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E. — BOURDONNEMENTS

Les sourds qui se plaignent de bruits subjectifs, de tintouins, forment un type classique fréquent, également très tranché ; les bourdonnements gènent plus que la surdité. Qui oserait avancer que le traitement local suffit pour les guérir ? Leur origine est une hyperesthésie acquise du nerf labyrinthique, branche sensorielle. Cet état persiste après l’otite; dans l’otite chronique, la sclérose, il se réveille sous l’influence des poussées nouvelles, des lésions du voisinage, enfin par des actions réflexes, dont le point de départ est plus général, dans l’économie. La sclérose otique est fixe ; les bruits sont des plus variables ; ils reconnaissent donc bien d’autres causes que celle-ci, qui constitue la prédisposition.

Nous retrouvons encore les divisions et les indications particulières aux divers éléments étiologiques reconnus. Le bourdonnement est lié à un état congestif, passif dans les

artério-seléroses et les affections cardiaques ; il est soulagé par la cure lactée et l'iodure de sodium; ou à l'état d'hypotension artérielle dû à l’abaissement des forces du cœur, il sera traité et guéri par le lait et la kola, la strychnine, la caféine, etc.

L'anémie des albuminuriques, des convalescents, des épuisés, demande les toniques, les reconstituants, les eaux ferrugineuses, au besoin les injections de sérum artificiel. Les névropathies exigent les arsenicaux, les eaux sédatives de Néris, Dax; les climats tempérés des belles vallées (Grasse), et chez les moins excitables, les chlorurées sodiques faibles, chaudes, les thermales simples, ou les ferrugineuses (Spa, Franzensbad, Lamalou, Capvern, Bagnères-de-Bigorre, Baden, Tœplitz).

Les eaux sulfureuses de Challes, de Barèges, de Luchon, de Cauterets, les bains iodés de Hall, les eaux salines fortes de Salies, Kreutznach, Ischl, s'adressent aux affections des muqueuses naso-pharyngiennes et doivent être réservées aux formes torpides, aux natures plus calmes et moins énervées.

Dans la sclérose, la mer soulage certains bourdonnements insupportables, comme le font les douches froides, même chez les diabétiques. Dans les affections de l'estomac de nature goutteuse ou arthritique, les tintouins si persistants sont diminués sous l'influence d’un régime approprié, sévère; la cure sera aidée des eaux de Vichy, de Cusset, d'Alet, du Boulou, de Karlsbad; landis que les eaux de Cransac, de Balaruc, de Marienbad, de Pullna, de Montnirail et de Chätel-Guyon réussiront chez les pléthoriques sédentaires, les hémorroïdaires et les congestifs.

Dans la médication interne dirigée contre les bourdonnements tenaces, je citerai : l’hyosciamine, le soir ; le 4romure de strontium, comme vaso-constricteur; le ckloral comme somnifère ; la cannabine dans les gastralgies avec redoublement des bruits après Le repas ; les se/s de Vichy ou de Karlsbad dans les dyspepsies avec congestion céphalique.

La suppression du eafé, du thé, des boissons alcooliques,

la suspension des veilles, des travaux de l'esprit, des affaires s'imposent.

Les bruits subjectifs liés à certaines névralgies ou hyperesthésies d'origine palustre, dentaire, anémique, seront facilement supprimés par le sulfate de quinine à doses fortes associé à l’aconitine; en calmant l'élément douleur, on fait aussi cesser les spasmes musculaires et les bruits qui en résultent.

Dans la défervescence de l’otite, l’ergotine calme en décongestionnant l'oreille ; les courants induits, en égalisant les forces musculaires antagonistes. D'autre part, le traitement spécifique est toujours très actif dans la sclérose d’origine hérédo-syphilitique, comme dans la syphilis acquise (Gruber).

Souvent, le bruit persiste ou revient avec ténacité, surtout chez les névropathiques. L'éréthisme, l’ouiïe douloureuse, les battements, l’état mental, qui accompagnent si souvent les tintouins chroniques sont améliorés sérieusement par Le séjour à la campagne, par les douches froides, et par le bromure de potassium, le pepto-fer et la spartéine. L'acétanilide, l'antipyrine calment davantage l’hyperexcitabilité de certains sujets (Cazeneuve, L. Cuinier) ; mais le sulfate de quinine est assez mal supporté ; les hypnotiques sont alors préférables. On ajoutera toujours un régime reconstituant (peptones, viande crue râpée, glycéro-phosphates, strychnine, ferrugineux, etc.).

Enfin certains bruits ne cèdent que par l’habitation sous un climat chaud, sec, à l’abri des vents, dans une vallée silencieuse (Grasse, Néris, Dax, Venise, lac de Côme, Biskra, Gastein). Le massage est un des meilleurs agents reconstituants ; il sera utilisé avec profit dans les tintouins les plus rebelles, associé au massage auriculaire. Le massage s’est montré utile dans les divers états vertigineux, dans le bourdonnement; chez les neurasthéniques, les épuisés, Charcot, Van-Lair, Craicth l’ont recommandé ; G. Nostrôm masse la nuque, les tempes surtout; ce sont les points que Urbantschitsch a touchés par son massage vibratoire ; c’est un calmant des bruits et des névralgies.

Le régime à parfois une influence décisive et rapide : le régime lacté chez les éthyliques, chez les gros mangeurs, les buveurs; chez d’autres, l’abstinence de viandes noires ou rouges, la diète sèche ou légumiste ont réussi.

Les exercices du corps, la marche au grand air, à la campagne, le jardinage, le cheval, la bicyclette, etc., combattent les effets de la sédentarité et de la pléthore.

Les voyages en chemin de fer augmentent les tintouins.

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