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Art. 70 de Tordonoance réglementaire du 27 août

ARTICLE DEUX Méthode do traitement

i !•'. — £a régénération.

218. La régénération est une conséquence nécessaire de l'exploitation. — Toute la méthode de régénération dans un taillis simple régulier repose sur le fait même de l'exploitation. Les points essentiels à considérer pour assurer la production permanente des rejets sont relatifs à l'âge de l'exploitation des peuplements, à la saison la plus favorable pour faire la coupe et au mode d'abatage des produits.

219. Age de l'exploitation. — Pour assurer la reproduction, il faut que, au moment de l'exploitation, les tiges possèdent encore la faculté de rejeter abondamment de souches.

Cette limite varie avec les essences, le sol et le climat. On sait que les souches repoussent d'autant mieux qu'elles sont exploitées plus jeunes (61) ; le terme inférieur reste donc en dehors des conditions économiques du traitement. Le terme supérieur peut être établi, dans la moyenne des cas, vers l'âge de 40 ans. On aura toujours intérêt à se rapprocher de ce terme parce qu'en découvrant moins souvent le sol, on entretient mieux sa fertilité.

C'est aussi celui qui semble le mieux satisfaire les intérêts du propriétaire. En eifet, on ne se représente pas facilement le changement énorme qui se produit dans le rendement des taillis au fur et à mesure qu'ils avancent en âge. Avant la formation du massif, la production est pour ainsi dire insignifiante, et le même peuplement à 10 ans vaudra 4 fois moins qu'à 20. Quant au taillis de 30 ans comparé à celui de 20, c'est comme une autre forêt ; il est formé de fortes perches dont les branches représentent seules, dans l'étage élevé des cimes, toutes les ramilles du jeune taillis.

D'ailleurs, la composition naturelle varie avec les révolutions, et la constitution de la forêt s'améliore quand on prolonge leur durée. Alors les buis durs deviennent relativement nombreux ; les arbustes

TAILLIS SIMPLE RÉGULIER. ilio

Cl les arbrisseaux dont la vitalité est entretenue par de fréquents recepages perdent peu à peu du terrain.

220. Saison de Texploitation. — Ou exploite généralement les taillis en hiver : c'est aussi la saison qui semble la plus favorable à tous les points de vue. En effet, les souches renferment, en hiver, une quantité maxima de réserve alimentaire; les rejets du premier printemps seront les plus vigoureux et les mieux nourris ; ils disposent aussi d'un temps de végétation plus long que ceux qui naîtraient à toute autre époque de Tannée. A ce point de vue, dans les climats doux, on peut, sans trop d'inconvénients, retarder l'exploitation jusqu'à la fin du printemps, car les rejets de juillet ont encore le temps de s'aoûter avant la mauvaise saison. Les taillis coupés après le mois d'août ne donnent que des rejets en faible quantité et ({ni, pour la plupart, sont détruits par l'hiver. C'est seulement au printemps suivant que naîtront les rameaux utiles.

D'autre part, l'hiver est la saison où les autres travaux de la campagne étant suspendus, on dispose du plus grand nombre de bras pour les exploitations forestières. Dans les limites de la saison d'hiver, l'époque préférable pour la coupe des taillis est subordonnée à la rigueur du climat. Dans les régions méridionales, on peut commencer l'exploitation dès la fin de l'automne et la prolonger jusqu'au premier printemps. Au contraire, sur les points où l'hiver est rigoureux, on risque de voir les souches dégradées parles grands froids ; le bois gelé éclate aussi sous la hache et les sections d'abatage ne présentent plus la netteté désirable. Il est alors prudent de ne commencer les exploitations que vers la fin de l'hiver ou, au plus tôt, dans la seconde quinzaine de février.

221. Mode d'abatage. — L'abatage doit se faire avec des instruments bien tranchants, en prenant les précautions voulues pour ne pas déchirer l'écorce au-dessous de la section ; on donne à celle-ci un léger bombement vers l'extérieur, de façon à faciliter l'écoulement des eaux. Le point capital est d'exploiter aussi près de terre que possible pour forcer les rejets à naître au niveau du sol et obtenir (le véritables rejets de souches (63). Néanmoins, dans les sols

TRAITK DE SYI.Y. 13

exposés à être régulièrement submergés, il est permis de faire la section à un ou deux centimètres au-dessus du sol pour que les souches ne se trouvent pas complètement enfouies sous les dépôts possibles de limon.

Quant à la coupe en terre, si, à la rigueur, son emploi est justilOié dans les régions méridionales, ce n'est pas, comme on le verra plus loin, parce que révolution des rejets nuit à celle des drageons, et, quelle que soit d'ailleurs Tabondance de ceux-ci, on a toujours tort de se priver de l'utile appoint que les rejets apportent à la régénération.

2 2. — Le$ soins cuUuraux,

222. Leur peu d'importance. — Les soins culturaux à donner à ces peuplements se bornent à quelques plantations sobrement faites pour compléter la régénération sur les points clairières par la mort accidentelle d'une ou de plusieurs souches.

Les brins mis en terre seront dégagés périodiquement afin qu'ils ne soient pas étouffés par les essences inférieures qui menacent sans cesse de les envahir.

Le plus souvent même, ces plantations seront rendues inutiles, si on prend soin de dégager les semis naturels qui se rencontrent presque toujours plus ou moins nombreux ; ces semis proviennent de graines fournies par le taillis lui-même, ou par des arbres constitués qui fructifient dans les environs.

Dans les taillis simples réguliers, tous les sujets ont un même avenir et sont appelés à une même fin prochaine. Les cépées sont assez espacées pour ne pas trop s'entraver l'une l'autre, et, si la lutte s'engage, ce ne peut être qu'entre les brins sortant d'une même cépée : elle est alors de trop courte durée pour qu'il soit nécessaire d'intervenir. Si, enfin, on désire améliorer les produits, on s'adresse à l'ensemble des tiges, en augmentant la durée des révolutions. Dans ces conditions, on n'a aucun intérêt à créer des individualités, et l'éclaircie ne se justifie pas.

Si, exceptionnellement, en sol très fertile, dans un mélange de

TAILLIS SIMPLE RÉGULlËIi. i227

bois blaiics et de bois durs, les premiers sont exploitables avant les seconds, on peut les extraire, en temps opportun, avant la coupe principale. Mais alors ces éclaircies ne sont que des réalisations anticipées et elles perdent tout leur caractère cultural.

ARTICLE TROIS Principales appUcations.

i ï^. — Traitement du chêne yetue,

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