PAR BANDER
PAR PO TETS.
Chêne
10 hect.
38 kil.
8 hect.
27 kil.
5 hect.
25 kil.
Hêtre
Bouleau
Charnue désailé
Sapin désailé ,• • «
Epicéa désailé
Pin sylvestre désailé
Pin lioir d'Autricbe désailé . . .
Pin maritime désailé
Mélèze désailé
Variable.
Ces chiffres peuvent être doublés, triplés même, si les conditions sont particulièrement mauvaises. C'est ainsi, par exemple, qu'il n'est pas exagéré d'employer de 25 à 40 kilogr. de graine désailée de mélèze, d'épicéa ou de pin de montagne pour les semis à la volée sur la neige.
348. Saison favorable pour faire les semis. — Le temps le plus propice pour faire les semis serait celui où la graine mûre se dissemine naturellement. Mais l'opération n'est pas toujours possible à cette époque pour les motifs suivants : la préparation de la graine récoltée, surtout quand il s'agit de cônes résineux, exige un certain temps; à cause des variations dans les prix de la main-d'œuvre, c'est une question d'économie qui fera préférer le printemps ou l'automne ; enfin la mise en état du sol rend souvent désirable l'ajournement des semis.
En général, pour les semences qui mûrissent vers la fin de l'été, en automne et en hiver, le mieux est de les conserver jusqu'au [irintsmps et de les semer seulement alors. Employées en aulomne, la plupart des graines sont exposées à la voracité des animaux et les jeunes plants qui apparaissent de bonne lieure au printemps, sur une surface manquant d'abri, sont souvent atteints par les gelées tardives.
On peut aihTi.Htre le semis d'automne pour les graines qui se
344 PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.
gardent difficilement, comme: celles du sapin pectine, celles des pins à grosses amandes, les glands et les faînes ; cependant, si on a de bons moyens de les conserver, le semis de printemps sera préférable ; celte dernière saison devra être adoptée pour toutes les autres essences. En un mot, la saison des semis doit être choisie de telle sorte que la germination s'opère lé plus vite possible, afin que la graine, puis les jeunes plants traversent rapidement la phase où de nombreux dangers les menacent ; c'esl-à-dire, assez tôt pour qu'ils profitent de l'huniidifé contractée par le sol pendant l'hiver, pas trop cependant avant la venue des premières chaleurs du printemps.
349. Répandage de la semence. — Quand le terrain a été préparé à l'avance, on n'a aucun intérêt à se servir des semoirs mécaniques: la main suffit S'il s'agit d'un labour en plein, on jelte la graine à la volée, après l'avoir intimement mélangée, s'il y a lieu, avec une demisemence de céréales ; dans le semis par bandes ou celui par potets, on répand la graine, en ayant soin de la laisser tomber assez près de la terre pour qu'elle ne soit pas emportée dans les parties incultes. On facilite la répartition des graines légères en les mélangeant préalablement avec j)lusieurs fois leur volume de sable bien sec. Pour bien régler le répandage, il est prudent, dès le début, de répartir la semence et le terrain en une même quantité de fractions égales.
Dans les cas extrêmement rares où l'on peut tenter le semis en terrain non préparé, il peut être avantageux de se servir de Tun des nombreux semoirs imaginés à cet effet*. Mais, on ne saurait trop le répéter, le succès de l'opération dépend, en grande partie, de la bonne préparation du sol, et il sera toujours présomptueux d'attribuer à un outil, quelque perfectionné qu'il soit, une vertu quelconque qui puisse dispenser de ce travail.
2 3. — Application aux essences sociales.
350. Observation générale. — Les résultats du boisement par semis direct se font longtemps attendre, car la végétation des planU
1 . Le semoir en forme de tube imaginé par M. Prouvé se recommande particulièrement pour les semis de graines lourdes, glands, fatnes, etc.
LES DIFPÉRE7ITS MODES DE BOISEMENT. ^345
forestiers est toujours très lente dans les premières années. Il faut s'armer de patience et se garder de toute comparaison avec les semis naturels en forêt, autrement, ceux créés de main d'homme paraitront.toujours trop rares. Dès qu'on est assuré de la réussite d'un plant par mètre carré, cela suffit : en vouloir davantage, serait exagérer inutilement la dépense. Ce résultat obtenu, on doit savoir oublier les semis, en les suiTeillant et, quelques années plus tard, on sera fort surpris de trouver le fourré formé, là où l'on croyait ne rencontrer que des vides.
Les setnis des essences disséminées, qui ne comportent pas l'état de massif pur, ne se font généralement qu'en pépinière ; on ne considérera donc ici que ceux des espèces sociales.
