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B. — TRAITEMENT GÉNÉRAL

Chez l'enfant, au moindre soupçon de syphilis héréditaire, on devra instituer le traitement spécifique, quand surtout l'affection résiste aux topiques connus méthodiquement appliqués. On prescriraun gramme de liqueur de van Siwieten par jour, dans une tasse de lait, en trois ou quatre fois. On peut y ajouter une goutte de teinture d'iode dans un peu de lait, deux à trois fois par jour.

Lorsque l'administration de ces médicaments par la bouche est impossible (troubles gastriques, diarrhée, refus), on prescrira un gramme de swblimé, au maximum, dissous dans de l'alcool, à mettre dans le bain quotidien de l’enfant; cela, si la peau est indemne bien entendu; dans le cas contraire, on abaisserait la dose de sublimé à 20, 10 centigrammes, suivant l’âge de l’enfant.

Les lymphatiques, les scrofuleux, les arthritiques seront soumis aux régimes et médications appropriés. Nous conseillons le fer, l’arsemic, l'emploi de l'huile de foie de morue, et du sirop iodo-lannique.

Les bains de mer sont en général dangereux.

Quant aux eaux thermales sulfureuses ou chlorurées, elles sont au contraire parfaitement indiquées, localement et en

bains : leur action excitante doit être surveillée. (V. Traite-

ment général.) C. — TRAITEMENT LOCAL

L'otorrhée est le symptôme majeur: c’est parfois un flux véritable.

La première indication est de balayer le pus et les produits des sécrétions pathologiques qui encombrent le conduit, après quoi seulement il sera possible d'agir sur la peau du conduit par les topiques appropriés.

Les lavages seront fréquents, ils seront répétés deux ou trois fois par Jour, et plus si besoin est.

Ils seront faits à grande eau, mais sans violence aucune ; ils ne doivent causer ni douleur ni étourdissement. Le pavillon de l'oreille est tiré en haut et en arrière; la tête du sujet inclinée du côté qu'on lave, sur le récipient, dont le bord appuie sur le cou du sujet, au-dessous du lobule.

Les liquides employés : eau boriquée (40 p. 100) ; phénosalyl (4 p. 100) seront toujours tièdes. À l'irrigateur Eguisier, d'une asepsie impossible, aux elyso-pompes, aux poires de caoutchouc fournissant un jet jamais égal et ne permettant pas le passage d’une assez grande quantité de liquide, nous préférons le siphon de Weber ou mieux un simple bock (tôle émaillée ou verre) laveur ordinaire, d’une propreté constante, inattaquable par les solutions employées, s’amorçant tout seul, et dont il est possible de graduer l'intensité du débit et la force du jet, en élevant le récipient plus ou moins haut au-dessus de l'oreille malade.

A ce récipient on adaptera un tube de caoutchouc assez long, terminé par une canule sur laquelle on fixera une sonde conique en .caoutchoue rouge (canule spéciale au patient). On introduira cette canule dans le conduit, et grâce à son petit calibre, elle permet le reflux facile du liquide injecté tiède. Cette canule doit être lavée aussitôt après dans l’eau

bouillie carbonatée.

Le conduit nettoyé (et pour le faire sans dommage on devra compter plutôt sur la répétition des manœuvres que sur leur vigueur), on y versera les liquides modificateurs. Sous forme de bains d'oreilles, d’une durée de dix à quinze minutes, ils sont d'un grand effet et d’une pratique facile ; deux, trois fois par Jour.

Pour les /avages, on emploie d'ordinaire l’eau boriquée (40 p. 1000), le phéno-salyl À p.100). (Voy. Otorrhée.)Si le conduit cependant est rempli de croûtes, squames, furfures, nous recommandons, au lieu de ces liquides, d’injecter les solutions chaudes très étendues de bicarbonate de soude (10 p. 500), qui ramollissent bien et détachent les produits adhérents : le bain d’eau oxygénée est un détersif excellent. Nous conseillons ensuite d’injecter: acide phénique (1 p. 100, 1 p.200) ; azotate d'argent (1p.1000); perchlorure de fer ou tartrate ferrico-potassique (10 p. 1000), etc. ; l’eau de Challes, l’eau de Cransac, etc., dans les flux et les séborrhées.

