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Quand rimmidilé fait défaut, l'oxygène et la chaleur agissent trop puissamment, le terreau se brûle en devenant charbonneux, poudreux ou fibreux. Il constitue une poussière sèche de couleur brune ou noire, de décomposition ultérieure très difficile et peu favorable, par suite, à la végétation. Cette variété de terreau se rencontre surtout dans les terrains siliceux , alors il présente une réaction franchement acide. On le distingue parfois sous le nom d'humus de bi^yère.
Si l'eau est en excès , l'action de l'oxygène et de la chaleur se trouve diminuée ; la décomposition des débris organiques devient extrêmement lente et reste toujours incomplète ; les combinaisons acides se produisent abondamment, et il en résulte un résidu analogue à la tourbe. L'humus tourbeux se présente fréquemment dans les terrains humides, sur les bords des mares ou des étangs, ou encore sur les points où le calcaire fait défaut et ceux où l'air se renouvelle très peu. Ses propriétés acides le rendent préjudiciable à la végétation de presque toutes les espèces forestières : l'aune, le bouleau et le pin de montagne peuvent seuls s'y maintenir.
Quand les débris organiques en décomposition proviennent de plantes riches en tanin, le terreau, tout en conservant sa forme normale, devient astringent; d'ailleurs, le peu de fixité du tanin lui permet de perdre assez facilement cette propriété nuisible, sous l'influence de l'humidité et de la chaleur. La plus grande partie des terres de bruyère naturelles employées par les horticulteurs sont de cette nature.
Tous ces faits expliquent pourquoi les sols calcaires sont les plus favorables à la décomposition des débris de la forêt; pourquoi aussi ces terrains doivent être moins souvent découverts que les sols argileux dont la fraîcheur est plus constante, précaution plus importante encore dans les sables siliceux grossiers, secs et brûlants ; pourquoi, sur les hautes montagnes où la faible température et l'excès d'humidité entravent la décomposition des matières organiques, le terreau se forme plus lentement que dans la plaine, où il se maintient mieux que sur les versants ensoleillés des collines.
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35. Leur Importance. — Parmi les propriétés physiques considérées en agriculture, un certain nombre n'ont qu'une importance secondaire dans le traitement des forêts dont le sol , qui n'est jamais labouré, reste rarement exposé sans protection aux influences atmosphériques ; il en est ainsi : de la densité, de la coloration, de l'aptitude à l'échauffement, à la condensation des vapeurs et à l'évaporation. A ce point de vue, il suffit, en général , de considérer le sol forestier dans ses rapports avec l'eau, en tenant compte de ses qualités hygrométriques, de sa profondeur , du sous-sol , de son état superficiel et de son relief.
36. Qualités hygrométriques. — Le sol est la principale source de l'eau mise en œuvre par la végétation: les pluies, les neiges, les rosées, l'approvisionnent naturellement. Ces eaux pénètrent dans la terre, s'y mainlieiment et y circulent, en vertu de certaines lois dont les principales doivent ôtrc rappelées sommairement.
Quand des eaux naturelles ou artificielles arrivent en contact avec la surface d'une terre ressuyée, elles sont d'abord absorbées en totalité jusqu'à saturation complète de la couche la plus superficielle. A partir de ce moment, celle-ci, cédant lentement une partie de son eau de saturation aux couches plus profondes, n'accepte plus, dans un temps donné, que des nouvelles quantités d'eau sans cesse égales à celles qu'elle perd; le surplus s'écoule sans profit à la surface. Lu phénomène se prolonge sous cette forme tant que l'apport d'eau continue, et cela, jusqu'à saturation do la zone perméable.
Dès que la source cesse de fonctionner, la terre se ressuie en ne conservant que la provision correspondant à ses capacités hygromélriques.
