‹ Traité de thérapeutique appliquée (volume 3)Chapitre 81 sur 111 · Haszunp. — Sem. méd., 3 déc. 1890, p · texte numérisé non relu

Haszunp. — Sem. méd., 3 déc. 1890, p

guérison définitive sera obtenue, il faudra, avant d'affirmer la guérison, attendre un laps de temps plus ou moins long, afin d'être certain que la récidive, si fréquente dans l’évolution du lupus, ne se produira pas.

«Ces différents points devront être établis par des statistiques sérieuses de nombreux cas traités. Alors seulement nous serons fixés sur la valeur de ce traitement. Et s’il guérit réellement le lupus, nous aurons à comparer sa valeur curative à celle des méthodes employées jusqu'ici et qui ne sont pas sans avoir guéri de nombreux lupus. Ces méthodes, je les ai exposées dans mes cliniques de l'hôpital Saint-Sauveur. Elles présentent sur le traitement de Koch un avanlage, c'est qu'elles sont sans danger pour la vie du malade. Le traitement local du lupus bien employé, surtout le traitement mixte, est absolument sans danger. En est-il de même du traitement de Koch? Nous le saurons un jour, mais dans quelques années. — D'autre part, bien appliqué et employé avec assez d'énergie et de surveillance, le traitement local du lupus et surtout le traitement mixte donnent en un temps relativement court de très beaux résultats.

« Quoi qu'il en soit, que le traitement de Koch ne guérisse pas le lupus, ou qu'il doive être rangé ultérieurement parmi les moyens thérapeutiques les plus puissants dirigés contre cette affection (car je ne pense pas qu'il puisse jamais arriver à détrôner complètement les méthodes employées jusqu'ici, comme Koch l’a si justement et si scientifiquement fait remarquer dans sa sage communication sur le traitement de la tuberculose en général), il n’en reste pas moins acquis que l’action élective spéciale, inflammatoire, que cet agent exerce sur cette affection est des plus remarquables et peut dans certains cas (si cette action élective est constante, ce que l'avenir nous montrera), être utile au point de vue diagnostic.

« Enfin nous pouvons espérer que la méthode de Koch sera rangée un Jour parmi les méthodes les plus actives du traitement du lupus.

« Les considérations précédentes sont entièrement appli-

cables à la valeur comparée de la méthode de Koch et des méthodes locales en usage dans nos services dermatologiques pour le traitement des gommes scrofulo-tuberculeuses de la peau.

« Veuillez agréer, cher maitre, mes sentiments de respectueuse affection.

« Proressecr H. LELoin.

« Lille, 4 décembre 1890. »

Comme l'ont montré les recherches sur l'action de la lymphe de Koch faites à Paris, à Lyon, à Lille, à Vienne, à Londres, à Copenhague, etc., à Bonn, et enfin à Berlin, j'ai bien fait d'attendre.

Actuellement, lon peut appliquer à la lvmphe de Koch ce que nous avons dit à propos de l'érysipèle et des érysipélatoïdes. L'injection sous-cutanée de tubereculine de Koch produit au bout de quelques heures une action locale au niveau du foyer scrofulo-tuberculeux, action excessivement remarquable au point de vue expérimental. Le résultat de cette action, comme l'ont bien montré Vidal, Besnier, Hallopeau, Thibierge, etc., est une réduction temporaire de masse, une atténuation momentanée du processus tuberculeux tégumentaire et est surtout accentué dans le Tupus exedens.

« Dans aucun cas, dit Besnier, elle n'est suffisante pour produire une guérison véritable; le résultat obtenu est toujours inférieur à celui que donnent les procédés de traitement dont on dispose actuellement, et, dans quelques cas, la prolifération tuberculeuse, loin d'être réduite, subit au contraire un accroissement manifeste, »

Malheureusement, dans tous les cas sans exception, quelque faible que soit la dose de toxine injectée, l'action ne peut être obtenue sans produire une fièvre éphémère, mais d'intensité impossible à prévoir el qui, même avec les petites

doses, même après la première injection peut causer la mort,

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