351. Semis du chône. — Le chêne, essence de lumière, peut être semé en plein découvert ; le semis est alors préféré à la plantation, à cause de lu longueur du pivot qui rend cette dernière opération onéreuse et difficile.
Dans une terre ameublie, il est avantageux de donner une culture en plein, à la charrue ; après avoir semé les glands dans des rigoles ouvertes à l'arairé, ou fail une emblavure de céréales, blé de printemps, orge ou avoine. Si la qualité de la terre le permet, au lieu de semer des céréales, on activera singulièrement la croissance des chênes, en cultivant des plantes sarclées dans.les intervalles libres entre les rigoles. Dans le cas contraire, il sera bon d'y. planter des boutures de saules ou des basses tiges d'aune, pour abriter les chênes et hâter la formation du fourré.
Dans les friches, on peut procéder par bandes ou par potets.
Quel que soil lé procédé employé, le semis de printemps est préférable à celui d'automne, à cause des dégâts auxquels les glands sont exposés en hiver de la part des animaux (sangliers, mulots, écureuils^ geais, pigeons, etc.). Les glands démandent à être recouverts de 4 à 6 centimètres de terre, et il faut un fort hersage pour les enfermer à cette profondeur.
En forêt, le semis le plus économique est celui fait en la forme de repiquages. Il suffit de soulever avec le tranchant d'une houe une motte (le gazon; on jelte 2 ou 3 glands dans cette ouvorlure cl, avec
le pied, on presse ensuite légèrement la terre. On obtient ainsi d'ex» cellenls résultats et à très bon compte (3 à 4 hectolitres par hectare et 4- à 5 fr. de main-d'œuvre).
Le chêne rouvre et le chêne pédoncule peuvent être semés absolument de la même manière, en apportant néanmoins le plus grand soin pour n'introduire l'une ou l'autre de ces espèces que dans la station qu'elle préfère.
352. Semis du hêtre. — En pays de plaines, de collines ou de basses montagnes, le semis de hêtre ne doit être tenté qu'en forêt. On repique alors les faines à la houe, comme les glands. Malgré les nombreux ennemis auxquels ces semences sont exposées, il est préférable de semer en automne, parce que la faîne se conserve en hiver encore plus difficilement que le gland. Si, néanmoins, on a gardé des faînes jusqu'au printemps, il est extrêmement important de les mettre en place toiUes fraîches et aussitôt après la sortie des réserves où elles sont stratifiées ; car, si elles ont déjà commencé à germer, il suffit, en cet état, qu'elles soient exposées à l'air quelques instants, pour être totalement perdues ; c'est seulement pour les semis à faire en pépinière, lorsque la distance entre les réserves et les bandes est assez faible pour que le transport se fasse à la minute, qu'on peut avoir intérêt à les faire germer avant la mise en idace (381).
Sur les sols granitiques et schisteux des Cévennes, aux altitudes de 1,200 à 1,500 mètres, on est parvenu à installer, en terrain nu et par voie de samîs, de jeunes massifs du meilleur aspect, sur des points où la violence du vent s'opposait à la bonne venue des espèces résineuses les plus rustiques. On procède de la manière suivante : on ouvre une rigole orientée, si la pente le permet, suivant la direction est -ouest, et à laquelle on donne 15 centimètres de profondeur et 10 centimètres de largeur ; on forme avec le déblai une sorte de butte sur le bord sud de cette rigole ; après avoir bien ameubli la terre du fond, on y sème les faînes, à raison de un litre par 5 mètres courants, el on les recouvre de 8 centimètres de terre. Dès la levée des jeunes plants, on comble progressiv€ment la rigole avec la terre de déblai jusqu'à la hauteur des feuilles colylédonaires
d'abord et des feuilles vraies en>uite, et cela jusqu'à épuisement de la terre de réserve. Les plants naissants, ayant ainsi leur tigelle protégée, résistent aux chaleurs du premier été et leur réussite est dès lors assurée. Pour ces travaux, on a adopté Tespacement de un mètre entre les bandes.
Le même procédé peut être avantageusement employé dans les pépinières, en réduisant l'espacement entre les bandes à la place strictement nécessaire pour installer les buttes. C'est d'ailleurs celui indiqué par Colta et rappelé par MM. Lorentz et Parade {Cours de cuUure des bois, § 720) .
D'une manière générale, c'est seulement dans la terre profondément ameublie par la culture, que le hêtre peut pousser rapidement des racines assez longues pour se trouver, avant les chaleurs, dans les zones trop éloignées des surfaces pour se dessécher complètement.
