‹ Traité de sylvicultureChapitre 61 sur 128 · II. — Notions D'AMiNAOBMEHT DéfiiUiions · texte numérisé non relu

II. — Notions D'AMiNAOBMEHT DéfiiUiions

115. Coupes \ — On appelle coupe, toute étendue déterminée dans une forêt pour y abattre le bois, en totalité ou avec réserve d'un certain nombre d'arbres. Le mot exploration est souvent employé dans le sens de coupe ou de veiUe.

1. Voir Lorentz et Parade, Cours de cufture des bofs. 0® édition, pages 172 et 17^).

La désigaation du lieu où doit se faire une coupe s'appelle Vassielte. Ainsi; asseoir une coupe ou faire Vassiette d'une coupe, c'est déterminer son emplacement.

Une coupe est en v^ance lorsqu'on l'exploite, elle est usée lorsqu'elle est exploitée et vidée.

Les coupes sont dites principales lorsqu'elles ont pour conséquence la régénération des surfaces parcourues.

Quand, dans une coupe, on exploite tous les arbres, on dit que cette coupe est faite à blanc-étoc.

116. Accroissement. — U accroissement de volume ou simplement Y accroissement d'un arbre ou d'un peuplement est la quantité dont le volume de cet arbre ou de ce peuplement s'accroît au bout d'un temps déterminé.

V accroissement annuel est celui que les bois prennent en un an ; V accroissement périodique est celui réalisé pendant une période de plusieurs années. V accroissement annuel moyen ou Y accroissement moyen est le quotient d'un accroissement périodique quelconque par le nombre d'années de la période considérée, laquelle peut correspondre à la durée totale de l'existence des sujets.

117. Rente. Taux de placement. — Le revenu brut d'une forêt ost le montant de ses produits sans déduction d'aucun frais.

Si Ton déduit de ce revenu brut les fi*ais de production, on a le revenu net ou la rente.

Le taux de placement est le rapport entre la rente et le capital qui la produit .

118. Aménagement. — V aménagement est un travail qui consiste à régler l'exploitation d'une forêt, de façon que celle-ci fournisse un revenu annuel aussi soutenu et aussi avantageux que possible \

Tout aménagement a pour but de créer l'état normal (110) et de le perpétuer quand il est obtenu. Les moyens employés consistent : à régler l'ordre et la nature des exploitations, après avoir fixé l'Age

1. Tassy, L'Aménagement des forêts. 3« édition. Paris, 0. Doin, 1887.

NOTIONS d'aménagement. 139

ou la dimension des arbres à couper et le volume des produits à réaliser annuellement.

Pour faire comprendre Tiraportance de ces questions, il est nécessaire d'indiquer sommairement ce qu'on entend par les termes exploitabilUé et possihilUé.

ARTICLE PREMIER L'ezploitabilité.

J 1«^. — Principaux genres d' exploitabilUé.

119. L'exploitabilité en général. — Un arbre ou un peuplement est exploitable lorsqu'il réalise le mieux possible le genre d'utilité qu'on réclame de lui.

U exploitabilUé est la qualité qui rend cet arbre ou ce peuplement exploitable. Il y a donc autant de genres d'exploitabilité qu'on peut demander h un arbre ou à un peuplement de services différents.

Si on considère que, sous de faibles dimensions, c'est-à-dire à un fige peu avancé, le bois est déjà propre à certains usages, on peut concevoir que, depuis cet âge jusqu'à celui du dépérissement, il peut s'écouler un long intervalle de temps. Entre ces deux limites qui varient à parlir d'un minimum de 10 à 15 ans jusqu'à un maximum de deux siècles et plus, c'est la satisfaction d'un besoin déterminé qui entraine le choix de l'exploitabilité.

Quel que soit le point de vue auquel on se place, les différents services qu'une propriété boisée est susceptible de rendre, peuvent se rapporter à l'un des quatre types suivants :

1*" L'utilité des arbres en tant qu'organismes végétaux vivai\ls et sur pied ; S*" la plus grande production ligneuse dans un temps donné ; 3* la plus grande somme d'utilité des bois ; 4'' le fonctionnement du capital engagé au taux de placement le plus élevé.

