À. — MOYENS MÉDICAUX
L'asepsie et l’antisepsie appliquées avec tout le soin voulu ont permis de réaliser de grands progrès dans la thérapeutique. Ce n’est pas sans un petit sentiment d’orgueil que je me permets de rappeler que dès 1869, j'employai un des premiers, contre l’otorrhée chronique, l'acide phénique (1 gramme pour 10 grammes de glycérine), alors qu'on ne s’en servait que bien rarement aux doses de 1 p.30 ou 1 p. 50 de véhicule.
Dans la forme aiguë, la première indication est de tenter de calmer les douleurs toujours si violentes. Parmiles moyens médicaux un des meilleurs est le bain d'oreilles médicamenteux chaud de dix à vingt minutes, qu'on renouvelle jusqu’à soulagement.
Le procédé de Delstanche, qui consiste à envoyer dans la caisse par la trompe, quelques gouttes de vaseline iodo formée à 4 p. 100 ou de vaseline et aristol à 1 p. 30, donne de bons résultats quand on l’applique dès le début. Certains auteurs préconisent /e froid, qui m'a toujours paru produire de moins bons effets que la chaleur.
Une fois la suppuration établie, après évacuation spontanée ou chirurgicale, on peut employer deux méthodes. La première consiste à faire un pansement sec au moyen de lanières de gaze antiseptique (iodoforme, etc.), dont on bourre légèrement le conduit auditif jusqu'au fond.
Mais j'ai toujours préféré et je préfère de beaucoup les
grandes injections d'eau chaude additionnée d’une substance antiseptique (phénosalyl, phénol absolu, coaltar saponiné, parfois même sublimé à 1 p. 2000); mon expérience à cet égard me permet d'affirmer que les grands lavages (demi-litre au moins) avec un bon injecteur sont absolument nécessaires pour nettoyer complètement les anfractuosités de la caisse.
Les grandes injections par la trompe sont utiles dans les otites infectieuses. Lorsque la caisse est bien détergée, il est indiqué de porter sur tous les points malades un mélange antiseptique, dont le véhicule doit être la g/ycérine pure. Cette substance, s’évaporant lentement, permet au médicament de rester plus longtemps en contact avec les parties malades.
Le phénol absolu et le phénosalyl sont les produits qui m'ont toujours le mieux réussi.
Certains auteurs, en Allemagne surtout, se sont servis des poudres médicamenteuses. Mais elles présentent certains inconvénients (masses durcies arrêtant ou gênant l'écoulement purulent, ete.), et cette médication ne jouit plus de la même faveur.
L'usage de l'alcool rectifié, en bains prolongés dans le conduit, dont Politzer a indiqué l'emploi, réussit très bien à sécher certaines otites moyennes purulentes chroniques avec bourgeons charnus tapissant la caisse.
Les moyens thérapeutiques que nous pouvons opposer aux bruits subjectifs, dont l’étiologie est encore si mal connue, ne produisent souvent que d’assez faibles résultats.