FORMES CLINIQUES
cutanée. La masse la plus considérable naissait delà mâchoire supérieure; elle recouvrait le maxillaire opposé et semblait l'envelopper.
La production fut amputée à l'aide du bistouri et des cisailles, en plusieurs opérations successives.
Elle montra une légère tendance à récidiver. Dans la structure de la masse se trouvait une hypertrophie du bord alvéolaire, en même temps qu'un immense épaississement de la portion fibreuse de la gencive et un développement exubérant des papilles.
La saillie antérieure qu'elle faisait à la mâchoire supérieure était de près de '2 centimètres à partir de la marge alvéolaire.
Celles des dents de lait qui n'avaient pas été enlevées étaient enfoncées profondément dans la masse : cependant les premières molaires avaient fait leur apparition et les secondes molaires temporaires inférieures étaient visibles, parce que l'hypertrophie n'était pas aussi grande au fond de la bouche.
Les racines se trouvaient au fond de leurs alvéoles ; quant aux couronnes, elles étaient emprisonnées dans des espèces de sacs séreux, au milieu du tissu fibreux dense, et n'avaientpas de muraille osseuse autour d'elles.
L'une des incisives centrales supérieures se trouvait à près de •2'^'^, 5 de la surface. Les dents permanentes étaient extrêmement volumineuses. Les incisives dépassaient en grosseur tout ce qu'avait encore vu jusque-là Salter dans une bouche de sujet du sexe féminin, et leurs cryptes osseuses ne s'étaient pas résorbées dans l'étendue que l'on observe généralement à l'âge de la malade.
L'épi thélium s'était converti en un épiderme dur et épais, en dessous duquel se trouvaient des papilles d'une longueur énorme, allant jusqu'à^ ou 6 millimètres; cette production papillaire était en harmonie avec le volume des dents, l'exubérance de la chevelure grossière, l'épaisseur de la peau et autres signes indiquant une tendance à l'hypertrophie tégumentaire.
Chez une enfant encore a été observé le cas de Erichsen, rapporté par C. Heath (1). Cette fillette, âgée de deux ans et demi, présentait une hypertrophie des gencives qui se prolongeaient en avant et en arrière des dents au point de recouvrir presque complètement ces organes. La maladie se limitait aux portions incisives des deux mâchoires, avec cette particularité que les dents de lait avaient subi aussi l'hypertrophie, car elles étaient beaucoup plus volumineuses qu'à l'état normal. Le mal apparut dès l'âge de sept mois, au moment où les dents commençaient à se montrer, les gencives augmentant de volume et saignant au moindre contact. Le D' INIurray, qui eut l'occasion d examiner la même malade, décrit ainsi l'aspect de la
(l) Ghristopher Heath, Lésions et maladies des mâchoires, p. 213.