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Gninicr, Furetage du hêtre, Heviie des forêts

de dépeindre le furetage sous des couleurs bien sombres ; mais^ à côté du tableau lamentable qu'il en fait, on peut citer, dans toutes les régions, bon nombre de taillis, furetés depuis un temps imméniorial, qui se trouvent encore dans des conditions très avantageuses.

ARTICLE DEUX Méthode de iraitemeiit.

240. Mode de reproduction. — La nécessité de ménager tous les rameaux d'avenir force de couper les perches exploitables à un certain niveau au-dessus du sol, de telle sorte que les jeunes rejets naissent, tantôt de bourgeons préventifs sur le chicot des perches récemment exploitées, tantôt sous forme adventive sur la couronne même de la section ; en tous cas, ce sont des rejets de tiges qui ne s'affranchissent jamais (63). De la sorte, les souches coupées d'abord rez terre, se développent à la façon des têtards, et les broussins informes qui les recouvrent atteignent parfois plusieurs décimètres au-dessus du sol ; alors elles perdent toute chance de se perpétuer, et un jour ou l'autre elles périront (Je vétusté.

Pour les remplacer, il faut utiliser les faux-drageons, les brins de semence qui naissent dans les intervalles ou, à leur défaut, marcotter des rejets traînants. Ces brins de remplacement, formés de tiges isolées, demandent des soins particuliers avant de rentrer dans le cadre général de l'exploitation. Ils seront recepés d'assez bonne heure pour provoquer l'évolution de plusieurs rejets, dont on prend d'abord un, puis deux, en ayant soin de conserver des tirants de sève. Ce n'est qu'après plusieurs rotations que la souche prendra l'aspect franchement fureté.

Si les brins de semence se garnissent à leur pied d'une collerette de rejets, comme cela se présente souvent, dans la région des Pyrénées, par exemple, on ne les coupera que quand ils auront atteint les dimensions marchandes.

241. Réglementation. — Les conditions de la jouissance d'un taillis fureté doivent être sévèrement réglementées, c'est-à-dire qu'il

TAILLIS SIMPLES FUKETÉS. 231)

faut s'a:>lreindre non seulement à ne réaliser que des brins de calibre, mais encore à couper le plus grand nombre de ceux-ci. Autrement les perches dominantes auront des tendances à se former en massif assez serré pour arrêter le développement des rameaux intermédiaires et de ceux naissants, ce qui conduit à abandonner le furetage, pour se rapprocher d'un état de perchis plus ou moins réguHer, dont le traitement convenable n'aurait plus rien de commun avec le précédent.

La réserve des brins exploitables par leurs dimensions ne se justifie donc que dans des cas particuliers: quand, par exemple, il ne se trouve à leur pied aucun brin dominé pour les remplacer, ou par la nécessité de maintenir toujours le sol couvert. Néanmoins ces considérations rendent souvent la désignation des perches à abattre, chose fort délicate: ce sont des opérations culturales au premier chef et qui exigent Tintervention directe d'un forestier. 11 n'est donc pas étonnant que le furetage appliqué sans méthode et sans règle ait aidé à la destruction de forêts déjà fortement menacées par les abus du pâturage.

D'ailleurs la formation d'étages correspondants à chaque rotation est purement théorique, la confusion des grosseurs s'établit, indépendamment des âges, parmi des tiges dont les conditions de vigueur et de développement sont souvent fort différentes sur une même cépée: en fait, il n'y a jamais que deux étages distincts, quelle que soit la durée des rotations. Aussi il ne semble pas nécessaire d'exagérer le nombre de celles-ci. En augmentant, au contraire, dans une Hmite convenable, l'intervalle qui sépare les retours de la hache, on rendra plus nette la distinction entre ces deux étages, sans nuire à leur constitution réciproque. Le peuplement sera moins exposé aux dégradations et aux fatigues, qui sont la conséquence de toute exploitation, et on aura l'avantage d'étendre les surfaces où les jeunes rejets étant plus âgés, le pâturage sera moins nuisible. A tous les points de vue, les rotations de 12 à 15 ans seront préférables à celles de 8 à 12 ans.

En dehors de ces recommandations d'un ordre général, il n'est aucune règle bien fixe à établir pour un mode de traitement dont les effets sont, en somme, très variables. Tout au plus, en tenant

240 TRAITKMKNT DES FOUETS.

compte des circonslances locales, sera-t-il possible de rédiger, sous forme d'insluiction, une formule résumant dans ses plus grandes lignes la manière d'opérer dans une région donnée.

242. Remarque. — Les coupes principales tiennent lieu d'éclaircie, comme dans le jardinage; aussi les taillis furetés ne comportent pas d'autres soins culturaux que ceux rendus nécessaires pour assurer le remplacement des souches mortes. C'est ici que le mode de rajeunissement par marcotte trouve son application la mieux justiliée dans le traitement des forêts.

Ces peuplements n'admettent pas davantage la constitution d'une réserve formant étage dominant. On ne conçoit pas bien la composition d'une sorte de taillis sous futaie dans lequel le sous*étage serait fureté; car les cépées elles-mêmes sont déjà formées de tiges superposées, dont les plus jeunes, appelées à devenir dominantes un jour, exigent assez de lumière pour fonctionner utilement; nécessairement un troisième étage ne pourra que les entraver, au point môme d'arrêter leur évolution. Le nombre des perches qu'on serait tenté de conserver comme porte-graines sera donc toujours restreint, et on les choisira de préférence parmi les brins de franc pied. D'ailleui^s, on constate que les hêtres se comportent assez mal à l'état isolé dans les régions où l'on pratique le fureiage et qu'ils donnent rarement de beaux arbres.

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