INTRODUCTION. IX
occasionnés par les guerres, les bouleversements politiques, les aberrations économiques, on comprendra que les foréis aient autant soulTert à tous les âges des civilisations les plus raffinées que chez les peuples enfants.
Cependant, que n'avons-nous pas à attendre des forêts? — Il faudrait parcourir dans le menu détail chacune de nos industries pour énumérer les mille transformations que le bois est susceptible de recevoir. La consommation de cette précieuse substance augmente à mesure que le superflu devient du nécessaire.
L'utilité des forêts n'est pas limitée d'ailleurs à un rôle purement économique et les services qu'elles nous rendent peuvent, en grande partie, être comptés parmi ceux non susceptibles d'être évalués en argent. Ainsi l'influence bienfaisante de la végétation ligneuse purifie l'air, comme elle régularise les climats; les grands massifs forestiers activent la précipitation des pluies et des rosées, en même temps qu'ils assurent aux sources un débit constant ; l'état boisé s'oppose à Téi osion mécanique du sol, éteint les torrents en activité et atténue les dangers d'inondation ; enfin les hautes futaies brisent la violence des vents, déchargent les orages et empêchent la formation des avalanches. Ainsi, dans sa faiblesse pour résister aux actions dévastatrices des éléments, l'homme trouve dans la forêt son plus utile auxiliaire.
Nous ne nous arrêterons pas à discuter ici l'influence morale exercée par les forêts sur le caractère et le génie des nations.
Ces différentes considérations ajoutées aux trop nombreux exemples de ruines causées par un déboisement exagéré sont bien faites pour nous convaincre que, plus les civilisations se développent, plus les forêts passent à l'état de nécessités sociales.
Au premier abord, la forêt telle que la Nature nous la donne