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ET MUQUEUSE DES IRRITATIONS

GINGIVO-DENTAIRES

PAR

le D' GAUMERAIS.

Les faits et les idées que résume cet article constituent un chapitre de pathologie tout récent (1). Longtemps, en efTet, des réactions grossières, la douleur, la fluxion, furent les seules décrites parmi les réactions morbides nombreuses dont le système gingivo-dentaire peut être le point de départ. Une étude plus minutieuse a montré qu'elles n'étaient que les éléments les plus simples d'un ensemble autrement complexe et intéressant.

Le travail physiologique incessant que l'appareil dentaire est obligé de fournir, la constante évolution qu'il subit pendant une longue période de la vie, les lésions lentes indéfiniment entretenues dont il est souvent le siège, sont l'occasion, dans les systèmes voisins, d'irritations continues et profondes.

Leur résultante, en particulier sur le système cutanéo-muqueux qui va nous occuper, est variable. Quelques-unes de ces répercussions sont parfois trop légères pour être décelées : elles demeurent inaperçues. D'autres demandent, pour être découvertes, une attention avertie. Mais leur connaissance est toujours fructueuse et devient dans quelques cas une véritable nécessité.

En soignant la dent, la genciv^e atteintes, on guérira une lésion tégumentaire éloignée, de même qu'on fera disparaître une névralgie réflexe.

Mais, d'autre part, il faut savoir que ces interventions réalisent autant d'excitations nouvelles, incitatrices de nouvelles réactions. Ces réactions, on devra sinon les prévoir, du moins les enregistrer avec rigueur : lacté thérapeutique prend ainsi la valeur d'une expérience.

(l) Nous devons à la vérité de reconnaître que le chapitre a été créé pour ainsi dire de toutes pièces par M. L. Jacquet, qui en a rassemblé les principaux éléments au cours de ses observations minutieuses sur la pelade dori^ine dentaire (Congrès de Cherbourg, août 1905).

Nous avons nous-même développé cette doctrine, et nous lavons appuyée dé faits nombreux dans uu mémoire présenté au Congrès de Lisbonne, avril 1906;

GAUMERAIS. — IRRITATIONS GINGIVO-DENTAIRES.

Fig, 77. — Territoires sensitifs de la face, du crâne, de la nuque et du cou (d'après Cunéo).

Territoires cutanés : 1, de lophtalmique ; 2, du nerf maxillaiie supérieur ; 3, du nerf maxillaire intérieur; 4, du plexus (jervical supërieur.

Toutes les fonction? cutanées et muqueuses peuvent être atteintes ; nous étudierons successivement les répercussions aensitive, vaso-motrice, sécrétoire et Irophique.

I. — VOIES SUIVIES PAR LES EXCI- TATIONS GINGIVO-DENTAIRES POUR PARVENIR AUX TÉGUMENTS

L ne irritation quelconque part des riches plexusdentairesetpéridentaires, gagne les centres, puis revient par voie centrifuge retentir sur les terminaisons nerveuses cutanées et muqueuses du crâne et de la face. Nous allons indiquer rapidement le chemin qu'elle doit suivre.

On sait que les téguments de Textrémité céphalique reçoivent leurs nerfs de quatre sources :

les trois branches du trijumeau, ophtalmique, maxillaires supérieur et inférieur, et le plexus cervical superficiel (fig. 77).

La répercussion dans le territoire du trijumeau duneirritatioii partie des nerfs dentaires est facile à comprendre.

Toutes ces branches nerveuses font partie de la cinquième paire : le trajet esl

Fitr. 78. — Branches du trijumeau (daprès Poirier

1, ganglion de (iasser ; 2, nerf oplitalmique ; 3, nerf maxillaire supérieur; 4, nerf maxillaire inférieur: 5, nerfs dentaires supéiieurs ; 6, nerf dentaire moyen; 7, nerf dentaire antérieur; 8, nerf dentaire inférieur; 9, nerf lingual ; 10, nerf sous-orl>itaire ; 11, nerf incisif et mentonnier.

direct.

Le reste du crâne, de la face et du cou est innervé par des tilets sensitifs issus desdeuxièmeettroi-

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