À. — ÉLÉPHANTIASIS DU MEMBRE INFÉRIEUR
Lorsque l’éléphantiasis est constitué, les mêmes règles que précédemment restent applicables, tant qu'il y a tendance à l’aggravation; il faut, en outre, chercher à diminuer le volume des parties atteintes.
1° Le repos au lit suffit souvent à lui seul pour améliorer l’état local, et, en tout cas, il sera un utile adjuvant à tous les autres moyens. Mais il n’est pas toujours possible de l’employer, car beaucoup de malades atteints d’éléphantiasis des membres inférieurs ne peuvent pas supporter la position horizontale sans de grandes souffrances.
2° La compression du membre avec une bande de caoutchouc, enroulée depuis l'extrémité jusqu'à la racine, peut amener très vite une diminution considérable; elle constitue même le plus efficace de tous les moyens palliatifs.
Malheureusement, il existe un certain nombre de contreindications. La première, momentanée, est fournie par les poussées éléphantiaques. Une seconde, plus grave, est constituée par la présence d’ulcérations ou simplement de parties suintantes, qui deviennent très douloureuses et s’aggravent sous la bande de caoutchouc. Quelques malades enfin ne peuvent pas supporter la compression élastique, ils ont des douleurs vives ou même des accidents généraux, tels que des palpitations ou de l’essoufflement. Il semble parfois qu'ils soient intoxiqués par les liquides que la compression chasse du membre malade dans la circulation générale.
Quand la compression élastique n’est pas supportée, mais avec les mêmes réserves relativement à l’état local, on peut
appliquer avec avantage un pansement avec la colle de zme de Unna (formule de Menahem Hodara) :
D FAUSSES Re SR ON Oxyde de zinc. RS Te re il Glÿcérine. SR ne se EURE
Gélatine blanche. .
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Cette masse fondue au bain-marie est étendue au pinceau en couche aussi épaisse que possible; puis, pendant qu'elle est encore un peu molle, on applique un bandage roulé. Ce pansement doit être appliqué le matin, quand le membre est un peu dégonflé par le repos de la nuit, et doit être changé tous les deux ou trois Jours. Si l'on a quelque difficulté à l'enlever à sec, un bain où même un simple lavage à l'eau chaude suffit pour dissoudre la colle.
3° Le massage est un procédé de traitement très rationnel et qui donne de bons résultats; il doit être pratiqué très doucement, une ou deux fois par jour pendant un quart d'heure; il doit être fait dans une direction centripète, mais en commençant par la racine du membre.
4° La compression de l'artère principale du membre atteint est très recommandée par Winiwarter. Elle doit être faite avec un tourniquet ou tout autre appareil analogue, et elle amène très promptement une sédation des douleurs et une diminulion des sécrétions et du volume du membre. Il faut que la compression porte uniquement sur l'artère et qu'il n'y ail pas constriction générale du membre; il n'est pas indispensable qu'elle soit continue, ni que le calibre de l'artère soit complètement oblitéré. Il suffit que la compression soit praliquée pendant quelques heures chaque jour, et que l'artère soit notablement rétrécie.
Ces moyens de douceur étant souvent insuffisants, on est obligé de recourir à l'intervention chirurgicale.
5° Les scarifications employées déjà par Lisfrane donnent souvent de bons résultats. Il faut qu'elles soient longues, profondes, intéressant toute l'épaisseur de la peau et faites
longitudinalement; il faut bien nettoyer la région avant et la mettre à l'abri de toute infection consécutive. Les scarifications amènent un écoulement de Iymphe considérable. Il semble cependant difficile que ce moyen, bien que recommandé par Winiwarter, puisse donner une guérison complète et il est certain qu'il n'est pas sans danger à cause des poussées éléphantiaques qui peuvent en être la conséquence.
6° Excision partielle. — C'est là un des procédés employés pour l’éléphantiasis des membres inférieurs. Par de longues incisions longitudinales, on enlève une bande de tissu comprenant toute l'épaisseur de la peau malade, et l’on suture les bords de la plaie ainsi formée. Il est indispensable que l’opération soit faite avec les précautions antiseptiques les plus rigoureuses pour qu'elle ne soit pas l’occasion d’une poussée éléphantiaque qui ne manquerait pas d’être fort grave. Le calibre considérable des vaisseaux et leur friabilité fait que l’hémostase est souvent très ‘difficile et n’est complète que par la suture. Après l'opération, il faut faire un grand pansement sec avec des sacs de son de bois stérilisé, pour absorber la Iymphe qui coulera en abondance pendant quelques jours. Quand l'opération est bien faite, on obtient la réunion primitive, et la diminution de la tumeur peut dépasser le volume des lambeaux excisés par suite d’une certaine résorption du néoplasme dans les parties voisines. On peut quelquefois se borner à l’excision des gros bourrelets saillants qui se trouvent surtout au voisinage du cou-de-pied; on régularise ainsi la forme du membre, ce qui facilite beaucoup le traitement ultérieur par la compression.
T° L'amputation est un moyen plus radical encore et auquel on peut être amené par le volume énorme du membre qui rend le malade complètement impotent, par l'échec des autres méthodes, par la présence d'ulcérations rebelles dont la suppuration persistante est une cause d’épuisement. L'opéraion ne présente aucune difficulté particulière, et l’on obtient parfaitement la réunion primitive, lors même que les lambeaux ont été taillés dans la peau éléphantiasique. Il est
même à remarquer que souvent ces lambeaux épais et durs s'assouplissent et reprennent les caractères de la peau normale.
Inversement, il peut arriver que, lors même que les lambeaux ont été pris dans la peau saine, l'éléphantiasis récidive sur le moignon ou même sur le membre opposé.
[l faut remarquer à ce sujet que les interventions sérieuses dans l’éléphantiasis ont souvent un retentissement à distance et amènent une amélioration dans des parties éloignées. Ainsi, chez un malade atteint d'éléphantiasis de la jambe et du scrotum, Syme a vu la jambe s'améliorer après l'exeision de Ja tumeur scrotale. IT faut tenir compte de cette par- Licularité pour l'interprétation des résultats des excisions partielles.