B. — MOYENS CHIRURGICAUX
Avec les méthodes aseptique et antiseptique mises en usage dans toute leur rigueur, l'intervention opératoire n’a plus aucune gravité par elle-même. Les otologistes ont pensé avec raison qu'ils pouvaient, en ouvrant largement les cellules mastoïdiennes, réussir à combattre les suppurations rebelles et surtout les complications encéphaliques.
Cette manière de voir, fort juste en elle-même, a pris une
extension un peu trop grande, et on est porté à abuser des interventions opératoires, ou du moins à en exagérer les nécessités.
Une longue pratique permet seule de faire une sélection parmi les méthodes nouvelles, car on ne doit pas oublier ce qu'enseignent l'expérience et l'observation.
Je ne saurais admettre, comme le font quelques chirurgiens, que toute suppuration chronique de l'oreille ne se terminant pas dans un court délai, en se servant des moyens thérapeutiques dont nous disposons, est toujours justiciable d’une opération.
Les moyens médicaux appliqués avec soin et persévérance donnent des résultats parfaits, et je pourrais citer de nombreuses observations de guérisons complètes, avec intégrité du tympan et audition normale, obtenues par un traitement consciencieux continué pendant assez longtemps.
Les interventionnistes quand même assurent que l’opération abrège la durée de la maladie et évite les complications ultérieures. Je l’admets dans beaucoup de cas. Mais ce qui est vrai en théorie n’est pas aussi simple dans la pratique. Actuellement il est bien difficile de faire accepter la nécessité d'une trépanation limitée ou large alors que le malade ne ressent aucune douleur, qu’il n’a ni fièvre ni température, et que rien dans son état ne semble exiger une mesure aussi radicale.
Dans l’otite aiguë, l'intervention opératoire est représentée par l’incision de la membrane tympanique. Cette petite opération est indiquée, alors même qu'il n’y aurait pas d’épanchement intra-tympanique, car elle est toujours suivie d’un bon résultat, et ne peut avoir aucun inconvénient. L’incision doit être aussi large que possible.
Parmi les petites opérations toutes locales, je citerai: la perforation artificielle d’un tympan épaissi, la section du pli postérieur du tympan, la section du ligament antérieur du marteau, la ténotomie du tendon du muscle du marteau et du muscle de l’étrier, qui sont un peu abandonnées.
On pratique avec plus de succès l'extraction du marteau et de l’enclume. Je ne dirai rien de l'extraction de l’étrier, car la question est loin d’être élucidée.
Je ne ferai que mentionner le cathétérisme de la trompe d'Eustache, dont l'importance est extrème. Mais j'insisterai sur l'usage des bougies en gomme servant de véhicule à la teinture d'iode. Cette méthode thérapeutique sert à combattre efficacement les affections chroniques de la trompe, et nous permet d'aller jusqu'à la caisse. Je me suis efforcé depuis longtemps de la tirer de l'oubli où on paraissait la laisser, et
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j'affirme qu'elle m'a donné des succès Inespérés.