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CHAPITRE VII

R. DU CASTEL

Médecin de l'hôpital Saint-Louis.

Anidrose.

A. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les troubles de fonctionnement de l’appareil sudoripare se traduisent par deux modifications en sens inverse : production en quantité exagérée ou hyperidrose, production en quantité insuffisante ou suppression totale généralement confondues sous le nom d’anidrose.

Des deux phénomènes, le premier est le mieux étudié; la valeur du second nous est beaucoup moins connue. Celui-ci apparaît comme le compagnon habituel d'un certain nombre d’affections de la peau : ichthyose, psoriasis, eczémas chroniques, etc., ou d'états morbides graves : diabète, cancer, tuberculose; mais la diminution de la sécrétion sudorale n'est pas toujours un état secondaire consécutif à une affection déterminée.

Quelques sujets présentent d’une façon manifeste, et sans qu'on puisse les taxer d’un état pathologique classé, une rareté extrême de la sécrétion sudorale; ce sont les sujets à peau relativement sèche, ne sachant pas transpirer: cette hypidrose (qu'on me passe le mot) paraît exercer dans quelques cas une action marquée sur la modalité des lésions cutanées dont ils sont accidentellement atteints. La valeur de l’anidrose a beaucoup moins attiré l’attention des médecins que l’hyperidrose, probablement par ce seul fait qu’elle est beaucoup moins gênante pour le patient, et nous ne sommes aucunement fixés sur sa valeur pathologique exacte.

B. — TRAITEMENT

Dans les cas où l’anidrose semble devoir être combattue, soit pour remédier à ses inconvénients, sécheresse, fendillement de la peau, soit que le médecin attache une certaine importance à favoriser les éliminations sudorales, nous possédons quelques médications actives et capables, en général, de réveiller le fonctionnement glandulaire endormi, tels les bains de vapeur ou d'étuve sèche, les affusions froides, les frictions sèches, le massage, les injections de pilocarpine à la dose de 05,01 par injection, les infusions de yaborandi (2 à 4 grammes de feuilles pour un litre d’eau), l’acétate d'ammomaque, etc., etc.

Hyperidrose.

À. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Parmi les troubles de fonctionnement de l’appareil sudoripare, la sécrétion de la sueur en quantité excessive, l’hyperidrose constitue le plus important à connaître, si ce n'est par sa gravité, au moins par sa fréquence. L'hyperidrose se

montre au cours d’un certain nombre de maladies générales et fait partie essentielle ou habituelle de leur cortège symptomatique, telles sont les sueurs qui s’observent au cours de l'accès de fièvre palustre, dans la suette miliaire, chez les tuberculeux, etc.; telles sont les sueurs dites critiques. Il est difficile de dire d’une façon précise quand ce phénomène, présage heureux et début de la convalescence dans un certain nombre de cas, devient excessif, et à quel moment il mérite d’être modéré, réprimé, à quel moment il exige l’intervention de la thérapeutique: son histoire appartient du reste à celle des maladies au cours desquelles il s’observe, et nous n'insisterons pas ici sur ce phénomène secondaire des grandes maladies générales.

Chez de nombreux sujets, la sécrétion de la sueur atteint, à l’état habituel, une abondance excessive et gênante, alors que l’état de la santé générale est excellent et sans qu’il soit possible de découvrir à cette exagération de la sécrétion sudorale aucune cause précise et définie. C’est seulement de ces hyperidroses primitives, essentielles, que nous nous occuperons.

La sécrétion de la sueur présente dans certaines régions, à l’état normal, une odeur très développée; c’est ce qu’on observe à l’anus, aux organes génitaux, à l’aisselle. Au cours des maladies générales, il n’est pas rare de voir la sueur prendre une odeur spéciale; c’est ce qui se voit dans la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, etc.; mais il me paraît exagéré de prétendre avec certains médecins que l'odeur soit dans chaque affection assez spéciale pour qu'il soit possible de faire le diagnostic rien que par celle-ci. Chez les malades affectés d’hyperidrose essentielle, il est fréquent de voir la fétidité de la sueur se joindre à son abondance; on dit en pareil cas qu'il y a bromidrose en même temps qu'hyperidrose. La fétidité de la sueur paraît résulter de son altération facile en même temps que de la macération de l’épiderme dans les liquides sécrétés en excès. L'histoire de la bromidrose se trouve par le fait intimement liée à celle de l'hyperidrose; les traitements qui

conviennent à l’une sont les traitements qui conviennent à l’autre; nous confondrons donc dans un même chapitre les uns et les autres.

Les hyperidroses peuvent être généralisées ou localisées.

Les hyperidroses localisées (éphidroses) peuvent survenir sous l'influence d’une affection cataloguée du système nerveux dans le territoire d’un nerf malade, dans toute une moitié du corps (syringomyélie).

