Annales de la Station agronomiqve de t'Est, page
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rimmus forestier, employés purs et tels qu'il est possible de se les procurer gratuitement dans la forêt, sont donc absolument insuffisants.
Le fumier de ferme, par sa porosité, entretient Tétat meuble et Taération dans une terre qui, couverte de la même récolte pendant 2 ou 3 années consécutives, ne reçoit pendant cet intervalle que des façons superficielles et insignifiantes.
Toutefois il présente Tinconvénient d'être de composition mal titrée. Aussi, tout en lui donnant la préférence chaque fois qu'il sera possible de se procurer à bon compte du fumier de qualité moyenne, tel qu'il est niis en œuvre par des cultivateurs sérieux, on devra s'assurer de sa teneur en matières fertilisantes et l'additionner d'engrais chimiques, de façon à le transformer en engrais complet, eu égard à l'état du sol et à la nature des récoltes qu'on veut obtenir. Sous cette réserve , le fumier de cheval convient mieux dans les terres froides et compactes, celui de vache dans les terres meubles, sèches, qu'elles soient siliceuses ou calcaires.
En ce qui concerne l'emploi du fumier, on remarque que les racines des jeunes plants, mises en contact immédiat avec des matières fraîches, sont exposées à la moisissure. Pour éviter cet inconvénient, il est bon de faire précéder le semis d'une culture de plantes sarclées (372) ou, mieux, de stratifier les fumiers pendant une année dans des fosses abritées contre les pluies et le soleil.
A défaut de fumier de ferme, on aura recours aux engrais artificiels, tels que : guano, poudrette, tourteaux, nodules, phosphates naturels, scories de déphosphoration, comme sources d'azote et d'acide phosphorique assimilables. Ces matières nutritives seront mélangées, sous forme de compost, avec des feuilles mortes en voie de décomposilion et dans des proportions telles que la masse totale renferme 5 ou 6 p. 1,000 d'azote, tout comme le bon fumier.
Fumiers ou compost sont employés et enfouis à raison de 6 à 8 mètres cubes par hectare.
371. Le terreau. — Quant au terreau utilisé en couverture, lors de l'exécution des semis, on peut le préparer économiquement de la manière suivante :
LES DIFFÉRENTS MODES DE TlOrSEMEKT. 361
En dehors de la pépinière, mais aussi près que possible et en donnant la préférence aux endroits bien abrités, on creuse une tranchée de 60 à 80 centimètres de profondeur et d'une largeur de 3 à 4 mètres ; on règle le fond avec une inclinaison convenable vers des fossés d'écoulement, de telle sorte que l'eau n'y séjourne jamais. Dans ce pourrissoir, on accumule des feuilles sèches ramassées à l'automne, au moment de leur chute naturelle et de préférence par un temps humide ; on les tasse d'ailleurs convenablement. On y ajoute tous les débris de la pépinière, ce soni : désherbés, des brindilles non lignifiées, des mousses, des pailles, des gazons, des cendres ^ ; mais il faut avoir le plus grand soin, et cela est d'une importance capitale, de ne jamais jeter au pourrissoir que des plantes qui n'ont pas fleuri. Dès qu'une mauvaise herbe est montée en graine, elle doit être brûlée, autrement on la resème avec les composts. Pour activer sa décomposition, la masse doit être remaniée deux fois par an, généralement en mai et en septembre, époques où' on a le moins à faire dans les pépinières. On profite de ces mouvements pour faire les additions convenables d'engi*ais chimiques. Il faut en moyenne trois ans pour obtenir l'état de terreau.
La longueur à donner à la fosse sera proportionnée à la quantité de terreau qu'on veut produire annuellement, en tenant compte de ces faits, que la fosse doit toujours présenter : i"* une place vide pour recevoir la provision de feuilles à ramasser à l'entrée de l'hiver ; 2^ un tas de feuilles stratifiées depuis un an ; 3*" la masse de celles stratifiées depuis 2 ans ; 4"" le terreau de 3 ans prêt à être employé ; il faut, de plus, avoir soin que ces dépôts soient séparés entre eux d'un espace suffisant pour qu'on puisse les remuer en les déplaçant par un simple jet de pelle.
Par les temps secs, il sera bon d'arroser le pourrissoir de temps à autre. Ces arrosages seront rendus d'autant plus efficaces qu'ils seront additionnés de purin, des eaux de vidange, de lessive, de savon ou de cuisine, ou enfm de guano dissous.
1. En forêt, OD ]^eat s'en procurer de grandes quantités et à très bon compte en les ramassant dans les baraques de bûcherons.
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Tous les terreaux, quelle que soit leur provenance, doivent être passés à la claie avant leur emploi.
