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À. — PRURIT ANAL

1° En cas de prurit anal, des lotions seront pratiquées avec une des solutions antiprurigineuses que nous avons indiquées plus haut, particulièrement les solutions d'acide borique où de sublimé étendues; les lotions froides ou très chaudes se montrent souvent plus efficaces que celles faites à une température moyenne. Quelques malades ont été soulagés par l'usage d’une olive métallique analogue à celle qu'on emploie pour le traitement des hypertrophies de la prostate ; cette olive est introduite dans le rectum et on fait circuler un courant d'eau aussi chaude que possible. De simples douches ascendantes ont été quelquefois suivies d'améliorations.

Il faudra combattre la constipation en ayant soin cependant de ne pas user trop largement des purgatifs drastiques; les lavements émollients, additionnés d’une petite quantité d'acide borique, modifieront heureusement toute trace [d’inflamma-

tion du rectum. Le malade, après avoir été à la garde-robe, devra laver avec grand soin et panser à nouveau les parties enflammées. |

L’occlusion est difficile à réaliser en cas de prurit péri-anal ; le malade devra se contenter, dans la plupart des cas, de l'usage des pommades, des saupoudrages largement pratiqués et suivis d’une interposition d’ouate dans le pli fessier. Quand linflammation sera très accusée et surtout relativement étendue, on pourra recourir aux pansements humides, à l’enveloppement caoutchouté, dont l’application demande ici une attention minutieuse.

Les bains de siège seront utiles comme moyen puissant de lavage et quelquefois comme sédatifs; on emploiera surtout les bains émollients.

L'usage des suppositoires calmants est particulièrement indiqué dans le traitement du prurit péri-anal.

y Extrait de belladone.

DR De Extrait thébaïque. N'oi Dos

Beurre de cacao, , , . . . . : . . 3 grammes. F.s. a.

% Chlorhydrate de morphine. . . . . O8r,01

Beurre de cacao. . . . . . . . . . 3 grammes. F. s. a.

% Chlorhydrate de cocaine. . . . . . . Osr,01

Beurre de cacao . . . . . . . . . . 3 grammes. P>s.1a.

7 Beurre de cacao . . . . . . . . . . 3 grammes. Extrait de belladone, . . . . . . . 08,03 Chlorhydrate de cocaïne. , , . , . . Osr,01

Ou :

YBeEurre de CACA0.. , ,.. . . .. . , 3 grammes. Chlorhydrate de morphine. re Chlorhydrate de cocaïne. , , . . | 4 de

Surveiller toujours l’action inconstante de la morphine, ui, en sa qualité de préparation opiacée, peut, chez quelques ’ » ) quelq

malades, surexciter ou généraliser le prurit. Commencer de préférence par l'usage des suppositoires non morphinés. À. Berger, de Krémentchong, recommande le traitement

suivant :

On introduit à travers l’anus une mèche de coton longue

d'environ 2 à 3 centimètres et imbibée d’une solution d'Lypochlorite de chaux à 2 p. 100. Cette mèche est laissée en place jusqu'à l'apparition d'une légère sensation de cuisson. On la retire et on lave avec la même solution la région anale, qu'on se garde bien de laver à nouveau avec une solution adoucissante. Le prurit cesserait immédiatement. S'il se reproduisait, il n'y aurait qu'à répéter la même petite manœuvre. L’eczéma du périnée et du serotum, compagnons habituels du prurit anal, guériraient aussi rapidement par ce mode de traitement.

B. — PRURIT VULVAIRE

Dans le cas de prurit vulvaire, on examinera le vagin, l'utérus, la vessie; on fera l'analyse des urines pour s'assurer qu’il n'existe pas une cause d'irritation cutanée à laquelle on puisse remédier : il faut avoir présent à l'esprit que le prurit vulvaire est souvent une des premières manifestations du diabète et quelquefois d’un cancer de l'utérus à ses débuts.

La malade pratiquera des 2ngections vaginales très chaudes avec une eau additionnée d'une petite quantité d'un médicament antiseptique, astringent ou calmant.

Si la peau est enflammée d’une façon aiguë, on recourra aux applications émollientes, compresses de tarlatane imbibées de décoction de racine de quimauve et de pavot, de camomille, el recouvertes de foile caoutchoutée où de qutta-percha laminée; quand l’inflammation diminuera d’acuité, on remplacera par l'emploi des solutions astringentes, des pommades et des poudres.