353. Semis du charme. — Le semis de charme peut se faire à la volée en forêt, dans les sols frais et sous l'abri interrompu d'une coupe secondaire. En plein découvert et dans les sols exposés à se dessécher, cette essence aurait peu de chances de réussir à cause de la faiblesse de son enracinement.
354. Semis du sapin pectine. — Le semis de sapin ne réussit bien qu'en forêt, à l'abri d'un peuplement déjà formé. Alors, il peut se faire par bandes ou par places. Un moyen économique de l'installer consiste à racler la surface du sol, sur des placeaux de 0,25 de côté, en donnant un léger ameublissement superficiel. Dans chacun de ces placeaux on désarticule un cône fraîchement cueilli dans la sapinière voisine.
11 faut à la graine de sapin un sol rich.3 en terreau et un recouvrement de 1/2 centimètre de terre.
Le semis d'automne est préférable à celui du printernps, à cause de la difficile conservation des graines.
355. Semis de Tépicéa. — Les semis d*épicéa se font au printemps, par bandes ou par potots; ils demandent un sol convenablement
iVkS PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.
préparé et surtout bien débarrassé des mauvaises herbes. On recouvre la graine légèrement et de manière à ce que, par une pluie, même assez forte, elle ne puisse pas être mise au jour. On obtient ce résultat çn remuant légèrement la graine répandue sur le sol avec un râteau à dents courtes, ou simplement en passant, en forme de hersage, un fagot d'épines sur les parties ensemencées.
Les jeunes plants faiblement enracinés, dont la croissance est lento, sont exposés à être soulevés par la gelée d'hiver; par contre, les gelées printanières ne leur font que peu ou point de mal. Dans les stations basses, les épicéas demandent un ombi*age modéré ; ils réussissent néanmoins en plein découvert, si le climat n'est ni trop chaud ni trop sec.
356. Semis du pin sylveatre. — De toutes les essences feuillues ou résineuses, le pin sylvestre est peut-être celle qui s'installe le mieux par semis direct. En toutes stations, il accepte le plein découvert; il préfère les terrains siliceux, maisxéussit généralement dans tous les sols, pourvu qu'ils soient graveleux.
Tous les modes de semis lui sont applicables ; le semis en plein avec un demi-semence de céréales, tout aussi bien que le semis par bandes ou par potets. C'est seulement avec le pin sylvestre qu'ont parfois réussi les semis sur bruyères, en terrain non préparé.
A côté de ces avantages, il est regrettable que, dans leur première jeunesse, les semis de pin sylvestre soient sujets à de nombreux accidents, La maladie dite du Rouge,, connue en Allemagne sous le nom de schûite^ commet des dégâts qui prennent la proportion d'un véritable fléau. Cette maladie est attribuée par le D' R. Hartig à un champignon, dont les spores sont transportés, sans doute, avec les graines ; aussitôt qu'elle apparaît dans une contrée, tous les semis peuvent être atteints et successivement détruits. Si, à la rigueur, un traitement convenable atténuera peut-être les dégâts dans les pépinières, il n'y a aucun remède pratique à recommander pour les semis en place. La plantation de sujets sains et assez âgés pour avoir dépassé l'époque de la crise sera la seule bonne solution.
Heureusement les semis naturels échappent eu grande partie à ce danger.
357. Semis da pin noir d'Antriche. . — En sol calcaire, le pin d'Àulriche se comporte mieux que le pin sylvestre ; il est d'ailleurs aussi rustique, et peut être employé de la même manière ; toutefois, comme sa graine est toujours d'un prix assez élevé, il vaut mieux, en général, procéder par plantation.
358. Semis du pin maritime. — A cause de la rapidité de sa croissance, de la valeur des produits divers qu'on en retire et surtout de son exti^ême frugalité, le pin maritime est l'essence la plus précieuse pour boiser les terrains siliceux, pauvres, des cUniats maritimes ; il est tout naturellement indiqué pour la mise en valeur des landes et la fixation des dunes du littoral. C'est sous forme de semis direct qu'il est le plus avantageusement employé, et les procédés spéciaux qui servent à l'installer dans ces deux conditions sont indiqués avec détail au chapitre suivant (429-4i8)«
359. Semis du pin d'Alep. — Dans les régions calcaires de la Provence, le pin d'Alep se présente avec les précieuses qualités qu'on vient de constater chez le pin maritime. Mieux que ce dernier encore, il accepte les conditions de sol les plus mauvaises et les chaleurs les plus excessives ; on le voit s'installer naturellement entre les Qssurcs de rochers stériles où la terre végétale fait presque entièrement défaut. On le sème par potets ; le semis d'automne serait préférable à celui de printemps, si de nombreux ennemis ne venaient pas, en hiver, détruire soit les graines, soit les jeunes plants naissants. En général, on opère dans les deux saisons, en complétant au printemps les semis d'automne insuffisamment garnis.
