C. — AMAS CASÉEUX — TUMEURS PERLÉES CHOLESTÉATOMES
Quand il existe des amas caséeux dans l’attique, l’eau oxygénée en bains, les détache, les divise, et on peut, après un certain temps, les enlever, avec la curette mousse ou tranchante ; on peut, s’ils résistent, les dissoudre avec les solutions de bicarbonate de soude, de carbonate de potasse tièdes.
On modifie ensuite la surface dénudée avec les astringents et les antiseptiques.
Les « tumeurs perlées », les cholestéatomes, exigent un traitement plus sérieux, et, suivant leur siège et les complications, des interventions importantes. Les cholestéatomes, constitués par des amas de cellules épidermiques tassées, solidifiées en couches concentriques, où l’on trouve aussi de la cholestérine, ont un aspect nacré, perlé (Cruveilhier) et sont souvent enkystés. Ils entretiennent une otorrhée interminable et doivent être enlevés, les superficiels par le grattage et le cu-
rettage suivis d'applications de teinture d'iode, de chlorate de potasse, ete.; quand leur volume est grand, que les tumeurs ont envahi et menacent les organes voisins, on les extirpe par un Stacke suivi d’une ouverture de l’attique à travers le mur de la logette; on gratte, on curette, on enlève la membrane kystique s’il est possible; on laisse la plaie à ciel ouvert pour surveiller les récidives assez fréquentes.
Conclusions.
Il est évident, à la lecture de cet exposé de la thérapeutique des affections de l'oreille moyenne, qu'elle est surtout chirurgicale.
Elle s’adresse à des états anatomo-pathologiques, résultats des maladies, dépôts, lésions qu’elle enlève, déformations qu'elle essaie de modifier, obstacles à la conduction qu’elle tend à supprimer, foyers d'infections qu’elle ouvre et détruit, etc.
En thèse générale, les lésions de l'oreille moyenne aboutissent toutes à l’enfoncement, au relâchement des membranes et des jointures, à l’invagination des parties de l’appareil transmetteur, à l’occlusion des orifices de passage du courant vibratoire, et, en dernier lieu, à la compression du labyrinthe. Avecie temps, à ces altérations succède la sclérose, qui fixe les déplacements, les rend immuables, et enserre l'oreille interne dans une coque osseuse, inextensible.
Toute la pathogénie des troubles auditifs est là, dans cet état d'incarcération du nerf consécutif, amendable au début, irréparable à la fin.
Si la plupart des opérations de chirurgie auriculaire précédemment décrites réussissent à améliorer la surdité dans la phase plastique, hypertrophique de l'affection chronique, il faut avouer qu’elles ne peuvent soulager le plus souvent que les bruits subjectifs, les vertiges, et autres excitations labyrinthiques, quand la sclérose a tout envahi; mais ce sont là les symptômes dont les sourds se plaignent le plus.