372. Aménagement de la pépinière. — Une pépinière qui doit fournir des plants d'espèces et de dimensions variées, doit être divisée en grandes sections dans lesquelles on cantonne :
i"* Les semis feuillus ou résineux à planter à demeure, dès l'âge de S ans, sans repiquage ;
S"" Les semis destinés à être repiqués à un an ;
3"* Les planches à repiquer, qui se divisent en compartiments séparés pour les bases tiges, demi-tiges et hautes tiges.
Afin de simplifier les travaux de toute nature, il est bon qu'un compartiment ne soit occupé que par des plants à extraire au même âge; sous cette réserve, on peut admettre plusieurs essences dans le même carré.
En général, les semis de deux ans sont extraits au printemps pour être mis en place et, le plus souvent, la saison est trop avancée pour qu'on puisse immédiatement les remplacer par de nouveaux semis. Le carreau d'où ils sortent reste donc improductif pendant une saison; on devra néanmoins le sarcler avec autant de soùis que s'il était occupé.
Par conséquent, il faut toujours consacrer trois carreaux à la production de plants de 2 ans, de même qu'il en faut deux pour produire des plants de 1 an.
Dans le premier cas, qui est le plus général, on fera bien de partager la pépinière en séries de trois compartiments chacune , dont deux seront garnis de semis en croissance, tandis que le troisième pourra avantageusement être utilisé de la manière suivante :
Aussitôt après l'extraction des plants, on répandra sur leur emplacement la quantité d'engrais nécessaire, puis on donnera un bon labour. Dans cette terre, ainsi fumée et bien préparée, on cultivera une récolte de plantes agricoles sarclées, telles que : betteraves, carottes fourragères, pommes de terre, choux, etc., dont la valeur paiera, en grande pailie, les frais de fumure et de sarclage. Au printemps suivant, il suffira d'une légère façon pour que le carreau se trouve en parfait état pour recevoir les semis.
Dans la rotation ainsi établie, il sera bon de faire alterner les semis de feuilliis avec l^s semis de résineux, de façon à ne pas demander au même terrain deux récoUes consécutives de la même essence.
Une di3position semblable sera adoptée pour les semis extraits à un an pour repiquages; seulement, on ne donnera à la terre livrée à la culture agricole qu'une fumure proportionnée à la durée de la rotation.
Cette alternance de cultures agricoles et forestières établit, dans l'ensemble de la pépinière, une sorte d'assolement régulier dont l'effet ne peut qu'être utile à la bonne venue des plants.
373. Étendue de la pépinière. — Comme les plants de deux ans ne s'obtiennent qu'à raison d'une récolte sur trois carreaux, il faut multipliar par trois la surface occupée par les plants bons à être mis en place.
En général, on peut compter sur une production moyenne de 400 plants par mètre carré : soit 40,000 plants par are de semis de deux ans, et un tiers, ou 13,333, par are de pépinière. En tenant compte des déchets, des accidents et des non-valeurs, ce chiffre doit être abaissé à iO,000; il justice donc la donnée empirique généralement adoptée pour les pépinières destinées à approvisionner les chantiers des boisements obligatoires, laquelle consiste à donner à l'ensemble des pépinières une étendue représentée, en ares, par le chiffre des surfaces à reboiser annuellement, exprimé en hectares. Si on veut employer des plants repiqués, il faudra tripler, quintupler même |es surfaces cultivées, et la dépense sera augmentée dans la même proportion.
374. Les outils. — Les outils à employer dans les pépinières n'ont rien de spécial ; ce sont ceux généralement en usage pour la culture maraîchère de la région dans laquelle on se trouve.
En ce qui concerne l'exécution des semis, l'important n'est pas d'aller vite, mais de bien faire. Il faut donc se méfier des outils soidisant perfectionnés dans le seul but d'activer le travail. Le semis est toujours une opération minutieuse, et le temps que l'on croit gagner dans une exécution plus rapide se paie souvent fori cher, par une réussite incomplète.
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375. Les clôtures. — Toutes les pépinières permanentes ou volantes doivent être défendues, par une clôture, contre les dégâts des animaux domestiques ou sauvages et contre les maraudeurs. Suivant les cas, cette clôture sera formée de murs, de haies vives ou mortes, de palissades ou de treillages.
Pour les pépinières volantes, on choisit de préférence un mode économicpie de clôture mobile, telle que : treillage à larges mailler, fils de fer, cordon simple ou double de ronce artificielle, ou encore des piquets et longrines provenant d'exploitations accessoires ou accidentelles.
376. Les dangers à combattre. — Outre les accidents provenant des causes atmosphériques et dont on trouvera plus loin (385 à 387) les moyens de prévenir les fâcheux effets, les pépinières sont exposées à de nombreux dangers de la part des animaux, tels que : sangliers, lapins, taupes, oiseaux, larves de hannetons, courtiliores, etc. Ils sont aussi attaqués par des organismes inférieurs de la classe des champignons.