Le plus souvent l’hyperidrose s’observe chez des sujets polysarciques, arthritiques; elle a alors des sièges de prédilection : visage, cuir chevelu, aisselle, aine, pieds, mains; c’est surtout aux pieds que l’hyperidrose s'accompagne de la production d'odeur fétide (bromidrose, osmidrose).

B. — TRAITEMENT

1° Le traitement interne produit généralement peu de chose pour l’amélioration, encore moins pour la guérison des sueurs locales. La décoction de quinquina, le tannin, les préparations d’aconit, la poudre d’agaric blanc à la dose de 30 centigrammes à 2et3 grammes, l’agaricine, le sulfate d'atropine à la dose d'un demi à 2 milligrammes, l’ergotine, la strychnine, le phosphate de chaux, V'ergot de seigle, le nitrate de pilocarpine à petites doses, l’arséniate de soude, etc., n’ont donné tout au plus que des améliorations passagères.

Il y aura lieu de tenir grand compte de la constitution générale du malade : aux sujets nerveux, on prescrira les bromures, les valérianates ; aux rhumatisants et aux goutteux, les alcalins, les iodures; aux obèses, aux grands buveurs, le régime sec; aux anémiques, le fer, le quinguina, le phosphate de chaux, etc.; aux scrofuleux, l'huile de foie de morue ; l’Aydrothérapie conviendra à l'immense majorité des malades ; la faradisation compte un certain nombre de succès.

2° Les régions malades seront l’objet de soins de propreté

exceptionnels; elles seront lavées plusieurs fois par jour avec des solutions légèrement antiseptiques, aromatiques ou astringentes, eau boriquée à 3 pour 100, phénosalyl à 2 pour 1000, décoction de /euilles de noyer, de roses de Provins, d'écorce de chéne (15 à 20 grammes pour 500), solution de borate de soude ou d’alun au vingtième, eau vinaigrée, eau blanche, chloral au centième, chlorate de potasse, sublimé au millième ; solution de permanganate de potasse au centième ou au deuxcentième, solution alcoolique de fannin :

2ÉRTANNINN SE CN Ce 1 gramme.

AICOOL ER PC EN RER Pre Eau et Notes MOSS Fe

On pourra employer les savons au goudron, au naphtol, à l'acide salicylique, à l'acide phénique, au borate de soude, au soufre.

Les /rictions sèches avec un gant de crin, celles avec une flanelle imbibée d’eau de Cologne ou de lavande, d'alcool camphré, seront d’utiles adjuvants.

La liqueur anti-hydrorrhéique anglaise est ainsi composée :

Z Butyrate de soude.. . . . . . . 4100 parties. Acétate de soude. . . . . . . . 100 — AICOOLARIDOMESENRE TRE OEE Acide sulfurique concentré. . . 280 —

Mélangez, distillez, faites passer un courant de chlore et mettez le tout dans :

Acide chlorhydrique. . . . . . 2760 parties.

AGO RE En PAT

GIVCÉDIN EEE 2 0 M.s. a.

On colore le mélange avec le tournesol.

Pour les sujets à peau délicate, il est nécessaire de diluer la composition avant de pratiquer les lotions.

Ceux qui aiment les formules compliquées pourront adopter celle que recommande Tschappe :

d a cie | | | | àà 450 grammes.

Sulfate de cuivre . : . . 150 — NODhIOl EEE > 167,50 Essence de thym. . . . . 381,50 Acide hypophosphoreux. . 787,50 Eau distillée. . . . . . . 2500 grammes.

Sera ordonnée en lotions matin et soir.

Les parties malades, surtout les plis humides, seront largement saupoudrés, de préférence avec les poudres minérales qui ont l'avantage de ne pas fermenter.

Les poudres les plus usitées sont les poudres d’amidon, de riz, de craie, d'oxyde de zinc, de tale, de lycopode, de magnésie, de carbonate de plomb, auxquelles on ajoutera avec avantage les poudres d'acide salicylique (1 à 2 pour 100), de salhicylate de bismuth (5 à 10 pour 100), de salicylate de soude dans les mêmes proportions, de naphtol (2 à 5 pour 100), qu'on pourra, par exemple, combiner dans les proportions suivantes :

% Acide salicylique.. . . . . . . 3 parties.

ATIAONn ee ee ce 10 — (DAC PUIÉRISÉE NN 8T — M. s.a ou 2% Alun pulvérisé . . . . . . . . 45 parties. Acide salicylique . . . . . . . 5 —

La poudre médicamenteuse doit être introduite avec grand soin dans les espaces inter-digitaux et dans les différents plis de la peau.