A chacun de ces types correspond théoriquement un geni-e d'exploitabilité spécial, qui, suivant les cas, porte les noms de physique, absolue, économique et commerciale.

120. Exploitabilité physique. — Des circonstances particulières

conduisent à utiliser les arbres forestiei's sans leur demander aucun revenu en matière ligneuse, par exemple : quand il s'agit d'en faire un parc d'agrément, une promenade publique ou un champ d'études artistiques ; ou bien encore quand on cherche à perpétuer l'état de massif dans un intérêt purement local, tantôt pour fixer les sables de la dune ou les berges d'un torrent, pour empêcher la formation des avalanches ou briser la violence des vents ; ou, enfin, quand les arbres sont cultivés en vue de leur rendement en produits accessoires comme : les fruits, les résines, le liège, etc. En semblables conditions, c'est à la nature spéciale du service demandé qu'on laisse le soin de fixer la durée de chaque tige considérée isolément. Un arbre n'est coupé que lorsqu'il devient incapable de rendre ce service, et cela, sans se préoccuper directement des marchandises-bois qu'on en tirera. On di( alors qu'on laisse vivre jusqu'au terme de leur exploitabilité physique ces peuplements qui, en fait, ne sont pas susceptibles de fournir un revenu ligneux constant, c'est-à-dire d'être soumis à un aménagement régulier.

121. Exploitabilité absolue. — Si, pour simplifier la question, on observe un massif composé de sujets d'un même âge, on constate que, à un instant quelconque de sa vie, le volume de bois fourni par la surface qu'il recouvre se compose de la somme des accroissements annuels accumulés depuis sa naissance jusqu'au moment que l'on considère. Pour obtenir la production moyenne du sol durant cette période, il suffira de diviser par le nombre d'années con'espondant le volume des arbres sur pied augmenté de celui des sujets qui ont disparu antérieurement pour une cause quelconque. En suivant ainsi, à tous les âges, le développement d'un même massif, on constate que son accroissement moyen n'est pas constant, mais qu'il varie suivant une loi générale : il suit d'abord une marche ascendante pour atteindre un maximum à partir duquel il va en diminuant jusqu'à son entier dépérissement. Il est évident, dès lors , que si on exploite la forêt à l'âge où l'accroissement moyen est maximum, on en tirera la plus grande quantité de malière ligneuse que le sol est susceptible de fournir. A cet état spécial, dans lequel so trouve la forêt au moment où l'acrroisse-

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ment moyen est maximum, correspond le terme de l'exploitabilité absolue.

Ce terme varie avec le sol, avec le climat, diffère beaucoup d'une essence à l'autre et, quelle que soit l'origine des peuplements, il tombe vers l'âge moyen entre leur naissance et leur dépérissement. Il se présente généralement quand le massif porte régulièrement des graines fertiles. On conçoit, en effet, que les arbres fabriquent plus de bois pendant leur jeunesse que quand ils fructifient abondamment, parce qu'alors les forces productives sont en partie employées à la formation et à la maturation des semences, au détriment de la matière ligneuse utilisable.

^ Ce genre d'exploitabilité est purement théorique, puisqu'il ne correspond à aucun besoin réel. H ne trouve donc jamais son application dans la pratique ; néanmoins, il y a dans cet ordre d'idées toute une série de recherches intéressantes à entreprendre pour le forestier. Bien qu'il soit très long et souvent fort délicat de suivre la marche de l'accroissement d'un arbre ou d'un massif, cela est toujours possible, et c'est seulement quand on aura recueilli les résultats d'un grand nombre d'observations bien faites, qu'on pourra sortir du champ des hypothèses pour résoudre les questions relatives au rendement des forêts.

122. Ezploitabilité économique. — Quand un propriétaire se trouve dans des conditions telles qu'il n'ait à se préoccuper ni de la valeur vénale de son immeuble, ni du taux de placement de son capital, il doit demander à la forêt de lui fournir les produits les plus utiles. Or, l'utilité des bois s'accroît avec la dimension des arbres ; il est facile de comprendre, en effet, que, plus un arbre est gros, plus sont nombreuses aussi les formes du débit qu'il comporte : ainsi, un certain volume de bois propres à la charpente peut en même temps donner des planches, du merrain, du bois à brûler, etc. ; tandis que le même volume de menus fagots ne peut être utilisé que comme chauffage.