Nous faisons toujours enduire de vaseline la conque et l'entrée du conduit au moment des injections d’azotate d’argent.

Les huiles, pommades, poudres, doivent à notre avis être proscrites absolument.

Pour les bains, on emploiera les solutions tièdes de sulfate de zinc, d'alun (qui passe pour provoquer la venue de clous dans le conduit), d'alcool boriqué au 3/4, à 1/2, enfin pur.

L'eau blanche est aussi très recommandable, pourvu qu’on surveille, et qu’on évite les dépôts en alternant avec des lavages d’eau bouillie, d'eau salée, ete. (Ce traitement se confond avec celui de l’otorrhée, qui fait l’objet d’un chapitre spécial.) Je termine toujours par un pansement avec le tampon d’ouate poussé au fond du conduit, trempé de la solution de phéno-salyl à 1 p. 100.

Otite externe desquamative (kératose obturante de Wreden).

Cette affection, bien que se rapprochant beaucoup, au point de vue thérapeutique, des obstructions du conduit auditif externe dues à des bouchons de cérumen, en diffère pratiquement par ce fait que, dans la kératose obturante de Wreden, la masse qui obstrue le conduit adhère solidement aux parois et ne peut être enlevée que très lentement et avec grande difficulté.

On ramollira tout d'abord les masses épidermiques par des bains d'oreilles avec des solutions alcalines tièdes (bicarbonate de soude, eau de Vichy, eau de chaux) ; puis on les enlèvera par des injections. Hartmann conseille les instillations faites avec une solution huileuse d'acide salicylique à 2 p. 100, suivies d’injections de solutions alcalines.

Si l’on ne pouvait pas y parvenir, ou dans le cas de récidive, il faudrait alors recourir au morcellement avec les pinces, et même à l’ablation avec la curette, après anesthésie générale, nécessaire le plus souvent en ce cas.

Une fois les masses enlevées, on prescrira des instillations de sublimé (10 centigrammes pour 50 grammes d’eau) pendant quelque temps, et l'exploration fréquente en vue des récidives.

Ostéo-périostite du conduit auditif.

À. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

L'ostéo-périostite du conduit est extrêmement fréquente; c’est une complication par infection secondaire extensive du foyer purulent chronique ou aigu des cavités tympaniques et

mastoïdiennes. Tantôt c’est le périoste de la paroi inféro-postérieure qui se décolle; le pus s'étale, la paroi se soulève, et le conduit auditif est obturé par une saillie cutanée rosée, sensible, molle, dépressible, tandis que le pus refoulé vers la caisse apparaît dans le conduit rendu béant par le stylet explorateur qui presse la bosselure. La périostite, d’autres fois, gonflant la paroi supérieure du conduit, amène son abaissement, au point de cacher le tympan, dans les affections aiguës ou chroniques suppuratives de l’attique, ou partie épi-tympanique de la caisse. On sait que Duplay a fait un excellent signe de l'otite ostéo-périostique infectieuse, de l'apparition sur la paroi postérieure du conduit osseux, en avant du tympan, d’une saillie rouge qui en rétrécit le calibre et annonce l’extension du processus. Dans un degré plus avancé, la tuméfaction chaude inflammatoire apparaît derrière le pavillon porté en avant; c’est qu'il y a un abcès sous-périostique de la région mastoïde, dénonçant une suppuration des cellules mastoïdes. (Ce sujet sera traité en détail à propos de l’otorrhée.) La saillie incisée, le pus s'écoule, et le stylet sent l'os dénudé.

B. — TRAITEMENT

Le traitement de cette fusée purulente qui décolle Le périoste est une incision longitudinale pénétrant jusqu’à l'os, suivie de pansements antiseptiques, soit avec la gaze iodoformée, soit avec des tampons d’ouate iodée.

