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Chef du service des reboisements dans les Basses-Alpes

392 PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.

force. On connaît d'ailleurs le petit nombre des circonstances dans lesquelles ce procédé est applicable (396).

407. Les outils. — La plantation en terrain préparé ne comporte remploi d'aucun outil spécial. Les trous sont ouverts au moyen d'une pioche à pic^ dont la forme est proportionnée à l'état plus ou moins pieireux du sol, et on plante à la main, ou, mieux encore, en s'aidant d'une simple truelle de maçon.

Pour activer le travail, quand on plante en terrain non préparé, on a imaginé, aussi bien en France qu'en Allemagne, une foule d'outils spéciaux. Sans rejeter de parti pris ces instruments qui, dans des circonstances données, peuvent présenter des avantages réels, il est nécessaire, à leur sujet, de faire certaines restrictions: c'est que d'abord un outil, quelque perfectionné qu'il soît, ne compensera jamais V absence de préparation du terrain ; et qu'ensuite les plantations se font seulement dans un laps de temps très court, deux mois au plus dans l'année (3 ou 4 semaines au printemps et autant en automne). Or, on sait que l'ouvrier, aussi bien le laboureur que le bûcheron, ne travaille adroitement qu'avec l'outil qu'il a l'habitude de manier, l'outil du pays, celui avec lequel son père et ses ancêtres ont nourri leur famille; chaque fois qu'on lui change cet outil, il y a pour lui un apprentissage à faire, et l'on risque ainsi de perdre tout le bénéfice qu'on attendait de l'instrument perfectionné.

408. Saison favorable à la plantation. — En principe, on ne doit planter les espèces à feuilles caduques que dans la période de repos de la végétation. De plus , on ne peut pas planter quand la terre est durcie par la gelée ; ce n'est qu'exceptionnellement, dans les climats très doux, que les travaux peuvent se prolonger sans interruption pendant tout l'hiver. Restent donc, dans la majorité des cas, l'automne et le printemps. La question de savoir laquelle de ces deux saisons est la plus favorable peut recevoir une solution différente suivant les circonstances.

Dans les climats montagneux , la brusque transition des saisons réduit à quelques jours les temps propres aux plantations ; l'automne n'existe pour ainsi dire pas et c'est seulement au printemps, immé-

diatement après la fonte des neiges, qu'il faut planter. C'est aussi un fait d'ext)érience que toutes les espèces à feuilles persistî^ntes, résineuses ou feuillues , reprennent plus facilement quand elles sont plantées en dehors du moment où la végétation est complètement suspendue, c'est-à-dire, immédiatement après le premier mouvement de la sève, au printemps, ou avant l'arrêt complet de l'automne ; mais à la condition expresse de trouver dans le nouveau sol où elles sont placées une humidité suffisante. Il faut se rappeler également que les feuilles fonctionnent et transpirent dès que la température de l'air est suffisamment chaude ; si ce phénomène se produit dans un sol très sec, ou quand la terre est encore gelée, les racines ne trouvant pas d*humidité à absorber, le sujet se dessèche et meurt. C'est là une des principales causes pour lesquelles périssent les résineux plantés en automne dans les climats rigoureux et surtout aux expositions de l'ouest et du midi, où la neige fait souvent défaut. En ces régions froides et inides , la plantation de printemps est donc préférable.

Au contraire, dans les stations tempérées et chaudes, il vaut mieux planter à l'automne. On remarque, en effet, que chez les sujets mis en terre à cette époque, il se produit, pendant l'hiver, un travail végétatif dont les effets semblent localisés dans les racines : le chevelu se reconstitue, s'allonge et facilite l'évolution normale au premier printemps.

Partout où les basses températures nécessitent la plantation d'automne, le travail doit être commencé de bonne heure, dès la première quinzaine d'octobre, par exemple, époque à laquelle les jeunes plants peuvent faire encore ce premier mouvement souterrain qui leur permet de prendre possession du sol avant les fortes gelées. La seule précaution à prendre est, s'il s'agit de feuillus, d'en détacher toutes les feuilles au moment même de l'extraction des plants ; car les effets de la transpiration amèneraient la dessiccation complète des racines découvertes.

Quelle que soit du reste la saison adoptée, il ne faudra jamais planter dans une terre trop détrempée et qui se prendrait en boue collante, sans qu'on pût la disposer convenablement autour des racines.