11 en résulte qu'un arbre n'offre son maximun d'utilité que quand il a atteint les dimensions qui permettent de l'employer à tous les usages auxquels il est apte parles qualités de son bois. C'est l'âge où

la grosseur nécessaire pour donner le maximum d'utilité à chaque arbre ou plutôt à la moyenne des arbres qili composent un massif, qui fixe le terme de son exploitabilité économique.

Ce genre d'exploitabilité nécessite un capital générateur considérable ; il fournil aussi le plus grand revenu net, en raison du prix élevé qu'atteignent des marchandises d'autant plus recherchées qu'elles sont plus rares ; par contre, le taux de placement devient très faible. L'abaissement de ce dernier tient à ce fait que la plusvalue ou l'accroissement de qualité que les bois acquièrent par le grossissement ne suit pas une marche ascendante aussi rapide que celle d'un capital placé à intérêts composés, au taux habituel adopté pour les biens-fonds.

123. L' exploitabilité commerciale. — Chaque fois que, pour déterminer l'époque à laquelle on a intérêt à exploiter une forêt, on fait entrer en compte sa valeur-capital et le taux de placement, on est conduit à apphquer l'exploitabilité commerciale. Celle*ci, en effet, dépend de la relation entre le revenu net et les valeurs qui le produisent, c'est-à-dire qu'elle varie avec létaux de placement qu'on se propose d'obtenir. Une telle question soulève les problèmes les plus divers dont la solution ne peut être donnée que par le calcul ; aussi l'étude de l'exploitabilité commerciale comporte des développements considérables. Il suf&ra de constater ici que, le plus souvent, ce genre d'exploitabihté est réalisé d'assez bonne heure et dans un délai d'autant plus court que le taux de placement est lui-même plus élevé. Les forêts auxquelles on l'appUque ne donnent, en général, que des produits de faibles ou moyennes dimensions.

En résumé, dans la pratique générale de l'exploitation des forêts, il suffit de considérer l'exploitabiUté économique et Texploitabilité commerciale, puisque les deux autres ne visent pas directement, soit la quantité, soit la qualité des produits ligneux.

2 2. — Genre d'exploitabilité applicable aux différentes catégories

de propriétaires forestiers.

Il y a, en France, trois grandes catégories de propriétaires forestiers : i^ Les particuliers ; S"* l'État ; S"" les communes et les établis-

NOTIONS d'aménagement. iiS

semenls publics. Elles possèdent respectivement, six millions, un million et deux millions d'hectares, soit au total neuf millions d'hectares ou 47 p. 400 de l'étendue totale du territoire.

124. Le propriétaire particulier. — Le propriétaire particulier n'est devenu possesseur d'une forêt qu'en la payant ou en l'échangeant ; par conséquent, pour lui, le taux de placement est le principe fondamental de l'exploitation d'une valeur quelconque, qu'il s'agisse de biens meubles ou immeubles. Il cherchera donc, en appliquant l'exploitabilité commerciale, à retirer de sa forêt le plus grand revenu possible avec un capital minimum.

'Les seules considérations qui puissent faire accepter au propriétaire particulier un taux de capitalisation inférieur à celui généralement adopté pour les autres biens-fonds, tiennent: d'une part, à sa situation de fortune personnelle et, d'autre part, à ce fait que les placements en forêts sont assez recherchés, à cause de la sécurité toute spéciale qu'ils présentent et de la faculté qu'ils offrent de capitaliser sans frais des revenus accumulés sous forme d'épargne.

En général, une semblable situation tend à priver les forêts des particuliers d'arbres ou de peuplements âgés et à ne leur faire rendre que des marchandises de faibles dimensions. Aussi, malgré leur grande étendue, on ne peut pas compter sur leur production pour subvenir aux besoins de la consommation en gros bois.