Celles-ci sont limitées par différentes causes :
D'une part, l'attraction moléculaire entoure chacune des particules terreuses d'une petite sphère d'eau dont les parois ont imc épaisseur variable, sans toutefois dépasser un certain maximum; de plus, la couche interne de celle sphère adhère à la surtace du corps
renfermé avec une force telle, que la chaleur solaire et l'aspiration de la végétation ne peuvent la faire disparaître entièrement. Sous cette forme globulaire, Teau ne sature jamais la terre , mais elle y entretient ime fraîcheur relative. Elle est plus abondante dans les sols meubles que dans les sols tassés, et dans la terre protégée par un massif forestier, elle fait rarement défaut. Bien que représentée par des quantités extrêmement faibles dans la masse terreuse, cette eau globulaire y joue un rôle capital. C'est sous cette forme première que Teau doit pénétrer dans un sol complètement desséché, car, en dehors de sa présence, les autres phénomènes d'imbibition sont suspendus; de telle sorte que l'eau qui tombe sur des matières minérales pures et absolument sèches^ reste en gouttes comme sur les surfaces qui ne se mouillent pas: ainsi, par exemple, sur les cendres de foyer, sur les poussières atmosphériques ou sur le sable des dunes.
Toutefois, la présence de la matière organique améliore singulièrement la situation. Il suffit que chaque particule minérale soit enduite de ces substances pour qu'elle happe immédiatement l'eau ambiante, fût-elle à l'état de vapeurs. C'est un des principaux rôles réservés au terreau en mélange avec la terre minérale.
D'autre part, les intervalles que laissent entre eux les grains de la terre créent de petits espaces libres où se logent des colonnes d'eau dont la hauteur fait équiUbre à la force de la capillarité qui les attire. L'eau capillaire est celle qui sature la terre et lui donne sa consistance humide ou mouillée ; son volume varie dans des proportions considérables, suivant le nombre et le calibre des espaces capillaires : c'est-à-dire qu'il augmente avec la finesse des grains terreux et que, pour des grosseurs égales, il diminue avec le degré de tassement.
Quand, sous ces deux états, globulaire et capillaire, Teauestàson maximum, la terre est dite saturée : tout ce qu'elle en peut renfermer en excès, reste en libre suspension et s'égoutte, en vertu de son poids, vers les réservoirs intérieurs.
Lorsque l'équilibre dans un état hygrométrique de saturation est rompu, soit par l'évaporation à la surface, soit par l'absorption des racines, il se produit une sorte de vibration d'humidité et la masse entière de l'eau se met en mouvement. Celle des zones saturées se
transporte vers d'autres qui ne le sont plus ; l'eau capillaire cède à l'eau globulaire les fractions qui lui manquent, et il s'établit un nouvel équilibre que la permanence des effets viendra de nouveau rompre. C'est ainsi que, dans le sol, il se produit en tous sens un échange continuel d'humidité, d'où il résulte que toute la masse terreuse se dessèche partout en même temps d'une même quantité, en épuisant toute sa réserve au profit de la végétation. On conçoit, dès lors, que, quels que soient les besoins de celle-ci, la consommation est limitée à cette réserve dans l'intervalle qui sépare deux précipitations successives.
De cette série de phénomènes résultent différentes conséquences intéressantes pour la végétation forestière, savoir:
i"" Plus les particules du sol sont ténues, plus l'eau y circule difficilement à l'entrée et à la sortie. Une terre à grains fins se mouille lentement, l'eau des précipitations est en grande partie déversée à la surface sans être absorbée ; mais elle retient une grande quantité de l'eau imbibée et reste longtemps fraîche. Au contraire, les sables grossiers absorbent toute l'eau qui s'y déverse, mais ils enretieiinenl très peu et se dessèchent rapidement.
2® Plus une terre à grains fins est meuble, plus elle renferme de molécules indépendantes et d'espaces capillaires, plus aussi elle retiendra d'eau. Plus, au contraire, une terre à grains grossiers est tassée, plus elle acquiert de qualités hygrométriques. Dans ces deux cas, l'une et l'autre utiliseront mieux les pluies abondantes, mais de courte durée. Pour les sols forestiers, c'est surtout le degré de tassement de la couche superficielle riche en terreau qu'il faut considérer. A ce point de vue, toutes les circonstances qui maintiennent le sol dans un degré d'ameublisscment convenable augmentent sa fertilité, telles sont : la culture, la conservation du couvert et des gazons, l'introduction des porcs; par contre, l'état de découvert, le piétinement des hommes et des animaux sont nuisibles; aussi, en dehors des dégâts directement commis par la dent des bestiaux, le tassement est un grave inconvénient à mettre à la charge du pâturage.
3*" Plus un sol est profond, plus la zone mouillée s'enfonce et plus la surface se ressuie rapidement; parce qu'alors la hauteur des colonnes retenues par la capillarité n'est pas assez grande pour atteindre