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K. NOGUE. — HYPERTROPHIE DES GENCIVES

téresser loule l'arcade, ou bien encore rester localisée clans une région limitée.

Elle a été observée à tous les âges, mais plus fréquemment clans la première enfance, au point d'être considérée par Tomes et d'autres auteurs comme étant d'origine congénitale.

SYMPTOMATOLOGIE. — Les symptômes de cette affection sont ceux de la gêne mécanique produite par la masse hypertrophiée : plus cette masse est considérable, plus elle peut gêner la mastication et même l'élocution. Tantôt réduite à quelques grappes de tissu rosé disséminées le long de la gencive, l'hypertrophie peut d'autres fois atteindre des dimensions énormes. Elle peut alors recouvrir les dents, empiéter dans la cavité buccale, ou proéminer à l'extérieur, au point d'empêcher l'occlusion des mâchoires. Ce sont alors des masses d'aspect variable : rosées cjuand les tissus ne sont pas enflammés ou rouge vif quand ils sont le siège d'une poussée congeslive. Elles sont mamelonnées et mûriformes. Parfois, quand la surface de la tumeur s'ulcère, se manifestent des phénomènes d'infection secondaire : on trouve alors de l'adénite sous-maxillaire et une fétidité plus ou moins marquée de l'haleine.

FORMES CLINIQUES. — Tomes a observé, avec Alfred Canton, un cas dans lequel cette hypertrophie intéressait à la fois la totalité des tissus gingivaux et les arcades alvéolaires. C'était un enfant de treize ans, présentant tous les attributs de la scrofule. Ses arcades alvéolaires se profilaient en avant, poussant devant elles une gencive rouge et épaissie, et cachant dans le sillon formé par les côtés lingual et labial de la saillie hyperlrophique les surfaces correspondantes des dents.

En avant de la bouche, l'os avait une telle épaisseur qu'il était impossible à l'enfant de fermer les lèvres ; à la partie postérieure de l'arcade alvéolaire, les gencives de chaque mâchoire, épaissies et élevées, tout en s'aplatissant réciproquement, n'étaient pas assez déprimées par l'action des mâchoires pour permettre aux molaires de se mettre en contact.

Le cas de Salter (1) mérite d'être cité également, en ce qu'il montre bien quel est le tableau clinique de l'afïection : cinq semaines après la naissance, six dents apparurent, et l'on remarqua que les gencives étaient épaisses et boursouflées. A l'âge de deux ans, toutes les dents de lait furent extraites et les gencives cautérisées.

L'enfant fut admise à l'hôpital Saint-Georges à huit ans; elle était remarquable par un développement anormal des cheveux, qui avaient poussé très bas sur le front, en avant des oreilles et sur les joues. Une masse rosée, assez volumineuse pour ne pouvoir être recouverte par les lèvres, se projetait hors delabouche; elleavailune apparence lobulée peu distincte; sa surface était dense, peu sensible, comme

(l) Systemof surgery, vol. III.

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