Mathiea, Zoologie foretUère, Nancy, V* Raybois
Deux faiU importants sont tout d'abord à signaler : 1^ les espèces qui habitent les bois sont à peu pràs spéciales à la forèl, leur influence sur les récoltes agricoles et sur leurs ennemis est donc à peu près nulle ; S"" la multiplication des oiseaux de la forêt est absolument limitée aux ressources qu'elle leur présente sous le rappoiH de la nourriture ; ces ressources sont loin d'être indéfinies.
Parmi les espèces dites forestières, les rapaces diurnes ou nocturnes sont toujours utiles aux forêts, en liaison de la grande quantité de mulots qu'ils détruisent.
Les passereaux granivores sont parfois nuisibles, à cause des fruits qu'ils mangent, et surtout à cause des dégâts qu'ils commettent dans les pépinières, au moment du semis des graines résineuses.
Certaines réserves sont nécessaires au sujet des insectivores, qui passent généralement pour être d'une utilité incontestable. En fait, cette utilité n'est que relative : tout dépend de la nature des insectes détruits. Or, parmi ces derniers, il existe un grand nombre de parasites qui sont les véritables destructeurs des insectes les plus nuisibles. On ne peut pas non plus compter sur ces oiseaux pour prévenir ou arrêter les invasions d'insectes. Leur multiplicatron anormale suit parfois celle des insectes; elle peut être une conséquence naturelle des invasions, mais elle ne les précède jamais.
De même, on peut dire des pics qu'ils ne font, ni tout le bien, ni tout le mal qu on leur attribue. Us détruisent, à la vérité, beaucoup d'insectes, mais, par contre, ils font quelquefois des- trous dans les arbres sains pour se les procurer. Le docteur Altum^ les accuse également de faire sur les écorces de certains arbres, notamment des tilleuls, des séries de piqûres mathématiquement alignées en forme de couronnes autour du tronc ; cette fois, ce ne serait plus pour chercher des insectes, mais pour percer les petites ampoules cachées sous l'écorce et boire quelques gouttes de la sève sucrée qu'elles renferment.
Quoi qu'il en soit, les pics sont surtout nombreux dans les forêts mal tenues où on rencontre une grande quantité de bois morts sur