125. L'État. — L'État possesseur de forêts n'a pas d'autre intérêt que celui de la société qu'il représente. Il est seul capable de produire les gros bois réclamés par l'industrie et c'est en les lui fournissant qu'il justifie son rôle de propriétaire. S'il vient à user de ses forêts à la façon des particuliers, c'est-à-dire à chercher autre chose que l'utilité des produits, il devient spéculateur et n'a plus aucune raison d'être propriétaire. Les forêts domaniales seront alors beaucoup mieux placées entre les mains des particuliers qui, au point de vue commercial, sauront mieux que lui en tirer profit. L'exploitabilité économique qui comporte des révolutions longues est donc la seule applicable aux forêts de l'État.

De même, toutes les forêts dites de protection, celles qui ne don-

nent qu'un revenu immatériel, ne peuvent être placées qu'entre les mains de l'État. Lui seul est capable d'entretenir celles qui existent et de faire naître celles dont la sécurité et la fortune publique commandent la création.

126. Les communes et les établissements publics. — Les propriétaires de cette catégorie sont impérissables comme l'État^ le temps leur appartient et ils sont incapables d'activité mercantile. Ils ont de plus l'obligation de transmettre intact aux générations qui suivent le patrimoine qu'ils ont reçu des générations précédentes.

Dans ces conditions, si on n'est pas tenu d'appliquer l'exploitabilité économique aux forêts communales comme aux forêts de l'État, du moins, on doit s'en rapprocher autant que possible, car le but à atteindre est de permettre aux communes de tirer de leur propriété le plus grand revenu en argent. Or, cela se présente précisément vers l'époque où se réalise l'exploitabilité économique (420).

ARTICLE DEUX La possibilité.

127. Le rapport soutenu. — Théoriquement, la possibilité est : l'expression de la capacité productive de touie surface boisée.

H est évident que si, dans une forêt normale, on se contente tous les ans d'enlever à la forêt, sous forme de bois exploitables, un volume moyen équivalent à celui dont s'accroissent les peuplements répartis sur toute la surface, le revenu en matière sera constant et le capital générateur sera maintenu intact.

Cette possibilité vraie représente donc un certain volume de bois exploitables équivalent à celui de l'accroissement moyen. Mais la production ligneuse qui est le résultat de la vie des arbres, est modifiée d'une année à l'autre par une foule d'actions bienfaisantes ou nuisibles. I^ loi de la formation du bois par suite de l'accumulation des pousses annuelles est encore inconnue, et la vie qui l'organise fonctionne en dehors de toute relation mathématique : on ne peut la mettre en formule ; de telle sorte que, même dans la forêt idéale,

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l'expression de raccroissement moyen n'a jamais qu'une valeur relative, dont le degré d'approximation est subordonné à l'exactitude de recherches aussi longues que minutieuses. Aussi, on se contente généralement de régler la quotité à exploiter par année de manière qu'elle varie le moins possible. C'est là ce qui veut dire: exploiter sous la condition d'un rapport soiUenu. D'autre part, les forêts sont toujours plus ou moins éloignées de l'état normal. Pour atteindre ce but vers lequel tout aménagement doit tendre, il faut, tantôt augmenter le capital générateur par des épargnes, tantôt réaliser en partie un capital surabondant : c'est-à-dire récolter, tantôt moins, tantôt plus que la production du sol.

Il en résulte que , dans les forêts aménagées, la récolte annuelle diffère sensiblement de la possibilité vraie ; néanmoins, et par extension, on est convenu de désigner la quotité qui la représente par ce même nom de possibilité ; dès lors, dans la pratique, la possibilité devient : V expression du revenu annuel en matière, tel qu'il est fixé par l'aménagement en cours d'application. Comme conséquence, le terme de rapport soutenu perd son caractère absolu pour n'être plus que relatif k la durée de cet aménagement.

128. Différentes manières de réaliser la possibilité. — Pour résoudre un problème dont les données sont aussi fugaces, on a recours à différents procédés. On peut : ou bien faire porter les exploitations sur des surfaces égales ; ou bien abattre des arbres en nombre indéterminé jusqu'à concurrence d'un chiffre de mètres cubes fixé à l'avance ; ou, enfin, couper chaque année un même nombre d'arbres choisis parmi les tiges exploitables, et sans se préoccuper autrement de leur volume.