C'est là en réalité une complication de l’otite moyenne suppurée. (Voir Otite suppurée.)

Syphilis de l’oreille externe,

1° L'accident prinutif s'observe au pavillon, mais c’est une rareté.

Le traitement général spécifique sera institué. Le traitement local consiste à protéger l’ulcération par un enduit de vaseline boriquée ou iodoformée, renouvelé avec soin.

2° Les accidents secondaires ne présentent rien de particulier à signaler sur le pavillon. Quant aux condylomes du conduit, abandonnés à eux-mêmes, ils peuvent en produire l’oblitération.

En plus du traitement général, on traitera les syphilides du conduit par des /avages avec des solutions alcalines et des instillations de sublimé à 1 p.000. Les condylomes seront touchés soit avec une solution concentrée de nitrate d'argent tous les trois ou quatre jours, soit avec le galvano-cautère. I] en sera fait de même dans les ulcérations tertiaires ; pansement isolant à demeure.

On a décrit des gommes du pavillon et du conduit, on les touchera avec la solution #odo-iodurée (hydrargyre et iodure).

Lupus du pavillon et du conduit.

Le lupus est justiciable des méthodes de traitement employées contre le lupus de la face.

A l’intérieur, on prescrira l'huile de foie de morue à hautes doses pendant l'hiver; l'été, on donnera les arsenicaux ;

Chez les strumeux, Le sirop iodo-tannique.

Le traitement local est ici de première importance; on emploiera le raclage, les scarifications linéaires quadrillées; mais le procédé de choix sera la cautérisation au ga/vano-cautère, ou, à son défaut, au {hermo-cautère.

Tumeurs de l'oreille externe.

Le traitement des kystes dermoïdes, des tumeurs érectiles, des anévrysmes cirsoïdes que l’on observe sur le pavil-

lon de l'oreille ne présente rien de particulier à la région.

La thérapeutique des chéloïdes et des fibromes du lobule du pavillon a été souvent modifiée; cela semble tenir à ce que chaque méthode compte des succès, mais aussi à ce qu'aucune ne semble mettre à l'abri des récidives. On essaiera done un des divers traitements préconisés : l’extirpation, les scarifications. la simple compression, les injections irritantes et enfin l’électrolyse, qui aujourd’hui paraît jouir d’un certain crédit.

Contre les tophus des goutteux, on prescrira un traitement anti-goutteux ; et l’on n'aura recours à l’excision que lorsque le patient lui-même la réclamera, ce qui est rare.

Cependant leur ulcération peut amener à en conseiller le curettage ou l’ablation.

Othématome.

A. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Ce qui est surtout curieux et intéressant dans l’histoire de l’othématome, ce sont les discussions auxquelles a donné lieu sa pathogénie.

On sait que cette tumeur sanguine est constituée par un épanchement de sang entre le cartilage et son périchondre, siégeant sur la face antérieure du pavillon.

À l'heure actuelle, on peut admettre que, à côté de l’hématome traumatique vulgaire, le plus fréquent, il y a place chez certains individus, les aliénés entre autres, pour la production de l’othématome spontané.

L'othématome spontané, d’un volume généralement petit, n'intéresse le plus souvent que la fossette scaphoïde. Rien ne signale son apparition.

L'aspect de l’hématome traumatique est tout différent : il peut comprendre toute la face antérieure du pavillon, péné-

trer même dans le conduit, oblitérer sa lumière, et apparaître enfin sur la face postérieure du pavillon en contournant le bord de l’hélix. Son début est toujours marqué par de violentes douleurs s'accompagnant d’un sentiment de tension, de chaleur des parties atteintes.

B. — TRAITEMENT

Quelle conduite tenir en face d’un hématome? Si l’on se trouve en présence d’un othématome spontané ou d'une très petite tumeur peu ou point douloureuse, le mieux sera d'attendre la résorption spontanée que l’on pourra favoriser par de simples applications de compresses froides, en évitant soigneusement de froisser les parties par l'application d’un bandage trop serré ou d’une pratique intempestive de massage ou de compression, dans la crainte de voir se reproduire l’épanchement sanguin.

