OGUE. — HYPERTROPHIE DES GENCIVES
DIAGNOSTIC. — Le diagnostic ne présente pas dliabitude de très grandes difficultés. Eliminons d'abord une sorte d'hypertrophie gingivale due à Faction irritante d'une pièce de prothèse. Elle s'observe chez les personnes d'un certain âge et ne saurait être confondue avec l'hypertrophie vraie, qui se développe sans cause mécanique manifeste.
Une autre hypertrophie, due également à l'irritation provoquée par une dent cariée, par les dépôts de tartre, s'observe souvent dans la bouche. C'est le polype ou fongus des gencives. Ici la tumeur est généralement localisée. Elle peut naître parfois de la pulpe dentaire ; mais le plus souvent elle provient du feston gingival situé entre deux (lents, ou encore du ligament alvéolaire. Ces tumeurs sont formées de tissu fibreux, avec des noyaux et des cellules fusiformes ; la surface est recouverte de papilles très hypertrophiées et d'un épilhélium mince (Tomes).
Le papillome des gencives, d'ailleurs très rare, se distinguera aisément de l'hypertrophie simple, en ce qu'il est constitué par une masse blanche, composée de grosses fibres séparées, pointues et libres à une extrémité, et fixées par l'autre. C'est en réalité une masse de papilles, ressemblant par la forme aux papilles filiformes de la langue (Salter).
Une autre excroissance peut s'observer sur les gencives, que sa structure intime rapproche du nsevus. C'est une tumeur molle el compressible, d'une coloration rouge clair, saignant au moindre contact. Ses caractères si spéciaux permettront de la reconnaître.
L'épulis enfin, qui naît du bord libre des gencives et qui croit peu à peu pour s'étaler sur la surface labiale ou linguale, peut prêter à la confusion. Cependant cette tumeur est généralement plus localisée; non traitée, elle peut prendre de grandes proportions, et, non réprimée par le traitement chirurgical, sa surface peut s'ulcérer et sécréter un pus fétide. Enfin l'épulis a son point d'implantation sur le périoste du maxillaire.
L'épithélioma des gencives est caractérisé par l'ulcération déchiquetée et la tendance à l'extension.
PRONOSTIC. — Le pronostic de l'hyperlrophie simple n'est pas grave. Cependant le peu de tendance de la tumeur à la régression, l'augmentation de son volume et la gêne de la mastication qui en résulte, enfin l'ulcération de cause mécanique de sa surface et la menace d'accidents infectieux ou d'hémorragies, sans compter le doute (jui peutsubsisterdansl'esprit surla nature de la prolifération, doivent poussera l'intervention.
TRAITEMENT. — L'intervention se fera, selon les cas, sous le chloroforme ou avec l'aide de l'anesthésie locale. Il sera prudent, avant d'opérer, d'attendre que toute poussée congestive se soit calmée. La crainte d'une hémorragie doit dicter la conduite du chirurgien.
On conseillera, pendant plusieurs jours, desbains de bouche anlisepliques, cl on fera sur la tumeur quelques poinles de feu ou des attouchements à laide de collutoires astringents. Cela fait, on pourra passer à l'extirpation. Mieux vaut la pratiquer en plusieurs séances, pourpeuquela tumeursoit volumineuse. On en circonscrira une partie à Taide d'injections de novocaine ou de stovaïne, et, Tanesthésie obtenue, on saisira la tumeur avec une pinceà griffe et on la sectionnera au bistouri aussi près que possible de son point d'implantation. A laide d'une rugine, il sera prudent de ruginer fortement le rebord alvéolaire à ce niveau, puis à laide du thermocautère de cautériser les tissus.
Quelques jours après, nouvelle intervention.
Il sera nécessaire de procéder ensuite à l'extraction de toutes les dents cariées de la région et de toutes les racines.
Des lavages antiseptiques très fréquents de la bouche seront recommandés.
PYORRHÉE ALVÉOLO-DENTAIRE
le Dr NOGUÉ E le D' DAUGUET
Professeur à l'École de Stoniatolojrie Démonstrateur
Dentiste des hôi)itaux de Paris. à l'École de Stomatologie.
DÉFINITION. SYNONYMIE. HISTORIQUE. — On dé.signe sous le nom de pvorrhée alvéolo-dentaire une affection caractérisée parla destruction progressive avec suppuration du ligament alvéolo-dentaire, la résorption des alvéoles et la rétraction des gencives aboutissant au déchaussement et, en fin de compte, à la chute des dents.
De nature inflammatoire, elle affecte une marche chronique et se propage généralementà toute Tétenduede l'arcade dentaire.
« La maladie, disaitIMagitol. paraît essentiellement caractérisée au point de vue anatomiqueparune destruction lente etprogressive delà membrane périostale et de la couche de cément qui lui est sousjacente, destruction de nature inflammatoire, à marche chronique, procédant constammentducollet ausommeLde la racineetentrainant fatalement la chute des dents. Toutefois cette affection, malgré sa spécialisation primitive au périoste et au cément dentaires, se complique, peu de temps après son apparition, de certains désordres du côté de la gencive et de la paroi osseuse alvéolaire elle-même ; mais Télude de la succession des phénomènes morbides ne nous permet pas d'admettre, ainsi que Tout prétendu divers auteurs, que ces parties soient primitivement le siège du mal. Nous n'en voudrions pour preuve que la localisation isolée de l'alfection à une ou plusieurs dents, sans se propager nécessairement aux voisines, les circonstances du siège anatomique, les signes spéciaux de la lésion et enfin le fait de laguérison constante qui succède à l'ablation de la dent affectée. Ces raisons nous paraissent devoir prouver surabondamment que c'est bien la dent, et non point le tissu gingival ou toute autre partie, qui doit être regardée comme le siège de l'altération. »
Désignée par Fauchard sous le nom de scorbut des gencives, la pyorrhée fut successivement appelée s«/j/v«/'a//o;Ko/2/'o////e (/es «/re'o/es eidesgencives par Jourdain, pyorrhée inter alvéolo-dentaire par Toirac, gingivite expulsive par Marchai (deCalvi), ostéopériostite alvéolodentaire par Magitot, gingivite artliro-dentaire par Galippe, polyarthrite alvéolo-dentaire par Redier, maladie de Biggpar les auteurs américains.