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SERVICE DE STOMATOLOGIE DANS L'ARMÉE

ciili's jusqu'ici coulro juslc rémuiiéralion pardcs praliciens civils. Il n'y aurait plus alors à considérer (juc le prix delà malière, dépense qu'un choix judicieux réduirait à peu de chose.

On ne visei'ail, bien entendu, dans l'attribution d'un appareil, qu'à rétablir la mastication, et n'en recevrait que tout homme incapable sans cela de mastiquer : toutes considérations d'esthétique ou de satisfaction personnelle devant être rigouieusement écartées.

Aucune autre dépense n'est à prévoir; la main d'oeuvre en efilet ne coulerait rien, en utilisant pendant leur service des soldats mécaniciens dentistes, connaissant bien leur métier et otTranl des garanties.

\'. Organisation des services de stomatologie militaire.

Personnel nécessaire. — Fonctionnement. — Ce qu'ils deviendront à la mobilisation. — La stomatologie mérite donc d'être étudiée spécialement par les jeunes médecins militaires, et c'est du plus grand intérêt des soldats que ceux qui sont appelés à veiller sur leur santé reçoivent avant leur sortie de l'École des notions suffisantes de dentisterie et de prothèse.

Pour assurer d'une façon satisfaisante les soins nécessaires, voici l'organisation qui nous paraît la plus pratique :

1" Service central. — Au Val-de-Grâce (il a été créé récemment), il doit remplir un triple rôle :

A. Donner les soins de la bouche aux militaires de la garnison de Paris, sauf, à cause de la distance, Vincennes et Versailles, où fonctionnerait un « service de garnison » ( Voy. plus loin), ainsi peutêtre qu'à l'hôpital Saint-Martin, à cause du grand nombre des malades à traiter.

Le service central serait pourvu d'un laboratoire de prothèse, et les trois << services de garnison » sus-mentionnés lui adresseraient les hommes ayant besoin d'un appareil.

B. Donner un enseignement essentiellement pratique à tous les élèves passant parle Val-de-Grâce et leur permettre d'acquérir les notions élémentaires de stomatologie clinique qui les rendront capables, dans la suite, de diriger les traitements simples, dans un « service de garnison ». Ces élèves, durant leur séjour à Lyon, auraient déjà profité des ressources du « service régional ».

Nous voudrions voir chaque année l'un des jeunes médecins quittant l'Ecole être attaché au « service central » pour se familiariser avec la stomatologie et être mis dans la suite à la tête d'un « service régional », Ce stage devrait durer deux années.

Si le Val-de-Gràce doit être le centre de cet enseignement comme pour toute autre branche de la médecine, ce n'est pas à dire qu'il faille repouser les ressources qui s'olTrentailleurs; de ce centre, bien au contraire, sous la haute direction et sur les indications du professeur de diagnostic chirurgical spécial, assisté du médecin-major au- Tkaité de stomatologie. V. — 27

4i8 M. GUIBAUD. -HYGIÈNE DE LA BOUCHE ET DES DENTS.

quel incombe le service de stomatologie, les jeunes médecins sus-visés devront rayonner dans les cliniques hospitalières, dans les écoles dentaires et partout où leur instruction pourrait trouver à gagner. ij 2o Services régionaux. — A raison d'un par corps d'armée fonctionnant à riiôpital militaire et pourvus d'un laboratoire de prothèse. A Lyon, ce service devrait être annexé à l'École et Iréquenlé par les

élèves. .

Les services régionaux dirigés par un médecin militaire spécialiste devraient : assurer les soins de la bouche aux hommes de la garnison ; recevoir et traiter les malades du corps d'armée demandant des soins compliqués et ne pouvant être soignés dans les « services de garnison ■> ; enfin exécuter la prothèse de tout le corps d'armée, par le procédé qui suit : lorsqu'un « service de garnison » aura besoin d'un appareil, il demandera ce qu'il fautpourprendre les empreintes au « service régional », auquel, une fois prises, elles seront retournées avec toutes les indications utiles (comme il se fait pour les échantillons d'eaux envoyés à l'analyse), et celui-ci expédiera rappareil exécuté, pour être essayé, puis posé dans la bouche.

Ce système porte à vingt le nombre des laboratoires nécessaires en temps de paix (1).

