Trailement des bois en France, pages 209 et suivantes
Dans un perchis de jeunes sapins, au-dessus duquel on voit de loin les flèches les plus hautes s'élancer à Tenvi, l'éclaîrcie se fait, pour ainsi dire, naturellement; les tiges les plus faibles, rapidement dépassées, restent en sous-étage, procurant la dénudation des fûts, interceptant la lumière, enrichissant le sol d*un bon lit de feuilles mortes et vivant ainsi de longues années. Le développement d'un tel perchis est excellent et la production du sol aussi grande que possible. Cependant, quand les sapins de l'étage supérieur sont devenus des arbres de O'ySO de diamètre, plus tôt même si le peuplememenl est uniforme, il y a lieu d'intervenir par des éclaircies vraies, non seulement pour réaliser les perches dépérissantes, mais pour desserrer les cimes et assurer l'accroissement continu.
La composition moyenne d'un peuplement régulier, bien complet, peut présenter en sapins des Vosges :
à 0",20 de diamètre à hauteur d'homme : 1 ,200 à 1 ,800 perches ;
à ,30 — — — 500 à 700 arbres ;
à ,40 — — — 300 à 400 arbres ;
à ,50 — — — 200 à 250 arbres ;
îi ,60 — — — 150 à 200 arbres.
Il est inutile de les maintenir longtemps plus serrés, car alors ils grossiraient trop lentement et la plupart n'arriveraient pas à de fortes dimensions.
Mais dans une sapinière, Téclaircie est délicate et peut devenir très dangereuse. Pour que la végétation soit toujours bonne, il faut que les cimes des sujets d'avenir aient un espace suffisant pour développer un appareil de branches proportionné à la hauteur du fût ; mais aussi il faut que le sol reste bien couvert. On obtient ce résultat en faisant porter l'éclaircie sur l'étage supérieur uniquement ; elle y prend d'abord les tiges dégradées * et les cimes comprimées par les voisines, puis encore, de dislance en dislance, môme un pied vigoureux, de manière, de temps en temps, à rompre l'enlacement des cimes trop nombreuses. Les voisines remplissent peu à peu l'espace libre, et si on respecte absolument l'étage dominé, qui n'est jamais à l'état serré, le massif reste toujours complet ; tout arbre mort, brisé ou enlevé dans l'étage supérieur, laissant audessous de lui quelque remplaçant prêt à combler la trouée.
Il est de première importance, ici surtout et plus que partout ailleurs, de conserver les sujets dominés, quelle qu'en soit la hauteur; dans les sapinières, ils persistent indéfiniment, donnent de la consistance au massif, conservant la fraîcheur du sol et remplaçant très bien les sujets