose, l'anémie, les poisons minéraux, comme le plomb, le mercure, l'arsenic, le phosphore et le cuivre, l'artériosclérose, les maladies infectieuses comme l'inlluenza, la fièvre typhoïde, les fièvres paludéennes, le diabète, la néphrite interstitielle chronique et les maladies organiques du système nerveux comme le tabès. Il faut éliminer aussi les névrites, les périnévrites, les exostoses dans les canaux osseux par où passent les nerfs, l'inflammation et les tumeurs du ganglion de Casser, les tumeurs du cerveau et de la moelle, la carie des os du crâne et des vertèbres cervicales, la méningite syphilitique.
(1) Note au sujet de l'élimination spontanée d'un calcul du canal de Wliartun (Journal de médecine de Paris, 14 août 1909).