Tenneson recommande les mélanges ci-dessous :

2 ACOITATR ENTREE ÿ grammes.

UÉRÉAEAME MS eu cos ous s co 0 AU — M. s. a.

ou % Fleur de soufre. . . . . . 50 grammes.

Charbon végétal . . . . . . 100 — Lalc AM ESA LREEEN 00 —— M. s. à.

ou 2% Salicylate de bismuth. . . . 30 grammes.

TAlC RNCS D D — M. s. a.

3° Les hyperidroses de certaines régions comportent des indications particulières.

À. — L'hyperidrose du cuir chevelu est souvent suivie d’alopécie.

Chez l’homme, les cheveux seront tenus courts; ils seront savonnés tous les matins à l’eau chaude, avec un savon au panama, au goudron, ou mieux, au savon mou de potasse ; on pratiquera ensuite une lotion avec une brosse douce imprégnée de la solution suivante :

2Z Alcoolat de Fioraventi. | à A dt É KE Se Alcoolat de romarin . . . \ 106 NaDhtol EE EEE 067,25 à 1 -

M. ss. a.

Tous les alcoolats aromatiques peuvent ètre employés; Besnier conseille d'y ajouter de très petites quantités de naphtol-f, 06,25 à 1 pour 100.

Le soir, la tête sera poudrée avec une des poudres indiquées ci-dessus.

Chez la femme, le traitement est beaucoup plus difficile par suite de la nécessité de maintenir la longueur des cheveux. Le poudrage ne devra être fait que la veille des jours où il sera possible de faire un grand lavage du cuir chevelu et de

faire disparaitre les traces d’un poudrage qui n’est plus dans nos mœurs courantes.

B. — Aux aisselles, les emmanchures des vêtements seront larges; on conseille généralement d'éviter les sous-manches imperméables en caoutchouc ou en gutta-percha.

Tenneson professe cependant que l'usage de sous-bras en toile de caoutchouc est indispensable aux femmes atteintes d'hyperidrose axillaire; ils doivent seulement être tenus très propres et changés fréquemment.

Mon savant collègue pense que, s’il était possible de réaliser une occlusion complète de l’aisselle avec le caoutchouc, l'hyperidrose se trouverait supprimée par le fait.

Matin et soir, après avoir pratiqué le lavage et le savonnage de la région, on pourra saupoudrer avec le mélange suivant recommandé par Besnier :

%Z Poudre d’amidon.. . . . . . 100 grammes.

Acide borique. . . . . . .

Salicylate des bismuth. . . | âà 2 à 10 — Poudre d’iris.. | M. 5. a. C. — L'hyperidrose des nains ou des pieds contre-indique

l'emploi des gants de laine ou fourrés, des bas ou des chaussettes de laine, des bottines vernies, de tous les vêtements, en un mot, capables de favoriser l'excès de sécrétion, d’empêcher l’évaporation de la sueur produite en abondance, d’irriter la peau par leur contact.

Le malade prendra fréquemment des bains locaux astringents, bains de pieds ou de mains additionnés de se/ marin, de vinaigre aromatique, d'acide borique, de tannin, de décoction de feuilles de noyer, etc.; il fera des lotions astringentes et antiseptiques avec des solutions d'intensité proportionnée à la tolérance de la peau, solutions de tannin, d'alun, de borate de soude, de vinaigre, de chloral, de permanganate de potasse, de sublimé, de naphtol, d'ichthyol, d'ammoniaque, d'acide acétique, d'acide tartrique.

Kaposi recommande la lotion suivante :

%Z Naphtol-f. . . . . . . 10 grammes.

ATCOOl REP RE TE = Eau de Cologne . . . . 25

La nuit, le malade poudrera les régions malades; il pourra porter des gants ou des chaussettes de fil très fin pour maintenir la poudre en place.

Pendant le jour, il est bon de saupoudrer les chaussettes ; Brocq recommande les mélanges suivants :

DÉTAICE EE RQNe : ... t40kprammes:

Sous-nitrate de sain à SPRCREED —— Permanganate de potasse. . . . 3 — Salicylate de soude "2 —

ou

% Poudre de riz. . . . . . . . . 60 grammes.

TAlC RARE AÉRS UE 0 -- Sous-nitrate de éd IC CH20 — Permanganate de potasse. . . . 10 —

Dans les cas intenses, on recourra aux solutions astringentes fortes telles que :

DEMEURE 200 crammes:

Bichromate de Ro 5 a — Essence de lavande. . . . . 2 —

Dissolvez.

ou %Z Oxyde rouge de plomb. . . . . . 1 gramme.

Sous-acétate de plomb liquide... . 20 —-

Répétez le badigeonnage tous les quatre ou cinq jours.

Le perchlorure de fer a été employé pur ou sous la forme suivante :

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