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qui la rendent comparable à une éponge et lui permettent de retenir une grande quantité d'eau par imbibition, quantité qui parfois peut atteindre 2 '/, fois son poids.

2^ Elle protège le sol contre l'accès direct de l'air et empêche ainsi une trop active évaporation , notamment en ce qui concerne rhumus qui est extrêmement volatil; elle disparait rapidement dans un sol découvert et privé de végétation.

3** Elle agit également comme écran, comme mauvais conducteur et empêche la couche superficielle du sol de trop s'échauflbr ou de se refroidir trop rapidement.

4* Enfin la couverture s'oppose au tassement du sol en brisant le choc des gouttes qui viendraient la battre pendant les grandes pluies.

La couverture morte a donc pour effet direct de restituer au sol des matières nutritives et de faciliter les réactions chimiques qui augmentent sa fertilité.

Elle produit aussi indirectement les effets les plus utiles sur l'état physique du sol. Grâce à l'humidité constante qu'elle entretient dans les couches superficielles, elle crée un milieu éminemment favorable au développement de légions d'animaux appartenant à tous les embranchements de la création. Depuis le sanglier qui sillonne la terre de ses vermillures, jusqu'au lombric qui ramène à la surface, sous forme de déjeclions, les particules les plus fines entraînées dans les profondeurs ; tous, en fouillant le sol dans tous les sens à la poursuite les uns des autres, le brassent, l'amendent et l'enrichissent de leurs débris*. Enfait, la sensation d'élasticité qu'on éprouve en marchant sur le sol d'une vieille forêt, est un indice de son état d'ameublissement.

On peut donc dire que la couverture morte est le principal élément de fertilité des sols forestiers. En les transformant en terre à bois, elle leur assure, indéfiniment et sans frais, le labour et V engrais.

En résumé, le rôle de la couverture morte est en tout comparable

1. D' P. E. Mûller, Studien ûàer die natûrlichen Humutformen und deren Eh^ wirkung au/ Végétation und Boden. Berlin, 1887.

à cehii du fumier de ferme qui, en réalité, esl beaucoup plus fertilisant par la forme sous laquelle il apporte les sels nutritifs que par la quantité absolue de ces sels. C'est elle qui, accumulée pendant des siècles sur le sol de la forêt, lui constitue ce que de Gasparin appelle Vavance pour les cultures agricoles.

Mais l'engrais forestier est extrêmement volatil; il disparait dès que la terre est exposée sans protection à l'action de l'air. La nature semble avoir pris soin d'assurer la bonne conservation de la couverture morte, en cantonnant les arbres à feuilles caduques dans les plaines de la zone tempérée froide où toute végétation est suspendue pendant l'hiver. Au contraire, les espèces à feuilles persistantes habitent les climats chauds où, pendant des hivers sans neige, le sol a besoin d'être abrité comme en été.

Aussi, quand on a l'imprudence de défricher des terres médiocres, pour les livrer à l'agriculture , on les voit bientôt réduites à leurs éléments inertes et lorsque, plus tard , faute de pouvoir les cultiver avec profit, on se voit contraint de les rendre à la forêt, il faut laisser au temps le soin de reconstituer l'avance qu'elles ont perdue. Plusieurs générations d'arbres sont parfois nécessaires pour refaire l'ancienne terre à bois.

42. Relief. — En dehors des effets produits par l'exposition et la nature du sous-sol, Tabsence complète de relief et Texagération des pentes sont parfois nuisibles à la végétation forestière. Ainsi, dans un sol dont l'inclinaison est nulle, Teau ne s'écoule pas, et, pour peu (juc la terre soit compacte, elle reste stagnante à la surface. Au contraire , quand les pentes deviennent trop fortes, Teau glisse sur le sol sans avoir le temps d'y pénétrer et, dans sa chute rapide, elle entraîne avec elle la surface meuble et délayable, en creusant des ravins : les torrents les plus dangereux n'ont pas d'autre origine.

Une inclinaison de 15 à 20 degrés, déjà trop forte pour l'agriculture, présente des conditions convenables pour l'installation des forêts. On a même constaté que, toutes choses égales d'ailleurs, ces terrains en pente produisent plus de bois que n'en donnerait leur projection horizontale. Ils ne renferment cependant pas plus d'arbres, puisque les tiges poussent verticalement; mais la proportion de terre

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végétale mise à la disposition des racines de chacune d'elles est plus considérable. Ici, l'excès d'humidité n'estjamais à craindre, la sécheresse est plus à redouter, aussi le traitement le plus favorable est celui qui fournit le couvert le plus prolongé.

Lorsque les pentes dépassent 30 degrés , la végétation se maintient difficilement, les massifs ne sont plus complets, la terre végétale fait défaut, et Ton rencontre la roche vive, à nu, en blocs accumulés. L'étaC naturellement boisé, dans ces conditions, est une bonne fortune dont il faut profiter avec les plus grands ménagements: toute exploitation hasardée peut occasionner un désastre , car il de* vient fort difficile de rétablir artificiellement la forêt quand elle a été détruite.

Quand l'inclinaison atteint ou dépasse 45 degrés , la végétation n'est plus qu'accidentelle , il n'y a plus d'exploitation régulière possible, car la réalisation des produits présente des dangers réels qui leur enlève toute valeur; il vaut mieux, dans ce cas, laisser mourir les arbres sur pied que de les couper sans profit ; du reste, par leur présence , ces arbres disséminés jouent un rôle de protection des plus efficaces pouR les massifs inférieurs.

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