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ARTICLE QUATRE Applioatiou ans principale^ eBsendes.

409. Bois feuillus. — V Le chêne. En général, le chêne est peu employé, sous forme de platitalion, comme essence de boisement, et, quand on a affaire à des sols nus assez fertiles pour les cultiver, il vaut mieux avoir recours au semis. C'est au contraire l'espèce qu'on a le plus souvent l'occasion de planter en forêt.

Les plants d'un an ou deux ans, non repiqués, sont alors utilisés dans les régénérations de futaies (303) ; accidentellement, on les plante dans les taillis simples exploités pour leurs écorces. Ces plants n'ont, en général, povir toute racine, qu'un long pivot presque nu et l'absence de chevelu rend leur reprise assez chanceuse. Néanmoins, dans les sols assez profonds pour qu'on puisse y creuser des trous proportionnés à la longueur du pivot, les outils spéciaux de M. Prouvé se recommandent à tous égards \ Partout ailleurs il vaudra mieux n'employer que des plants repiqués après amputation du pivot et rais en place dans des potets défoncés.

Dans les taillis composés^ on plantera des tiges , tout au moins moyennes; le sol sera préparé avec soin pour en activer^ autant que possible, la végétation.

Si les pépinières sont mal approvisionnées, il vaudra mieux s'abstenir, plutôt que de mettre en terre des plants trop vieux et mal constitués, comme cela se fait trop souvent.

2** Le hêtre. Le jeune hêtre supporte mal la plantation en sol découvert; c'est surtout en forêt qu'on a l'occasion de l'introduire, soit sous forme de peuplement principal, soit, comme sous étage, sous des essences de lumière. Dans ces conditions, les plants de deux ans repiqués réussissent très bien. A défaut de ceux-ci, on a recours au mode de plantation en mottes ou en gazons, en procédant de la manière suivante : dans les régénérations naturelles, on choisit, parmi les semis de un ou deux ans, les places les mieux garnies et on y

1. Bévue des eaux et forêts. Tomes XVÏ, p. 305 ; XVII, p. 433; XIX, p. 273.

\ LES DIFrÉnENtS MODES DE BOISEMENT. 395

lève à la bêche des batides de 40 à 50 centimètres de largeur, en les détachant par mottes ou par gazons de 10 à 45 centimètres carrés; on fait en sorte de bien conserver toute la terre adhérente aux racines. Ces mottes sont mises en place dans des potets d'égales dimensions, ouverts au moment de la plantation; il suffit d'exercer une légère pression pour faire adhérer toutes les surfaces de la motte à celles du polet. Quand on n*a pas à transporter les gazons à une trop grande distance, ce mode est très économique ; de plus, il permet de prolonger le travail assez avant dans le printemps, même alors que les semis garnis de leurs feuilles sont en pleine végétation.

3* Le charme. Le charme se planté rarement dans les terrains nus : sa végétation est trop lente. 11 est utilisé sous forme de haies vives pour clôtures , ou de bosquets taillés en charmilles dans les parcs ou jardins d'agrément. Il se plante d'ailleurs facilement, pourvu que le terrain soit fertile et frais ; il réussit mieux en tiges moyennes qu'en basses tiges, parce que les racines de ces dernières sont encore trop faiblement développées.

i"* Les érables, frênes, ormes. Employés pour les boisements, les érables, les frêiles, les ormes ne doivent jamais être plantés en massifs purs; il faut les entremêler avec d'autres essences moins exigeantes. On plante, dans ces conditions, de jeunes sujets de 2 ans repiqués, car les semis naturels extraits en forêt réussissent difficilement. Ces trois essences demandent à être placées dans des sols frais, fertiles et bien ameublis ; il ne faudrait rien en attendre , si on les plantait dans des terrains non préparés et de médiocre qualité.

En forêt, ces espèces sont introduites avec avantage, sous forme de pieds disséminés, dans les coupes de taillis, en ayant soin de les placer dans les meilleures parties du terrain. On utilise, à cet effet, des sujets de moyennes ou de hautes tiges qui, s'ils sont mis en terre avec soin, peuvent s'élever aussi vite que les rejets des diverses essences qui les environnent.

5^ Vaune se plante facilement; on emploie, soit des plants de pépinières, soit des sujets naturels âgés de 2 ans au plus. Bien que la véritable place de l'aune soit dans les terrains humides, il réussit néanmoins dans les sols les plus pauvres et les plus secs, comme les craies de la Champagne.