De là trois manières de réaliser la possibilité : V étendue, le volume, le nombre de pieds d'arbres, A chacun de ces mécanismes correspond le système d'aménagement auquel il a donné son nom.

129. Série d'exploitation. — En France, tous les systèmes d'aménagement reposent sur la conception de la série d'exploitations On appelle série d'exploitation ou simplement série, toute forêt ou portion de forêt dont le climat^ le sol et les essences sont partout

TRAITé DK STLT. 10

assez semblables pour comporter le même mode de IraitemeM et la même révoltUion. En fait, la série est Tunité de gestion de la propriété forestière, puisque chaque série est destinée à fournir durant la révolution une même suite de coupes principales annuelles, ayant chacune à peu près même valeur.

La série se compose de parcelles.

130. Parcelles. — Lorsque, dans une même station et sous Tinfluence d'un même traitement, le peuplement se constitue identique à lui-même dans toutes ses parties, la surface qu'il occupe représente une parcelle naturelle.

Quand, dans un peuplement, il se rencontre des différences dues à des causes permanentes, étrangères au traitement (essences, sol, exposition), on a affaire à des parcelles distinctes.

Ainsi constituée, la parcelle est l'unité culturale de la série.

D'ailleurs, la série se présente normale ou anormale dans les mêmes conditions que la forêt (112).

AHTICLE TROIS Principaax systèmes d'aménagement.

131. Aménagement par étendue. — Dans son application, l'aménagement hase sur l'étendue consiste à diviser la surface totale de la série par le nombre d'années de la révolution : ce qui fait connaître la contenance de la coupe annuelle. Dans le langage usuel, on dit d'une forêt ainsi disposée, qu'elle est mise en coupes réglées.

Pour procéder de la sorte, on admet que, dans une série normalement constituée, les facteurs de la production sont partout les mêmes et que les produits matériels sont entre eux comme les surfaces ; d'où il suit qu'égaliser les uns, c'est égaliser les autres. Il en résulte que la possibilité basée sur l'étendue devient une conséquence nécessaire de l'aménagement ; en effet, on ne calcule pas à l'avance le volume que l'on coupera, mais on se contente de réaliser chaque année l'ensemble du peuplement qui recouvre la surface désignée, sans tenir compte individuellement des arbres qui s'y ren-

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contrent. Par la force même des choses, le capital ligneux se constitue normalement et on récolte un volume équivalent à l'accroissement moyen.

132. Aménagement par volume. — On se propose de déterminer à l'avance le chiffre de la possibilité évalué en mètres cubes et, ici, le problème de la recherche de l'accroissement moyen so présente avec toutes ses difficultés.

Quel que soit d'ailleurs le procédé employé pour atteindre ce résultat, on exploite chaque année, en tenant compte des règles culturales, un nombre de tiges indéterminé jusqu'à concurrence du cube fixé par l'aménagement ; chaque arbre considéré individi^Uement compte alors dans la récolle pour son volume absolu, abstraction faite de la surface qu'il recouvre.

En Allemagne, Cotta a ingénieusement simplifié les méthodes primitives d'aménagement par volume, en faisant intervenir les surfaces comme élément de calcul dans la recherche de l'accroissement moyen.

MM. Lorentz et Parade, en s'appuyant sur la conception de la série normale, ont mis en œuvre ces mêmes données pour créer leur méthode mixte d'aménagement par volume, laquelle est généralement appliquée en France.

Dans le Cours de culture des bois, cette méthode est exposée dans les termes suivants ^ :

424. — Âpres avoir, s'il y a lieu, partagé la forêt en séries et avoir fixé le terme de la révolution pour chacune, on divise de même la durée de celte révolution en plusieurs époques ou périodes, afîn d'embrasser plus aisément la marche des exploitations, et de pouvoir vérifier et rectifier celte marche avec plus de facilité, si, à un moment quelconque, on le jugeait nécessaire. 11 convient, en général, que ces périodes soient des parties aliquotes de la révolution et, de plus, égales entre elles; le plus ordinairement, on les fait de 20 ou 10 années, et, dans ce cas, on leur donne le nom de décennies.

425. — Cela fait, on opère sur chaque série séparément, et Ton s'oc-

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