‹ Traité de thérapeutique appliquée (volume 2)Chapitre 20 sur 66 · C. — TRAITEMENT CHIRURGICAL · texte numérisé non relu

C. — TRAITEMENT CHIRURGICAL

L'encision du furoncle peut être abortive; elle est indiquée dès que la tuméfaction est forte, que la douleur est insupportable, et que le conduit est presque oblitéré, surtout si l’engorgement phlegmoneux péri-auriculaire et mastoïde est prononcé.

On peut endormir la sensibilité par la cocaïne (1/5) en application immédiate; soit donner le bromure d'éthyle, soit faire une ?njeclion sous-cutanée de morphine préalablement; la douleur de l’incision est fort vive, en effet. On la calmera, l'incision faite, aussitôt le pus sorti et étanché, avec une solution de morphine (0,10/10), appliquée avec de l’ouate hydrophile, portée au contact de l’incision.

L’incision se fait sur la tumeur saillante ; quand le conduit gondolé, déformé, offre plusieurs points saillants inégaux, on incise sur le côté du conduit qui répond à l’engorgement périphérique le plus prononcé et le plus douloureux.

On se sert d’un petit couteau à lame droite, à pointe mousse, qu'on introduit à plat, aseptisé, au-dessus de la tumeur tendue, et assez loin; puis, d’un geste, on tourne le tranchant en bas, et l’on incise en ramenant la lame à soi vivement.

Le bourbillon, avec du sang, sort en général aussitôt; le prendre avec la curette, ou presser pour le faire sortir est extrêmement douloureux. On trouve parfois un second furoncle en face, ou en arrière même du premier, et le stylet ouaté ne peut franchir le point incisé pour ramener tout le pus au dehors ; le nettoyage du fond soulage toujours. La dou-

leur est telle que ces soins sont difficiles à appliquer parfois, au moins immédiatement.

On panse avec la solution de phéno-salyl à À p.100, morphinée, où avec l'alcool absolu boriqué (saturé), très bien supporté et qui termine rapidement la série infectieuse. (Læœwenberg.)

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