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6"* Le bouleau. Le bouleau est également facile à transplanter dans sa première jeunesse ; il Test moins dans un âge plus avancé et quand son écorce commencé à blanchir. L'âge le plus convenable pour la plantation est de deux à quatre ans ; bien que les plants de pépinière soient préférables, on peut, sans inconvénient, pour le bouleau plus que pour toute autre essence, se procurer des plants naturels en forêt.

7° Les saules et les peupliet^s sont plus souvent utilisés sous forme de boutures que sous forme de plantations.

410. Bois résineux. — l"" Sapin pectiiié. Le sapin n'est pas une essence de premier boisement ; il ne peut être introduit que sous des massifs déjà formés où il s'installe facilement. On plante alors à racines nues des sujets de pépinière âgés de deux et, mieux, de trois ou quatre ans ; planté en motte , comme cela a été dit pour le hêtre, il réussit plus sûrement.

2^ Épicéa. Parmi toutes les essences forestières, l'épicéa est sans contredit celle qui supporte le mieux la transplantation. Il semble résister dans tous les sols, dans tous les climats : il permet même qu'on lé brutalise. Aussi a-t-on abusé de lui. En fait, il est moins accommodant qu'on le suppose. Quand les conditions sont mauvaises, il ne meurt pas, ou, du moins, il périt en moins grand nombre que d'autres espèces en semblable situation; mais il ne pousse pas non plus. L'épicéa ne se développe réellement bien que lorsqu'il a été planté avec soin dans les sols qui lui conviennent.

En tout état de choses, sa végétation est très lente pendant les premières années ; ce n'est que quand ses branches couvrent bien le sol, quand il a tué Vherbe à son pied, qu'il commence à s'élancer. Pendant toute cette période d'installation, son feuillage jaunit, il prend une forme buissonnante et son aspect reste languissant ; dans les terrains susceptibles de s'enherber fortement, des sarclages feront le meilleur effet.

Même cette première crise passée, on remarque que, dans une même surface, plantée dans des conditions identiques, avec des plants de même origine, un certain nombre de sujets conservent leur feuillage jaunâtre, quand leurs voisins ont revêtu définitivement la couleur

d'un vert bleu qui caractérise l'espèce. Le fait est assez général et se manifeste partout par les mêmes circonstances : les plants jaunes entrent en végétation longtemps avant les autres, ils sont dès lors beaucoup plus exposés aux gelées printanières ; leur végétation est plus lenle et dans certaines terres ils meurent après avoir langui plus ou moins longtemps. Ne serait-on pas en présence de ces deux variétés signalées par M. Brenot aussi bien dans le Jura que dans les Alpes et qu'il a décrites sous les noms d'épicéa à cônes verts et d'épicéa à cônes rouges '? Le tempérament de ce dernier n'est pas sans une certaine analogie avec celui des sujets à feuillage jaune. Il n'y aurait d'ailleurs rien que de naturel, puisque les graines du commerce sont récoltées dans les stations où les deux variétés se rencontrent en mélange.

D'ailleurs, pour se bien développer en hauteur, l'épicéa exige le plein découvert ; sous l'ombrage léger et même espacé d'un perchis de pin sylvestre, il reste buissonnant; tant qu'il ne sera pas débarrassé de tout abri, il remplira très utilement son rôle de sous-bois, mais il n'en faudrait pas attendre autre chose.

3** Pin sylvestre et pin laricio d'Autnche, Pour l'une et l'autre de ces espèces, les plants de deux ans non repiqués sont le plus généralement employés. Bien qu'ils puissent passer pour très rustiques, leur réussite n'est assurée que si on les plante avec soin; ils acceptent les mauvais traitements avec moins de résignation que l'épicéa.

3** Mélèze. Le mélèze ne supporte ni le plus léger couvert ni l'état serré ; sa végétation est assez rapide pour qu'on donne aux plants un espacement de deux mètres dans tous les sens. On utilise pour ces plantations des plants non repiqués qui, à l'âge de deux ans ont déjà de 20 à 30 centimètres de hauteur. Jamais il ne faut le planter en touffes ; car il est alors très exposé aux ravages du Peziza Wilkomii.