Les altérations sont similaires de celles du prurit anal et

sont justiciables des traitements que nous avons indiqués à propos des prurits localisés en général. |

L'inflammation qui accompagne le prurit vulvaire s'étend souvent plus loin que celle que le prurit anal provoque; elle dépasse facilement les limites du sillon inter-fessier et descend sur la partie interne des cuisses; dans ce cas, l'emploi des colles et des emplâtres devient possible et utile, au moins sur une grande partie des surfaces malades, à la périphérie des lésions.

Ménière conseillait de combattre l’exagération des fonctions des glandes cutanées et la production excessive de sébum qui accompagne fréquemment le prurit en appliquant matin et soir sur les surfaces malades la pommade suivante :

% Miel blanc . . . . . . . . . . 20 grammes.

DAVONNVETI LU — Essence d’amandes amères. . . V gouttes.

Laisser en place pendant dix minutes; enlever ensuite par une lotion avec une eau très chaude.

La mixture suivante, conseillée par Tanski, suivie d'un saupoudrage, constitue une sorte d’occlusion :

% Baume du Pérou. . . . . . . . 4 grammes.” Poudre de gomme arabique. . . 8 — Huile d'amandes douces . . . . 12 —

Eau de roses... 20 — M.s.a

Les régions envahies par le prurit seront, en tout cas, recouvertes d’une abondante couche de poudre, pour s'opposer à l'irrilation que pourrait amener le contact des sécrétions normales ou de liquides pathologiques; on interposera dans les plis une couche d'ouate hydrophile couverte d'une poudre minérale légèrement astringente, /alc additionné d'oxyde de zinc, de salicylate de bismuth.

Les lotions seront faites ou très chaudes ou froides. Les lotions froides amènent généralement une sédation des accès de prurit. Les pommades calmantes trouveront particulièrement ici leur emploi.

Les bains de siège et les grands bains seront ordonnés pour maintenir la propreté irréprochable des régions malades, pour dégraisser la peau et assurer un nettoyage de la région plus complet encore que celui que les lotions procurent; mais leur action directe sur la marche générale du prurit est souvent nulle, quelquefois nocive.

Contre les cas graves et rebelles, on aura la ressource des applications de pointes de feu et des scarifications linéaires. C'est contre le prurit ano-vulvaire que l'efficacité de l’électrisation a été vantée. Les courants continus peuvent être employés. La cathode est placée à la vulve et l’anode promenée sur toute Ja surface malade : les séances ont une durée de dix minutes.

En 1891, Chalmogoroif a publié l'observation d’une malade guérie par l'emploi du courant constant'. La manière dont l’électrisation fut pratiquée est intéressante à connaître.

C'était chez une femme âgée de 36 ans, mariée depuis douze ans et qui avait eu un enfant une année après son mariage. Depuis l’âge de 13 ans, cette femme avait toujours été bien réglée. Son mari était bien portant. Les rapports sexuels avaient toujours eu lieu d'une façon régulière et procuraient à la femme la satisfaction désirable. Pas d’onanisme. Pas de glycosurie. Depuis deux années, la femme souffrait d’un prurit vulvaire. D'abord, les démangeaisons avaient été supportables, se manifestantà l'approche d'une époque menstruelle. Puis elles étaient devenues continues, d'intensité variable d’un jour à l’autre. La chaleur était sans influence sur le prurit. Par moments, les démangeaisons devenaient tellement fortes que la femme ne pouvait plus résister au besoin de se gratter. Des remèdes très divers avaient été employés, sans grand résultat. Cependant, les applications de vaseline à la cocaïne et les lotions phéniquées avaient procuré un peu de soulage-

ment.

On ne constatait absolument rien d’anormal à l'examen des

4. Crazmocororr. — Centralbl. für Gynækol, 1891, n° 29, p. 612.

organes génitaux internes et externes, sauf les traces du grattage. Chalmogoroff proposa un traitement par l'électricité, proposition qui fut acceptée. Une électrode cylindrique, en caoutchouc durci, avec bout en métal, fut introduite dans le vagin, à # ou 5 centimètres de profondeur. L'autre électrode, formée d’un disque en métal recouvert de peau de chamois de 4 centimètres de diamètre, fut appliquée sur la région où siégeait le prurit et mise en communication avec le pôle négatif. Les intensités du courant employé ont varié de 15 à 20 milliampères; la durée des séances a été de dix minutes. Déjà après la cinquième séance le prurit était plus faible. On continua le traitement. Après la sixième séance, les démangeaisons avaient cessé. La guérison se maintenait six mois plus tard.

Nous avons dit que, dans ces dernières années, la préférence était accordée à l'électricité statique.

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