D. — TRAITEMENT CONSÉCUTIF
Il a pour but de prévenir les récidives. Le furoncle guéri, il n’est pas rare de voir se produire dans le conduit une desquamation épithéliale plus ou moins abondante; celle-ci provoque de la démangeaison, etle malade est amené à se gratter, d'où des plaies qui peuvent servir de porte d'entrée à l’infection. Pour prévenir ces démangeaisons, Politzer conseille de badigeonner tous les deux jours, pendant plusieurs semaines après la guérison, le conduit auditif cartilagineux avec la pommade suivante :
% Précipité blanc. . . . . . . . . . . . 06,30 Vaseline. . . . . . . . . . . . . . . 12 grammes. M. 5. à.
ou % Acide borique . . , . . . . . . . . . 1 gramme. Vaseliness MAR 20 M.s.a.
Weber-Liel conseille les badigeonnages à l'alcool. Dans {ous les cas, on évitera les lavages du conduit avec de l’eau.
Otite externe circonscrite périostique.
À. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Nous avons décrit sous ce nom certaines altérations bien limitées du conduit, d'origine nettement rhumatismale dans
bien des cas, infectieuses aussi, et qui d’après leur aspect, leur siège et leur marche semblent bien avoir pour point de départ le tissu périostique de la portion osseuse du conduit; elles sont plus fréquentes chez les otorrhéiques.
Les phénomènes douloureux sont fort peu accusés; et c’est la surdité seule qui amène le malade, adulte ou enfant, à faire examiner son oreille. Le patient a éprouvé de la fièvre, de la céphalalgie, du côté atteint, surtout vers le soir, et dans le courant de la nuit. Souvent le pharynx a été enflammé assez violemment; parfois on constate qu’il existe une jointure un peu douloureuse. D’autres fois, une otite aiguë générale périostique évolue d’un côté; et sur l’autre, on ne trouve que les petites lésions limitées auxquelles nous faisons allusion. Entre autres, j'ai constaté cette cause de surdité chez un adulte guéri de pleurésie purulente avec vomique (infection secondaire).
B. — TRAITEMENT
Le traitement est des plus simples : lavage du conduit avec de l’eau boriquée liède; et à l’intérieur on prescrira le salicylate de soude ou le sulfate de quinine au début.
On n'oubliera pas de soigner la pharyngite rhumatismale si elle existe. Les exsudats solides (Voy. Ostéomes) peuvent nuire à l’audition au point d'exiger leur ablation.
Otite externe diffuse aiguë.
A. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES L'inflammation peut débuter par le conduit auditif externe
et s’y limiter; ou bien née soit du pavillon, soit de l'oreille moyenne, elle envahit secondairement le conduit.
Quand elle succède à une affection analogue du pavillon auriculaire, l’otite est plutôt une dermite, car l'inflammation s’est propagée de dehors en dedans par la peau commune aux deux régions; dans le cas où l’inflammation née de l'oreille moyenne s'étend vers le conduit, c’est par le périoste que la propagation a lieu; et c’est, à vrai dire, une pérrostite qui se déclare (fusée purulente sous-périostique, complication des infections otorrhéiques). (Voy. Otorrhée.) La simple dermite peut se compliquer de périostite par les progrès de l’inflammation en profondeur; l’otorrhée amène aussi la furonculose par infection glandulaire.
Il est à noter que mieux on examinera les oreilles, moins on trouvera de cas d’otites externes essentielles ; presque toujours, surtout chez les enfants, 11 y a une otite moyenne primitive.
B. — TRAITEMENT
Au début, le traitement antiphlogistique est indiqué; deux à quatre sangsues au-devant du tragus diminueront la fluxion et la douleur. La diète, le repos, un purgatif salin sont à recommander.
Localement, on prescrira des bains d'oreille de dix minutes, fréquemment renouvelés, avec de l’eau boriquée tiède (bouillie).
La douleur sera calmée par des instillations dans l'oreille de la solution suivante :
% Sulfate d’atropine . . . . . . O8r,05 Eau distillée. . . . . . . . . 20 grammes.
Dissolvez.
qu’on versera chaude dans le conduit.
Contre le prurit, on pratiquera des lotions chaudes douces, avec un pinceau imbibé de :
% Bichlorure de mercure, . . . 06r,25 : Eau . . . . . . . . . . . . 200 grammes.
Dissolvez.
L’insomnie, la fièvre seront traitées soit par une potion opiacée stibiée, soit par le sulfate de quinine (60 à 75 centigrammes), uni chez l’adulte à l’opium (10 centigrammes pro die) en cinq à six prises, chaque jour.
Dès que l’écoulement apparaît, la douleur cesse, et une nouvelle indication se fait jour ; il faut balayer le pus et les exsudats. Dans ce but, les ënjections auriculairestièdes, douces, répétées, avec des solutions de substances d’abord légèrement calmantes, plus tard astringentes, et toujours antiseptiques, sont indiquées : eau phéniquée à 1 p. 200 ; de phéno-salyl à 1 p.100 ; de sulfate de zinc ; de tannin, etc. Un tube à drainage fin au bout d’une canule de verre conique, introduit dans le conduit rétréci, assure l'effet. On doit éviter d'employer les huiles et les corps gras. On panse avec l’ouate trempée des mèmes solutions, en remplissant hermétiquement d’un seul tampon le conduit (ouate salicylée, boriquée, salolée); la conque est ensuite couverte d'ouate sèche.
On a vu l'otite externe provoquer une méningite; c’est donc une affection à ne pas négliger.
Le traitement de l'écoulement et de ses suites sera tracé dans le chapitre consacré à l’otite externe chronique.
Mais répétons que la durée de ces symptômes doit faire admettre une affection de la caisse.
Otite externe chronique diffuse.
AÀ.— CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Comme nous l'avons déjà fait remarquer au début, la première chose à savoir, ici comme pour la forme aiguë, c’est s’il s’agit seulement d’une otite externe.
Souvent le problème n’est pas d’une solution aisée, en présence de l'écoulement, des exsudats et du gonflement des parois.
Un examen méthodique des parties est seul capable de nous renseigner sur l'existence d’une otite moyenne OU tive avec tympan perforé.
Par sa persistance, cette forme d’otite est d’un pronostic sérieux ; elle doit être soignée avec beaucoup de persévérance; ses récidives liées soit à des lésions profondes méconnues, soit à des dyscrasies, sont fréquentes ; elle peut amener à sa suite des rétrécissements du conduit, des polypes, des altérations graves du tympan, etc.; et même, disent les auteurs, par des fusées purulentes, mettre la vie en danger ; or, celui-ci nait de la sécurité qui est due au diagnostic faux d’otite externe, erreur commune. (V. Otorrhée.)