5* Pin d'Alep et pin mantime. Le pin d'Alep réussit, même sous forme de plantations, dans les conditions de sécheresse exceptionnellement défavorables et qui seraient fatales à toutes les autres

1. Brenot, Remarques svr les deux variétés de l'épicéa commun. Paris, Imprimerie nationale, 1878. Hevue des eaux et forêts, juillet 1870.

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essences. Il lui suffit de quelques pouces carrés de terre pour qu'il puisse s'installer. Sa végétation est assez rapide pour qu'on mette en place des plants d'un an.

On ne plante guère le pin maritime que pour regarnir les semis directs dont la réussite serait incomplète. On prend alors les jeunes sujets à replanter sur les points les mieux fournis ; l'opération n'offre d'ailleurs aucune difficulté, si on n'emploie que des plants âgés d'un an ou de deux ans au plus.

ARTICLE CINQ Des soins à donner aux plantations.

411. Les remplacements. — La réussite des plants mis en terre n'est pas toujours assurée, même après une saison de bonne végétation. Plus les sujets sont forts, plus il faut de tempspour qu'on puisse répondre de leur avenir, et la période de crise qui accompagne tout déplacement d'un sujet dure, en moyenne, deux ans pour les basses tiges et trois ans, au moins, pour les hautes.

Quelles que soient donc les précautions prises, on est exposé à voir disparaître un certain nombre de plants pendant les premières années et l'on doit considérer la réussite comme bonne, si ce déchet n'atteint pas 10 p. 100. Pour éviter les clairières, il faut donc remplacer les manquants dès le printemps qui suit l'époque de la plantation. On facilite le travail, si, avant de mettre les ouvriers en chantier, on parcourt avec soin toutes les surfaces, pour y compter les pieds manquants et en marquer la place par des fiches apparentes.

En général, il est bon d'employer des sujets de même essence et de même taille que ceux qu'il s'agit de remplacer; cependant, si, à tort, on a tardé plusieurs années avant de procéder à cette opération, on pourra employer utilement des espèces à croissance plus rapide. Il devient inutile et surtout trop coûteux de regarnir par des hautes tiges les plantations incomplètes qui commencent à former massif sur certains points; le mieux, dans ce cas, sera de profiter de l'abri existant pour introduire dans les places les plus claires quelques pieds d'une essence d'ombre, ou même de morts-bois si le sol ne s'en couvre pas naturellement.

412. Les sarclages. — Dans les stations fraîches et humides, les basses tiges des espèces à croissance lente , celles d'épicéa notamment, sont exposées à être étouffées dans les herbes; il est indispensable de nettoyer ces plantations et on procède alors d'une manière analogue à celle qui a été indiquée plus haut pour les semis (362). Si, cependant, au lieu d'arracher les herbes à la main ou de les couper à la faucille, on les enlève à la houe, en donnant une légère culture au sol, on assurera la reprise des jeunes plants ainsi protégés, en activant leur végétation d'une façon tout à fait exceptionnelle.

413. Le recepage. — Le recepage des plants au moment de la plantation est une mutilation que rien ne justifie, lorsqu'on opère sur des sujets bien conformés et bien équilibrés ; les jeunes plants de deux à trois ans sortant de pépinière n'ont jamais besoin d'être recepés. C'est seulement quand, faute de mieux, on est obligé de planter des sujets élancés, sans rameaux, munis d'un appareil incomplet de racines qu'on sera conduit à faire le recepage, et encore le mieux sera-t-il de ne pratiquer cette opération qu'une année après la plantation. En effet, le plant dé[flacé subit une forte crise ; il n'a pas trop de toutes les ressources qu'il renferme pour l'aider à la supporter; à quoi bon, dès lors, le priver de la réserve alimentaire contenue dans sa tige ? D'ailleurs, il pousse naturellement des rejets au pied des tiges que les racines ne peuvent nourrir entièrement et il sera temps de receper les plants qui porteront cette indication. Il peut être parfois utile de receper des plantations languissantes parce qu'elles ont été faites sans soin, en terrain non préparé, ou au moyen de plants mal équilibrés ; on répare ainsi, par un sacrifice de temps, une situation mauvaise qu'il n'aurait pas fallu créer; mais c'est une erreur de croire que le recepage peut donner de la vigueur à un plan chétif ; ce qui n'est qu'un remède ne doit pas être généralisé en système, ni appliqué sans raison à tous les plants feuillus mis en terre. 11 ne faut d'ailleurs receper que les espèces qui rejettent abondamment, comme les chênes, les châtaigniers, les érables, les ormes; de plus, il ne hui jamais appliquer cette mutilation aux sujets plantés sous un couvert, quelque léger qu'il soit.