3o Services de garnison. — Dans chaque garnison, autant que possible à l'hôpital. L'un des médecins de la garnison en aura la direction et la responsabilité ; sous ses ordres, les soins seraient donnés par un ou deux assistants, et, sans qu'il soit un spécialiste, cette direction lui sera possible grâce à l'éducation reçue à Lyon et au Val-de-Grâce. Ces services donneront les soins simples ; pour la prothèse et les soins compliqués, on procédera comme il a été dit plus haut.

Personnel nécessaire a ces divers services.

Service central. — 1 médecin-major chef de service; 1 ou

2 médecins aides-majors restant pour se perfectionner (ainsi qu'il

se fait pour d'autres spéciahtés); 2 ou plusieurs assistants (soldats

■ spécialisés : étudiants en médecine ou chirurgiens-dentistes);

2 soldats mécaniciens dentistes.

Services régionaux. — 1 médecin-major, ou aide-major chef de service, 1 ou 2 assistants suivant l'importance de la garnison, 1 ou 2 mécaniciens.

Servicesde garnison. — 1 des médecins du corps ou delà garnison chargé du service ; 1 ou 2 assistants (2).

Ce plan nécessite de 20 à 25 médecins militaires spécialistes.

(1) Il n'est pas quesLion ici de l'organisation du service de stomatologie en Algérie-Tunisie.

(2) Dans tous les services, les assistants ou mécaniciens pourraient appartenir indilléremnient au service armé ou au service auxiliaire.

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Fonctionnement de ces divers services.

\° Examen (le la houe lie à Parrivée au corps. — Aussitôt après rincorporalion, examen de la bouche des jeunes soldats par les médecins du corps. Élablissement pourchaque homme d'une fiche denlaire avec schéma de ladenliLion indiquant les dents saines, les dénis à soigner, les dents à enlever, avec la mention du plus ou moins d'urgence des soins adonner et, s'il y a lieu, la nécessité d'un appareil de prolhèse.

'2° Rxéculion des soins. — Transmission des fiches au service dentaire de la garnison et début des soins proprement dits, donnés, en commençant par les malades les plus urgents, par le ouïes assistants surveillés et dirigés par le médecin chef du service. Au fur et à mesure, pointage des soins donnés sur la fiche dentaire. Ainsi •seraient exécutés les soins et obturations courants. Pour les soins spéciaux et compliqués, les malades seraient adressés au service dentaire régional du corps d'armée.

3° Exéculion des appareils de prolhèse. — Lorsqu'un appareil de prolhèse serait reconnu nécessaire, la bouche du sujet devrail tout d'abord être mise en élat (extractions, obturations). Puis le service dentaire de garnison demanderait au service régional le matériel nécessaire à la prise des empreintes (deux porle-empreintes et substance à empreinte). Aussitôt prises, empreintes et matériel seraient retournés au service régional, dont le laboratoire exécuterait l'appareil et l'enverrait ensuite pour être posé dans la bouche.

4° Visiles périodiques de la bouche. — Tous les trimestres, lors d'une visite de santé, contrôle périodique de l'état de la bouche, inscription sur la fiche dentaire de toute modification dans cet état (dents nouvellement cariées, afTeclion de la bouche) et envoi immédiat au service dentaire de tout homme dont la bouche réclamerait de nouveaux soins.

5" Mesures complémenlaires. — Affichage dans les infirmeries, lavabos et réfectoires, de conseils aux soldats sur les soins de la bouche. Addition dans les conférences d'hygiène d'un chapitre sur l'hygiène particulière de la cavité buccale. Mention, dans les conférences sur les maladies vénériennes, de la nécessité toute paiticulière pour les syphilitiques d'avoir la bouche en bon étal. Si possible, fourniture d'une brosse à dent à chaque homme.

L'apparition de la fiche dentaire constitue un progrès réel, et son utilité n"a pas été comprise, du moins là où n'existent pas encore de cliniquesde stomatologie. Mais c'est le premier pas dans la voie qui mènera à généraliser dans l'armée les soins qui nous occupent. Elle familiarisera le médecin militaire avec l'examen méthodique de la bouche et des dents et préparera les soldats, en attirant leur attention sur la nécessilé des soins bucco-dentaires, à les recevoir

volontiers lorsqu'ils seront offerts par la création des divers services prévus. Ceux-ci ne pourront, bien entendu, s'organiser que progressivement, à mesure que des spécialistes auront été formés au Val-de-Grâce, et que les générations futures de médecins militaires y auront entendu la bonne parole stomatologique, et pour ne pas aussi grever d'un seul coup le budget d'une dépense importante, quoiqueappelée dans la suite à provoquer des économies plus importanles encore.

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