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Situation généralement mauvaise de ces taillis. — En

général, les taillis de chêne yeuse, tels qu'ils existent aujourd'hui, se présentent dans de mauvaises conditions. Ils sont clairières, formés de tiges grêles et même de broussailles et ne donnent que de très faibles revenus; c'est à peine si, en moyenne, ils produisent \ */, mètre cube et s'ils donnent un revenu de 10 francs par hectare et par an.

Pour les ramener à une situation meilleure, il sufSt de les bien exploiter, en adoptant une révolution convenable.

224. Coupe entre deux terres. — Les rejets de chêne yeuse naissent en terre tout près du collet de la racine et forment, par leur ensemble, une riche cépée. Pour en assurer la production, il faut donc ravaler toutes les vieilles souches, exploiter rez terre et même un peu au-dessous.

On remarque, en effet, que les souches exploitées trop haut se dessèchent à l'ardeur du soleil du midi, l'écorce se détache du bois et les rejets ne poussent plus. Cet inconvénient est évité par la coupe entre deux terres, et, quand la nature pierreuse du sol ne permet pas de la pratiquer, il sufiBt de préserver la section, en la recouvrant de quelques centimètres de terreau mélangé de broussailles. De la sorte, après une exploitation bien faite, aucune souche ne doit apparaître à la surface du sol. Les brins de semence non recepés, faute de soins, restent rabougris dans le taillis, il faut également les couper sous terre comme les drageons languissants; on multiplie ainsi les bonnes cépées.

228 THAITKMENT DES FORÊTS.

225. Saut du piquet. — Les arrachis de souches, introduits par la pratique malheureuse de faire saïUer le piquet, sont les causes constantes de l'appauvrissement des taillis de chêne yeuse et rien ne les justifie, si ce n'est qu'ils donnent l'occasion d'augmenter les rendements en écorce au détriment du propriétaire.

Pour faire sauter le piquet, on coupe chaque brin de la cépée à 25 centimètres au-dessus du sol; puis, avec une forte cognée, appelée passe-partout, dont le tranchant est mal avivé, on refend la souche entre les tiges principales. Avec la tête de la cognée, on frappe ensuite sur chaque brin jusqu'à ce qu'on l'ait ébranlé au point qu'il puisse facilement être arraché à la main. Si la partie de la sQuche que l'on frappe se brise à quelques centimètres en terre, il n'y a que demi-mal, la souche existe toujours et elle fournit des rejets; mais si, comme cela arrive trop souvent, ou arrache la souche entière avec des lambeaux de racines, on fait un véritable délVichement. L'opération est donc désastreuse à tous les points de vue^

226. Choix des révolutions. — Les révolutions actuelles, qui varient de 8 à 15 ans, pourraient sans inconvénients être portées à 20 et 25 ans. Les recherches de M. A. Rousset " démontrent que , dans les taillis du Var, le rendement en écorce est maximum vers l'âge de 22 ans, et que ce revenu peut encore se maintenir constant pendant 3 ou 4 ans après cette époque. A ce sujet, il y aurait donc avantage à augmenter la révolution, avantage bien plus marqué encore, si l'on fait entrer en ligne de compte la valeur du bois et les facilités que l'on en tirerait pour l'exercice du pâturage.

11 est très important, en effet, de fermer les forêts au parcours, non seulement dans les premières années, mais encore 2 ou 3 ans avant la coupe. On assure ainsi le repeuplement naturel et gratuit des vides si nombreux dans les taillis de chêne yeuse, où trop souvent les cépées éparses n'occupent que la moitié du terrain ; car les

1 . Regirobeau, inspecteur des forêts, le Chêne yeuse ou le chêne oerl dans le Gard. Ntmes, iiupr. Jouve, 1879.