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m. — Boisements par boutures et marcottes

414. Les boutures et les plançons. — La multiplication par bouture ne peut s'appliquer qu'à un petit nombre d'essences indigènes appartenant toutes à la catégorie des bois tendres, notamment : les saules, à l'exception du saule marceau {Salix caprea), les peupliers autres que le tremble {Populus tremula).

Comme bouturées on choisit des branches lisses, longues de 75 centimètres à i mètre, âgées de un à trois ans, dont on retranche les rameaux latéraux en ayant soin de ne pas endommager l'écorce. La section inférieure de la bouture doit être taillée en biseau, à quelques centimètres au-dessous d'un bourgeon. Les rameaux ainsi préparés sont enfoncés en terre jusqu'aux deux tiers de leur longueur, de telle façon qu'il reste hors du sol trois ou quatre yeux bien formés. Plus le sol est sec, plus les boutures doivent être placées profondément, et c'est en leur donnant une direction oblique qu'on a le plus de chance de réussite. Les boutures reprennent d'autant mieux qu'elles sont mises en terre plus vite après avoir été coupées ; cependant comme, le plus souvent, elles doivent être préparées à l'avance pour être transportées au lieu d'emploi, il faut les préserver contre la sécheresse en les conservant dans l'eau, ou, mieux encore, en les couvrant de terre dans un lieu frais et exposé au nord, de façon à retarder autant que possible la végétation ; car, dès que les bourgeons ont commencé leur évolution, il est trop tard pour mettre les boutures en place.

Quel que soit l'état d'ameublissement de la terre, on ne doit jamais enfoncer directement les boutures dans le sol ; afin de ne pas détacher leur écorce, il faut les placer dans un trou ouvert à l'avance soit avec un pic, soit avec une barre à mine. Elles sont ensuite consolidées par un tassement convenable du sol. Dans les terrains très exposés au déchaussement par la gelée, il est prudent de planter les boutures très obliquement, presque horizontalement, pour quelles ne soient pas rejetées hors de terre.

Les plançoiis ne sont autre chose que de fortes boutures de 1",50

à 2 mètres de longueur et pouvant avoir jusqu'à 5 à 6 centimètres de diamètre. Ils sont préparés et mis en terre de la même façon que celles-ci et, quelle que soit leur grosseur, il ne faut jamais les frapper pour les faire entrer de force à la profondeur voulue. Les trous auront un calibre suffisant pour que le plançon puisse y glisser librement et, pour assurer la reprise, il est utile, après la pose du plançon, de les remplir avec de la terre meuble et de bonne qualité.

Le mode de repeuplement par bouture est de beaucoup le plus économique ; il ne peut malheureusement être utilisé que dans les terrains frais et humides ; il convient surtout pour fixer les berges des torrents; dans ces conditions, les plançons employés comme piquets de clayonnages prennent racine et constituent des barrières vivantes des plus utiles pour la solidité et la durée des ouvrages.

415. Les marcottes. — Outre le procédé de marcotte par branches isolées (â36), on peut encore, de la manière suivante, obtenir des sujets susceptibles de transplantation. D sufSt de recouvrir le pied d'une jeune cépée, d'une butte de terre de 15 à 25 centimètres de hauteur et dans laquelle les jeunes rejets en croissance prennent racine au-dessus de la souche. Deux ou trois années après, en rompant la butte, on trouvera autant de tiges enracinées qu'il y avait de rejets; en les détachant au niveau de la souche, ils pourront être mis en terre à la façon des brins de semence. Si on prend la précaution de faire une légère entaille au pied des rejets enterrés, on facilitera l'évolution des racines.

On sait d'ailleurs que la marcotte ne fournit qu'un très petit nombre de sujets relativement à celui des pieds étalons. En forêt, elle n'est utilisée que comme moyen de remplacement des souches usées dans les taillis furetés (240) ; elle est au contraire très employée dans les travaux de boisement pour diminuer autant que possible les frais de plantation, dont le prix est d'autant plus élevé que les conditions de reprise sont plus difficiles.

TRAITÉ DE STLV. ?6

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