Par contre, si la tumeur est volumineuse, douloureuse, on doitintervenir. L'intervention se fera de quatre à cinq jours après le début; on incisera très largement la tumeur; on évacuera les caillots, on pratiquera le nettoyage aseptique ou antiseptique de la poche, dont on pourra aviver les parois sil paraît nécessaire. Puis on suturera et on appliquera un pansement antiseptique compressif; la réunion devra se faire par première intention.

Malheureusement, quel que soit le mode de traitement employé, la guérison s’obtient généralement avec la persistance de déformations caractéristiques, que l’on peut constater sur les statues antiques de gladiateurs.

Tumeurs sébacées.

Les tumeurs sébacées (tumeurs molluscoïdes de Toynbee) du conduit s’observent surtout chez les vieillards.

On les fera disparaître en vidant le kyste de son contenu et en extirpant ou en cautérisant la poche.

XT1I Exostoses.

Les exostoses du conduit sont généralement des exostoses de développement, bien que l’on puisse incriminer souvent la diathèse goutteuse ou rhumatismale, la syphilis, et surtout les longues otorrhées.

Si l’exostose est petite et ne donne lieu à aucun trouble, il faut la respecter. Mais si, par leur volume excessif ou leur multiplicité, elles obturent complètement le conduit, causant la surdité, ou si elles sont une menace perpétuelle de rétention du pus, au cours d’une otorrhée coexistante, mieux vaut alors intervenir; elles sont le plus souvent formées d’un tissu spongieux peu adhérent à l'os.

On essaiera tout d’abord des méthodes de douceur; la dilatation lente et progressive qui, le plus souvent, restera sans effet. Alors, sans trop tarder, on fera sauter l'obstacle à la gouge, préférable au perforateur.

On peut aussi dans certains cas employer avec succès l’électrolyse ou le galvano-cautère, pour creuser un tunnel à travers la tumeur et rétablir le calibre du conduit.

Polypes du conduit.

Les polypes du conduit s’insèrent la plupart du temps dans la caisse ou sur le tympan; ce n’est que très rarement qu'ils s'implantent sur les parois mêmes du conduit, où ils viennent sortir à travers des fistules de la paroi mastoïdienne.

Les petits polypes, véritables fongosités, seront traités par

le morcellement, l’abrasion, puis par la cautérisation, après le

grattage, du pédicule. Les bains d’oreille avec le perchlorure de fer, l'eau oxygénée où l'alcool absolu finiront la cure : pansement à sec.

Les polypes bien pédiculés seront enlevés à l’anse froide, et le point d'implantation sera cautérisé soit au chlorure de zinc, soit avec une pointe de ga/vano-cautère; on agira avec prudence si le point d'insertion du pédicule est proche du parcours du facial (portion extra-tÿmpanique). — Le danger de blesser ce nerf s'explique par sa dénudation par carie de la paroi de l’aqueduc, au niveau du tiers interne de la paroi postérieure du conduit auditif osseux. (Gellé.)

Rappelons que souvent ces polypes siègent au pourtour d’une fistule qui conduit vers les cellules mastoïdiennes ; on n'obtiendra une guérison durable qu’en s’attaquant au foyer mastoïdien même, si l’otorrhée persiste.

Tumeurs malignes.

Les tumeurs malignes du conduit, l’épithélioma, sont le plus souvent secondaires à une tumeur de même nature siégeant soit au pavillon soit dans la caisse.

Leur traitement ne présente rien de particulier. Je dois mentionner ici l’épithélioma glandulaire primitif : tumeur au début bien limitée, et dont le diagnostic conduit à une intervention opératoire souvent heureuse, la généralisation en étant lente et rare.

Les ulcérations cancéreuses seront traitées avec avantage par les applications de chlorate de potasse, qui font cesser le suintement hémorragique, et calment véritablement les douleurs.

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