On se préserve contre les sangliers et les lapins au moyen de bonnes clôtures ; les taupes se prennent au piège ; quand les mulots sont très abondants, il est fort difficile et pour ainsi dire impossible de s'en débarrasser, même en employant le poison : ce qui est toujours fort dangereux ; avec quelques précautions, on peut en chasser les oiseaux (SSA).
Parmi les insectes, la larve du hanneton, connue sur le nom de ver blanc, est un des plus redoutables, surtout dans les terrains meubles. Un moyen pratique, sinon pour les détruire, du moins pour atténuer leurs dégâts, est de les chercher en terre, soit à la main, soit avec un outil, partout où le dépérissement rapide des plants signale leur présence'. On facilite d'ailleurs ces destructions en plan-
1. Les femelles de hanneton déposent sartout leurs œufs dans les amas de fliinler de vache ; on doit rechercher les jeunes larves et les détruire en faisant les répandages d* engrais.
tant, comme le font les jardiniers, des bordures-pièges formées de plantes dont ces larves sont très friandes (notamment des fraisiers et des laitues). Les recherches sont alors localisées sur ces bordures où les dégâts sont faciles à constater ou à suivre. Dans une récente étude, publiée dans la Revue des eaux et forêts\ M. l'inspecteur adjoint Croisette-Desnoyer recommande, comme très efficace, l'emploi de la benzine répandue dans le sol, à raison de 30 kilogr. par hectare, au moyen du pal injecteur Gonin.
La chenille d'un lépidoptère, VAgrotis segeium, commet également, dans certaines pépinières, des dégâts en tout semblables à ceux de la larve du hanneton, notamment sur les jeunes semis de chêne dont le chevelu et le pivot sont complètement rongés. On détruit ce ver gris par des procédés analogues à ceux recommandés contre le ver blanc.
Les courtilières, à tous les âges, rongent les racines des jeunes semis ; quand elles sont nombreuses, elles ravagent en peu de temps des carreaux entiers dont elles parcourent toutes les rigoles. Les procédés les plus usuels pour les détruire sont les suivants :
1"^ On fait la perquisition des nids renfermant les œufs et on les détruit. Les courtilières fréquentent de préférence les lieux humides, les abords des fossés d'irrigation ; c'est là qu'on trouvera leur trace sur les points où gisent les débris des plantes dévorées. Ces nids, parfois assez profondément enfoncés dans le sol, se présentent sous la forme d'une boule de ten^e de la grosseur du poing, dans laquelle les œufs sont renfermés. La recherche des nids doit se faire en mai et en juin ;
^ On prend des pots à fleurs de 20 centimètres de diamètre environ, on bouche avec un liège l'ouverture inférieure et on les enfonce aux endroits des plates-bandes où de petits sillons annoncent le travail de l'insecte ; le rebord supérieur du vase doit être à quelques centimètres au-dessous du niveau du sol. La courtilière, en suivant son sentier habituel, tombe dans le vase d'où elle ne peut sortir ;
t. Août 1888.
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3° Au printemps, on étend sur le sol fraîchement arrosé, des paillassons sous lesquels les courtilières viennent s'abriter contre la chaleur du jour.
4"* On peut aussi leur faire la chasse en introduisant, dans les trous fraîchement creusés, des huiles grasses ou minérales qui font immédiatement sortir les insectes ou les tuent dans leurs galeries.
Mais tous ces procédés ne sont que des palliatifs ; ils ne ()euvent ((u'atténuer le mal, sans le supprimer radicalement, surtout quand on a eu la mauvaise fortune d'installer une pépinière dans un milieu favorable à la multiplication de ces hôtes dangereux.
Les champignons engendrent des maladies auxquelles sont exposées toutes les essences, mais plus particulièrement les résineux et surtout ceux du genre pin. Il est rare, par exemple, que, dans une pépinière de création déjà ancienne, les semis de pin sylvestre et ceux de toutes les races de laricio ne soient pas attaqués par le Rouge. Actuellement on sait que le rouge (Schùtte, en Allemagne) est occasionné par le mycélium du Lepioslroma pinaslri. Pour le combattre, M. l'inspecteur adjoint Bartet a eu l'idée d'user de procédés analogues à ceux employés contre le mildevv' de la vigne. A ia pépinière de Bellefontaine, des bassinages plusieurs fois répétés, au moyen de solutions de sels de cuivre (bouillie bordelaise, eau céleste), lui ont donné des résultats très appréciables. Dans tes bandes ainsi traitées, le plus grand nombre des plants ont été sauvés, tandis que, dans les bandes témoins, intercalées au milieu des autres et laissées sans traitement, tout était perdu ^
Par analogie, on pourrait tenter de soigner de la même manière les maladies qui seraient scientifiquement attribuées à des invasions de ce genre .