Telle est la résistance du pin d'Alep à la sécheresse, qu'on est parvenu, grâce à son aide, à boiser le rocher nu du mont Farron où, sur bien des points, il a fallu ouvrir à la barre à mine des trous qu'on remplissait ensuite de terre rapportée.
360. Semis du mélèze. — Le semis direct du mélèze ne se fait guère que dans sa station, sur les hautes montagnes. On peut alors le semer comme l'épicéa, en prenant toutefois la précaution de faire macérer la graine dans l'eau, pendant 15 ou 20 jours, avant de la se-
â50 PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.
mer ; elle doit être mis3 en terre, humide et sans qu'on lui laisse le temps de se ressuyer. On peut également semer le mélèze sur la neige, c'est même à Taide de ce procédé qu'on a obtenu les mciU leurs résultats, soit sur les gazons continus, soit sur les éboulis rocheux (346).
361. Semis mélangés. — Les renseignements qui précèdent s'appli(|uent également aux semis d'essences mélangées quand elles ont mêmes exigences et même grosseur; il suffit de préparer le mélange, en proportions voulues, avant le répandage.
Si les graines sont de grosseurs différentes, il faudra d'abord semer les graines lourdes, qui demandent à être plus profondément enfoncées et, seulement ensuite, les graines légères.
I 4. — Des soins à dotiner aux semis,
362. Dangers qui menacent les semis directs. — Les graines de bonne qualité, semées avec soin et en bonne saison, germent tonjours ; il est très rare, en effet, que les semences forestières restent inertes dans le sol et qu'elles y fondent, suivant le terme employé en horticulture. Sauf les dégâts commis avant la germination par les animaux, c'est seulement après cette époque que surviennent les véritables dangers auxquels les semis directs sont exposés.
La sécheresse du premier été et le déchaussement à la fin du premier hiver sont à craindre tout d'abord et, quelles que soient les précautions prises, il y a toujours de ce côté certaines chances défavorables a courir. Mais, quand les circonstances de sol et de climat autorisent le boisement par semis direct, un premier échec ne doit pas décourager et, en cas d'insuccès marqué, il faut recommencer le travail, en comptant sur des chances meilleures.
Quand la réussite, suffisante en général, est incomplète sur des taches disséminées, on regarnit les vides par de nouveaux semis en potets, ou, mieux encore, par des plantations de jeunes plants extraits dans le semis même, sur les points où ils se rencontrent trop seri'és.
Pour les semis en plein, aussi bien que pour ceux en terrain non
préparé, il esl à peu près impossible de décider, dès la fin de la première année, si la réussite est suffisante ; il faut attendre deux ans et même trois ans avant de pouvoir se prononcer. Au contraire, quand les semis sont faits par bandes ou par potets, en terrain cultivé, rinventaire des plants d'avenir est relativement facile ; c'est une raison de plus pour donner la préférence à ces derniers modes.
Lorsque le jeune semis a résisté aux épreuves de la première année, il n'a plus que rarement à souffrir des accidents météoriques, niais il risque d'être étouffé par les plantes sauvages qui l'envahissent. Il est toujours utile et parfois même indispensable de procéder à l'enlèvement de ces herbes. Ces nettoiements se font, soit à la main, soit à la faucille; ils sont exécutés vers la fin du printemps, en tout cas, avant la floraison des plantes nuisibles ; ils doivent être répétés annuellement jusqu'à ce que les jeunes plants soient assez forts pour n'avoir plus rien à redouter de ce côté.
Enfin, quand les semis d'essences de lumière, notamment ceux de pin sylvestre et de mélèze, naissent trop serrés, il faut procéder à leur dépressage. En effet, les jeunes biins s'affament entre eux et les plus chétifs sont exposés les premiers à l'invasion des insectes et des champignons ; les autres seront ensuite attaqués. On sait que les champignons recherchent les endroits abrités contre le vent; un jeune peuplement très serré leur crée précisément ce milieu favorable. Il semblerait, dès lors, que la nature ait chargé ces organismes de maintenir à l'état clair les espèces qui, par tempérament, demandent semblable situation; mais si on les laisse seuls faire la besogne, le plus souvent ils dépasseront le bul. Aussi faut-il, dès que les semis ont atteint l'âge de 4 à 5 ans, procéder, s'il y a lieu, à cette opération qui sera d'ailleurs d'autant plus facile qu'on la commencera plus tôt.
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