X INTRODUCTION
semblerait n'être autre chose qu'un assemblage d'arbres de différentes espèces, confusément associées au caprice des hasards qui dispersent leurs graines. On n'a que trop de tendance à la considérer comme une surface qui produit naturellement du bois sans l'intervention directe et continue de l'homme. Au forestier incombe le soin de réglementer celte société sauvage en vue de la transformer en une source intarissable de richesses. Les moyens dont il dispose pour accomplir cette tâche sont empruntés à une série de connaissances dont l'ensemble constitue ce qu'on appelle Y Économie forestière.
Voyons ce qu'il en est de cette science, et parcourons à grands traits les différentes phases de son développement.
Dans l'antiquité, au moyen âge et jusqu'au début des temps modernes, le savoir des spécialistes se résumait en quelques pratiques d'exploitation combinées de façon à satisfaire des besoins purement locaux. On coupait le bois méthodiquement, mais sans trop se préoccuper de la manière dont il repousserait; c'était l'affaire de la bonne Nature. Pour ne parler que de la France, on constate que vers le milieu du xvr siècle, malgré des exploitations limitées par des demandes restreintes, — puisque, en l'absence de grands moyens de transports, les bois devaient être à peu près utilisés sur place, — malgré l'intervention répétée du pouvoir royal, l'imprévoyance et les abus de toute sorte ont eu pour résultat d'appauvrir notablement notre domaine forestier. C'est alors qu'un homme de génie, Bernard de Palissy, appelait l'insouciance de son temps à l'égard des forêts ^non une faute, mais un malheur et une malédiction pour la France » .
Henri IV fît tous ses efforts pour mettre fm aux dévastations ; mais il était réservé à Louis XIV, ou plutôt à son ministre Colbert, de reconstituer sur des bases puissantes les assises de la propriété forestière. L'ordonnance d'aoftt 1669, qui est a elle