2. A. Rousset, Recherches expérimentales sur les écorces du chêne yeuse, Paris, iD)priDicrlc ualionalc, 1878.

moulons sont très friands des glands et leur piétinement qui tasse le sol s'oppose à la production du serais. Or, si l'on évite d'admettre les moutons dans les bois 2 ans avant la coupe et 8 ans après, il est clair que, plus la révolution sera longue, plus les troupeaux auront de temps à passer en forêt. Un bois aménagé à 15 ans n'est défensable que sur le tiers de son étendue, celui aménagé à 30 ans peut, sans plus de dommage et avec plus de proiit, être livre au pacage sur les deux tiers de sa surface. II faut d'ailleurs limiter le nombre des moutons à deux seulement par hectare, sinon ils sont forcés de brouter le taillis pour vivre, ils émiettent la terre, la tassent et iniinentla forêt*.

Les taillis de chêne yeuse ne comportent pas d'éclaircies, mais il serait intéressant d'essayer si une opération de ce genre effectuée très largement dans un vieux taillis ne permettrait pas de le constituer dans un état favorable à la production de la truffe V

i 2, — Traitement des diénes à feuilles caduques.

227. Le chêne tauzin. — D'habitude, pour le chêne tauzin, comme pour le chêne yeuse, on adopte des révolutions trop courtes; on peut, sans inconvénients pour les qualités de l'écorce, les fixer à 25 ans. On augmentera aussi le rendement en bois, car les taillis de cette essence ne se constituent en massif que versTàge de 12 ans et ce n'est qu'après cette époque qu'ils entrent dans la phase de la production normale.

D'habitude, on compte également comme taillis simples ceux dans lesquels on réserve au moment de la coupe un certain nombre de brins qu'on laisse grossir pendant une seconde révolution. Ces petites réserves, qui n'atteignent jamais la dimension d'arbres de futaie, ne perdent pas la faculté de rejeter de souche et leur présence ne modifie en rien l'ensemble du traitement ; on peut donc, sans changer le

1. Parmi les taillis de chêne vert maintenas en excellent état de rendement par les moyens ci-dessus indiqués, on peut citer ceux appartenant à U. Maître et situés à Yiileneuvette par Clermont de rHérault.

'2. Broilliard, Trailemcnt du bois en France, p, lOC*.

régime, avoir recours à ce procédé partout où on a intérêt à produire du menu bois d*industrie.

228. Le chêne pédoncule et le rouvre. — Les taillis de la Sologne, en grande partie peuplés de chênes pédoncules, sont, en général, exploités à la révolution de 25 ans ; à cet âge, ils donnent du bois de rondin, et même du bois de petite industrie. Le chêne pédoncule protège mal le sol, aussi la situation est meilleure quand il est mélangé à une forte proportion de chêne rouvre.

Ce dernier forme les haies à écorce des Ardennes, où il est souvent associé avec le charme, le bouleau et le noisetier.

Dans cette région, les forêts sont encore soumises à la pratique du sartage, dont il sera question dans l'article 4 ci-après.

i 3. — Traitement d'essences diverses .

229. Le châtaignier. — Le châtaignier traité en taillis simple ne prospère que dans les climats doux et sur les sols siliceux, légei-s, profonds et fertiles ; les terrains divisés comme les scories volcaniques du Plateau central lui conviennent particulièrement.

Il est souvent avantageux d'avoir recours à ce genre de culture. M. Broilliard * recommande le procédé suivant pour la création artificielle d'une châtaigneraie:

Pour planter un taillis de chfttaignier, il est à conseiller de défricher le terrain sur une assez grande profondeur, soit au moins 0",25; il est bon de l'ameublir ensuite par une culture de pommes de terre ou autre plante sarclée et de recommencer Tannée suivante, si le terrain n*est pas complètement nettoyé des plantes sauvages. Après cela seulement on met en terre, de préférence au printemps pour éviter Taction des gelées prinlanières auxquelles cet arbre est très sensible, déjeunes plants de châtaigniers âgés de 3 ans et élevés en pépinière. On peut les espacer à 3 mètres dans tous les sens. La plantation terminée, on ensemence de nouveau le terrain en pommes de terre ou en seigle, en alternant ces cultures continuées pendant quelques années seulement. Quatre ou cinq ans après la plantation et, mieux, quand les jeunes sujets ont6 à 8 centimètres

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